mardi 29 mars 2011

C'est à vous, Messieurs! (16): Louis Seigner

J'ai un peu honte de le mettre ici, au milieu de seconds rôles, si aimables soient-ils, mais ce soir, j'avais envie de parler de lui. Louis Seigner m'a aussi marqué dans quelques-unes de ses prestations. Ce monsieur un peu rondouillard que l'on n'imagine même pas jeune est né en 1903 à Arcisse, un hameau de Saint-Chef, en Isère, ville chère à Frédéric dard et connue pour son abbaye. Son père devenant gérant d'une succursale d'épicerie à Lyon, le jeune homme fréquente le théâtre des Célestins et l'Eldorado, théâtre à l'italienne devenu ensuite music-hall puis cinéma et que j'ai vu démolir il y a quelques années pour être remplacé par un immeuble sans grâce. Il s'inscrit aux cours gratuits du conservatoire puis monte à Paris en payant son voyage par son travail dans une fabrique de bière. Il y passera 32 ans à la Comédie Française. Il apparaît dans 200 rôles au théâtre et dans 150 films (Carné, Renoir, Clouzot, Clément, Becker, Losey, Antonionni,...), sans compter ses personnages à la télévision. Bien sûr, on a encore en tête Monsieur Jourdain du Bourgeois Gentilhomme, mais moi, je n'oublie pas ce vieux banquier italien, Spinello Tomoleï, des Rois Maudits de Claude Barma, tout en onctuosité et en roublardise. Louis Seigner, père de Françoise et grand-père de Mathilde et d'Emmanuelle, est mort, comme Julien Carette, dans l'incendie, en 1991, de son appartement provoqué, semble-t-il, par une pipe mal éteinte.
La vidéo est extraite des Sept Péchés capitaux, film à sketches de 1952.


2 commentaires:

Cornus a dit…

Je ne crois pas le connaître. J'ai regardé l'extrait, puis un second. C'est quelque chose quand même, cette Michèle Morgan.

Calyste a dit…

Cornus: je l'ai toujours trouvé très belle. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que Deneuve, par exemple.