vendredi 23 juin 2017

Vive la vie !

Non, non, la canicule ne m'a pas provoqué un accès irrépressible d'euphorie tardive !
 
Voilà ce qu'adolescent, je regardais à la télévision tous les soirs (de 66 à 70). J'étais fan de ce feuilleton (on ne parlait pas de "série" à cette époque). Je viens de revoir cet épisode : calme, gentil, lent, sans prise de tête ni violence. Je me demande comment un ado maintenant réagirait en voyant ces images. Moi, aujourd'hui, je trouve ça un peu mièvre et, finalement, assez mal joué, mais touchant.


jeudi 22 juin 2017

Larcin ?

J'avais envie de fleurs et pas envie du tout d'aller jusqu'au marché, par cette chaleur de four. Alors, je me suis rendu dans ma cour, côté jardinet, quand la nuit fut tombée et j'y ai coupé quelques boules d'hortensia. 


Et même pas honte de cette soustraction : l'hortensia en question, c'est moi, pour qu'il le mette en pleine terre,  qui l'ai donné il y a des années au jeune concierge de l'époque pour lui éviter (à l'hortensia) de dépérir comme les précédents dans un pot sur mon balcon. L'hortensia en question, c'est moi qui pendant longtemps l'ai taillé, soigné seul alors qu'il se couvrait de cochenilles. Maintenant c'est la brave dame du rez-de-chaussée qui s'en occupe.

Alors j'ai pris ma récompense... et une photo alors que la chaleur avait déjà raison de lui.

Canicule

Je rêve de fjords enneigés, de grandes balades en traîneau genre Docteur Jivago, de cascades abondantes descendant des glaciers, des lacs gelés du grand nord canadien, d'une vie de manchot sur la banquise des pôles, d'esclaves avec des palmes me procurant de l'air....

Bref ! J'ai chaud !!!!

mercredi 21 juin 2017

Et un peu de musique, ça vous dirait ? (190)

Trouvée sur la toile, cette vidéo de Viva la mamma à la Scala de Milan. Mais, tout chauvinisme bu, je préfère le spectacle d'hier soir ....


Dramma giocoso

Beaucoup plus giocoso que dramma le spectacle que j'ai vu hier soir à l'opéra de Lyon. Le titre : Viva la mamma, de Gaetano Donizetti. Sous-titre : Le Convenienze ed inconvenienze teatrali. Je n'en avais jamais entendu parler mais je ne regrette pas d'y être allé : trois heures de loufoqueries, de pitreries et de rires.

L'histoire :  un opéra, Romulus et Ersilia,  se répète dans un théâtre de Lodi. Il y a là le maestro, le poète, le compositeur, une diva, son mari, un ténor, un castrat, une seconda donna et surtout la mère de cette dernière, mamma Agata, qui vient tout perturber pour que l'on donne à sa fille un solo digne de sa "voix" et un duo avec la prima donna. La mamma va même se proposer pour remplacer le castrat.


Opéra sur l'opéra donc, mais plein de malice avec un méli-mélo de voix qui s'interchangent, en particulier pour le personnage de Mamma Agata, joué par un homme,  Laurent Naouri, excellent pitre qui réalise là une performance en passant du grave profond  à l'aigu ridicule avec une facilité étonnante. La prima donna, quant à elle, n'est autre que Patrizia Ciofi. Et, cerise sur le gâteau, la salle était climatisée !

Je suis rentré ensuite à pieds, en profitant d'un peu d'air sur les berges du Rhône. Ce qui ne m'a pas empêché d'arriver chez moi complètement .... humide !



mardi 20 juin 2017

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

lundi 19 juin 2017

Secret de famille ?

Visite au cousin germain de mon père, près de Saint-Étienne. Le doyen de la famille maintenant, portant bien ses 83 ans, son humour et son abondante crinière blanche, caractéristique des mâles de la famille. Plaisir pour moi de les voir, sa femme et lui qui était si près de mon père.

Eau fraîche et discussions à bâtons rompus autour de la grande table de la salle à manger. Et puis sa femme sort l'album photos de leur 80 ans (il faut bien en passer par là !), pour nous présenter leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants dispersés un peu partout en France et dans le monde.

Et, au détour d'une phrase, la révélation. Mon grand-père, le frère du père de ce cousin, qui est mort écrasé par les tampons de deux wagons pendant la guerre, sous le couvre-feu il me semble, se serait suicidé en se plaçant volontairement entre ces deux wagons ! Son père lui a toujours dit que son frère était mort de cette façon.

C'est un pan de mon monde qui s'effondre. Sans laisser paraître mon désarroi, je pose des questions pour en savoir plus. Pourquoi se serait-il suicidé ? Pourquoi n'en ai-je jamais entendu parler avant ? Pourquoi, dans ma famille, n'a-t-on jamais évoqué ce suicide ? Ma grand-mère, sa femme, qui m'a tout raconté de sa propre vie, ne me l'a jamais dit . Mon père (2) qui s'est confié à moi juste avant de mourir ne m'en n'a pas parlé non plus (mais il était très jeune à la mort de son père et on a pu lui cacher la vérité (si vérité il y a) à lui aussi). Le cousin n'en sait pas plus (lui aussi était jeune à l'époque).

Cela fait bizarre d'apprendre quelque chose de nouveau sur sa famille alors que l'on n'est plus très jeune. Mais j'ai vite pris une décision : mon grand-père est mort comme on me l'a toujours dit avant. Et tant pis si ce n'est peut-être pas vrai !

Dans les veines ce fleuve d'argent

Que d'eau, que d'eau ! Après le Niagara, le Po. Un petit livre, vite lu, mais passionnant pour un amoureux de l'Italie comme moi. Un vieil homme se souvient un jour de la question que lui a posée  dans sa jeunesse l'un de ses amis. Il décide de retrouver sa trace afin de lui répondre et commence un périple tout au long du Po jusqu'au village où habite cet ami. Rencontres tout au long de l'eau, autant de prétextes pour raconter la vie des pauvres gens, des légendes ou histoires rattachées au fleuve. Comme un bonbon que l'on suce avant de s'endormir, mais qui laisse, à la fin, un petit goût amer. Quelle était la question ? Il faudra lire le roman !
(Dario Franseschino, Dans les veines ce fleuve d'argent. Ed. Gallimard/ L'Arpenteur. Trad. de Chantal Moiroud.)

samedi 17 juin 2017

Bientôt vingt ans...


Le monde à ma porte

- Apéro avec Frédéric au bar du portugais. On boit français (picon-bière et mauresque).
- Nos voisins de terrasse : des roumains (phrasé moitié slave moitié latin) mais italiens dans les gestes.
- Achat d'une pastèque chez l'épicier afghan. Il nous tutoie. A côté de sa caisse, un roman de Murakami. On parle de littérature japonaise sous les cerfs-volants de son magasin. Je lui conseille Ogawa.
- La boutique du tailleur malien est fermée.
- On rentre pour continuer l'apéro chez moi: les terrasses du restaurant russe et de l’himalayen sont bondées, comme celles de la pizzéria et du réunionnais.

Ça sentait le monde, hier soir, dans ma rue.

vendredi 16 juin 2017

Un petit tour et puis s'en vont, ou arrivent

S'en vont un 16 juin :
- le professeur Christian Cabrol (première transplantation cardiaque en France) (2017)
- Maurice Nadeau, éditeur (2013)
- Thierry Roland, journaliste sportif (2011)
- Elsa Triolet, écrivain (1969)
- Helmut Kohl, homme politique (2017)

Arrivent un 16 juin :
- Annie Cordy, chanteuse (1928)
- Jean d'Ormesson, écrivain (1925)
- Stan Laurel (1890)
- Joyce Carol Oates (1938)
- Albert Thomas, homme politique (1878-1931)

Un jour dans l'ouest

Ça m'a pris comme ça. Il faisait beau, envie de revoir les aqueducs romains de Chaponost. Il sont toujours là, entretenus tant bien que mal. Il y a même un parking maintenant, occupé par un car d'ados apparemment plus occupés à jouer au foot qu'à s'extasier devant ce travail de romains !






Petit tour dans le centre ville pour aller voir l'église que je n'ai jamais visitée. Rien de bien intéressant sauf quelques vitraux modernes dans une petite chapelle attenante et un étonnant Ange de l'Annonciation, sans la Vierge..


 


Puis direction Brindas où je n'ai jamais mis les pieds, petite ville tranquille et sans prétention qui a su préserver quelques vestiges de son passé.




Vaugneray ensuite où l'art religieux terriblement laid du XIX° a encore frappé. Heureusement que d'autres villages moins argentés n'ont pu détruire leurs églises romanes pour construire ces horreurs !



Enfin, dernière étape : Courzieux , célèbre pour son parc animalier et où, dans ma jeunesse folle, nous avions, avec des amis, remporté une coupe pour notre performance en course à pieds (renseignement pris, c'était comme l’École des Fans : tout le monde gagnait sa coupe, juste pour avoir participé !). C'est sans doute le site de mon périple que j'ai préféré. Le vieux centre ville est souvent dans un état lamentable et aurait sérieusement besoin d'être restauré, mais je préfère ça aux lotissements de villas individuelles qui pullulent dans l'ouest lyonnais !










jeudi 15 juin 2017

Et un peu de musique, ça vous dirait ? (189)


Les Chutes

Joyce Carol Oates, je connaissais ce nom. Rien de plus. Pour moi, qui suis monomaniaque, il n'y avait qu'un seul écrivain contemporain : John Irving. Et puis, j'ai essayé. C'est fou comme Emmaüs m'aura fait découvrir des romans que, sans ça, je n'aurais jamais lus.

J'ai lu Les Chutes, comme en apnée, un état hallucinatoire, en accord avec ce qui est écrit, cette histoire d'une famille américaine au bord des chutes du Niagara, évocation noire d'un lieu que des milliers de touristes voient tout autrement. Roman noir, répétitif, sans réelle chronologie où l'on se perd sans se perdre, que l'on a envie d'abandonner et que l'on n'abandonne pas parce que, quelque part, c'est une part de nous qui s'y trouve, celle que l'on fuit souvent et que l'on retrouve toujours, alors que l'on ne s'y attend plus.
(Joyce Carol Oates, Les Chutes. Ed. Philippe Rey. Trad. de Claude Seban.)

mercredi 14 juin 2017

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

Journée : nuit

Retarder. Retarder. Jusqu'à n'en plus pouvoir. Des ombres affairées passent derrière les vitres. Ce sont des vies rangées, des vies métronomiques. La fin de la partie, un tour inachevé. Et puis le noir ensuite, sauf une ou deux trouées. Même la rue s'endort, voitures solitaires. Finir par s'allonger, comme on va à la tombe. Et la trouver bien douce. Pas le choix des images qui ont hanté les nuits. La frêle fleur alpestre,  en danger de mourir. La mort du pachyderme, le cri libérateur. La mare où s'embourbait ma plus petite sœur. Le plafond qui descend, pareil à un pendule. L'église  Saint-Trophime, le soleil dans les rues et le silence de l'autre qui vient de disparaître. La neige de charbon au sommet d'une pente. Ma mère me tient la main mais où donc allons-nous ? L'impression que quelqu'un est là, au bord du lit. La main sur la lumière mais il n'y a personne. Les mirages de la fièvre, autrefois, dans la chambre, qui créait tous les monstres de la tapisserie. Un moustique est passé et puis j'ai replongé. Parfois dans la même eau. Souvent sous d'autres cieux. Visages des défunts qui nous sourient de loin. Es-tu là ? J'y étais mais tu ne peux m'étreindre. Terreur de le pouvoir : restez où vous dormez, et laissez-moi dormir. La tonnelle de roses au jardin de ma mère. Les guêpes affolées au sucre de la prune. Le professeur sévère mais qui vous complimente. Je le connais déjà avant de le connaître : je l'ai vu dans un songe, perché sur son estrade, un Jupiter tonnant, le sourire d’Éros. Les projets d'avenir, qui s'évanouiront. Les idées de romans que l'on oubliera vite. Les roues de la voiture d'un ami trop pressé, que l'on a vu tomber et que l'on a cru mort. Le moustique repasse et l'on reprend le livre. Mais que lit-on en fait qui n'est pas son histoire. Les nuits sont des annales qui bégaient dans le noir.

mardi 13 juin 2017

Entendre autrement



Tout à l'heure, après la sieste, j'ai mis la radio et suis tombé par hasard sur ce morceau de musique, l'andante du Concerto pour deux mandolines de Vivaldi. Musique rabâchée, entendue des centaines de fois, à laquelle on ne fait plus attention.

Mais tout à l'heure, j'ai eu l'impression de découvrir le morceau, comme si je ne l'avais jamais écouté. Les notes étaient les mêmes mais je les entendais comme différemment. Plus la mélodie surconnue, mais quelque chose de frais et, pour moi, pour la première fois, d'un peu triste.

lundi 12 juin 2017

Journée : soir

Entre chien et loup. Entre rien et tout. Autrefois l'heure des rencontres furtives, pour me rassurer sur la vie. Jusqu'à la nuit amie. La mort oppressante ne m'aurait pas. Sacrifier au plaisir pour oublier les ombres. S'alléger du soleil, entrer dans la pénombre. Sans faire de vagues. Cueillir le premier souffle et s'en oindre la peau. Après, accepter que le jour meurt, que l'on va ponctuer d'un râle libérateur. La feuille est plus bruissante, le gravier plus crissant. Le hâle se répand sur les visages vus. Silhouettes éphémères et pressées d'en finir. Frères humains du soir, d'un soir sans avenir. Tendresse d'un sourire avant l'oubli total. Comment s'appelait-il ? On ne l'a jamais su. Qu'importe le prénom, il reste le sourire. Souvenir d'un sourire. Ou des yeux sans visage. Ou d'un parfum furtif qu'on emporte avec soi. Ou d'une main si fine, ou calleuse ou trop brusque. Si je passais la nuit auprès de ces bosquets ? Sue le banc, je verrais planer les libellules, s'activer les fourmis, se dissoudre les chants, s'éteindre la clarté. Le monde minuscule qui reprendrait ses droits. Mais il faut bien rentrer. Oublier l'éphémère. Faire comme si le reste ne l'était pas.

dimanche 11 juin 2017

Quans vous en avez assez, vous me le dites...

(Mais pas sûr que ça change grand chose !)


samedi 10 juin 2017

Journée : après-midi

Pas de vin à midi. Déjeuner léger. Pourtant l'esprit s'alourdit. Prendre bien sa place sur le couvre-lit de velours et tendre la main vers le livre. Quelques pages avant le sommeil. Le demi-songe, où l'on est encore dans les phrases. Des mots que l'on prolonge sans savoir que ce sont les siens maintenant. Quelques bruits effleurent, affleurent. Un cri d'enfant, de joie. Un oiseau perché sur la rambarde du balcon, à peine à un mètre du lit. Il me regarde peut-être, le livre à l'envers le long de ma hanche. Ai-je la bouche ouverte ? Je ne le saurai pas. Lui le sait mais ne le dira pas. Une rumeur indistincte, un avion lointain ou la radio en sourdine. Les bruits entrent dans la somnolence, la font dériver, n'importe où. On est là et on n'y est pas. Liste des choses à faire encore, qui paraît infranchissable. La fenêtre apparaît. Le soleil. Une autre s'est ouverte en face. Encore un moment, en bougeant légèrement le bras. L'à-côté est encore frais. Le livre n'est pas tombé. Parfois si, mais sans bruit. Profiter du moment. Peut-être, après, reprendre le livre. Ou boire de l'eau fraîche, toujours dans le même verre. La liste s'est dégonflée. Vieux fou ! On a le temps. Un reste de brume, entre le verre et soi, que l'eau emporte ou une autre cigarette. Qui donne envie de boire encore. Sans qu'on l'ait décidé, on se lève de la chaise. Le corps est raisonnable. Le reste n'est que quotidien : on entame la liste. Futur terreau pour d'autres rêves, malgré les phrases, malgré les bruits. Tout n'est qu'un. Ou autre.

Ah ! Tu veux du végétal !

Les hostilités pivoinesques sont rouvertes !

vendredi 9 juin 2017

Journée : matin

Lever. Gris. Il pleuvra sans doute. Ou peut-être. Le temps change ici. Vite. Comme à la montagne. Ou à la mer. Les derniers pressés filent vers leur travail. Café d'abord et cigarette ensuite. Ou en même temps. Arroser les plantes. Même s'il pleuvra. Il faut qu'il pleuve oblique pour les mouiller. Depuis combien d'année as-tu ces géraniums ? Vaisselle de la veille au soir, plus le bol. Égoutter l'égouttoir, à cause du calcaire. Sur le balcon, deuxième cigarette. Assis sur les talons. Dix-sept vélos dans la cour. Quelques fenêtres ouvertes d'où parfois des femmes secouent des draps. Odeur des chambres au lever, intime, profonde. Le lit à faire, vite, mal. Pas loin  d'ici, on dit le baptiser. Ça m'avait plu la première fois que j'avais entendu ça. Le recouvrir de la couverture, en lissant quelques plis. Le livre sur la table de nuit. Marque-page qui dépasse à la page du sommeil. La douche, très chaude, avec une éponge. La bonne idée de porter la barbe. Ne plus avoir à se raser, ou rarement. Avec la vieille tondeuse. Envie de caresser le blaireau de ton père. Uniquement décoratif maintenant. Liste des courses. Sourire à la caissière. J'ai oublié les œufs. Du pain, acheté dans la petite boutique. Qui craque sous ma main. Couvert de farine. Il y en aura sur la table, tout à l'heure. Ouvrir le téléphone aussi : on te reproche de n'être jamais joignable. Mais qui cherche à te joindre ? Des publicités sur le fixe. Tu te forces à être poli. L'ordinateur présente quelques messages. Des publicités encore ou des lieux de culture. Rarement des proches. Ils n'appellent pas non plus. Le repas à la cuisine, face aux géraniums. La cour sent la bonne cuisine. Parfois un peu de musique. Autrefois un violoncelliste qui répétait. Il a déménagé. Sa rengaine te manque. Pendant le café, le couple de pigeons sur le toit du hangar. Ils s'aiment, ou voudraient bien. Le ciel a bleui. Il ne pleuvra pas.

jeudi 8 juin 2017

Nos amis les bêtes

Pour faire plaisir à Cornus (attention : cette phrase n'a rien à voir avec le titre !)

A la plaine africaine du parc de la Tête d'or. Sourire émerveillé des enfants (et même de certains grands) et, pour ma part, une gêne certaine à voir tourner en rond ces animaux dans leur cage, même dorée.








 

De profil, cette fois-ci !






Et puis voici Lulu, le gibbon femelle, ma préférée et une vétérane puisqu'elle est arrivée au parc en 1961. Si c'est son année de naissance, elle a maintenant 56 ans, ce qui semble être un record ! Elle reste tranquillement assise, sans jamais regarder ceux qui passent de l'autre côté de la vitre, totalement philosophe et sans doute viscéralement triste.

mercredi 7 juin 2017

Carrefour de la poésie

Beau temps et petit air revigorant. Un tour à la Tête d'Or ? J'enfourche un vélo municipal et me voilà parti. Pas pour longtemps : à un carrefour, on m'interpelle : - Heho !
Un visage qui me dit quelque chose mais quoi ?
- Je t'ai reconnu tout de suite ! Un visage comme le tien, on ne l'oublie pas !
Je ne sais pas comment je dois le prendre, et, en même temps, je fouille aux tréfonds de ma mémoire. Qui peut-ce être ? (Enfin, je ne me le dis pas comme ça, mais l'idée y est.) Et lorsqu'elle me dit son prénom, Nouria, lumière ! J'y suis ! Une remplaçante, prof de français, qui, il y a bien dix ans, avait passé quelques mois chez nous. Je l'aimais bien, quoique la trouvant passablement bavarde.

Aujourd'hui, elle n'enseigne plus et gagne sa vie grâce à des cours particuliers. Et surtout, elle est en train de mettre sur pied une association, un groupe d'écriture de poésie. J'ai beau lui dire que la poésie, moi, ce n'est guère ma tasse de thé (Hugo, Baudelaire, Verlaine, Villon, oui, mais après ?), elle veut m'avoir dans son groupe. En plus elle habite vraiment tout près de chez moi. Je cède et lui donne mon téléphone. Dans quelle galère me suis-je embarqué ?

Et un peu de musique, ça vous dirait ? (188)

Pour la musique et pour la plupart des photos.


mardi 6 juin 2017

Charade

Tiens, il y avait bien longtemps !
- Mon premier est l'ancien nom du loup.
- Mon deuxième, je ne vous souhaite pas de l'avoir dans vos vêtements.
- Mon troisième sert à jouer.
- Mon quatrième était un nombre de compagnons.
- Mon cinquième est un arbre bien conditionnel ailleurs.

Mon tout est, en quelque sorte, une histoire sans fin.

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

lundi 5 juin 2017

La patience du bousier

 Je l'ai vu arriver de loin, le petit bousier sur la dune. Plutôt, j'ai d'abord vu la boule qu'il poussait avec la tête, la guidant avec ses pinces pendant qu'un plus petit que lui, la femelle peut-être,  l'accompagnait. Une grosse boule, quatre ou cinq fois plus grosse que lui, bien ronde, bien compacte. Un petit monticule de sable, il poussait. Un trou dans le sable, il laissait glisser avant de se repositionner.

J'ai appelé Frédéric. Nous l'avons observé longuement. Dix minutes à peu près pour avancer de trois mètres, et des trous et des bosses. L'autre ne faisait rien, se contentait de l'accompagner. Arrivé presque à la lisière d'une touffe d'herbes sèches, il a commencé à creuser, envoyant le sable voler derrière lui. Plus il s'enfonçait, plus l'effort était rude pour remonter ce sable et l'éloigner suffisamment pour qu'il ne retombe pas. La boule s'est peu à peu enfoncée. Lui est passé dessous, il disparaissait à notre vue puis réapparaissait et remontait, encore et encore, le sable. L'autre s'était installé sur la boule pour aider de son poids à l'enfouissement.

Nous étions fascinés par tant de patience, par tant d'ingéniosité. Je ne sais pas s'il avait conscience de notre présence mais il n'en faisait aucun cas. Pourtant, d'un simple coup de pied, nous aurions pu détruire tout son labeur. Mais, j'en suis sûr, il aurait recommencé. Bientôt, les deux bousiers ont disparu sous la boule. Lorsque nous sommes partis, la boule était devenue invisible, comme si rien ne s'était passé.

samedi 3 juin 2017

Des goûts et dégoûts

Le Mozart que j'aime :



Et celui que je n'aime pas :

Momentini

- Mon séjour à la Grande-Motte et la canicule lyonnaise ont eu raison de quelques-unes de mes plantes, en particulier un chrysanthème et sans doute mon lierre. L’hibiscus, lui, ne vaut guère mieux. Cela m'aurait affecté il y a quelques années. Maintenant, je m'en moque presque.

- Visite cet après-midi à ma vieille voisine hospitalisée dans les monts du Lyonnais. Elle n'a plus que la peau et les os et se laisse apparemment aller à son sort. Je doute qu'elle rentre un jour chez elle.

- Vu la fin des Prodiges hier soir. De bien belles choses aussi bien en danse qu'en chant ou musique instrumentale. Mais je tique toujours un peu devant cette façon de faire des enfants des sortes de chiens savants.

- Pour la première fois l'autre soir, j'ai pu regarder La Dolce Vita en entier. Ce film de Fellini m'avait toujours auparavant profondément ennuyé. Et surprise, cette fois-ci, je suis entré dedans. Vieillir change bien des choses dans les goûts, aussi bien en cinéma que pour les autres arts (musique, en particulier : autrefois je n'aimais ni Wagner ni les lieder).  Seuls mes goûts picturaux et architecturaux n'ont pas beaucoup changé jusqu'à présent.

vendredi 2 juin 2017

Séjour languedocien (6)

Samedi 27 mai

Petite promenade apéritive le matin. Les chevaux se reposent.



L'après-midi, nous partons en direction de Saint-Guilhem le Désert et, la grotte des Demoiselles étant un peu trop éloignée, nous nous arrêtons à celle de Clamouse, à Saint-Jean-de-Fos. Son nom proviendrait d'une légende : un jeune berger avait pris l'habitude de faire parvenir à sa mère une brebis du troupeau en la précipitant dans un abîme du Causse où l'eau souterraine la transportait jusqu'à la résurgence en contrebas. Mais un jour, ce fut le corps de son fils que la mère vit apparaître. Folle de douleur, elle se mit à errer aux abords de la grotte en poussant des hurlements désespérés. D'où le nom, en languedocien, de "clamousa", la hurleuse.

Près de deux heures, que nous n'avons pas vu passer, dans ce labyrinthe fascinant.

















Nous voulions terminer la journée au Prieuré Saint-Michel de Grandmont (XII°-XIII°) mais, après une très belle route de montagne, tortueuse et bordée de genets en fleurs, nous trouvâmes porte close. Et pas moyen de prendre une photo, le site étant entouré de hauts murs. Mais je garde l'idée pour un autre séjour.

 Résultat d’images pour st michel de grandmont

Le soir, plaisir des papilles au Grau du Roi avec un excellent plateau de fruits de mer : bulots, tourteaux, palourdes et des huîtres à se damner ! Pour rester dans la gastronomie, je signale, sur la route du retour, le lundi (le dimanche fut consacré au farniente à l'Espiguette), un restaurant découvert par hasard à Pont de Lunel : Mon Auberge, au bord du Vidourle, qui propose, pour un prix tout à fait abordable et dans un cadre accueillant, une très bonne assiette. Pensez-y si vous êtes dans le coin.

Pour finir, un seul mot : je suis ravi de ce périple où j'ai découvert des sites très intéressants que j'étais loin de savoir exister dans cet arrière-pays montpelliérain.