mercredi 24 août 2016

Mon cousin m'a dit

On n'est pas forcément ce que les autres disent de nous ou ce que l'on croit être.

Mon père d'abord (P1, mon géniteur). Je ne le connais que par ce que les autres m'en ont dit, les autres étant essentiellement ma mère et ma grand-mère. Mort jeune, il bénéficiait bien sûr de l'aura des disparus précoces. Du côté grand-mère, que des souvenirs positifs. Ma mère pourtant m'avait fait comprendre une fois ou l'autre qu'il n'était pas forcément facile à vivre et qu'il pouvait même parfois être froid et cassant. L'un de mes cousins, il y a quelques années, m'avait dit avoir été, enfant, impressionné et intimidé par lui. Et, jusque-là, je n'ai regardé les photos qu'il me reste de lui que sous cet aspect, sans oublier cependant que ces photos étaient toujours posées et donc forcément un peu froide, mettant le photographié à distance. Mais son regard me semblait doux, malgré tout. Dernièrement, j'ai eu l'occasion de demander à un autre de mes cousins un peu plus vieux que moi. Il m'en a fait un tout autre portrait : quelqu'un de tendre et de chaleureux. La vérité est sans doute entre les deux.

Moi ensuite. J'ai toujours eu dans la famille la réputation d'avoir été un enfant sage et respectueux (hormis pendant mes premiers mois où le contexte devait me perturber, et il y avait de quoi). Le deuxième cousin dont je viens de parler m'a ouvert, l'autre jour, un tout autre horizon, horizon qui semblait davantage lui plaire, vu le rire qui accompagnait ses paroles. Je savais déjà qu'il existe une vidéo (introuvable hélas) où l'on voit ma grand-mère maternelle en train de houspiller depuis le balcon de ma tante un enfant qui ne pouvait être que moi. Pas si sage que ça donc, l'enfant ! Ceux qui avaient filmé la vidéo ont, semble-il, connu d'autres déboires avec moi : il s'agit de la fille des parents adoptifs de ma tante (tante qui, elle aussi, n'a jamais connu son père, d'où, peut-être, notre profond attachement réciproque toute sa vie durant). Elle ( la vraie fille), son mari et ses enfants étaient ce que l'on appelle aujourd'hui des bobos cathos, devant lesquels il fallait se tenir encore mieux que d'habitude. Lors d'une réunion de famille chez ma tante (je devais, déduction faite, avoir cinq ou six ans), tout le monde devait y aller de sa petite chanson. Quand ce fut mon tour, voilà ce qui sortit et qui les horrifia : "Les roses ont des épines mais la merde n'en a pas". Inutile de dire que je ne me souviens ni de l'épisode ni, bien sûr, des paroles de cette chanson. Je me demande d'ailleurs bien où j'avais pu l'apprendre. Mais j'avoue que, a posteriori, très a posteriori, je suis très fier d'avoir provoqué ce mini-scandale chez les bobos !

mardi 23 août 2016

L'incompris

J'ai revu hier soir ce film de Comencini qui, bien que parfois un peu mièvre, m'a toujours bouleversé. Une scène surtout, une des plus fortes du film : celle où l'enfant, qui a perdu sa mère, efface par accident la voix de cette femme sur le magnétophone de son père.

La culpabilité qu'il ressent, je l'ai ressentie deux fois dans ma vie. La première, c'est la veille de notre départ en vacances dans le midi. Ma petite sœur avait, par mégarde, fait tomber mon transistor et l'avait cassé, d'où une grosse colère de ma part contre elle. Le lendemain soir, elle était morte.

L'autre est plus récente et, bien que proche de la scène du film, elle n'est pas de mon fait. Après sa mort, j'avais conservé sur mon répondeur téléphonique la voix de Pierre qui, pour Pâques et alors qu'il était hospitalisé, m'avait souhaité un bon dimanche dans ma famille. Une coupure d'électricité a un jour tout effacé. Comme l'incompris, j'ai passé un temps infini à faire redéfiler la bande en espérant stupidement un miracle.

De la technologie

Deux jours de merde technologique, ça gonfle ! Une montre qui s'arrête chaque nuit à une heure du matin (mais ça, c'est plus ancien et il suffit de la remettre à l'heure et c'est reparti pour un tour, enfin deux puisqu'elle ne stoppe jamais à une heure de l'après-midi), un GPS qui se déconnecte et efface la dernière destination demandée, un téléphone par internet qui refuse de fonctionner, une box qui croit malin de montrer éternellement son filament qui tourne et dont, mais vraiment, on se lasse vite ! Et cerise sur le gâteau, une fois la box réinitialisée, un refus total de l'ordinateur de se connecter à internet !
Est-ce que vous connaissez une façon plus stupide de perdre son temps que de vouloir réparer tout ça et surtout de vouloir comprendre le pourquoi et le comment (parce que c'est là mon plus grand défaut !) ? Bon, maintenant, ça a l'air de marcher, le comment a fonctionné mais le pourquoi m'échappe encore.

samedi 20 août 2016

De l'autobiographie

J'ai déjà lu quelques beaux exemples de ce genre littéraire : Rousseau, Saint Augustin, Michel Leiris et sans doute d'autres que j'oublie. J'aime ces ouvrages à condition d'avoir à ma disposition des connaissances extérieures me permettant de remettre parfois en doute la véracité de ce qui est livré avec une sincérité parfois douteuse.

J'avais acheté Histoire de ma vie, de George Sand, il y a longtemps, lors de ma découverte de sa maison de Nohant et de son parc où j'avais mangé des mirabelles au beau soleil d'été. J'en avais alors lu une dizaine de pages, mais ce n'était visiblement pas le bon moment. Je m'y suis remis il y a quelques jours et, cette fois-ci, je suis sous le charme. Mes bras moins, parce qu'un livre de près de 1700 pages, ça ne se manipule pas facilement dans un lit !

Le charme d'une écriture simple et étonnamment moderne, d'une composition en spirales, qui revient parfois sur des événements pour les expliquer mieux (composition sans doute due à sa première parution en "feuilleton"), d'une grande clairvoyance sur ces événements, en particulier sur la vie de sa grand-mère et de son père sous la Terreur (par le biais de lettres éditées de ces deux membres de sa famille, lettres auxquelles elle apporte ses propres commentaires).

Je ne suis pas grand amateur de ses romans (que je connais d'ailleurs assez mal) mais là, oui ! Moi qui me la représentait uniquement sous l'angle du Romantisme, je découvre une femme vivante, intelligente et engagée comme l'ont aussi été Lamartine et Victor Hugo, avec sans doute pour elle une plus grande acuité de jugement.

jeudi 18 août 2016

Trouvailles (géographico-historiques)

Les Dupond(t) ont encore fait des leurs ! Suite à un voyage en Andalousie, ils ont voulu nous expliquer ce que leur avait dit un guide sur la cohabitation pacifique qu'y ont vécu les différents religions monothéistes jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'Isabelle la Catholique. Et de mentionner alors le grand inquisiteur espagnol..... Connemara ! Décidément, Sardou est partout !

Si tu vas à Rio

Non, mon silence n'est pas, contrairement à ce que pourrait faire croire le titre de ce billet, dû à un voyage à Rio pour le JO. Seulement beaucoup de flemme, un petit problème de connexion (qui semble vouloir durer) et surtout des nuits passées devant le petit écran à avaler du sport. Eh oui, j'aime ça !

Mais je suis un peu sidéré par la façon dont se déroule cette Olympiade. D'abord le choix d'un pays en grosse crise économique et qui risque de ne pas recueillir beaucoup d'avantages financiers de cette aventure. Ensuite le manque flagrant d'organisation, visible en particulier sur le manque de navettes destinées à ramener athlètes et journalistes à leur lieu d'hébergement après les épreuves. Enfin le prix des billets, certainement pas accessible à la grande majorité des autochtones.

J'ai été aussi particulièrement choqué par le comportement de ce public brésilien, par exemple lors de l'épreuve du saut à la perche, où le perchiste français a été copieusement hué parce qu'opposé à un athlète du pays. C'est là un comportement plus courant lors de matchs de football que pour des épreuves olympiques où, me semble-t-il, l'esprit devrait être tout autre.

dimanche 14 août 2016

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)