jeudi 8 décembre 2016

Des verres, des bougies et quelques allumettes

 Projection place des terreux, Réf : 2806
(Photo : Alain Sauvayre, 2013)

Les verres sont prêts : rouges, verts, jaunes, bleus, blancs, une quarantaine qui sont restés une année enveloppés dans du papier journal au fond d'un placard dont il ne sortent qu'une fois par an et dont tout lyonnais qui se respecte à une série chez lui. Certains viennent de ma grand-mère : quelqu'un les avait peints pour elle, peut-être l'un de mes pères. Au fil des utilisations, la peinture s'est écaillée. Ils ne servent plus guère. D'autres sont teintés dans la masse, moins beaux mais plus résistants.

Hier, j'ai acheté les lumignons, une quarantaine aussi. Certains tiendront toute la soirée, d'autres, si le vent se lève, s'éteindront à moitié consumés. Mais il n'y a pas de vent aujourd'hui. Le plateau pour les transporter jusqu'aux fenêtres est prêt aussi, ainsi que la boîte de grandes allumettes.

Tout à l'heure, quand la nuit sera vraiment tombée, je les répartirai dans tout l'appartement, même sur les balcons qui donnent sur cour et que personne d'autre que mes voisins ne pourront voir. Deux ou trois de ces voisins auront fait de même, de moins en moins chaque année : tout le monde maintenant se précipite dans le centre ville pour admirer les illuminations municipales sans faire l'effort d'y participer eux-mêmes.

Dans l'après-midi, sur les quais du Rhône,  une armada de cars était déjà sagement garée, venant de France ou des pays voisins, Suisse et Italie surtout. Il y aura encore du monde, ce soir, dans les rues de la presqu'île. Quelques courageux gagnent le centre à pied : j'en ai croisé tout à l'heure qui m'ont demandé leur chemin. Partout, ça sentait déjà le churros et le vin chaud à la cannelle.

Un rite chaque 8 décembre. Une sorte de Noël par avance, que chacun célèbre à sa façon, soit religieuse soit profane. Je n'ai jamais aimé Noël mais les lumignons du 8 décembre ont toujours gardé pour moi la magie de l'enfance.

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mercredi 7 décembre 2016

Momentini

- De beaux rêves ces dernières nuits, dont je garde une trace fugace au réveil et qui s'effacent aussitôt le lever. Dommage. Alors, je tente parfois de les retenir un peu, de les mémoriser, en restant plus longtemps dans mes draps tièdes.

- Fasciné par un film vu dernièrement : Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino. Rarement été collé à ce point à l'écran.

- Demain, huit décembre, fête des lumières à Lyon. Les illuminations municipales des monuments seront cette année cantonnées à la presqu'île et sous haute surveillance, pour cause d'état d'urgence. Je n'irai pas en centre ville. A la nuit tombée, je mettrai mes lumignons sur le bord des fenêtres, comme chaque année, et irai peut-être faire un tour jusqu'aux quais du Rhône pour voir ce que l'on peut voir de loin. 

- Je n'ai pas tout compris : un président en titre peut se représenter aux futures présidentielles et rester en fonction. Mais lorsque ce président précise qu'il ne se représentera pas, qu'est-ce qui empêche son premier ministre de faire de même (se présenter) sans avoir à démissionner ? Sans doute un point de la Constitution ?

mardi 6 décembre 2016

Au fond de la mémoire

Sur l'écran de télévision tourne une publicité pour une eau de parfum. Cate Blanchette récite : si a la leggerezza, si a l'amore, si a me stessa .... Et dans ma tête ressurgit je ne sais d'où une image tout autre : celle d'une maison perdue dans un grand parc humide, en Provence sans doute, un parc où l'on entre par un grand portail en partie affalé sur lui-même, où je pénètre un jour avec un homme que je ne connais pas et dont j'ai oublié jusqu'à l'apparence.

Au fond d'une allée  broussailleuse, une maison délabrée qui a dû être accueillante du temps de sa splendeur. Elle est entourée de bambous et de joncs pourrissant au bord d'une eau verte où surnagent quelques feuilles des arbres qui la bordent. L'homme m'avait ouvert la porte du salon. Il semblait un peu perdu, aristocrate ruiné ou fou, je n'aurais su dire, et m'avait proposé à boire. Il était parti au fin fond de ces innombrables pièces, jusqu'à la cuisine sans doute, où je l'entendais à peine me préparer un verre.

La salle où je me trouvais était envahie de vieux meubles, certains autrefois fort beaux mais aujourd'hui bancals et couverts de poussière, de vaisselle accumulée, de vieux tapis et de napperons défraîchis. Pour échapper à cet enfermement, je m'étais dirigé vers la véranda qui donnait sur le parc. Là, c'était pire encore : une verrière encrassée où s'accrochaient d'anciennes toiles d'araignées, le même empilement de meubles, la même profusion de bibelots, sur une table basse des restes d'un dernier repas où couraient déjà quelques fourmis. J'avais frissonné.

C'est l'image de cette véranda qui m'est revenue hier soir, sans raison, comme un flash autour duquel j'ai replacé le reste, le parc, l'eau verte, le salon encombré, l'homme hagard . Une image que je ne savais pas enfouie au fin fond de ma mémoire. Je ne me souviens de rien d'autre.

Oui, vous connaissez Billy Chapin

Comme moi, vous ignoriez son nom mais vous le connaissez, du moins si vous avez vu au moins une fois le film La Nuit du Chasseur, seul film réalisé par Charles Laughton, sorti en 1955, et que je place très très haut dans mon panthéon cinématographique, peut-être même à la première place .

Tout le monde se souvient de  Robert Mitchum, de Shelley Winters et de Lillian Gish, les adultes, mais qui connait le nom des enfants interprétant les rôles de John et de Pearl Harper ? Il s'agit, pour la petite fille à la poupée, de Sally Jane Bruce, et pour son frère de.... Billy Chapin. Il vient de mourir, le 3 décembre, à 72 ans. Le sombre chasseur a fini par le rattraper.

Pour vous le remettre en mémoire :


lundi 5 décembre 2016

Le bonheur

C'est étrange comme tout le monde en parle alors que peu de gens, dans la rue, en affichent les traces sur leur visage. Étrange aussi comme tous les hommes politiques nous le promettent (pour demain) en prenant ce que l'on appelle des "mines de circonstances". Bref, le bonheur, c'est comme l'Arlésienne, on en parle beaucoup mais on ne le voit jamais !

C'est fou ce qu'on trouve de chansons sur ce thème en se baladant sur internet. Alors voilà, chaque semaine, vous aurez droit à deux d'entre elles, une que j'aime et une ... moins. Vous n'aurez pas de mal à les classer dans l'une ou l'autre des catégories. Allez, soyez heureux !




dimanche 4 décembre 2016

Un autre Dupont

Superdupont n'est plus : les deux autres vont-ils postuler ? (Je viens d'apprendre la mort de Gotlib)

SuperDupont by Gotlib

Miroir, gentil miroir

Tombé là-dessus par hasard. C'est fou, tout de même, ce que l'on peut faire avec un miroir !