samedi 18 novembre 2017

Adieu, l'artiste

Et puis, bien sûr, la disparition de Robert Hirsch, à 92 ans. Je l'ai déjà posté plusieurs fois sur ce blog parce que je l'appréciais beaucoup, pour son côté totalement décalé. Pour rester dans la danse, et malgré la mauvaise qualité de la vidéo, un bel hommage que lui rendait Maurice Béjart.


De l'Université à l'Opéra

Deux jours sans billets : jeudi  parce que je n'avais rien à dire (eh oui, ça peut arriver !), vendredi parce que bien occupé.

A l'université : un des mes anciens élèves (et petit-fils d'une amie), que j'avais eu en sixième l'année de ma retraite m'avait invité à un débat à Lyon II (mon ancienne fac) où il jouait le rôle d'animateur et de distributeur de parole. Un débat sur l'avenir de la ville. J'étais curieux de voir ça : au collège, il ne prenait jamais la parole volontairement, pas par timidité mai par réserve.





Trouver le lieu exact ne fut pas des plus aisés : ça change, une fac, en 45 ans ! Eh bien, le bonhomme, maintenant en première, s'en est fort bien tiré. On peut même dire que j'ai été bluffé lorsque je l'ai entendu interrompre un élu particulièrement bavard et qui, bien sûr, ne répondait pas à la question posée, en lui disant : "Monsieur X., vous avez largement épuisé votre temps de parole !". Pas froid aux yeux, le gamin, mais quel plaisir !

Ensuite direction l'opéra pour des ballets: L'Arlésienne et Carmen, de Bizet, reprise d'une chorégraphie de Roland Petit. Première partie insipide et ennuyeuse (L'Arlésienne), à tel point que nous avons failli partir. Heureusement, la chorégraphie de Carmen était passionnante et prenante, avec une Carmen que personnellement j'ai trouvée très belle, pulpeuse incarnation de la célèbre Sévillane.







mercredi 15 novembre 2017

Le goût des mots

Françoise Héritier, je l'ai découverte à la Grande Librairie, la semaine dernière, aux côtés de Michel Serres. Cette anthropologue, ethnologue et féministe (intelligente), héritière de Claude Lévi-Strauss, m'a fait grande impression dans son fauteuil roulant, à la fois simple et diablement profonde.

Elle était là pour la présentation de son dernier livre (et ce sera bien le dernier) : Au gré des jours, et Busnel avait évoqué son précédent, Le Goût des mots (2013). A la fin de l'émission, ce qui n'est pas toujours le cas, je me suis promis de le chercher et de le lire.

Et, ce matin, la première nouvelle à la radio fut celle de sa mort, hier : née le 15 novembre et morte le15 novembre, à 84 ans. L'annonce de son décès m'a touché, comme celle de quelqu'un que l'on vient de rencontrer, dont on pense se faire un ami et qui disparaît définitivement. En faisant des recherches, j'apprends qu'elle est née à Veauche, dans la Loire, tout près de Saint-Étienne, là où mes parents ont longtemps tenu un commerce. Étranges coïncidences ! Je suis maintenant sûr que je lirai ces deux derniers ouvrages. Je ne résiste pas au goût des mots.

Tension

Je suis remonté, avec son frère,  chez ma vieille voisine. Le bonhomme, avec son béret et sa canne, ressemble à un berger basque qui aurait un penchant certain pour le cassoulet. Bonhomme, il l'est, du moins en apparence. Alors qu'il est en train de vider l'appartement, qui est déjà vendu, il ne laisse rien paraître de ses émotions, comme s'il n'en ressentait aucune. Alors, je me calque sur lui, ce qui ne m'est pas difficile puisque c'est mon penchant naturel.

Mais le soir, seul, c'est autre chose : fatigue, tension interne, celle que je n'aime pas car elle ne se dissipe que lorsqu'elle le veut, elle. Pourquoi cette femme autoritaire, qui s'emportait parfois, brièvement, me manque-t-elle autant ? Fin d'une époque de l'immeuble ? Plus que ça, je pense. Il m'arrive souvent de croire la voir dans la rue, avec son pas décidé malgré la canne et ses souffrances.
Bon, ça passera....

mardi 14 novembre 2017

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

C'était mieux avant ....

Voilà bien une phrase qui a le don de m'exaspérer  (presqu'autant que "le niveau baisse") ! Cette manie qu'ont les gens d'embellir le passé, d'oublier les moments difficiles pour ne retenir que les bons ! Pourquoi pas, après tout, ça aide à rester optimiste. Mais optimiste par volonté, pas par aveuglement.

Etonnamment, je lie ça au jeunisme ambiant (même si ça ne date pas de ça). Parce qu'on vieillit, on devrait surapprécier les jeunes années ? Avec mes soixante-cinq ans, je suis heureux ! Bien sûr, j'ai la chance de ne pas avoir de graves problèmes de santé (et cela aussi me rend heureux, comme de faire du rab par rapport à beaucoup de mâles de ma famille). Mais, malgré mes années, je ne me sens pas diminuer : je vis, je ris, je fais ce qui me plaît quand ça me plaît et je n'en suis pas aux regrets ni à la mélancolie !

Même réaction face aux photos de nos "chers disparus". Il n'y en a pas une seule chez moi (sauf dans les tiroirs). Quelqu'un disparaît et, par un coup de baguette magique, il devient parfait, sans défaut, une sorte de saint familial. Non ! J'aime me souvenir de mes amis (ou membres de la famille) tels qu'ils étaient réellement, avec leurs qualités mais aussi avec leurs côtés chiants. C'est comme ça que, dans ma tête, ils restent vivants.

Pierre, lors de son ordination, avait choisi une belle phrase de Saint Augustin : "La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant". C'est aussi la gloire de l'homme, la vie. Et je suis heureux qu'il m'ait fait découvrir cette phrase.

lundi 13 novembre 2017

Ben ça alors !

J'en suis à la moitié de la "somme" (c'est bien le mot) que représente la biographie de Talleyrand par Orieux. Passionnante mais chronophage ! Une simple remarque, que je m'étais déjà faite pour celle de Catherine de Médicis : Orieux est passionné par son sujet mais semble "aimer" ses personnages . Talleyrand me paraissait jusque là un sombre "salop" (et Catherine de Médicis une reine "noire"). Orieux ne les présente pas ainsi et c'est ce qui fait l'intérêt majeur de ses biographies, outre l'immense travail que sous-entendent ses recherches.

Et puis des surprises : j'apprends que Talleyrand a été un moment exilé en Amérique (au Massachusetts), qu'il a été marié bien qu'évêque d'Autun et qu'il y a de fortes chances qu'il soit le véritable père génétique du peintre Delacroix ! J'espère bien en continuant découvrir d'autres pépites comme celles-là !