vendredi 28 avril 2017

Et le 23 avril ? Et le 7 mai ?

Par curiosité, je suis aussi allé voir ce qui était arrivé le jour du premier tour de l'élection présidentielle et celui du second.

Pour le 23 avril, deux grands quittaient la scène (le même jour et en plus la même année : 1616) : William Shakespeare et Miguel de Cervantès. Ceux-là, on les regrette encore !

Pour le 7 mai, capitulation de l'Allemagne hitlérienne signée par le général Jodl, à Reims. Aucun commentaire !

28 avril

Il y a longtemps que je n'étais pas allé sur ce site qui fourmille d'infos sur ce qui s'est passé tel ou tel jour. Intéressant et drôle parfois. Ainsi, pour aujourd'hui, 28 avril, y apprend-on qu'en 1789 eut lieu la mutinerie du Bounty, en 1920 l'investiture de la France par la Société des Nations pour un mandat sur le Liban et la Syrie, en 224, l'assassinat d'Artaban IV (non, ce n'est pas celui qui était fier !), dernier souverain de la dynastie des Arsacides par Ardashir, un roitelet perse (trop long à vous expliquer).

Mais Artaban IV n'est pas le mort le plus illustre de ce jour du 28 avril. Et parfois, l'histoire (ou la nécrologie) fait des rapprochements assez surprenants. Ainsi c'est aussi l'anniversaire de la mort de Sainte Catherine de Sienne (1380), de Benito Mussolini (1945) et de Jules Bonnot (1912). Sur les trois, deux ont tout de même été aidés pour passer l'arme à gauche (à vous de deviner lesquels !). Et, puisque l'on parle de gauche, pendant ce temps-là, Maurice Thorez naissait (1900)

jeudi 27 avril 2017

Juste avant l'hiver

Non, non, je n'ai pas tourné la carte : je sais que nous sommes au printemps (encore qu'avec le temps de ces jours-ci à Lyon, on pourrait en douter). J'ai simplement repris mon rythme un peu plus rapide de lecture avec ce roman acheté pour deux mots, en quatrième de couverture : Prague, 1969.

Encore une fois, auteur de moi inconnue : Françoise Henry. Un café sur les bords de la Vtlava (pour d'autres la Moldau), une patronne vieillissante qui épie son personnel, en particulier une serveuse slovaque, jeune et fraîche qui la fascine et l'horripile à la fois. L'invasion des chars russes et la fin du printemps de Prague. Un immense amour qui naît et finit tragiquement.

Les premières pages m'ont inquiété : écriture plate, "je" du narrateur (la patronne), phrases courtes, pas de saillies de langage. Pourtant, j'ai vite accroché parce que le ton de la narration est exactement celui qu'il fallait pour raconter cette histoire.

Parce qu'aussi, je me rappelais, au début des années soixante-dix, l'arrivée d'une amie tchèque et de sa famille que nous avions accueillies quand ils fuyaient leur pays, je me rappelais leur façon de décrire leur ville, évocation pleine de poésie et d'amour qui a provoqué en moi le désir du voyage, je me rappelais mon premier séjour là-bas, au début des années quatre-vingt dix, la joie que l'on croisait partout malgré le manque de nourriture, l'étrange ressemblance topographique de Prague avec Lyon, le soldat devant le palais présidentiel dansant avec une de mes amies, les dessins qu'avait faits une autre de mes amies et dont elle m'offrit certains plus tard, en particulier, devant l'église du Tyn, la place plongée dans le noir par une panne d'électricité et le violet profond du ciel ce soir-là.

Moments de grand bonheur loin de l'ambiance des années 60 présente dans le roman.
(Françoise Henry, Juste avant l'hiver. Ed. Grasset.)

mercredi 26 avril 2017

Rite

Depuis quelques années, nous avons, avec Marie-Claire, institué une sorte de rite : manger ensemble le jour de la Saint-Marc. C'était hier soir.

Vers dix-neuf heures, la pluie s'était calmée, juste une sorte de crachin rachitique. J'ai donc décidé de me rendre à pied jusqu'à son domicile lyonnais. Le choix du restaurant s'est porté sur le même que l'an dernier, dans le sixième arrondissement. Pas un bouchon mais tout comme. J'ai opté pour un œuf poché sur lit de jeunes feuilles d'épinards et un cassoulet de cuisses de lapin et saucisses de Morteau. Et puis le chariot de desserts, bien sûr. 

Conversation calme, je dirais même douce, comme toujours avec elle et en toute confiance. Quand nous sommes sortis, la pluie avait repris, très fort. Je l'ai raccompagnée jusqu'à sa porte, juste au moment où sa fille arrivait. Elle a aujourd'hui un peu plus de trente ans. La dernière fois que je l'avais vue, c'était une toute petite fille qui, si je me souviens bien, s'était installée au fond de la salle où nous faisions un conseil de classe et avait sagement attendu maman avec un livre à colorier. Aujourd'hui, c'est une jeune femme, mince et dynamique.

Je suis rentré sous la pluie et le froid, tout heureux d'avoir emporté un parapluie pour une fois, moi qui ne m'embarrasse jamais de ce truc encombrant. Mais, une ville, la nuit et sous la pluie, c'est beau !

mardi 25 avril 2017

Et un peu de musique, ça vous dirait ? (184)

Ella ! Elle aurait eu 100 ans aujourd'hui (1917-1996). Bon anniversaire, Madame. J'adore ce morceau !


Fontamara

Auteur (Ignazio Silone) et titre inconnus. En achetant ce roman à Emmaüs, mon fournisseur habituel maintenant, je pensais, après avoir lu la quatrième de couverture reprenant un passage de la préface de Maurice Nadeau, tomber sur un livre politique sévère analysant la montée du fascisme en Italie pendant les années trente. Pourquoi pas ? Après la chute du nazisme, la montée du fascisme me semblait une suite logique.

En fait, ce livre est aussi "simple" qu'est lourd celui de Littell : la révolte des cafoni, petits paysans ruinés des Abruzzes contre les grands propriétaires terriens. Révolte racontée par l'un d'eux, ou sa femme, ou vers la fin son fils, avec des mots de paysans, une vision du monde de paysans, encore assujettis à l'ordre monarchique et ecclésiastique alors qu'un ordre nouveau est en train de s'installer.

J'ai pensé en le lisant au film de Roberto Begnini, La Vie est belle. Et c'est pour moi un grand compliment. La même profondeur du sujet et la même façon "décalée" de le traiter avec, partout, l'humour, la pudeur, pour accentuer l'horreur.

Fontamara est le premier roman de Silone, écrit en 1930 à Davos, en Suisse, par cet écrivain ayant fui l'Italie fasciste, et publié en 1933.
(Ignazio Silone, Fontamara. Ed. Grasset. Trad. de Jean-Paul Samson et Michèle Causse.)

lundi 24 avril 2017

Momentini

- Rencontré mes nouveaux voisins au bureau de vote dimanche. Sur trois bureaux, deux pratiquement déserts et vingt minutes d'attente au troisième. Devinez auquel j'étais ?

- Encore des ennuis de connexion avec la fibre, et ce malgré l'intervention téléphonique (3/4 d'heure) d'un  technicien ! Je vais être obligé de retéléphoner !

- Entrepris le nettoyage (annuel, je pense) de mes vitres. J'aime toujours autant ça ! Acheté des lingettes "magiques" : pas plus efficaces que le reste ! Me reste encore deux fenêtres. Je distille le plaisir !

- Pour échapper au blabla post électoral de la télé, me suis mis sur Arte pour voir La Porte du paradis, de Cimino. Dix minutes et me suis endormi profondément ! Fait pas bon vieillir !

dimanche 23 avril 2017

Traduction

Voici un extrait de La Voix humaine de Cocteau puisque celui que j'ai posté l'autre jour était en italien. C'était pour moi l'occasion de retrouver Anna Magnani. Je précise que, contrairement à ce que dit mon titre, ce n'est pas la traduction, mais un autre extrait. Impossible de trouver autre chose sur internet. J'espère que Cornus sera satisfait !


Normandie

Voilà, ça s'éclaircit un peu ! Nous devions, à l'origine, loger dans la maison de campagne d'amis parisiens, dont un ami anciennement lyonnais. Et puis, j'ai reçu ce sms terrifiant : l'autre ami venait de se suicider en se défenestrant. Outre la peine ressentie et le souci pour l'ami restant, il n'était plus question de réaliser notre projet normand sur les mêmes bases.

Nous avons donc consulté notre site de locations habituel et sommes tous les quatre tombés d'accord sur une maison charmante (assez ressemblante à celle de Dordogne) qui nous convenait pour sa configuration, son calme, sa situation géographique et son prix.

Ce sera non plus en août mais en juillet. Nous rayonnerons depuis cette maison de Normandie intérieure. Les guides et les cartes sont achetés. Ne restent plus qu'à établir un programme approximatif des visites et je vais m'y coller, comme d'habitude. A coup sûr, nous irons à Rouen, Caen, Falaise, Gisors, Bayeux (pour la tapisserie, entre autres) et puis ailleurs selon les itinéraires.

Le contrat est signé et envoyé, ainsi que les arrhes. Restera à faire la valise, même si nous avons encore le temps. Mais ce sera bien vite là !

samedi 22 avril 2017

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)


Je vous dirai après ce dont il s'agit réellement.

Big Brother et Tosca

Arte proposait l'autre soir la retransmission en direct de Tosca, l'opéra de Puccini, depuis le festival de Baden-Baden. Je l'avais écouté, il y a de nombreuses années, à l'opéra de Lyon, dans une mise en scène très, très classique qui m'avait valu un de mes plus beaux fous-rires : lorsque Scarpia menace de tuer l'amant de Tosca si elle ne se livre pas à lui, pour l'impressionner, il frappe des coups violents à la porte de la cellule de Caravadossi. Et le décor s'est mis alors à vaciller dangereusement, menaçant de tomber sur les interprètes, ce qui, bien évidemment, en fiche un coup au côté dramatique de la situation.

Que dire du spectacle de Baden-Baden ? Des voix impeccables et en harmonie entre elles, ce qui est, hélas, assez rare, un orchestre magistral (la Philarmonique de Berlin) et un chef d'orchestre inspiré. Que du bon donc, mais la mise en scène m'a laissé un peu perplexe : je n'ai rien contre une certaine modernisation (remarque qui porte aussi sur le physique plus crédible des divas interprétant les rôles d'amoureuses) mais que rajoute, par exemple, la présence sur scène d'ordinateurs allumés et d'écrans de surveillance ?

A l'entracte, la présentatrice, Annette Gerlach, a interviewé le metteur en scène qui a insisté sur le côté Big Brother du personnage de Scarpia, ce qui explique écrans et ordinateurs. Je veux bien, mais pourquoi chercher sans cesse un message caché dans toute œuvre du passé ? Le livret de cet opéra, pour une fois intelligent, et l'histoire bien ficelée se suffisent à eux-mêmes (j'avais justement oublié la modernité de cette intrigue). Il me semble à moi que Tosca, c'est avant tout une histoire d'amour et de jalousie, non ?

vendredi 21 avril 2017

Ou peut-être à celle-ci

Celle de la grande dame du cinéma italien !


Mon coeur s'ouvre à ta voix

Je viens d'apprendre un nouveau mot, ou plutôt un nouveau sens au mot "cristallisation" : le moment où chaque électeur fixe définitivement son choix sur tel ou tel candidat.

Alors, à la veille de ce week-end électoral, il faut bien que mon cœur s'ouvre à une voix. Eh bien, c'est décidé, j'ai fait ma "cristallisation" : en ce vendredi, je vote pour Shirley Verrett !


jeudi 20 avril 2017

Les Bienveillantes

J'en suis venu à bout ! Je l'avais commencé à Megève, j'ai terminé ce roman de 1400 pages de Jonathan Littell cet après-midi. Vaste fresque de la seconde guerre mondiale, vue du côté d'un officier allemand et nazi. A aucun moment, contrairement à ce qui se passe dans le roman de Robert Merle La Mort est mon métier, on ne risque de s'identifier à cet homme chargé, entre autres, de la bonne organisation de la solution à la "question juive".

Une bonne part du roman se passe lors de la bataille de Stalingrad et l'auteur ne nous épargne rien des atrocités commises de part et d'autre. J'avoue avoir sauté quelques pages (peut-être une cinquantaine au total) trop "techniques" ou trop précises historiquement. De plus, les noms des différents grades de la SS, de la Wehrmacht et de la polices allemandes ne sont pas faits pour faciliter la compréhension.

J'ai aussi parcouru en diagonale le chapitre intitulé "Air", pratiquement uniquement consacré aux délires érotico-incestueux du personnage. Trop, c'est trop. D'autres chapitres m'ont davantage intéressé, voire passionné même si ce qui y est raconté est difficile à avaler.

Je ne sais pas quel était le but de l'auteur en écrivant ce livre très noir et incroyablement documenté. Faire naître le dégoût ? Mais y avait-il besoin de 1400 pages pour cela ?  Franchement, je suis heureux d'en avoir terminé et vais me choisir un livre plus "léger" (à tous les sens du terme) pour me "laver" de toute cette boue.

Précision : le titre Les Bienveillantes fait référence aux Euménides, ces déesses grecques de la vengeance et du remords, remords qui n'apparaît que dans les toutes dernières lignes, et encore. 
(Jonathan Littell, Les Bienveillantes. Ed. Gallimard.)

mardi 18 avril 2017

Un vrai gag !

C'est ma sœur qui m'a fait découvrir ça ! Pour une fois qu'on peut rire de bon cœur ! (La vidéo date de 2000)

Trouvaille (pascale)

Nos Dupond(t) doivent être fatigués par la poussée de la sève printanière (mais y sont-ils encore sujets ?) : une seule trouvaille dans tout le dimanche de Pâques !

- Moi : Je n'arrive pas à me connecter à internet sur ton ordinateur.

- J-C : Il faut aller sur Google Chrome.

- Dupon(d)t : Ah ! c'est là que nous allons en vacances en Normandie ? C'est un drôle de nom !

(Mais sur le GPS, il doit falloir taper Mozilla !)

lundi 17 avril 2017

Contingences

Pour que la photo précédente ait pu exister, il a fallu que :
- quelqu'un ait peint en noir le visage de Freud et en rouge son habit.
- que ma voiture soit arrêtée aux feux tricolores derrière deux ou trois autres.
- que je me trouve pile en face de cette statue.
- que j'aie mon appareil photo dans la voiture.
- qu'une jeune femme, elle aussi, habillée en rouge, attende le bus.
- que la lumière déclinante de fin d'après-midi se reflète juste à ce moment-là et pour quelques secondes contre le mur.
- que la jeune femme regarde à ce moment-là sur le côté.
- que j'aie le temps de retrouver mon appareil et d'appuyer sur le déclencheur avant que le feu ne passe au vert.
- que j'ose la faire malgré un personnage presque de face.
- que, malgré la rapidité de sa prise, elle ne soit pas floue.

Bref, elle aurait tout aussi bien pu ne pas exister.

samedi 15 avril 2017

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

vendredi 14 avril 2017

Momentini

- Ça y est : ils y sont venus ! Tout le stationnement est payant autour de chez moi. J'ai eu du nez en prenant un garage il y a quelques années. Un seul point positif : du coup, beaucoup moins de bagnoles !

- J'arrive à la page 1100 des Bienveillantes ! Encore un petit effort. Je crois que je ne suis jamais resté aussi longtemps sur un livre. Le compte rendu de lecture va être coton à rédiger.

- On m'a dernièrement installé la fibre. Du coup, tout marche de travers. Pas trop envie d'entrer dans les détails, mais ça me gonfle !

- Ma vieille voisine, qui va assez mal, ne répond pas au téléphone et se plaint que l'on ne prenne pas de ses nouvelles (elle ne le dit pas directement, mais quand on décrypte...). D'une logique absolue !

- Entrepris de ranger mes bouquins. Un travail de romain ! Me suis pour l'instant contenté du bureau ! Et puis, les grandes piles qui menacent de s'effondrer et qui le font parfois, ça ne me déplaît pas, à moi !

- Écouté Claude  Hagège, le linguiste, à la télé hier soir. Quelle pédanterie !

mercredi 12 avril 2017

Et un peu de musique, ça vous dirait ? (183)

Voici sans aucun doute mon contre ténor français préféré : Henri Ledroit (1946-1988, mort du sida). Hélas, bien peu de vidéos sur internet.
J'ai eu l'occasion de l'entendre à Lyon, et donc de le voir : il était réellement aussi beau que sur cette photo. Ici, dans du Bach, en plus !

mardi 11 avril 2017

Encore en pays viennois (2)

Je décide de rentrer à Lyon par l'est. Et après Septème, Oytier, huitième borne sur la même voie romaine (et plus loin, il y a aussi Diémoz, la douzième). On y a découvert de nombreux vestiges gallo-romains mais je ne les verrai pas. Au Péage, nom d'un quartier de Oytier, une petite pancarte attire mon attention : Chapelle de Saint-Jean.

J'en suis la direction et me retrouve.... dans la cour d'une maison privée. Un peu intriguée, la dame dans le jardin s'approche : je suis passé devant la chapelle sans la voir, mais son mari va m'y conduire. Le vieux monsieur est, en fait, à l'origine d'une association de sauvegarde de cette chapelle (XIII°) et en possède la clé. Le hasard m'avait conduit au bon endroit ! Bavard, le monsieur, mais passionnant et passionné.

D'après la légende, un chevalier du lieu avait fait le vœu, s'il revenait sain et sauf de la croisade, de construire une chapelle, ce qu'il fit à son retour. Cette chapelle, devenue ensuite propriété de l'Ordre du Temple (les Templiers), attirait chaque année, à la Saint-Jean de Noël (j'ignore ce dont il s'agit) une foule de pèlerins venus vénérer le saint dont les restes reposent encore dans l'autel même (détail confirmé par le vieux monsieur, qui les a vus ainsi qu'une mitre en bois confirmant que ce saint était un évêque ou un abbé mitré). Tout près, la maison, transformée, du chevalier et une autre censée être l'Hospital (l'"auberge"). Le tout dans un état, hélas, assez piteux.

Je pensais ne rester que quelques instants. Je suis parti plus d'une heure après, tant le vieux monsieur était intéressant et en veine de confidences historiques. J'aime ces rencontres et ces découvertes de hasard.






L'Hospital
La "maison du chevalier"

Encore en pays viennois (1)

Ma voiture ayant atteint les mille kilomètres (eh oui, déjà), j'ai suivi les conseils du commercial : la pousser un peu. Pour ça, rien de tel que l'autoroute. Plus de trente kms gratuits jusqu'à Vienne : ce sera Vienne.

Petit bonjour en passant à "mon" château, bien dégagé maintenant et environné de vignes. Puis montée sur la colline de Pipet, pour la vue sur la ville actuelle, les quartiers romains outre-Rhône, l'autre château (La Bâtie) et la vallée.

A l'époque romaine, le mont était aménagé en grand hémicycle, aire sacrée de temples dominant le théâtre, dont les ruines sont encore visibles, et le forum. Forteresse des rois de Bourgogne au début du Moyen-Age, il s'orne (un bien grand mot, à mon goût !) aujourd'hui d'une imposante statue de la Vierge (1858) sur une tour de briques et d'une chapelle de pèlerinage (1873) en l'honneur de Notre-Dame de La Salette.





 

Ensuite, pas envie de redescendre en ville. Je prends les routes de campagne et découvre par hasard le château de Septème.  Le château fort du XI° est en ruines mais son enceinte du XIII° est encore impressionnante, et malheureusement fermée ce jour-là : je ne verrai donc pas, à l'intérieur de cette muraille, le château actuel des XIV°-XV° siècles.

Un peu d'histoire ? A l'origine, c'est un camp militaire romain construit le long de la voie romaine reliant Vienne à Milan au niveau de la septième borne (d'où le nom de la commune). Le premier château, propriété de la famille Beauvoir de Marc sera cédé aux Comtes de Savoie puis aux Dauphins du Viennois (1355). Dans le second séjourneront une nuit Charles IX et sa mère Catherine de Médicis (juillet 1564). Il sera ensuite ruiné par la Révolution et restauré en 1889.



Mais ma meilleure trouvaille restait encore à faire....

lundi 10 avril 2017

Ca vous rappelle quelque chose ?

Normal : moi aussi, je radote.

dimanche 9 avril 2017

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

samedi 8 avril 2017

Une redécouverte

Voilà bien longtemps que je n'y avais pas mis les pieds. Autrefois, dans ma jeunesse folle, comme dit Hugo, j'y allais quelquefois courir avec des amis et collègues, début de mes activités sportives qui cessèrent pourtant, ensuite, pendant de longues années. En fait, nous courions un peu et pique-niquions beaucoup, emportant souvent avec nous des pâtisseries tunisiennes qui nous redonnaient rapidement les quelques grammes que nous avions eu tant de peine à perdre. Depuis, je n'y étais retourné qu'une fois, après un repas au restaurant avec ma famille et celle de ma seconde belle-sœur.






 



 Le Domaine de La Croix-Laval a beaucoup changé, du moins la petite partie que j'ai revue : sur le parking, bâtiment des gardes et petit office du tourisme qui n'existait pas, installation de jeux pour enfants, disparition de la petite fermette où un vieux bouc sentait si fort au profit d'un simple enclos avec moutons, chevaux et biches, certains chemins de terre autrefois de terre, aujourd'hui goudronnés, petit train pour promener les badauds... Bref, plus "touristique" mais moins authentique, même si les sous-bois restent "nature".




Mais ma plus grosse surprise a été le château : plus de Musée de la Poupée. Renseignement pris, il a disparu en 2007, je ne sais pour quelle raison. Comme quoi, je me tiens au courant de l'actualité ! En revanche, j'ai découvert, ce que j'avais vu à la télévision, les Conservatoires de fruits et légumes présentant des variétés locales anciennes (principalement poiriers, pommiers et pêchers) créés entre 1800 et 1950, ainsi qu'une roseraie conservatoire (plus de 250 rosiers lyonnais anciens), malheureusement encore assez peu fleurie en cette saison. Belle promenade au milieu des espaliers dessinés selon les formes historiques inventées par des pépiniéristes lyonnais.


 





vendredi 7 avril 2017

Bouh !

Devant mon supermarché, il y a toujours le même mendiant, sagement assis et fumant ses clopes quand il en a. Maigre, plutôt du genre à ne pas sucer de la glace, il dit bonjour à ceux qui passent, sans jamais rien demander. Parfois, ils sont deux mais la plupart du temps il est seul. Il lui arrive de bavarder avec quelques passants, ceux qui le voient ou ne font pas semblant de ne pas le voir.

L'autre jour, j'allais passer devant lui. Trois minettes, genre théières (bras replié, sac à main suspendu au pli du coude), me précédaient. Quand elles sont arrivées à sa hauteur, sans même le regarder, il a poussé un cri, celui qu'un enfant pousse quand il veut faire peur à quelqu'un. Quel bond sur le côté, les gazelles ! Et quel regard de haine sur lui. Moi, derrière, j'étais mort de rire. Et lui aussi. Au moins un qui n'a pas perdu son âme d'enfant !

jeudi 6 avril 2017

Je me disais bien !

Je savais bien que ce nom me disait quelque chose. Mais quoi ? J'avais beau fouiller dans ma mémoire, je ne trouvais rien. Jusqu'à hier soir, en regardant sur DVD la série Moi, Claude empereur, prêtée par ma sœur qui propose, de façon assez romancée à mon avis, la vie et le règne des premiers Julio-Claudiens, d'Auguste à Claude.

Épisode d'hier soir : la mort de Tibère, précédée par la disgrâce du préfet du prétoire Séjan et son remplacement par Quintus Naevius Cordus Sutorius Macro, plus simplement passé à la postérité sous le ..... Macron ! Voilà, j'y suis ! Voici ce qu'en dit WKPD :

Les origines de ce Macron sont inconnues, mais elles doivent être modestes. En 31, il devient préfet du prétoire après avoir lu devant le Sénat une lettre de Tibère  se concluant par la disgrâce de son prédécesseur Séjan, qu'il fait exécuter. Il prend ensuite une part active à l'élimination de sénateurs et de chevaliers.  En mars 37, présent lorsque Tibère eut un malaise dans sa villa du cap Misène, Macron l’aurait fait étouffer sous un coussin. Macron avait toute l'estime de Caligula prétendant au pouvoir, mais une fois celui-ci parvenu à ses fins grâce à l'appui du préfet du prétoire, Caligula va prendre ses distances avec son ancien mentor, jusqu'à se moquer ouvertement de lui. L'attitude de sa femme Ennia Naevia, avec qui Caligula entretenait une relation adultère connue ou non de Macron, fut un poids pour l'empereur qui décida de se débarrasser du couple. L'appui de Macron en faveur de Caligula ne fut pas récompensé : devenus encombrants, Macron et son épouse furent forcés de se suicider sur ordre de Caligula peu après son arrivée au pouvoir.

Finalement, passer d'un  débat à 11 à une saga familiale antique, ça ne m'a pas beaucoup changé !

Tiens, et puis en fouillant, je viens d'en découvrir un autre : Ptolémée Macron, ayant vécu deux siècles avant l'autre, un gouverneur de l'empire séleucide (syro-iranien). Antiochos IV l'avait chargé de mettre au pas la Judée. Mais, un fois sur place, Ptolémée Macron, d'ennemi qu'il avait été jusque là des juifs, devint tout d'un coup leur ami. Ce retournement de veste, que pratiqua aussi le romain, le conduisit au suicide, comme le préfet du prétoire !

mercredi 5 avril 2017

lundi 3 avril 2017

Le vélophile

J'avais pris l'habitude de le rencontrer presque chaque soir au retour de chez ma mère. Plusieurs années de silence d'abord, puis de timides bonjours, trois mots de plus parfois, et enfin de longs échanges. Échanges ou plutôt soliloques car il parlait beaucoup plus que moi.

Dans son garage, il réparait des vélos. Il en achetait plusieurs en fin de vie et, avec, en remontait un tout neuf, ou presque. Quelquefois, il retapait de très vieux modèles dont il m'expliquait chaque particularité avec un air de gourmandise qui me fascinait, et ce bien que le vélo n'ait jamais été une de mes passions. Il en avait même un avec le cerclage des roues en bois : magnifique même si sans doute un peu lourd.

Je me demandais bien quelle pouvait être la qualité de sa vie de famille, puisque le dimanche, il le passait aussi au garage. Il m'avait parlé une fois de sa femme et de sa fille. Je ne l'ai vu qu'une seule fois à l'extérieur, à vélo et avec sa fille justement, enfin je pense.

Et puis, à ma retraite et après la mort de ma mère, je l'ai moins vu : j'utilisais beaucoup moins ma voiture. Mais, pendant les travaux chez ma sœur, je me remis à la prendre. Le garage était toujours fermé. Bizarre ! L'autre jour, enfin, le portail était ouvert mais le garage absolument vide, à part trois pneus anti choc contre le mur du fond : plus de vélos, plus d'établi, plus d'étagères encombrées de produits mystérieux. A-t-il déménagé ? Sans doute. Pourtant, chaque fois que je passe, je jette un coup d’œil, comme s'il allait réapparaître.

dimanche 2 avril 2017

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

samedi 1 avril 2017

La maman des poissons

Cette année, pas de canular mais une chanson qui me fait toujours rire.


Les crapauds

Le crapaud de Plume m'a rappelé des souvenirs. On m'a toujours dit, gamin, que les crapauds étaient des bestioles dégoûtantes et dangereuses si on les touchait. Du coup, comme pour le loup, je me suis mis à les aimer, pas au point de les prendre dans la main cependant. Ces "monstres" solitaires et laids m'attiraient, de loin.

Un soir, en Haute-Savoie, alors que Pierre et moi, nous rentrions d'une soirée chez des amis, j'ai aperçu, au pied du vieux rosier devant la porte, une masse noire dans la pénombre. J'ai cru que c'était un détritus jeté là par un passant et m'apprêtais à l'enlever en tendant la main vers lui quand le "détritus" a émis un cri rauque et puissant qui m'a fait peur parce que je ne m'y attendais pas : c'était un crapaud qui s'était mis au frais. Le lendemain matin, il avait déménagé.

En Creuse aussi, un énorme spécimen avait élu domicile sur le chemin caillouteux qui menait à la forge. Il fallait, chaque fois que nous passions en voiture, descendre quelques mètres avant la maison pour vérifier qu'il n'était pas au milieu du chemin, ce qui était généralement le cas et attendre qu'il veuille bien s'en aller ou le titiller un peu avec le bout d'un bâton pour qu'il regagne le fossé.

Et puis, il y a cette chanson, apprise en camp sous tentes, que j'adorais parce qu'elle me faisait rêver et que j'aime toujours pour sa poésie.



La nuit est limpide, l'étang est sans rides,
Dans le ciel splendide luit le croissant d'or
Orme, chêne, tremble, nul arbre ne tremble
Au loin le bois semble un géant qui dort,
Chien ni loup ne quitte sa niche ou son gîte
Aucun bruit n'agite la terre au repos
Alors dans la vase ouvrant en extase
Leurs yeux de topaze, chantent Les Crapauds.
Ils disent: Nous sommes haïs par les hommes
Nous troublons leurs sommes de nos tristes chants
Pour nous, point de fêtes, Dieu seul sur nos têtes
Sait qu'il nous fît bêtes et non point méchants.
Notre peau terreuse se gonfle et se creuse
D'une bave affreuse, nos flancs sont lavés.
Et l'enfant qui passe, loin de nous s'efface
Et pâle nous chasse à coups de pavés.
Des saisons entières, dans les fondrières
Un trou sous les pierres est notre réduit.
Le serpent s'y roule, près de nous en boule
Quand il pleut en foule, nous sortons la nuit.
Et dans les salades, faisant nos gambades
Pesants camarades, nous allons manger.
Manger sans grimaces, cloportes ou limaces
Ou vers qu'on ramasse dans le potager.
Nous aimons la mare, qu'un reflet chamarre,
Où dort à l'amarre, un canot pourri.
Dans l'eau qu'elle souille, sa chaîne se rouille,
La verte grenouille y cherche un abri.
Là, la source épanche, son écume blanche
Un vieux saule penche, au milieu des joncs.
Et les libellules aux ailes de tulle
Font crever des bulles au nez des goujons.
Quand la lune plaque, comme un vernis laque
Sur la calme flaque des marais blafards.
Alors, symbolique et mélancolique
Notre long cantique sort des nénuphars.
Orme, chêne, tremble, nul arbre ne tremble
Au loin le bois semble un géant qui dort
La nuit est limpide, l'étang est sans rides
Dans le ciel splendide, luit le croissant d'or.