lundi 12 novembre 2018

Et pourquoi pas la peinture ? (29)

La Charmeuse de serpents

Ce tableau du Douanier Rousseau, La Charmeuse de serpents (1907), m'a toujours effrayé. D'abord les serpents, bien sûr, animaux que je ne prise guère, surtout en nombre comme ici, énormes et tortueux. Mais le reste également : cette lumière bizarre, ni jour ni nuit, comme s'ils n'avaient pas encore été créés, le silence qu'on imagine, la forêt touffue et inquiétante, l'eau immobile, morte elle aussi, ces plantes du premier plan comme pétrifiées.

Et cette femme à contre-jour, dont ne ressortent que les yeux,  une Eve qui fascine le serpent et non l'inverse, si l'on en croit le titre. Personnellement, j'y retrouve la silhouette d'une Marie-Madeleine découverte dans une petite église de la province de Lucques, en Toscane, une femme décharnée (qui la fait ressembler à un homme) et qui pourtant semble forte, avec une longue chevelure qui lui recouvre presque entièrement le corps. Je l'avais prise, de loin, pour un saint Jean-Baptiste.

Le monde après sa fin ?

dimanche 11 novembre 2018

Fraternité des peuples


Monument aux morts pacifiste de Dardilly, près de Lyon.

 « Je vous empêcherai d’oublier de quel rayon de beauté morale et de parfait holocauste s’éclaira là-bas, en vous, la monstrueuse et dégoûtante horreur de la guerre ».
(Henri Barbusse, Préface  à une édition spéciale de Le Feu (1917)

samedi 10 novembre 2018

Commémoration (du 10 novembre)

Ceux qui ont vu le jour :

- Richard Burton (1925), François Couperin (1668), Ninon de Lenclos (1620), Bechir Gemayel (1947), Mikaïl Kalachnikov (1919), Charles le Téméraire (1433), Martin Luther (1483), Ennio Morricone (1928), François Périer (1919), Claude Rains (1889), Friedrich von Schiller (1759).

Ceux qui ont vu la nuit :

- Ataturk (1938), Jacques Chaban Delmas (2000), Leonard Cohen (2016), Abel Gance (1981), Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1861), Jack Palance (2006), Elio Petri (1982), Arthur Rimbaud (1891), Helmut Schmidt (2015).

Il n'y a pas que les italiennes qui chantent et dansent.



Judy Garland (et Gene Kelly) dans Pour moi et ma mie de Busby Berkeley (1942)

vendredi 9 novembre 2018

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

En lisant Tourgueniev

Sans exagération, je crois pouvoir dire que c'est un des plus beaux romans que j'aie lus depuis longtemps. Trevor aurait pu reprendre le titre de Maupassant : Une Vie. L'histoire d'une femme de milieu modeste et campagnard qui épouse un commerçant aisé (et ses deux sœurs revêches par la même occasion), qui aurait pu tout avoir pour être heureuse et ne le sera jamais. Difficile d'en dire davantage sans gâcher le plaisir du futur lecteur éventuel.

Tout est dit simplement, pas de pathos, pas de lamentations, juste la vie qui passe et ne se dirige pas du bon côté. Une histoire simple et bouleversante. Quant à Tourgueniev....
(William Trevor, En lisant Tourgueniev. Ed. Phébus libretto. Trad. de Cyril Veken.)

jeudi 8 novembre 2018

Momentini

- Les travaux ont recommencé chez ma sœur. Heureusement, les grands pans de vieux crépis sont partis comme de rien. Ça progresse bien. Mes courbatures aussi...

- Je n'ai jamais laissé mes plantes aussi longtemps dehors, sur le balcon. Mais les nuits commencent à être fraîches. Allez, encore une semaine. Les vieux chrysanthèmes de l'an dernier, récupérés avant l'hiver, sont en train de fleurir.

- Mon problème de dégâts des eaux n'est toujours pas réglé, depuis juin. Le plombier est venu et a bien constaté que la voisine de l'immeuble d'à côté est bien fautive. Il n'a jamais envoyé son constat à l'assurance qui me dit maintenant que le processus suivi n'était pas le bon. C'est pourtant eux qui me l'ont indiqué ! Une véritable usine à gaz. Mais je suis tenace !

- Je ne renouvellerai pas l'expérience de lire deux livres à la fois. Stevenson est un peu en rade en ce moment, puisque je n'ai plus le temps de faire de sieste.

mercredi 7 novembre 2018

Non, non, je n'ai rien fait de tout ça aujourd'hui....


Musique et cinéma



J'avais oublié toutes ces musiques (Bach, Mozart, Prokofiev, messe congolaise, spirituals...) qui viennent et disparaissent dans le film de Pier Paolo Pasolini, L’évangile selon saint Matthieu (1964), et dont la première sélection avait été opérée par Elsa Morante.

Mais je n'ai jamais oublié tous les visages, d'une beauté profondément humaine et émouvante des personnages, tous acteurs non professionnels. Ni le visage extraordinaire de Enrique Irazoqui, le Christ. Comme j'aimerais revoir ce film.

mardi 6 novembre 2018

Ce n'est pas pour les enfants.

Hier soir, j'ai vu pour la première fois le film La Chambre des officiers, de François Dupeyron (2001) relatant le long calvaire d'un jeune soldat défiguré lors de la guerre de 14-18, un de ceux que l'on a appelés les gueules cassées. Film magnifique, très émouvant et finalement optimiste même si certaines scènes ultimes sont épouvantables.

Imaginons qu'un soldat, gueule cassée, de cette guerre ait eu vingt ans en 1918, ce qui ne devait pas être rare. Il était donc né en 1898 et avait seulement 54 ans à ma naissance. Rajoutons dix ans pour me laisser le temps d'appréhender vraiment le monde qui m'entourait. La gueule cassée avait alors 64 ans. Or je n'ai aucun souvenir d'en avoir vu un seul. Étaient-ils tous morts prématurément ? Prenait-on grand soin de les cacher, surtout aux yeux des enfants ? Je penche plutôt pour la seconde hypothèse : alors qu'elle battait son plein quand j'étais enfant, je n'ai jamais entendu parler de la guerre d'Algérie. Le vert paradis de l'enfance était-il donc à ce point protégé ?

Préhistoire ?

Une petite merveille découverte par hasard. Merci, Juliette. Écoutez bien les paroles....


lundi 5 novembre 2018

Et pourquoi pas la peinture ? (28)


Le Balcon

Étrangement, ce tableau, Le Balcon, de Édouard Manet 1869), exposé au Musée d'Orsay, m'a toujours paru sinistre. Les femmes en blanc dominées par l'homme en noir comme deux brebis prêtes à être dévorées. Aucun sourire sur les lèvres des personnages. L'intérieur dans la pénombre. Le chien, tout aussi triste que les autres. Même les fleurs en pots semblent fanées. La bourgeoisie dominante du XIX° dans tout ce a qu'elle de mortifère.

Aussi ne fus-je guère surpris lorsque, des années plus tard, j'ai vu ce qu'en avait fait Magritte :

Trouvaille (mais chut...)

Un de nos deux Dupond(t) a déjeuné l'autre jour avec son frère qui, à propos de la pédophilie ecclésiastique, lui a parlé d'omerta vaticane. Il a fait à ce moment-là un sourire fin mais, deux jours plus tard, nous a demandé ce que voulait dire "oberta".
- Non, oMerta !
- Et qu'est-ce que c'est l'oberta?
-OMerta ! La loi du silence, en particulier dans la mafia. Pour te souvenir d'oMerta, pense à Homère !
Homère, omer-ta.
- Alors, la mafia existait déjà à l'époque ?

dimanche 4 novembre 2018

Petite promenade dominicale

Temps idéal pour un tour au Parc de la Tête d'or.

















samedi 3 novembre 2018

Il n'y a pas que les italiennes qui chantent et dansent !



Jean Gabin dans La belle Équipe de Julien Duvivier (1936)

vendredi 2 novembre 2018

Et si, finalement, la valeur attendait un peu le nombre des années....

Par hasard, un soir de cette semaine, je suis tombé, sur TV5Monde, sur la rediffusion de l'émission de Ruquier où l'un des invités était M-O Fogiel qui présentait son livre où il est question de sa famille, constituée de son mari et de leurs deux filles conçues en GPA. Face à lui, le journaliste Ch. Consigny, successeur à ce poste de Yann Moix.

Je n'ai pas un amour inconditionnel pour Fogiel, loin s'en faut, mais la façon dont Consigny s'adressait à lui m'a profondément déplu (comme d'ailleurs, il y a quelques années, la façon qu'avait eue Fogiel de s'adresser à B. Bardot, elle non plus pas à mon panthéon sur ses vieux jours). Muriel Robin, également invitée ce soir-là a pris la défense de Fogiel puis est montée sur ses grands chevaux en traitant plusieurs fois Consigny d'arrogant, ce qui était tout à fait ce que je pensais.

Ce journaliste a 29 ans et se met dans la peau d'un vieux sage, au point de rendre Ch. Angot presque sympathique par comparaison. Mais, au delà de la personne de Ch. Consigny, c'est toute cette génération de jeunes journalistes et surtout de jeunes politiciens qui  m'indispose au plus haut point. A peine élus à l'Assemblée Nationale par exemple, ils plastronnent à la télévision comme si les générations précédentes n'étaient qu'une bande de bas de plafond. Ils savent tout, ils maîtrisent tout (sauf, souvent, la grammaire française), ils n'admettent guère la contradiction puisqu'ils ont, selon eux, la vérité infuse. Quelle prétention, quelle outrecuidance, quelle arrogance. A la manière de celui qui leur tient lieu de gourou, peut-être ....

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

jeudi 1 novembre 2018

Momentini

- Finalement déçu par Frankenstein Junior, au point de somnoler parfois. J'avais beaucoup ri en 74. J'ai parfois souri cette fois-ci. Le film a vieilli ? Non,c'est moi....

- Il y a trois ans, nous avons prolongé pour 15 ans la concession de la tombe de mon arrière grand-père, par respect pour mon père qui la fleurissait toujours. Sans doute l'avait-il beaucoup aimé.  En allant y déposer le chrysanthème, nous tombons sur un panneau demandant aux "propriétaires" de s'adresser à la mairie. Sitôt lu, sitôt fait. "Ce doit être le fait d'un plaisantin qui a changé l'emplacement du panneau !', nous dit l'aimable employée de mairie. "Piqueté comme il l'était, le plaisantin devait avoir un sacré outil !" répliquè-je illico. "Alors, c'est une erreur". Gentille, l'employée, mais pas un mot d'excuse ! Je vieillis, je vous dis !

- Ma sœur m'a raconté un de ses derniers rêves. Elle était en compagnie de Marine Le P. qui pleurait dans ses bras, parce qu'elle avait appris que son père n'était pas son père. Inutile de dire que, pour elle (ma sœur), c'était un terrible cauchemar ! 

- Les blogs se raréfient, il me semble. Certains ont disparu en annonçant leur fin, d'autres n'ont même pas eu cette délicatesse. En plus de la raréfaction, il y a la période terrible des vacances où même les plus fidèles se mettent à l'étiage. On se sent seul, parfois !

mercredi 31 octobre 2018

Musique et cinéma



Meryl Streep, Pierce Brosnan et les autres, dans Mamma Mia (2008), sur la musique d'ABBA. Lui, c'est un des James Bond, elle, c'est la tranquille mère de famille de Sur la route de Madison. On a un peu de mal à y croire, non ?

Comme un pont de couleurs

Deuxième tournée pour les fleurs d'or : à Lyon et dans la Loire. Au cimetière de la Loire, du vent, comme d'habitude sur cette colline, mais, par dessus le marché, une sorte de grésil glacé qui fouettait les visages. Des tas de neige salie dans les coins. Si les routes avaient été déneigées, elles étaient souvent couvertes de branches tombées sous le vent ou le poids de la neige. Bref, en aucune façon un moment de plaisir.

Détour pour rentrer par le village de mon enfance : des noms d'anciens habitants qui égrainent le chemin, de nouvelles habitations, encore et toujours. Mais la Maison du Diable est toujours là ! Déjà abandonnée dans la jeunesse de mon père, elle semble indestructible. C'est presque rassurant de la retrouver chaque année.

Et, à un moment, un splendide arc-en-ciel, comme un pont entre les Monts du Lyonnais et le Massif du Pilat.

mardi 30 octobre 2018

Junior



Encore une fois, Arte me gâte :demain soir, à 0h (symbolique ?), la chaîne, pour célébrer ironiquement Halloween, cette fête d'origine européenne que les États-Unis n'ont pas manqué de nous renvoyer en l'ayant affublée d'une optique commerciale, passera Frankenstein Junior.

Pour ceux, comme moi, que l'horreur sur grand écran n'intéresse guère, je dois préciser  qu'il s'agit d'un film hilarant de Mel Brooks (1974) que j'avais vu au cinéma en son temps. Si vous ne riez pas en le regardant, c'est que vraiment, vous avez l'humeur maussade ! Moi, je n'ai jamais oublié la tête d'Igor (Marty Feldman), l'assistant du docteur (enfin, de son arrière petit-fils)...

lundi 29 octobre 2018

Les fous rires de Gildas



Philippe Gildas (1935-2018)

Et un peu de musique, ça vous dirait ? (219)


Jusqu'au soir

Que dire de ce petit roman, heureusement court, de Yoshiyuki Junnosuke ? Vite lu, sans plaisir, sans rien qui puisse accrocher l'attention : un quadragénaire entretient une liaison avec une jeune femme qui veut à tout prix garder sa virginité.

Trame parfois difficilement perceptible, style volontairement froid et sec, un brin de perversité, comme chez Yoko Ogawa (et beaucoup d'auteurs japonais) mais sans l'art et la délicatesse de cette dernière.  Je ne comprends toujours pas quel était le but de l'auteur.
(Yoshiyuki Junnosuke, Juqu'au soir. Ed. du Rocher. Trad. de Silvain Chupin.)

dimanche 28 octobre 2018

Pluie, grenouilles et galonnière

Hier, début des virades aux approches de la Toussaint. Ce fut l'Isère et l'Ain où, après la visite des cimetières,  nous nous sommes empiffrés de grenouilles. Et, sur le retour, nous avons découvert, sous la pluie et dans le froid, cette petite église de Chaveyriat (Ain), saint Jean-Baptiste,  qui fait partie des sites clunisiens :
 






Si l'intérieur n'a rien d'exceptionnel, si ce n'est la belle charpente de la nef (masquée par un faux plafond de 1867 à 2003), l'extérieur est très intéressant. L'église est fondée au début du X° siècle. En 975, le chevalier Roclène cède ses droits sur la village et l'église à Cluny, qui en fait une "cella" (sanctuaire) puis un doyenné (circonscription regroupant plusieurs paroisses). Tout autour, une vaste exploitation agricole. L'église est une première fois transformée au XII°. Le clocher, partiellement démoli à la Révolution, en 1794, fut reconstruit en1842-1843.

Le plus attrayant, outre la statue du saint patron dans une niche au-dessus du portail, est la haute galonnière (porche en bois restauré en 1978) qui protège la façade et des peintures murales qu'hélas, je n'ai guère eu l'occasion de voir.Il faudra que je prévoie une autre visite sous un climat plus clément.

Et pourquoi pas la peinture ? (27)



Les Confluences, en parallèle de l'exposition Esprits du Japon, proposaient, dans la boutique, un calendrier avec, pour chaque mois, une estampe de Katsushika Hokusai (1760-1849), célèbre peintre et dessinateur japonais. Je l'ai feuilleté (des paysages, en majorité) et ne l'ai pas acheté. Ce que je regrette un peu maintenant, mais je me sers très peu d'un calendrier.

Sa série dite des grandes fleurs est moins connue que ses paysages. Il les a peintes vers 1830-1834. Celle-ci s'intitule Volubilis et rainette. J'aime ce dessin, à la fois réaliste et stylisé. La rainette, en particulier, semble vouloir sauter de la fragile feuille où elle s'est perchée. Et puis rien que le mot "volubilis" me fait rêver...

samedi 27 octobre 2018

Il n'y a pas que les italiennes qui chantent et dansent !



Gene Kelly dans Chantons sous la pluie de Stanley Donen (1952)

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

vendredi 26 octobre 2018

Momentini

- Ben voilà, à la première petite brise, papy Calyste a pris froid. Résultat : nez qui coule, toux bien sèche et gorge qui pique. Alors, j'ai ressorti le vieux pot de miel et le pyjama plus épais.

- La Belgique achète américain,  la Grande-Bretagne se tire, l'Italie fait ce qu'elle veut. Et je ne parle que de ces derniers temps. Celui qui voulait conduire l'Europe s'est-il totalement planté ? Le maître des horloges a dû se tromper de fuseau ! Mais rassurons-nous : on va continuer de vendre à l'Arabie !

- En France, on veut introduire la police dans les établissements scolaires, soi disant pour resanctuariser les écoles ! Pour moi, ce serait exactement l'inverse. Je me suis toujours senti proche de François Villon.

- Ce soir, à la télé, une émission sur Jean Ferrat. Je ne vais surtout pas rater ça ! On n'a pas souvent l'occasion. "Ma môme, elle joue pas les starlettes, ell' met pas des lunettes de soleil....".

Le Lagon noir

Dernier Indridason lu, Le Lagon noir reprend, entre autres, un des fils rouges de cet auteur : la disparition d'une enfant. Parallèlement, lui et Marion enquêtent sur la mort d'un ouvrier islandais dans la base américaine proche de Reykjavik. Nous sommes en 79 et la guerre froide est toujours de mise.

Si parfois, les dialogues, nombreux, sont redondants, on se laisse embarquer, au point que j'ai momentanément laissé un peu tomber Stevenson,  par la solitude et la mélancolie du, à ce moment-là, jeune inspecteur. Mais, comme d'habitude, je renonce à lire vraiment et surtout à mémoriser les noms de lieux islandais ! ...
(Arnaldur Indridason, Le Lagon noir. Ed. Métailié. Trad. de Eric Boury.)

jeudi 25 octobre 2018

Le vent souffle où il veut

Du soleil, toujours du soleil. Un petit vent mais toujours pas de pluie (il serait temps qu'elle arrive !). Alors, hier après-midi, balade à pied dans mon quartier. Mes pas me portent jusqu'à l'entrée de la prison Montluc, tout près du fort du même nom et où furent internés, pendant l'Occupation, Jean Moulin, Marc Bloch et les enfants d'Izieu. En à peine un peu plus d'un an (43-44), plus de 9000 personnes ont transité par ces cellules.

J'avais déjà visité les lieux, il y a trois ou quatre ans, lors d'une journée du patrimoine. Mais hier, hormis deux groupes de lycéens, peu de monde. Je me laisse tenté par une nouvelle visite, libre celle-ci et volontairement faite à l'envers, pour ne pas suivre les groupes guidés.




Les douches

Ateliers

Verrière du bâtiment cellulaire

Les cellules


Passe-tinette





Caves converties en cellules


Chemin de ronde



Garage à vélos des surveillants


Quelques "figures" de la prison

Klaus Barbie, symboliquement interné quelques jours à Montluc en 1983
Albert Chambonnet, alias Didier, résistant assassiné en 1944

André Devigny, le seul détenu à s'être évadé de la prison
Je ne dirai rien de Barbie, que tout le monde, hélas, connait.

Albert Chambonnet, dont une rue de Lyon porte le nom, était l'époux de cette femme à qui j'ai succédé dans l'appartement que j'occupe : depuis la construction de l'immeuble, fin des années 30, nous en sommes à ce jour les seuls occupants.


Quant à André Devigny, un haut-savoyard, il écrivit un témoignage : Un Condamné à mort s'est échappé (1954 dans le Figaro puis 1956 chez Gallimard) qui inspira le film, de même titre, de Robert Bresson (1956), avec François Leterrier, tourné sur place. Le sous-titre du film est : Le Vent souffle où il veut.