lundi 15 avril 2024

Deux jours de vacances (2)

Nous rejoignons ensuite Saint-Jean-Bonnefonds, commune limitrophe avec Saint-Etienne mais qui n'a jamais voulu être annexée par la grande ville. C'est là que mes parents tenaient un temps une épicerie-buvette-jeux de boules. Moi, j'habitais à l'autre Fay, hameau de la commune, chez ma grand-mère maternelle. Le centre du village n'a pas trop changé mais sa population est passé de 4585 en 1962 à près de 7000 en 2021. Tout ce que, enfant, j'ai connu en prés est maintenant construit. Après un petit tour au cimetière (très belle vue sur le massif du Pilat) pour vérifier l'état des tombes familiales, nous descendons vers l'église. 


Le toponyme "Bonnefonds" signifie "bonne source". Les fouilles lors de la construction de l’hôpital en 1966 au Colombier ont mis au jour les vestiges d'une occupation gauloise puis gallo-romaine du site (un four circulaire gaulois ou gallo-romain, un four tuilier et un déversoir romain, un bassin et une réserve d’eau). La mention dans un acte de donation de 868 de l'église Saint-Jean ("in Garensi ecclesiam in honore Sancti Johannis") correspond vraisemblablement à Saint-Jean-Bonnefonds et donne sa première mention écrite connue au Jarez. "Sanctus Joannes Bonorum Fontium", est citée en 984 dans les possessions de l'église de Lyon. Elle est également mentionnée en 1173 dans la permutation réalisée lors de la séparation des comtés du Lyonnais et du Forez. À la suite de cet acte, Saint-Jean-Bonnefonds fit partie d'une enclave directement dépendante du chapitre de Lyon, aux confins du Jarez et du Forez et finalement rendue au Forez en 1278.

Au milieu du XIXe siècle, Saint-Jean, qui s'étire de Rochetaillée à Sorbiers sur plus de 2 800 hectares, pour une population approchant 9 000 habitants, est l'une des communes les plus étendues de France. Mine et passementerie sont les principales activités économiques. La construction de la ligne Lyon-St Étienne et l'ouverture d'une gare, amènent l'essor de la sidérurgie — hauts fourneaux à Terrenoire. Des déplacements de population se produisent alors. Le déséquilibre démographique et la pression des maîtres de forges aboutissent, en 1866, à la création de la commune de Terrenoire. En 1872, Saint-Jean, avec Sorbiers, est une nouvelle fois amputée de son territoire, par la création de la commune de La Talaudière, où se concentre une importante activité minière. Au début du XX° siècle, population et activités traditionnelles déclinent,

L'église paroissiale Saint-Jean de Saint-Jean-Bonnefonds

L'église paroissiale Saint-Jean comporte un chœur aux voûtes romanes du XII°siècle, avec aménagement renaissance. À l'intérieur, se trouvent un grand bénitier de pierre et un retable du XVI° siècle. Le dernier agrandissement remonte à 1772. Le presbytère de l'église présente un fragment de mur romain. 




A partir de là, envahi par mes souvenirs d'enfance, j'oublierai totalement de prendre des photos.

5 commentaires:

CHROUM-BADABAN a dit…

Dans ma banlieue parisienne, également, prés, champs des vaches, barbelés, champs de blé, d'orge d'avoine, vergers : tout a été construit ! C'est la vie ...

Cornus a dit…

Intéressantes explications que je ne connaissais évidemment pas. Et l'église est en effet plus intéressante que je ne l'aurais imaginé, même si les éléments romans sont assez peu importants.

Calyste a dit…

Chroum : oui, c'est la vie, mais c'est moins étonnant en banlieue parisienne, non ?

Cornus : moi qui l'ai vue longtemps sans la regarder, je ne pensais pas qu'elle avait un quelconque intérêt.

CHROUM-BADABAN a dit…

La banlieue, comme l'univers, est en perpétuelle expansion !

Calyste a dit…

Chroum : il paraît ...