J'en connais quelques-uns qui seront surpris en lisant le titre de cet article ! Il me semble, mais ça reste à confirmer, que je parle plus souvent de littérature que de voitures ! Je m'y sens d'ailleurs beaucoup plus à l'aise.
Un soir, Frédéric me fait remarquer qu'un des mes enjoliveurs est cassé. Comme il est, selon lui, un as du volant (mais aussi qu'il est, bien sûr, le seul !), il pense immédiatement que j'ai heurté un trottoir. Mais, si j'avais heurté un trottoir, je l'aurais remarqué, tout de même, même en n'étant pas un as du volant ! En constatant la chose, je remarque qu'il n'y a aucune rayure sur l'enjoliveur, pas de traces sur le pneu non plus : simplement, il en manque un morceau sur le pourtour. Mon idée à moi, c'est qu'on a essayé de me le voler, à l'aide d'un couteau ou d'un tournevis et que le plastique n'a pas résisté, ce que, après de nombreuses discussions, Frédéric finira par admettre.
Comme l'enjoliveur ne tient plus guère, il faut le changer avant le départ en vacances. Téléphone à la concession Citroën. Bien sûr, je tombe sur un plate-forme. Je demande si l'on peut me passer le service pièces détachées : on ne peut pas. Je demande si je peux commander la pièce par téléphone : je ne peux pas. Je demande que l'on me dise si la pièce est disponible sur place : on ne peut pas. Je demande à ce que l'on me passe monsieur X ou monsieur Y, que je connais et qui pourraient me renseigner : on ne peut pas car, selon cette dame, ces messieurs n'existent pas dans cette concession. Pourtant, j'ai eu affaire à eux il y a peu. Alors, c'est sans doute qu'ils auront été mutés, m'assure-t-on. Je téléphone à l'autre importante concession : je suis un particulier et ils ne fournissent que les professionnels. On me conseille de téléphoner à l'autre, celle où je viens de raccrocher au nez de la dame.
Là, la moutarde me monte au nez ! Foutaise, conneries, débilité et autres amabilités. Il va falloir que j'aille jusque là-bas, en traversant Lyon et sa banlieue, avec la circulation habituelle, avec la chaleur inhabituelle, avec tous les travaux de voirie que l'on voit fleurir dès que le beau temps revient, sans même savoir s'ils l'ont en dépôt et si je ne devrais pas faire le trajet deux fois. Coup de chance, ils l'ont, mais quand ils m'en annoncent le prix, deuxième coup de chaud de ma part. L'homme à qui j'ai affaire me confirme ce que je pense : c'est du vol organisé ! Mais que faire ? Il me le faut. J'achète et j'en profite pour faire un laïus aux mots bien choisis sur la différence de traitement selon que l'on achète un véhicule neuf (amabilité, sourires et tapis rouge) ou que l'on veut simplement changer un enjoliveur ! Lorsque je ressors, la pluie tombe à flots ! Tant mieux : ça me rafraîchira ! Jusqu'au lendemain où je reçois un sms m'annonçant les "Summer days", avec 70% de réduction sur l'achat du deuxième pneu ! Ils savent où ils peuvent se le mettre, leur deuxième pneu, chez Citroën ?
Aujourd'hui, Frédéric vient manger à midi et, après, nous partons changer l'enjoliveur. Là, je suis d'accord : il vaut mieux que ce soit lui que moi avec mes deux mains gauches. Aucune difficulté pour enlever l'ancien mais le neuf joue des siennes et Frédéric commence à suer sang et eau en plein soleil. Il y a bien dix minutes/un quart d'heure qu'il essaie lorsqu'un homme s'approche et propose de nous aider. Il est vendeur de pneus et a l'habitude de ce genre d'"exercices". A peine le temps de le dire, l'enjoliveur est en place, bien arrimé et bien centré. Grand merci, monsieur, et pour la gentillesse et pour l'efficacité !
Juste une chose que je souhaite maintenant : que Citroën m'appelle pour un sondage de satisfaction ! Ils ne vont pas être déçus !
mercredi 12 juillet 2017
mardi 11 juillet 2017
Les habits du dimanche
Voilà bien une expression que l'on n'entend plus, à part dans les chansons de Barbara (Nantes et J'ai troqué). Dans mon enfance, c'était comme un leitmotiv : lorsque nous sortions en visite ce jour-là (heureusement, c'était assez rare), il fallait mettre les habits du dimanche.
J'en garde un souvenir pénible : ce n'était pas forcément ceux que je préférais et puis, une fois qu'on les avait enfilés, il ne fallait pas les salir. Nous étions quatre enfants et le temps que les quatre soient prêts, c'était long et, pendant ce temps, il ne fallait plus bouger et surtout ne plus courir dans la campagne où nous habitions. Une sorte de camisole, pour ainsi dire, où nous étions enfermés pour la journée. Et gare à la moindre tache ou à la plus petite déchirure !
Il y avait la messe aussi, et particulièrement les enterrements où les hommes, des paysans, peu habitués à ça, enfilaient le costume, même si la plupart n'accompagnait le corps que jusque sur le seuil de l'église où ils n'entraient jamais, attendant au café d'en face, sur la place, que l'office soit terminé. Quand nous ressortions, ils avaient la trogne encore plus rubiconde, à cause de la cravate qui les serrait trop ou des quelques verres qu'ils avaient bus pour passer le temps. Dans le trajet, en procession et à pied, jusqu'au cimetière, les cravates, peu à peu, se dénouaient et finissaient souvent dans la poche. Après les premières pelletée de terre, les langues se dénouaient aussi et l'on retournait au bistrot.
J'en garde un souvenir pénible : ce n'était pas forcément ceux que je préférais et puis, une fois qu'on les avait enfilés, il ne fallait pas les salir. Nous étions quatre enfants et le temps que les quatre soient prêts, c'était long et, pendant ce temps, il ne fallait plus bouger et surtout ne plus courir dans la campagne où nous habitions. Une sorte de camisole, pour ainsi dire, où nous étions enfermés pour la journée. Et gare à la moindre tache ou à la plus petite déchirure !
Il y avait la messe aussi, et particulièrement les enterrements où les hommes, des paysans, peu habitués à ça, enfilaient le costume, même si la plupart n'accompagnait le corps que jusque sur le seuil de l'église où ils n'entraient jamais, attendant au café d'en face, sur la place, que l'office soit terminé. Quand nous ressortions, ils avaient la trogne encore plus rubiconde, à cause de la cravate qui les serrait trop ou des quelques verres qu'ils avaient bus pour passer le temps. Dans le trajet, en procession et à pied, jusqu'au cimetière, les cravates, peu à peu, se dénouaient et finissaient souvent dans la poche. Après les premières pelletée de terre, les langues se dénouaient aussi et l'on retournait au bistrot.
lundi 10 juillet 2017
Trois jours et une vie
Là, ce n'est vraiment pas le titre qui m'a attiré (je le trouve même un peu tarte) mais l'auteur : Pierre Lemaitre. J'en ai parlé il y a peu en disant combien j'avais aimé Au revoir là-haut (prix Goncourt 2013).
Même délectation en lisant ce nouvel opus (2016). Je ne dirai rien de l'histoire, au demeurant simple à résumer : un meurtre accidentel et ses conséquences psychologiques. Mais que de brio pour dérouler cette histoire. Le cadre en est anodin, un village sans intérêt, des gens sans grand intérêt, pour certains bêtes jusqu'à la mesquinerie, un style volontairement simple et "plat" qui fait d'autant plus sentir le noir des notations psychologiques, autant d'éléments qui poussent à se poser une seule question à la fin du roman : qu'est-ce qui est le plus terrible ? Le meurtre ou le cadre où il se situe ? Un grand roman sur l'horreur du quotidien.
(Pierre Memaitre, Trois jours et une vie. Ed. Albin Michel.)
Même délectation en lisant ce nouvel opus (2016). Je ne dirai rien de l'histoire, au demeurant simple à résumer : un meurtre accidentel et ses conséquences psychologiques. Mais que de brio pour dérouler cette histoire. Le cadre en est anodin, un village sans intérêt, des gens sans grand intérêt, pour certains bêtes jusqu'à la mesquinerie, un style volontairement simple et "plat" qui fait d'autant plus sentir le noir des notations psychologiques, autant d'éléments qui poussent à se poser une seule question à la fin du roman : qu'est-ce qui est le plus terrible ? Le meurtre ou le cadre où il se situe ? Un grand roman sur l'horreur du quotidien.
(Pierre Memaitre, Trois jours et une vie. Ed. Albin Michel.)
Quel spectacle !
Je n'avais jamais vu ça de ma vie : un orage pareil ! J'étais en train de lire sur mon lit, il ne pleuvait pas même si le ciel était couvert. Et d'un coup, un énorme bruit dans la cour, quelque chose comme un aspirateur surpuissant. Dehors le déluge. Quelque chose de bizarre : pluie violente et grêle, ça, j'avais déjà vu mais en tourbillons fous, frappant les toits, les balcons, les vitres, les murs selon l'orientation du vent qui changeait sans cesse. Tout volait dans la cour, des feuilles, des vêtements, des choses qui allaient si vite que je ne les ai pas reconnues. J'ai même eu peur à un moment que mes fenêtres ne tiennent pas. Des éclairs monstrueux aussi et un tonnerre assourdissant. Et, curieusement, le ciel était plus lumineux qu'auparavant. C'était splendide !
Maintenant la cour et la rue sont jonchées de feuilles, de branches et de tout ce qui a été transporté tout à l'heure. La pluie, la grêle, le vent, les éclairs, le tonnerre sont partis aussi vite qu'ils sont venus. Une mini tornade, je pense.
Maintenant la cour et la rue sont jonchées de feuilles, de branches et de tout ce qui a été transporté tout à l'heure. La pluie, la grêle, le vent, les éclairs, le tonnerre sont partis aussi vite qu'ils sont venus. Une mini tornade, je pense.
dimanche 9 juillet 2017
Cadeau tardif mais amoureusement choisi
Qu'acheter ? Pas de romans : j'en ai suffisamment à lire et puis, j'ai un fournisseur beaucoup moins onéreux. Alors, j'ai repensé à un photographe que j'avais découvert il y a peu lors d'une émission qui lui était consacrée à la télé : Walker Evans. Les quelques photos que j'avais vues de lui m'avaient immédiatement fasciné. Direction la Part-Dieu. Je cherche le bouquin qui lui est consacré ainsi qu'à Dorothea Lange (1895-1965), le trouve en rayon, le feuillette longuement. La fascination persiste. Je suis revenu avec.
Walker Evans est un photographe américain né en 1903 et mort en 1975. Photographe des villes et de leurs habitants, il est entre autres connu pour ses clichés sur la grande dépression des années 30, en particulier ses portraits de métayers de l'Alabama. En voici quelques-uns. Je vous laisse juges. Vous en trouverez plein d'autres en cherchant sur internet.

samedi 8 juillet 2017
La gamine
Elle était toujours là, l'autre soir, la gamine, et toujours appuyée sur le même pilier, son sourire extatique accroché à ses lèvres. Dans un litre plastique, un peu d'eau surchauffée. Assise sur le sol dans sa robe salie, sa petite coupelle entre ses pieds posée. Ceux qui vont à la gare ne la voient même pas. Et elle, les voit-elle ? Elle est là sans y être. Toujours, quand je la croise, j'imagine sa vie, son absence à la vie, comme un paquet posé que l'on a oublié. Toujours quand je la vois, j'ai le cœur qui se serre. Et, quand le feu est vert, je reprends mon chemin. Et j'oublie le paquet, et j'oublie la gamine.
Et un peu de musique, ça vous dirait ? (192)
Hier ou avant-hier, la radio m'annonce la mort d'un grand compositeur français : Pierre Henry (1927-2017). Première pensée de ma part : inconnu au bataillon. Et puis l'on passe un peu de sa musique électroacoustique. Et là, tout s'éclaire ! Un morceau qui avait fait sensation dans ma jeunesse et que je reconnais immédiatement. Pour moi, ça n'a pas pris une ride et je pense que même les plus jeunes connaissent.
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