mardi 6 août 2013

Le temps passe

Juillet est passé sans que j'y prenne garde. Il y a déjà plus d'un mois que l'on fêtait ma cessation d'activité. Qu'ai-je fait depuis? Pas grand chose. Je repousse à plus tard ce qui doit être entrepris, redoutant d'avoir un début septembre plus difficile à vivre : la rentrée des classes (pour les autres) sera sans doute un moment délicat (pour moi).

Je lis, je prends un peu le soleil, je visite mes malades, je tente de me faire à l'idée que, désormais, la majorité de mon temps sera du temps libre, ce qui est loin d'être évident. Je me suis remis aussi à regarder la télévision. L'autre soir, en particulier, un film indien (Bollywood, comme on dit). Vue sa durée, je m'attendais à n'en supporter que les premières minutes. Mais comme il s'en tourne, paraît-il, aussi à Lyon, j'ai voulu savoir de quoi il s'agissait. Et j'ai été assez conquis, malgré quelques longueurs,  par le foisonnement des couleurs, par les passages chantés et magnifiquement dansés, par la beauté de l'actrice principale et par une intrigue mêlant fantastique et mièvrerie sentimentale. Un  bon moment donc.

Demain matin, en route pour le Cantal où je séjournerai deux jours. Puis vendredi à Lyon et samedi départ pour une semaine direction la Touraine et ses châteaux. Et, pour moi, après le 15 août, c'est déjà la fin de l'été. Le temps passe, vous dis-je...

lundi 5 août 2013

Revenons à nos classiques.

Il y a quelques jours, plus rien à lire. En tout cas rien qui me donne envie de tourner les pages en ce moment. Alors, dans ces cas-là, je fais les fonds de bibliothèques, ces livres achetés il y a longtemps et qui attendent parfois depuis des années que je les ouvre.

Cette fois-ci, ce fut un livre relié publié autrefois par le Cercle du bibliophile (est-ce que cela existe encore aujourd'hui ?). Série le Club des grands prix littéraires. Sans doute acquis lors de la fermeture d'une librairie où un ami travaillait. Dans ce cas, il a poiroté plus de trente ans, coincé au milieu de ses semblables.

Le titre: La Mort à Venise, de Thomas Mann. J'avais tenté de le lire une fois,  suite au choc que j'avais ressenti en voyant le film,  mais les pages assommantes du début sur le statut de l'artiste m'avaient rebuté.  Cette fois-ci, je les ai carrément zappées et bien m'en a pris car le reste m'a beaucoup plu. Inutile de résumer cette histoire du vieil intellectuel fasciné par la beauté d'un jeune adolescent au Lido de Venise pendant que se développe une épidémie de choléra qui emportera le vieillard. 

J'ai pensé, en le lisant, que j'étais décidément abonné à la littérature germanique en ce moment et n'ai pu m'empêcher de comparer Mann et Sweig avec une nette préférence pour ce dernier parce que plus délicat dans les nuances, moins grandiloquent dans sa prose, même si je reconnais à Mann un immense talent. Disons que, spirituellement, je me sens plus proche de Sweig.

Mais j'ai éprouvé, en lisant cette nouvelle, un très grand plaisir en retrouvant in extenso des scènes du film de Visconti comme, par exemple, une que j'avais totalement oubliée: l'apparition, au début du film, sur le bateau qui emmène le professeur Aschenbach à son hôtel, de ce vieillard affreusement teint et maquillé que l'allemand prend en horreur.

Et puis me sont revenues à l'esprit les figures inoubliables de Dirk Bogarde et plus encore de Silvana Mangano (quelle beauté !) dans le rôle de la baronne Moes, mère de Tadzio. Avec, en fond, la musique magnifiquement romantique de  Mahler.  
(Cette œuvre était suivie  par deux autres nouvelles plus courtes dont une, La Volonté du bonheur, est à découvrir.)
( Thomas Mann, La Mort à Venise. Ed Mermod, Lausanne. Trad. de  la nouvelle principale par Philippe Jaccottet, des deux autres par Louise Servicen).)

dimanche 4 août 2013

Mon frère

Je suis allé rendre visite à mon frère cet après-midi, à l'hôpital. Son état se détériore de jour en jour. Il ne pouvait déjà plus s'alimenter en "solide" et était depuis quelques temps nourri par perfusions. Lors de l'une d'entre elles, une bactérie en a profité pour s'installer dans son organisme. Alors, aujourd'hui, comme nourriture, il n'a plus que des sodas, n'importe quelle boisson sucrée.

J'ai tenté de plaisanter en lui disant qu'il avait l'art d'éviter les canicules en se mettant chaque fois au frais. Il a eu le courage d'en sourire : il y avait pensé aussi. Qu'il est difficile de ne pas montrer sa douleur face à des malades lourdement atteints ! J'espère y être parvenu et j'admire ma belle-sœur, en particulier sur ce point.

Au téléphone, il m'avait dit qu'il n'avait pas encore fondu. J'ai pourtant eu un choc en entrant dans la chambre : ce corps squelettique sous un plaid qui laissait deviner sa maigreur extrême. Il résiste, il résiste admirablement, et cela depuis plus de dix ans. Aurais-je le même courage si cela m'arrivait ? A un moment, il s'est mis à faire des projets, en particulier de se promener à nouveau dans Lyon qu'il trouve si belle. Et puis d'installer un lit au rez-de-chaussée dans sa maison de campagne, maintenant qu'il ne peut plus gravir les étages. Est-ce aussi pour nous qu'il dit ça ?

Je ne parle que peu de tout cela parce que je n'aime pas m'étaler. Ce billet est pour moi, pour expulser un peu. Je vous le demande: ne le commentez pas. Merci.

Ce ne s'invente pas.

Hier soir, dîner très agréable chez une vieille amie dont l'amant (tout aussi âgé) avait préparé le repas à base de productions de son jardin et des produits de ses chasses. Lui, qui, au départ, est sans doute un profond homophobe, semble peu à peu mettre de l'eau dans son vin à notre contact.

Justement, à propos de vins, je ne sais si le choix en a été un effet d'un humour sans doute involontaire, mais on nous servit du rouge, auquel je n'ai pas touché, et du rosé, bien agréable par ces chaleurs. Et, ça ne s'invente pas, ces breuvages avaient pour nom l'un du Haut Gay et l'autre Les jolies Filles. Personne ne s'en est rendu compte, sauf Frédéric et moi.

Le Coup de filet.

Lorsqu'un livre commence par la présentation en ordre alphabétique des personnages, je me méfie toujours, et bien souvent avec raison : on va avoir du mal à suivre.

Ma vieille voisine, à qui j'en prête beaucoup, m'a acheté un roman, et comme elle sait que j'aime Camilleri (et elle aussi), elle a choisi cet auteur. Mais le problème avec lui, c'est sa trop grande prolixité, même si, la plupart du temps, ses intrigues sont bien ficelées.

Le Coup de filet comporte le défaut déjà rencontré dans  Un Samedi entre amis : beaucoup de dialogues, presque uniquement, et des personnages à foison que l'on finit par confondre. Qui est l'inspecteur, qui est le journaliste, qui est le juge, etc. ?

La seule qualité de ce roman est la façon très lisible dont Camilleri aborde les problèmes actuels (mafia, corruption de la justice, indépendance de la presse) de l'Italie contemporaine, pas encore débarrassée de ses vieux démons.
( Andrea Camilleri, Le Coup de filet. E. Fayard. Trad. de Dominique Vittoz.)

vendredi 2 août 2013

Je proteste !


C'est Frédéric qui m'a indiqué cette petite affichette tout près de chez moi ! Elle valait effectivement le détour. Et un restaurant coté en plus !

jeudi 1 août 2013

Racolage

Ils vont par deux, souvent jeunes, souvent agréables à regarder, et ils m'agacent profondément. Pantalons noirs, chemise blanche sur laquelle pend un badge, très propres sur eux, très polis, ils se font de plus en plus nombreux dans mon quartier depuis qu'ils se sont installés cours Gambetta, à deux pas de chez moi. Cet été, j'en vois chaque jour, même deux femmes l'autre jour qui nous ont accostés alors que nous bavardions avec une collègue et ses enfants pour la complimenter sur sa progéniture.

Mais c'est en général à des personnes âgées ou à des immigrés qu'ils s'en prennent en priorité et c'est bien cela qui me les rend peu à peu insupportables. Je me suis même arrêté un jour à quelques mètres d'une mamie qu'ils venaient d'entreprendre pour l'aider éventuellement à s'en sortir. Mais, toute vieille qu'elle était, elle s'en est très bien sortie seule.

Je ne supporte pas que l'on essaie de racoler des gens qui, intellectuellement ou socialement, semblent plus vulnérables que les autres. Je trouve ça d'une lâcheté inouïe. Mais de qui suis-je en train de parler ? De gens qui se regroupent sous le terme d'église et dont la maison mère est aux États-Unis, dans un état connu pour ses eaux salées.