mardi 11 février 2014
Je la croyais déjà morte.
Quand j'étais tout petit, on en parlait encore beaucoup : une véritable star ! J'ai même dû voir un de ses film à cette époque. Shirley Temple, l'enfant adulé du cinéma américain des années trente, est morte à 85 ans.
A découvrir aujourd'hui quelques-unes de ses prestations, je dois avouer que je trouve cela plutôt mièvre. Cela ne l'empêcha pas de récolter un oscar en 1935 et d'être approchée en 1939 pour incarner le personnage de Dorothy dans Le Magicien d'Oz. Heureusement pour nos oreilles, on lui préféra Judy Garland.
A voir ces extraits de films surannés, j'ai pensé aussi à deux autres personnages célèbres : la Martine des livres de filles de mon enfance et, à l'opposé, à cette femme aigrie incarnée par Bette Davis dans le film de Robert Aldrich : Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?, démon qui, ayant été une enfant star, s'en prend, dans sa vieillesse, à sa sœur infirme, jouée par Joan Crawford.
Allez, peut-être y a-t-il, au paradis, des danseurs de claquettes....
lundi 10 février 2014
Découverte de la Sardaigne
Le livre de Dominique Fernandez que je lis actuellement m'a remis en mémoire un voyage en Sardaigne que je fit en 1981. Pierre m'avait rejoint à Perugia (je n'ai jamais aimé la francisation de ce nom en Pérouse), en Ombrie, où j'avais passé un mois à l'université pour étrangers.
Ce mois avait été, je l'ai déjà dit, un des plus beaux moments de ma vie. J'y avais fini d'y apprendre parfaitement l'italien, j'y étais devenu l'ami d'une délicieuse croate, Dubravka, et surtout j'y avais découvert tout ce qui fait le charme et l'intérêt culturel de cette région et de sa voisine, la Toscane : Florence, bien sûr, que je ne prise guère, et Assise, Todi, Gubbio, Orvieto, Lucca, Arezzo, Volterra et tant d'autres villes de la côte ou de l'intérieur. Je dois rajouter, pour être exhaustif, qu'à l'instar de Racine, mes nuits y furent encore plus belles que mes jours.
Il en fut tout autrement pour la Sardaigne. De Civitavecchia, nous prîmes le bateau pour Olbia. Je n'eus pas attendre longtemps pour avoir une idée de ce qui nous attendait d’âpreté sur cette île. Sur le rafiot qui nous y conduisait, nous partageâmes une banquette inconfortable avec une femme sans âge, toute de noir vêtue et totalement mutique. Elle nous regardait parfois, droit dans les yeux, avec un regard vide et sans curiosité. Pourtant, aucune animosité n'émanait d'elle. Simplement, nous n'existions pas plus, pour elle, que l'étendue de mer que nous traversions ou les plaques brinquebalantes du plafond de la salle où nous étions réunis.
J'eus un choc en débarquant. Où étaient les paysages apaisants et romantiques de la région que je venais de quitter ? Quid des visages de madones et de jeunes gentilshommes qui s'y rencontraient aussi bien dans les musées que dans la rue ? Et cet art de la conversation badine et de la passeggiata vespérale avant la fraîcheur de la nuit ? Ici, tout était rugueux, le paysage comme les hommes. La langue même qui y était parlée, je ne la comprenais guère, tantôt proche du latin, tantôt de l'espagnol, et toujours rouleuse des secs cailloux qui recouvrent l'île.
A peine arrivé sur un nouveau site, je n'avais de cesse de convaincre Pierre de poursuivre notre voyage, d'aller plus loin, dans une fuite en avant où j'espérais retrouver mes repères, renouer avec tout ce qui faisait que j'aimais tant l'Italie. Nous visitâmes ainsi très vite l'essentiel de l'île et jamais je n'étais rassuré. Même les nuraghes, ces sortes de tours préhistoriques caractéristiques de la Sardaigne, ne pouvaient, à mes yeux, rivaliser avec les églises et les places moyenâgeuses des contreforts apennins.
Cette dérobade à ce qui m'entourait ne cessa que le jour où je découvris ma première église pisane de l'île. Laquelle était-ce ? J'ai oublié jusqu'à son nom et l'endroit où elle se trouvait. Ce que je n'ai pas oublié, c'est la découverte elle-même, cette splendeur romane au milieu de rien, ce bijou artistique planté là où je ne l'attendais pas, ce noir et ce blanc au milieu des rochers ocres, cette impression de fraîcheur en pleine fournaise. Ainsi donc y avait-il quelque chose à voir sur cette île.
Peu à peu, mon regard sur ce pays changea. Je n'étais plus dans l'Italie des touristes. D'ailleurs étais-je encore en Italie ? Lorsque nous traversâmes l'intérieur des terres, les hauts plateaux désolés et désertiques, semés d'énormes rochers à l'abri desquels se protégeaient du soleil quelques bergers aux maigres troupeaux, me firent davantage penser au relief lunaire qu'à des contrées fréquentées par les hommes.
Mon regard sur les hommes changea également. A peine sortis de la Vallée de la lune, nous tombâmes en panne de voiture. Nous dûmes faire halte au premier village digne de ce nom et y chercher une auberge. Au tenancier à qui nous demandions où se trouvait le garage le plus proche, il vint une sorte de sourire mi énigmatique mi ironique que nous eûmes du mal à interpréter ? Il nous proposa pourtant d'appeler son fils qui, disait-il, pourrait nous arranger ça. C'était un adolescent pas plus loquace que son père, qui nous fit d'abord l'effet de n'être qu'un amateur prêt à nous rafistoler tant bien que mal le véhicule en nous demandant une somme astronomique pour prix de ses services. Il n'en fut rien et nous eûmes toutes les peines du monde à lui faire accepter un modique dédommagement pour le temps qu'il avait passé sous le capot. Et sa réparation tint jusqu'à Lyon où, pour plus de sécurité, nous la fîmes vérifier par un vrai garagiste.
Aujourd'hui, trente-trois ans plus tard, je garde un profond respect pour ce peuple sarde, si mystérieux, si difficile à approcher, qui ne répond en rien aux critères habituellement avancés lorsqu'il s'agit d'évoquer les civilisations de la Méditerranée et particulièrement de ses îles. Envahi sans cesse au cours des siècles par des civilisations étrangères, il a su garder son authenticité et ses particularismes que j'eus le bonheur de retrouver, quelques années plus tard, dans le merveilleux film des frères Taviani, adapté d'un roman de Gavino Ledda, Padre Padrone.
Ce mois avait été, je l'ai déjà dit, un des plus beaux moments de ma vie. J'y avais fini d'y apprendre parfaitement l'italien, j'y étais devenu l'ami d'une délicieuse croate, Dubravka, et surtout j'y avais découvert tout ce qui fait le charme et l'intérêt culturel de cette région et de sa voisine, la Toscane : Florence, bien sûr, que je ne prise guère, et Assise, Todi, Gubbio, Orvieto, Lucca, Arezzo, Volterra et tant d'autres villes de la côte ou de l'intérieur. Je dois rajouter, pour être exhaustif, qu'à l'instar de Racine, mes nuits y furent encore plus belles que mes jours.
Il en fut tout autrement pour la Sardaigne. De Civitavecchia, nous prîmes le bateau pour Olbia. Je n'eus pas attendre longtemps pour avoir une idée de ce qui nous attendait d’âpreté sur cette île. Sur le rafiot qui nous y conduisait, nous partageâmes une banquette inconfortable avec une femme sans âge, toute de noir vêtue et totalement mutique. Elle nous regardait parfois, droit dans les yeux, avec un regard vide et sans curiosité. Pourtant, aucune animosité n'émanait d'elle. Simplement, nous n'existions pas plus, pour elle, que l'étendue de mer que nous traversions ou les plaques brinquebalantes du plafond de la salle où nous étions réunis.
J'eus un choc en débarquant. Où étaient les paysages apaisants et romantiques de la région que je venais de quitter ? Quid des visages de madones et de jeunes gentilshommes qui s'y rencontraient aussi bien dans les musées que dans la rue ? Et cet art de la conversation badine et de la passeggiata vespérale avant la fraîcheur de la nuit ? Ici, tout était rugueux, le paysage comme les hommes. La langue même qui y était parlée, je ne la comprenais guère, tantôt proche du latin, tantôt de l'espagnol, et toujours rouleuse des secs cailloux qui recouvrent l'île.
A peine arrivé sur un nouveau site, je n'avais de cesse de convaincre Pierre de poursuivre notre voyage, d'aller plus loin, dans une fuite en avant où j'espérais retrouver mes repères, renouer avec tout ce qui faisait que j'aimais tant l'Italie. Nous visitâmes ainsi très vite l'essentiel de l'île et jamais je n'étais rassuré. Même les nuraghes, ces sortes de tours préhistoriques caractéristiques de la Sardaigne, ne pouvaient, à mes yeux, rivaliser avec les églises et les places moyenâgeuses des contreforts apennins.
Cette dérobade à ce qui m'entourait ne cessa que le jour où je découvris ma première église pisane de l'île. Laquelle était-ce ? J'ai oublié jusqu'à son nom et l'endroit où elle se trouvait. Ce que je n'ai pas oublié, c'est la découverte elle-même, cette splendeur romane au milieu de rien, ce bijou artistique planté là où je ne l'attendais pas, ce noir et ce blanc au milieu des rochers ocres, cette impression de fraîcheur en pleine fournaise. Ainsi donc y avait-il quelque chose à voir sur cette île.
Peu à peu, mon regard sur ce pays changea. Je n'étais plus dans l'Italie des touristes. D'ailleurs étais-je encore en Italie ? Lorsque nous traversâmes l'intérieur des terres, les hauts plateaux désolés et désertiques, semés d'énormes rochers à l'abri desquels se protégeaient du soleil quelques bergers aux maigres troupeaux, me firent davantage penser au relief lunaire qu'à des contrées fréquentées par les hommes.
Mon regard sur les hommes changea également. A peine sortis de la Vallée de la lune, nous tombâmes en panne de voiture. Nous dûmes faire halte au premier village digne de ce nom et y chercher une auberge. Au tenancier à qui nous demandions où se trouvait le garage le plus proche, il vint une sorte de sourire mi énigmatique mi ironique que nous eûmes du mal à interpréter ? Il nous proposa pourtant d'appeler son fils qui, disait-il, pourrait nous arranger ça. C'était un adolescent pas plus loquace que son père, qui nous fit d'abord l'effet de n'être qu'un amateur prêt à nous rafistoler tant bien que mal le véhicule en nous demandant une somme astronomique pour prix de ses services. Il n'en fut rien et nous eûmes toutes les peines du monde à lui faire accepter un modique dédommagement pour le temps qu'il avait passé sous le capot. Et sa réparation tint jusqu'à Lyon où, pour plus de sécurité, nous la fîmes vérifier par un vrai garagiste.
Aujourd'hui, trente-trois ans plus tard, je garde un profond respect pour ce peuple sarde, si mystérieux, si difficile à approcher, qui ne répond en rien aux critères habituellement avancés lorsqu'il s'agit d'évoquer les civilisations de la Méditerranée et particulièrement de ses îles. Envahi sans cesse au cours des siècles par des civilisations étrangères, il a su garder son authenticité et ses particularismes que j'eus le bonheur de retrouver, quelques années plus tard, dans le merveilleux film des frères Taviani, adapté d'un roman de Gavino Ledda, Padre Padrone.
dimanche 9 février 2014
Des fleurs (16) : la tulipe
Autant le dire tout de suite, ce n'est pas ma fleur préférée : pas de parfum, une propension désagréable à laisser choir ses pétales un peu partout, une durée de vie relativement courte. J'en achète pourtant, parfois, pour varier, comme ce matin au marché de Saint-Louis où je n'avais pas mis les pieds depuis bien longtemps : je n'aime pas la façon dont la municipalité l'a réorganisé, avec des places délimitées au sol, des étals maintenant sagement alignés et, paradoxalement, moins nombreux. Je préférais l'ancien, plus anarchique.
Dans les tulipes, c'est la perroquet qui m'attire le plus, moins lisse, plus rugueuse, inattendue parfois dans les formes qu'elle prend. Les autres n'ont guère de poésie. D'ailleurs, la mythologie a presque oublié cette fleur. Une seule petite histoire, que l'on dirait calquée sur d'autres : Tulipe était la fille de Protée, un dieu marin, qui résistait aux avances de Vertumne, dieu des jardins. Diane, pour la sauver, la transforma en fleur. Quant à Vertumne, il se consola avec la nymphe Pomone, qu'il épousa.
Lors d'un voyage aux Pays-Bas, j'eus l'occasion d'en voir beaucoup, bien sûr ! J'ai gardé un souvenir très précis d'un village reconstitué près d'Amsterdam, avec fleurs, canaux et vieux moulins. Alors que Pierre et moi longions un de ces canaux moussus, une française tentait de photographier sa petite famille sur l'autre rive. Comme papa et les enfants n'entraient pas tous dans l'objectif, elle eut l'idée de reculer un peu, et puis encore un peu, et puis encore. Ce qui devait arriver arriva : elle se retrouva dans le canal, verte de cresson et, j'imagine, l'appareil photos irrémédiablement fichu ! Elle était si drôle ainsi, avec sa mine déconfite et sa chevelure d'Halloween que personne, pendant quelques secondes, ne pensa à lui porter secours.
samedi 8 février 2014
Un petit tour chez les "pauvres"
Visite cet après-midi chez Emmaüs, rayon bouquins. Beaucoup de monde dans la boutique, dont une famille (père, mère et fille) très chabada-prout-prout qui détonait un peu dans l'assistance. Pourtant, ils semblaient très à l'aise et avaient le verbe haut : on n'entendait qu'eux.
Alors que la petite fille se précipitait sur la littérature de jeunesse, le papa lança, d'un ton définitif, ces mots dont tout le monde profita : "Ne touche pas, Marie-Charlotte, ce sont des vieilleries de pauvres : c'est sale !". Je me demande encore ce qu'ils étaient venus faire là !
Moi, j'ai trouvé mon bonheur : cinq livres de poche (2 euros le tout) et une série de six Bob Morane pour 50 centimes ! J'en avais lu un quand j'étais enfant : La Couronne de Golconde, qui m'avait emballé. Je devais à peine avoir dix ans mais je m'en souviens encore ! Alors, une petite madeleine de Proust pour ce prix-là, ce n'est pas cher payer ! Et ils ne sont même pas sales !
Alors que la petite fille se précipitait sur la littérature de jeunesse, le papa lança, d'un ton définitif, ces mots dont tout le monde profita : "Ne touche pas, Marie-Charlotte, ce sont des vieilleries de pauvres : c'est sale !". Je me demande encore ce qu'ils étaient venus faire là !
Moi, j'ai trouvé mon bonheur : cinq livres de poche (2 euros le tout) et une série de six Bob Morane pour 50 centimes ! J'en avais lu un quand j'étais enfant : La Couronne de Golconde, qui m'avait emballé. Je devais à peine avoir dix ans mais je m'en souviens encore ! Alors, une petite madeleine de Proust pour ce prix-là, ce n'est pas cher payer ! Et ils ne sont même pas sales !
vendredi 7 février 2014
Point mort
Si l'écriture du livre mûrit sans doute dans mon petit crâne, comme le disait Karagar, en revanche l'autre projet est au point mort ! Aucune idée ne me vient. Il s'agit d'animer une soirée "littéraire" dans une boutique tenue par une ancienne parent d'élève.
Pas de lecture en continu, ça risquerait d'être vite lassant pour l'auditoire. Il s'agirait, si j'ai bien compris, de mixer ça avec une dégustation (vins, fromages, etc.). Et là, je coince un peu : j'ai l'impression de devenir Danielle Gilbert en fin de carrière. D'autant que je ne connais pas l'auditoire potentiel : auront-ils quelques notions de littérature ou bien viendront-ils uniquement pour la bouffe ?
Cela se passera dans la banlieue ouest de Lyon, c'est-à-dire la plus chic, mais je me méfie tout de même. J'ai longtemps fréquenté ce petit monde et ils sont loin d'être tous cultivés. Mais ma principale difficulté, c'est de trouver une IDÉE qui me convienne à moi et qui ait des chances de leur convenir aussi. Alors, amis lecteurs, je fais appel à vous. Soufflez-moi...
Pas de lecture en continu, ça risquerait d'être vite lassant pour l'auditoire. Il s'agirait, si j'ai bien compris, de mixer ça avec une dégustation (vins, fromages, etc.). Et là, je coince un peu : j'ai l'impression de devenir Danielle Gilbert en fin de carrière. D'autant que je ne connais pas l'auditoire potentiel : auront-ils quelques notions de littérature ou bien viendront-ils uniquement pour la bouffe ?
Cela se passera dans la banlieue ouest de Lyon, c'est-à-dire la plus chic, mais je me méfie tout de même. J'ai longtemps fréquenté ce petit monde et ils sont loin d'être tous cultivés. Mais ma principale difficulté, c'est de trouver une IDÉE qui me convienne à moi et qui ait des chances de leur convenir aussi. Alors, amis lecteurs, je fais appel à vous. Soufflez-moi...
jeudi 6 février 2014
De la nostalgie, M'sieurs-Dames (16)
1970 : mes dix-huit ans. Pantalons ultra-moulants, taille de guêpe, petit pull en laine écrue découvrant le nombril, cheveux fous, boîtes de nuit, slows langoureux et nuits chaudes à réinventer chaque fin de semaine.
2013 : juste pour remettre les pendules à l'heure....
2013 : juste pour remettre les pendules à l'heure....
Le Diable, tout le temps
Déjà, le titre n'est pas banal. Un peu désuet, à la manière de certains discours de ma grand-mère qui n'hésitait pas à mentionner le Malin pour me faire tenir sage si, par hasard, j'avais envie de plus de liberté.
Mais le contenu de ce roman n'est pas banal non plus. Milieu du XX° siècle, dans l'Amérique profonde, une petite ville sans intérêt où vit un ancien combattant avec sa femme et son fils, de nombreux autres personnages tous plus déjantés les uns que les autres. Livre très violent écrit pourtant dans un style ultra-classique mais qui en fait ressortir toute l'atrocité.
Il n'y a pas de salut dans ces pages, pas de rédemption pour personne, même pour Arvin, le jeune homme pourtant si doux. Peu à peu, on comprend que tous courent à la catastrophe et que le moindre effort pour redresser la barre de leur vie ne fera que les enfoncer davantage. Ici, la tragédie grecque n'est pas loin. Seuls les dieux sont absents, mais le diable, lui, est bien là.
(Donald Ray Pollock. Le Diable, tout le temps. Ed. Albin Michel. Trad. de Christophe Mercier.)
Mais le contenu de ce roman n'est pas banal non plus. Milieu du XX° siècle, dans l'Amérique profonde, une petite ville sans intérêt où vit un ancien combattant avec sa femme et son fils, de nombreux autres personnages tous plus déjantés les uns que les autres. Livre très violent écrit pourtant dans un style ultra-classique mais qui en fait ressortir toute l'atrocité.
Il n'y a pas de salut dans ces pages, pas de rédemption pour personne, même pour Arvin, le jeune homme pourtant si doux. Peu à peu, on comprend que tous courent à la catastrophe et que le moindre effort pour redresser la barre de leur vie ne fera que les enfoncer davantage. Ici, la tragédie grecque n'est pas loin. Seuls les dieux sont absents, mais le diable, lui, est bien là.
(Donald Ray Pollock. Le Diable, tout le temps. Ed. Albin Michel. Trad. de Christophe Mercier.)
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