dimanche 4 mai 2008

Fauves toujours.

Suite de nos rencontres zoologiques . Quelques spécimens photographiés le premier mai, toujours dans la presqu'île.

Si vous arrivez à l'apercevoir, c'est l'ours de l'office du tourisme, Place Bellecour, pris à travers la vitrine, pour cause de fermeture ce jour-là (OURS 8).


Toujours place Bellecour, côté sud, fondation Bullukian, dans une cour ouverte sur la place (OURS 9).

Au même endroit, celui-ci, que j'aime beaucoup pour sa simplicité de fils de fer formant graphisme sur fond blanc (LION 9).

Le même, vu de plus près.

Enfin, les deux derniers, place Gailleton, au bord du Rhône. L'un haut en couleurs, semblant protéger la statue de l'illustre médecin (OURS 10).

L'autre enchaîné à la devanture d'une restaurant, fermé aussi ce jour-là (LION 10).


Demain, nous serons toujours dans la presqu'île, du côté de la gare de Perrache. En recomptant les animaux, je m'aperçois que j'en avais annoncé quatre à Bellecour, alors qu'il y en a cinq. Mais, après tout, je ne suis pas prof. de math!

samedi 3 mai 2008

Trop sérieux pour lui.

La prise de Makalé, de Andrea camilleri, ne fait pas partie de la série de romans policiers dont le héros est le commissaire Montalbano, pas plus que de celle des romans traditionnels sur les us et coutumes de la petite ville sicilienne de Vigata et de ses environs.

C'est un roman à part, consacré à la jeunesse d'un enfant dans l'île du Soleil sous le régime mussolinien. L'enfant, Michilino, est totalement imprégné des valeurs à la fois fascistes et catholiques réactionnaires de son milieu de vie. Enrôlé dans les "Balilla" (équivalent italien des jeunesses hitlériennes), il ne voit le monde qu'à travers le prisme de ses deux idoles: le Duce et le Christ. Peu à peu, en découvrant la sexualité ( et il a vraiment tout pour y exceller), il perçoit aussi toute l'hypocrisie que le monde adulte recouvre sous des allures respectables. Cette révélation va le perturber profondément, son idéal de pureté va s'effondrer et la perte de ses repères va le mener à la violence extrême contre lui-même et ses proches.

On ne peut pas dire que ce soit un grand roman. Le sujet pourtant s'y prêtait, mais Camilleri a son génie ailleurs. Ce qui fait l'originalité de cet auteur, et ce qui amène à éprouver un grand plaisir à le lire, c'est la légèreté dans ses intrigues, l'humour dans les situations évoquées ou dans les portraits rapidement brossés, l'ironie tendre vis à vis de cette île qu'il condamne dans certains de ses aspects mais qu'il aime, en étant un des enfants.

Ainsi le découvre-t-on dans ses autres romans. Ici, il a voulu faire oeuvre sérieuse et le sérieux ne lui va pas. Même dans la dernière scène, pourtant cauchemardesque, on ne ressent pas l'horreur de la situation. Tout au long des chapitres, le monde fasciste apparaît bien souvent comme un décor d'opérette. Les seuls passages réussis sont ceux où il décrit, avec moult détails parfois, la sexualité anormalement précoce de ce gamin. Là, on peut dire qu'il retrouve son élément, un élément qu'il maîtrise bien, comme chaque fois. Je soupçonne ce monsieur d'être fort sensuel et de ne pas s'être ennuyé souvent dans un lit sa vie durant, ce qui, bien sûr, me le rend éminemment sympathique.

Bref, un moment de lecture qui ne me marquera pas, mais qui ne détruit pas non plus l'intérêt que je porte à cet auteur.

vendredi 2 mai 2008

Fauves encore.

Troisième livraison de nos charmantes bêbêtes afro-polaires. En voici cinq, comme chaque fois, prises au piège de mon appareil photos hier après-midi, dans une ville au ralenti, sauf pour les flics qui s'amusaient comme des fous à verbaliser les vélos empruntant les espaces réservés aux trams, alors qu'aucun tram ne circulait le 1er mai.



Celui-ci, richement décoré de photos en noir et blanc trône sur l'emplacement de l'ancienne "Fosse aux Ours", chère aux lyonnais, aujourd'hui remplacée par un parking souterrain (LION 6).



Son pendant, de l'autre côté du cours Gambetta, à la limite du square Raspail, avec un thème religieux: Bernadette Soubirous (OURS 6)

Celui-ci se trouve dans le hall du Pathé, un cinéma de la rue de la République. Déco tendance "computer". Très difficile à prendre correctement, à cause de l'éclairage (LION 7).

Place Bellecour, il y en a quatre. Voici le premier, près des bassins et des kiosques à fleurs. Il est en train d'opérer sa mue. C'est aussi le premier à avoir été dégradé et restauré (LION 8) .

Et voici son camarade de trempette, qui doit trouver que, déjà, il fait bien chaud chez ces "maudits" (OURS 7).


Les deux en enfilade, pour le plaisir, pour la fraîcheur de ce trou de verdure qui mousse de rayons...

Terminé pour ce soir. Si je compte bien, nous en sommes à quinze. Il en reste donc plus de cinquante à présenter, dont certains ne sont pas encore dans la boîte magique et vont me demander de sérieuses balades à pied pour les atteindre. Mais que ne ferais-je pas! Maintenant que j'ai commencé, je me connais, j'irai jusqu'au bout!

Journée pédagogique.

Reprendre le travail ce matin: étrange impression. Difficile surtout de penser que nous n'étions pas lundi mais vendredi et qu'ainsi allait suivre un week-end.

Pas d'élèves aujourd'hui. Une grande journée pédagogique pour exposer le travail effectué par les groupes et finir la mise en place de l'innovation en sixième pour la rentrée prochaine. Nous nous attendions à une levée de boucliers devant l'importance de la tâche à accomplir. J'en avais un peu parlé avec Gilles , en courant hier à Miribel: il était d'accord avec moi. Impression confirmée à midi par une responsable de niveau.

Eh bien, rien! Pas un bruit pendant l'exposé d'Evelyne sur les capacités, pas de râleries pendant celui de Gilles sur la proposition d'emploi du temps. Alors, je vois à cela trois explications:
a) Il suffit d'un jour férié pour retrouver l'énergie. Peu probable quand pour certains, l'inertie est quasiment innée.
b) Ils n'ont rien compris et se réveilleront dans les jours qui viennent, car il en est des profs comme des volcans: ce n'est pas parce qu'ils ne râlent pas qu'ils sont éteints. Ça peut revenir à tout moment.
c) Ils s'en moquent et comptent bien tordre et transformer tellement le projet par leur mauvaise volonté, leur acharnement à ne pas comprendre, leur retard à l'allumage, que mêmes ceux qui en sont à l'origine auront du mal à le reconnaître. Ainsi encore une fois la montagne aura accouché d'une souris.

Nous étions cependant une bonne quinzaine cet après-midi à travailler comme des fous, alors, bien sûr, que certains avaient rendu leur copie depuis bien longtemps.
Travail productif, qui demande cependant à être poursuivi et précisé sur certains points. Je ne vais pas ici entrer dans le détail, c'est souvent assez technique et ça risquerait fortement d'ennuyer. Ce qui est sûr, c'est que je ne donne à personne le droit de dire que les profs ne fichent rien. Pas tous!

jeudi 1 mai 2008

Sourire.

Comme ils étaient beaux, ces deux mecs qui se photographiaient sur le Pont Gallieni cet après-midi, dans le soleil. Ils ne voyaient qu'eux et se photographiaient avec la ville en arrière-fond. Comme il était beau, leur sourire. Je les ai vus, je suis riche de ça. J'écris cela pour m'en souvenir et sourire comme eux, bientôt.

Lâchez les fauves.

Journée bien remplie aujourd'hui. Tour et demi du lac de Miribel ce matin, avec Gilles, assez tôt pour éviter l'afflux inévitable de pique-niqueurs, de familles déambulantes et de dragueurs plus ou moins pervers.

Ensuite, trois heures de marche dans Lyon à la recherche des animaux du grand chaud et du grand froid. Lyon était comme assoupie: pas de bus, pas de métros, peu de voitures, des promeneurs à pied, calmes, très calmes, un peu endormis sans doute par la chaleur légèrement humide qui donnait, à certains moments, l'impression de se mouvoir dans une serre.

Bonne grosse récolte de fauves, récolte aussi de visages, tous serins aujourd'hui. J'ai même, comme Patrick, parlé aujourd'hui à des inconnus et c'est moi qui ai engagé la conversation. Il faut sans cesse que je me mette dans la tête que, si je fais moins "peur" à l'abordage, c'est parce que j'ai l'allure et le visage plus "mûrs" (euphémisme), plus tranquilles. Bref, inutile de tourner autour du pot: un presque papy, ça impressionne moins. Et je suis toujours heureux de l'échange de ces quelques mots gratuits.

De petites précisions sur cette Biennale des lions: elle a lieu tous les deux ans (ça, ça valait le coup d'être dit) en partenariat avec un autre pays. Cette année, elle s'insère dans le cadre de "France Québec, quatre siècles de fraternité", qui représente la participation française au 400° anniversaire de Québec.

Et maintenant place aux artistes:



Ces deux là sont les deux oubliés du Parc de la Tête d'Or, hier (entrée du Lycée). Oubliés parce que trop vite photographiés et sans vraiment d'intérêt, à mon goût.( LION 4 et OURS 3)



Encore deux d'hier, à la gare de la Part-Dieu. Bof! L'ours blanc, peut-être, avec sa mantille effilochée? (LION 5 et OURS 4)

Je crois que, pour découvrir la récolte d'aujourd'hui, il faudra attendre demain, car voici ma dernière prise d'hier: le locataire d'un hôtel du Boulevard Vivier-Merle, un sympathique "pédagogue" (étymologie: celui qui mène l'enfant). Notons que la ballerine a l'air plus féroce que l'ursidé. (OURS 5)

Ceux que je vous présenterai demain sont, à mon avis, plus beaux. Forcément, on garde le meilleur pour la Presqu'île, comme d'habitude. De ce point de vue-là, le passage depuis plusieurs années de Lyon à une municipalité socialiste n'a pas changé grand chose. Mais, à l'instar de ces bestiaux, ne soyons pas lourds!

Bien que fourbu, je suis ravi de mon après-midi car, en parallèle à ce fil rouge, je découvre des coins de Lyon que je ne connais pas à pied, y passant toujours en voiture. Il y a des choses surprenantes, par exemple, dans un quartier quasi haussmannien, une maison datant de 1640: c'est le propriétaire du restaurant oriental en occupant le rez-de-chaussée qui m'a donné le renseignement et je n'ai aucune raison de douter de sa bonne foi.

Une idée me vient en fin de billet. Et si on votait pour le plus beau? A la fin de la présentation, je les numéroterai tous si ça vous dit, et on élira le "Seigneur des deux Mondes" (l'Ancien et le Nouveau). Pour moi, aujourd'hui, c'est le dernier, avec son allure de chien fidèle.

Les futurs mâles.

Anna voulait que je brosse, comme je l'avais fait pour les filles, le portrait des adolescents mâles arpentant les couloirs de notre collège. Je vais essayer de lui en proposer un.

D'emblée, je trouve que c'est un peu plus difficile, dans la mesure où les filles mûrissent plus vite et que donc, elles se copient les unes les autres, les petites copiant les grandes, et finissent par se ressembler. Pour les garçons, il y a moins d'homogénéité. Disons que je vais parler de ceux que je côtoie en quatrième ou troisième.

Deux marques de reconnaissance essentielles: le pantalon et les chaussures. Le pantalon taille basse bien sûr. D'ailleurs peut-on encore parler de taille basse: il ne s'accroche plus à la taille mais descend largement sur le derrière, laissant apparaître au mieux un motif de caleçon, au pire les prémices de la raie des fesses. (Je dis au pire car il n'y a rien pour moi d'excitant à ce spectacle: cul trop jeune et insuffisamment bombé). Je me demande toujours comment ils font pour que ça tienne, vue leur maigreur, et j'ai bien envie, parfois, de tirer dessus pour "voir".

Second détail à peaufiner: les chaussures (tu vois, Stéphane, c'est la deuxième fois que je ne dis pas souliers!). Là, il y a deux écoles: les baskets et les gondoles. Personnellement, je préfère les baskets, plus en harmonie avec la silhouette des ados de cet âge-là. En général, rien n'est lacé. Au début, je le faisais remarquer, par crainte des chutes. J'ai vu bien vite que je passais pour un demeuré. Un lacet, ça ne s'attache pas.

Le reste de l'habillement est plus difficile à apprécier car moins stéréotypé que celui des filles. En général, T.shirt avec message anglo-saxon, jamais de chemise, parfois, rarement, un polo. Au choix du pull porté en hiver (quand ils en mettent), on pourrait reconnaître et définir le mode d'éducation appliqué par les parents.

Ce qui, en revanche, est typiquement masculin, c'est l'odeur et l'air stupide.
L'odeur varie selon que l'on pue.... ou que l'on pue. On peut sentir mauvais parce qu'on ne s'est pas lavé de trois jours (si, si, ça existe!), on peut aussi sentir mauvais parce qu'on s'est inondé de déodorant en bombe avec parfums mâles et tellement lourds que c'en est écoeurant. Quoiqu'il en soit, une grande majorité des garçons pue.

L'air stupide, c'est celui qu'ils veulent à tout prix se donner, pour ne surtout pas passer pour des "intellos", comme ils disent. Alors, on prend le regard vague et bovin (c'est une expression, car les vaches ont de très beaux yeux), on semble absorbé dans une léthargie insondable, on a 3 de tension, et lorsqu'il faut répondre, on commence par soupirer profondément, afin de montrer à tout le monde, y compris au prof, que si on ouvre la bouche, c'est vraiment parce qu'on y est obligé.

Enfin, le dernier signe particulier, celui-ci souvent partagé avec les filles, est la façon de parler. Je ne veux pas dire le vocabulaire ni la syntaxe, mais la tonalité, la "mélodie" de la phrase. Il faut que cela fasse banlieue, "racaille" comme dit l'autre (et pas moi), il y a une façon de finir ses phrases comme en les laissant en suspens qui n'a rien à voir avec l'habitude française. En général, comme si le ton ne suffisait pas, on y ajoute le geste et la mimique des doigts, o combien utilisés.

Et puis, eux aussi, ces grands cierges qui s'économisent et sont toujours au bord du néant, on arrive à les voir s'intéresser, je ne dis pas se passionner, il ne faut pas exgérer, mais s'intéresser un temps, et alors, ce temps-là, ils retrouvent leur air d'enfants rêveurs sous les boutons d'acné.