lundi 30 janvier 2012

Cendrars m'attend

Ce soir, j'ai décidé de me coucher de bonne heure. Pas de plagiat de Proust dans cet incipit. J'attends simplement que la lessive en route soit terminée. Beaucoup plus prosaïque, donc. Journée lourde en surprises d'un bout à l'autre. J'ai lu les billets des blogs que j'aime, ce que j'ai eu du mal à faire ces jours derniers, laissant quelques commentaires parfois, pas toujours. Je crois que je suis fatigué à l'intérieur. Et demain, il neige. Cendrars m'attend. J'espère que, cette fois, la surprise sera bonne.

Pas de quoi s'affoler

Ce matin, réveillé par un bruit d'objet qui tombe dans la pièce au-dessus de ma chambre. Ah! ces voisins! J'ouvre les yeux, et me sens reposé plus que de coutume! Quel bonheur, d'autant plus que le radio-réveil ne s'est pas encore mis en marche! Pour voir un peu combien de temps il me restait à profiter de la tiédeur des draps, je jette un œil à l'écran lumineux: 7h40 soit un quart d'heure avant le début de mon premier cours! Je n'avais pas monté le son de la radio!

Autrefois, j'aurais été pris d'un grand stress, j'aurais eu du mal à endiguer la montée d'adrénaline. Ce matin, rien de tout cela: j'ai pris le téléphone et prévenu que je serais en retard puis j'ai tranquillement avalé mon petit déjeuner et suis passé sous la douche. Un surveillant prenait en charge mes élèves en leur donnant la version latine qu'ils devaient faire avec moi. Et j'ai rejoins le collège avec une heure de retard sans vraiment en avoir mauvaise conscience (d'autant plus que ça ne m'arrive pratiquement jamais). Ça sert aussi à ça de vieillir.

dimanche 29 janvier 2012

La "Guille"

J'avais promis de parler de ce quartier de Lyon où je vis et qui me plaît tant.

La Guillotière, la "Guille" comme on la nomme familièrement à Lyon, n'est pas le plus beau quartier de la ville mais il reste sans doute un des plus emblématiques avec un autre, la Croix-Rousse (et, bien sûr, le Vieux Lyon, mais là, tout le monde connaît). Située sur la rive gauche du Rhône et partagée aujourd'hui entre plusieurs arrondissements (3°, 7°, 8°), elle n'a pas toujours fait partie de la commune de Lyon et n'y a été rattachée définitivement que très tardivement, en 1852.

On ne sait pas grand chose sur les origines de son nom. Plusieurs hypothèses cohabitent sans que les historiens sérieux aient encore tranché. Certains le font remonter aux gaulois: Guy-L'Hostière, lieu que les druides auraient choisi pour y déposer le gui sacré cueilli sur les chênes.

Un pont très tôt construit sur le Rhône permit à Lyon d'avoir accès à la grande route vers l'Italie et d'asseoir ainsi sa prospérité. Lorsque je suis arrivé ici, il y a quarante ans, il existait encore dans quelques cours visibles derrière de grandes portes cochères des anneaux fichés dans les murs où l'on attachait autrefois les chevaux des voyageurs. Tout ceci a disparu aujourd'hui, laissant place à des immeubles dont l'architecture est loin d'être inoubliable.

La Guillotière, comme la Croix-Rousse, était un quartier populaire, voire populeux, et, comme à la Croix-Rousse, cet aspect sympathique tend peu à peu à s'effacer devant une population plus "classes moyennes" ou "bobos". Quelques rues gardent pourtant encore un air cosmopolite et bigarré, et il n'est pas rare d'y trouver de toutes petites boutiques où vous êtes sûrs de pouvoir acheter tout ce que vous désirez. La présence des anciennes facultés lui donne aussi un petit côté quartier latin qui n'est pas pour me déplaire.

De grands personnages à la Guille? Mais bien sûr! La Grande Rue de la Guillotière était spécialisée autrefois dans le commerce, l'hôtellerie et la restauration. Ainsi y logèrent Philippe Auguste, Richard Cœur de lion, Saint Louis (1294), Louis XI (1476)... Marie de Médicis coucha à l'Hôtel de la Couronne puis alla entendre la messe et dîner au Château de La Motte (aujourd'hui Lamothe) le 3 décembre 1600 avant de faire son entrée solennelle à Lyon où elle épousa Henry IV. Napoléon s'y arrêta avant de franchir le fleuve et d'entrer dans Lyon: le 10 mars 1815, il logea à l'Hôtel de l'Aigle, au 107 de la rue, lors de sa remontée triomphale des 100 jours.

Mais le plus connu pour beaucoup de lyonnais reste aujourd'hui Djebraïl Bahadourian, négociant arménien qui, après avoir fui le génocide de son peuple, s'installa dans le quartier et y fonda en 1929 une petite épicerie spécialisée dans les produits orientaux. C'est maintenant une adresse incontournable à Lyon et son commerce compte aujourd'hui trois succursales dont une aux halles Paule Bocuse. En hommage à ce Bahadourian, la place face au magasin historique de la Guillotière porte, depuis 2003, le nom de Place Djebraïl Bahadourian.

Il m'aurait fallu plus de temps pour approfondir le sujet. A ceux que cela intéresse, je conseille la lecture des nombreux sites consacrés à ce quartier, sites où j'ai souvent trouvé ou vérifié mes connaissances.

Momentini

- Dîner hier soir avec Frédéric, Jean-Claude, Pierre et Gérard. Une bonne choucroute où l'on avait rajouté de la couenne, tendre et si moelleuse que c'en fut un délice pour mes papilles.

- Gérard a encore fait des siennes. Spécialiste de l'à peu près dans l'emploi d'expressions pourtant bien connues, il nous a parlé hier d'une discussion qui avait failli finir en "queue de boudin". Ben oui, l'eau, c'est pour le poisson!

- Certains se posent depuis longtemps la question de savoir qui sont ces garçons dont je parle souvent. Ce soir, j'ai décidé de lever le voile: Jean-Claude est un ami connu il y a très longtemps, perdu de vue pendant de longues années et retrouvé il y a un peu plus de trois ans. C'est lui qui a œuvré à la transformation de mon appartement. Pierre était son ami à l'époque. Leur relation amoureuse a cessé alors que je ne les voyais plus mais ils continuent à se fréquenter régulièrement, ayant sauvegardé leur amitié. Gérard est le dernier ami en date de Pierre. Quant à Frédéric, c'est celui qui, lorsqu'il vient passer la nuit à la maison, partage mon lit et s'endort contre moi sur le deuxième oreiller qui, je vous le prouve, existe bien réellement!

Fantômes et samouraïs

Une sorte de Sherlock Holmes japonais, c'est assez cocasse. Le livre de Okamoto Kido présente une vingtaine de petites histoires policières censées s'être déroulées à Edo au XIX° siècle et racontées par un vieux détective gouvernemental à un jeune admirateur de ses amis. Histoires de samouraïs, comme le dit le titre, mais où les fantômes ont vite fait de disparaître devant les investigations du fin limier.

Un peu déçu par cette compilation, même si le livre se lit sans déplaisir et comporte de nombreux enseignements sur la capitale et les mœurs des nippons de l'époque. Les intrigues sont trop courtes pour qu'on y adhère vraiment et la résolution de l'énigme relève plus souvent du hasard que du sens de l'observation et de la déduction de l'enquêteur.

Un détail pourtant m'a frappé: le jeune japonais ne pouvait baisser les manches de son kimono que lorsqu'il avait atteint l'âge adulte. Elles devaient restées relevées auparavant. Je dois vraiment être encore un grand enfant, moi qui ne supporte pas plus de cinq minutes des manches de pull-overs sur les avant-bras.

( Okamoto Kido, Fantômes et samouraïs, Ed. Picquier. Trad. de Karine Chesneau)

samedi 28 janvier 2012

Repartis pour un tour.

Pas facile de trouver du sur mesure quand on habite un appartement de trois mètres sous plafond. Aujourd'hui, après un repas chez moi en compagnie de Frédéric (j'avais particulièrement bien réussi ma quiche lorraine, sans vanité aucune), j'ai retrouvé mon ancien compagnon d'errance dans les magasins de bricolage, j'ai nommé Jean-Claude. Devant le nombre de voitures qui tentaient d'accéder au parking du premier, nous avons changé d'idée pour un autre, un peu moins encombré. Achat de tringles, pour installer des portières aux deux portes de mon appartement, et de stores vénitiens pour la porte-fenêtre de la cuisine. Bien sûr, mes portes comme mes fenêtres ne sont pas du tout aux dimensions standard, trop larges ou pas assez, et il faut une certaine patience pour trouver ce que l'on veut. C'est chose faite ce soir.

Mais pour les rideaux de mon bureau, tintin! Rien: les tissus soldés ne présentaient pas un grand intérêt, sauf un, à rayures, qui n'avait pas les dimensions requises. Nous avons tout de même retrouvé notre vendeuse préférée qui nous a reconnus et est venue spontanément vers nous: une méridionale au bord de la retraite qui allie un humour sans pudibonderie à une excellente connaissance de son métier. Rare dans le commerce actuel. Jean-Claude m'a fait remarqué en partant qu'elle doit nous prendre pour un couple qui s'installe. Si c'est le cas, ce que je crois aussi, elle ne semble pas avoir de préjugés là-dessus. Peut-être même au contraire.

Tout ça pour dire que, ce soir, j'en ai plein les pattes et que je ne comprends toujours pas comment Jean-Claude fait pour ressortir toujours aussi guilleret de ces endroits-là. Je crois que je préfère corriger trois paquets de copies, c'est dire...

vendredi 27 janvier 2012

Sept à vous (réponses)

Vous êtes trop bons! Alors pourquoi vous faire attendre davantage?
1. La statue chryséléphantine de Zeus à Olympie: les 7 Merveilles du monde (ils ne me connaissaient pas à l'époque!)
2. Joyeux. Les 7 nains de Blanche-Neige.
3. Envie. Les 7 péchés capitaux.
4. Modestie. Les 7 vertus cardinales.
5. Varley. Le Groupe des 7 (artistes canadiens réunis en 1920).
6. Hippomédon. Les 7 contre Thèbes, dans la tragédie d'Eschyle.
7. Caelius. Les 7 collines de Rome.
8. La colline des Pères. Les 7 collines de Saint-Étienne.
9. Architecture. Les 7 arts.
10.Dexter. Les 7 comédiens interprétant les 7 mercenaires du film de John Sturges.

Bon, maintenant, c'est à moi de me creuser les méninges pour trouver avec 8. Ça risque d'être plus long!