Fêter le jour de l'an le 12 janvier, pourquoi pas si cela permet à neveu et nièce d'être présents. C'était donc aujourd'hui en famille. Et, pour une fois, cela ne m'a pas pesé. J'étais bien là, parmi eux, et pas ailleurs, à rêver d'autre chose. Mon frère était là aussi, présent dans nos pensées. Au menu, tajine commandé par ma belle-sœur dans une boutique approprié et galette des rois.
Rien que de simple, avec un peu de champagne. Et puis nous sommes enfin sortis aussi de cette habitude des cadeaux obligatoires, véritable casse-tête pour trouver ce qui ferait plaisir. Pour ma part, j'avais résolu le problème cette année : à tous une pochette de jeux à gratter avec gains éventuels à l'appui. Je redoutais un peu la tête qu'ils allaient faire quand ils découvriraient mon idée. Eh bien, tout le monde a été ravi, pourtant sans gagner beaucoup. La table de la salle à manger s'est un long moment transformée en véritable tripot. Sages comme des images, ils étaient, la famille.
Ce soir, tout le monde a repris son train ou son avion. Allez, c'était pas si mal....
dimanche 12 janvier 2014
vendredi 10 janvier 2014
C'est à vous
A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une
phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez
l'agrandir en cliquant dessus.)
Le pouvoir des mots
Pourquoi aimer à ce point les mots ? Rien ne m'y prédisposait pourtant. Issu d'un milieu très humble, j'eus la chance d'avoir une mère qui aimait la lecture et n'a jamais censuré les miennes. J'eus l'autre chance de faire des études classiques dans le meilleur lycée de Saint-Étienne à l'époque et d'y connaître des professeurs exceptionnels, des puits de science qui m'ont fait aimer la littérature.
Ce n'était pourtant pas gagné d'avance : ce lycée était en principe réservé aux hautes classes de la société stéphanoise et j'aurais dû normalement atterrir dans un autre, moins coté. Comment suis-je arrivé dans celui-ci, je n'en sais rien, pas plus que sur mon orientation en lettres classiques. Les fils d'ouvriers y étaient très rares et souvent regardés d'un peu haut. Est-ce cela qui m'a fait me rebeller, vouloir me hisser à leur niveau (ou ce que je croyais être leur niveau), acquérir une culture qui n'était pas celle de ma classe ? Peut-être. Étant censément inférieur, je voulais leur prouver que je pouvais réussir.
Je le fis si bien que, pendant quelques brèves années, j'en vins à renier mes origines qui, alors, me faisaient presque honte. Cela ne dura pas car je me rendis vite compte de la richesse de cette autre culture, la populaire, que j'avais, moi, la chance de posséder en plus de l'autre. Lorsque j'arrivai à la faculté puis dans l'enseignement, on me prit souvent pour un bon bourgeois lyonnais, ce qui, en un sens, me comblait, mais ce que je me hâtais bien vite de nier, par amour de la vérité et sens inné de la provocation.
Aujourd'hui, tout cela me semble bien ridicule et je n'ai plus aucun de ces états d'âme de l'époque. Je sais le pouvoir des mots et je sais m'en servir lorsqu'il le faut. Et l'un d'entre eux me vient régulièrement à l'esprit : c'est merci. Merci à tous ceux qui m'ont fait ce que je suis.
Ce n'était pourtant pas gagné d'avance : ce lycée était en principe réservé aux hautes classes de la société stéphanoise et j'aurais dû normalement atterrir dans un autre, moins coté. Comment suis-je arrivé dans celui-ci, je n'en sais rien, pas plus que sur mon orientation en lettres classiques. Les fils d'ouvriers y étaient très rares et souvent regardés d'un peu haut. Est-ce cela qui m'a fait me rebeller, vouloir me hisser à leur niveau (ou ce que je croyais être leur niveau), acquérir une culture qui n'était pas celle de ma classe ? Peut-être. Étant censément inférieur, je voulais leur prouver que je pouvais réussir.
Je le fis si bien que, pendant quelques brèves années, j'en vins à renier mes origines qui, alors, me faisaient presque honte. Cela ne dura pas car je me rendis vite compte de la richesse de cette autre culture, la populaire, que j'avais, moi, la chance de posséder en plus de l'autre. Lorsque j'arrivai à la faculté puis dans l'enseignement, on me prit souvent pour un bon bourgeois lyonnais, ce qui, en un sens, me comblait, mais ce que je me hâtais bien vite de nier, par amour de la vérité et sens inné de la provocation.
Aujourd'hui, tout cela me semble bien ridicule et je n'ai plus aucun de ces états d'âme de l'époque. Je sais le pouvoir des mots et je sais m'en servir lorsqu'il le faut. Et l'un d'entre eux me vient régulièrement à l'esprit : c'est merci. Merci à tous ceux qui m'ont fait ce que je suis.
jeudi 9 janvier 2014
Jouez, hautbois, résonnez, musettes
Sonnez, trompettes, aussi, car l'événement est d'importance : notre chevalier Lancelot est de retour, après des mois passés à guerroyer ou prisonnier d'un sortilège infernal ! Le revoilà, tout frais, tout beau, avec des billets aussi longs qu'avant (mais comme on les aime !) . Allez, je vais de ce pas lui mettre un commentaire !
Une femme d'extérieur.
Elle était drôle, vaillante, parlait haut avec son accent jamais perdu de Haute-Marne malgré les décennies passées en Haute-Savoie. Elle cuisinait divinement, était curieuse de tout (la soirée à aller voir de près à quoi ressemblaient des prostitués travestis !), inventait des solutions pratiques pour se faciliter la vie, comme sa "machine" à planter des graines dans son jardin sans jamais se baisser.
A la retraite, après la mort de "son" curé dont elle était la bonne, mais combien plus que ça, elle est repartie sur ses terres de l'est, d'où elle m'appelait souvent, si souvent même à la fin pour me redire les mêmes choses, que j'ai perçu que quelque chose n'allait plus. Quelque chose, c'était cette merde d’Alzheimer, ce que l'on m'a appris il y a un peu plus d'un an et qui m'avait bouleversé. "Mais je suis contente, je sors demain !" . J'en avais parlé, à cette époque, de mon Odile dont j'ai gardé toutes les lettres parce qu'elles ne ressemblent à aucune autre, avec leurs collages, leur style elliptique que l'on comprenait pourtant toujours.
Elle y est encore, à l'hôpital, je l'ai appelée hier. Elle ne parle plus, sa sœur est morte, de la même maladie. L'infirmière n'a pu en tirer qu'un grognement. Lorsqu'on lui présente une photo de "son" curé pour qui elle a abandonné son métier d'institutrice, elle ne sait plus de qui il s'agit. Ça peut être triste, des vœux. Pourtant, pourtant, un détail m'a réjoui : chaque jour, si l'on n'y prend garde, elle desserre les freins de son fauteuil roulant et tente de s'enfuir dans les couloirs de l'hôpital. Comme ma mère. Elle a toujours été une femme d'extérieur. Je dirai bientôt "elle fut".
A la retraite, après la mort de "son" curé dont elle était la bonne, mais combien plus que ça, elle est repartie sur ses terres de l'est, d'où elle m'appelait souvent, si souvent même à la fin pour me redire les mêmes choses, que j'ai perçu que quelque chose n'allait plus. Quelque chose, c'était cette merde d’Alzheimer, ce que l'on m'a appris il y a un peu plus d'un an et qui m'avait bouleversé. "Mais je suis contente, je sors demain !" . J'en avais parlé, à cette époque, de mon Odile dont j'ai gardé toutes les lettres parce qu'elles ne ressemblent à aucune autre, avec leurs collages, leur style elliptique que l'on comprenait pourtant toujours.
Elle y est encore, à l'hôpital, je l'ai appelée hier. Elle ne parle plus, sa sœur est morte, de la même maladie. L'infirmière n'a pu en tirer qu'un grognement. Lorsqu'on lui présente une photo de "son" curé pour qui elle a abandonné son métier d'institutrice, elle ne sait plus de qui il s'agit. Ça peut être triste, des vœux. Pourtant, pourtant, un détail m'a réjoui : chaque jour, si l'on n'y prend garde, elle desserre les freins de son fauteuil roulant et tente de s'enfuir dans les couloirs de l'hôpital. Comme ma mère. Elle a toujours été une femme d'extérieur. Je dirai bientôt "elle fut".
mercredi 8 janvier 2014
Pulp Fiction
Je récupère peu à peu des années d'abstinence cinématographique. Ainsi n'avais-je jamais vu Pulp Fiction, de Tarantino, pourtant sorti en 1994. Voilà qui est fait.
D'abord une petite appréhension vis à vis de Travolta qui n'a jamais été ma tasse de thé, mais appréhension bien vite balayée par le rythme du film, sa musique, son humour et son récit non linéaire. Wikipédia me dit qu'il s'agit d'un film postmoderne. Alors, vive le postmodernisme si tout y est de cette qualité.
D'abord une petite appréhension vis à vis de Travolta qui n'a jamais été ma tasse de thé, mais appréhension bien vite balayée par le rythme du film, sa musique, son humour et son récit non linéaire. Wikipédia me dit qu'il s'agit d'un film postmoderne. Alors, vive le postmodernisme si tout y est de cette qualité.
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