Fatigué d'entendre les élèves l'employer à tout bout de champ à la place d'"ennuyeux", je suis allé aujourd'hui vérifier ce que voulait dire exactement l'adjectif "ennuyant". Quasiment la même chose. Simplement, ce qui est ennuyant provoque un ennui passager, ce qui est ennuyeux nous ennuie plus longtemps.
J'ai appris aussi que "ennuyant" est couramment employé dans les Antilles, en Belgique et au Québec alors qu'ailleurs, on le considère comme vieilli et qu'on lui préfère "ennuyeux".
Voilà que mes élèves emploient une langue plus ancienne que la mienne! Du coup, je me sens tout rajeuni!
mardi 3 juillet 2012
Promenade
Ils marchaient tous les deux, dans la chaleur, à petits pas le long du mur torride. Il était tôt dans l'après-midi d'été, à une heure où les vieux ne sortent pas. J'avais fait un détour pour les doubler par la chaussée et puis je me suis mis à les suivre, comme s'ils avaient besoin de mon aide pour avancer encore. Elle se tenait bien droite dans sa robe à grosses fleurs dont ses formes ne remplissaient plus la coupe. Lui penchait la tête de l'autre côté, semblant vouloir s'éloigner d'elle. Mais leurs mains étaient liées, deux ceps tordus par les douleurs et usés par la tendresse. Ils ne parlaient pas, ils progressaient doucement . Leurs corps secs étaient exempts de sueur. Ils avaient oublié le monde autour, le soleil aussi et la chaleur et le bruit.
Lequel partirait le premier, lequel laisserait l'autre un jour, parce qu'il faut bien partir?
Lequel partirait le premier, lequel laisserait l'autre un jour, parce qu'il faut bien partir?
lundi 2 juillet 2012
Humeur
La Californie a été, en 2011, le cinquième état américain à interdire le port d'armes à feu en public, ce qu'on ne saurait blâmer. Mais quand la côte ouest s'en prend à notre bon vieux foie gras national, alors là, je dis non!
Le cinéma de ma jeunesse
Bon, bien sûr, ce n'est pas du grand cinéma (mais qu'est-ce, au juste, que le grand cinéma?), ça a un peu vieilli, c'est très manichéen, c'est bourré de scènes attendues, mais c'est du cinéma de ma jeunesse, du cinéma où les seconds rôles étaient tout aussi connus que les vedettes, du délassement qui ne prenait pas la tête, et c'est déjà pas mal.
Dernier Domicile connu, de José Giovanni (1970), c'est la gueule de tendresse fatiguée de Lino Ventura, les tics exaspérants de Marlène Jobert (plutôt bien dans ce film), les oreilles de Michel Constantin, la sécheresse d'Alain Mottet, les yeux de chien battu de Paul Crauchet, la fragilité digne de Germaine Delbat et la perversité de Dominique Zardi.
Alors, moi, ça me suffit pour passer un bon moment devant la télévision.
Dernier Domicile connu, de José Giovanni (1970), c'est la gueule de tendresse fatiguée de Lino Ventura, les tics exaspérants de Marlène Jobert (plutôt bien dans ce film), les oreilles de Michel Constantin, la sécheresse d'Alain Mottet, les yeux de chien battu de Paul Crauchet, la fragilité digne de Germaine Delbat et la perversité de Dominique Zardi.
Alors, moi, ça me suffit pour passer un bon moment devant la télévision.
C'est fait!
Je rentre des corrections du brevet. Prévues sur deux jours, faites en un. Il faut dire qu'ils ne nous ont pas assommés cette année: 28 copies et un seul prof convoqué absent. Six heures et demie de travail, soit un peu moins d'un quart d'heure par copie.
Ils s'en sont plutôt bien tirés, les petits. Quoique, pour rater ça, il faut être bien godiche maintenant! La dictée était extraite de Zola et le texte pour les questions et la rédaction de Michel Tournier: une histoire de calife qui, à la mort de son cuisinier, décide d'en embaucher un autre et de confronter deux candidats qui lui présentent....les mêmes plats.
Quelques perles par ci par là pour agrémenter la journée( "les yeux démesurément ouverts" devenu "les yeux démesurément tout verts", le calife transformé en "canif", ...) et puis d'heureuses trouvailles: "les étagères étaient encombrées de lampes à génie, mais qui semblaient vides" ou cet élève qui, pour respecter l'exotisme du texte d'origine, fait venir un des cuisiniers du village de Toulaba!
Mais il faudra expliquer à beaucoup que la cour n'est pas seulement un endroit où passer les récréations mais aussi l'entourage d'un souverain!
Donc, si je compte bien, deux jours de repos avant le galop final de jeudi!
Ils s'en sont plutôt bien tirés, les petits. Quoique, pour rater ça, il faut être bien godiche maintenant! La dictée était extraite de Zola et le texte pour les questions et la rédaction de Michel Tournier: une histoire de calife qui, à la mort de son cuisinier, décide d'en embaucher un autre et de confronter deux candidats qui lui présentent....les mêmes plats.
Quelques perles par ci par là pour agrémenter la journée( "les yeux démesurément ouverts" devenu "les yeux démesurément tout verts", le calife transformé en "canif", ...) et puis d'heureuses trouvailles: "les étagères étaient encombrées de lampes à génie, mais qui semblaient vides" ou cet élève qui, pour respecter l'exotisme du texte d'origine, fait venir un des cuisiniers du village de Toulaba!
Mais il faudra expliquer à beaucoup que la cour n'est pas seulement un endroit où passer les récréations mais aussi l'entourage d'un souverain!
Donc, si je compte bien, deux jours de repos avant le galop final de jeudi!
dimanche 1 juillet 2012
Un après-midi pluvieux
Juillet a débuté sous un déluge à Lyon. La pluie, qui a commencé à tomber dans la nuit, n'a pas cessé jusqu'à ce soir. Le repas prévu chez moi s'est finalement déroulé chez ma mère, avec transport des plats sur place.
Belle occasion que ce temps pour assister à la télévision à la dernière demi-journée des championnats d'Europe d'athlétisme à Helsinki. Parce que j'ai sans doute oublié de vous dire, je suis un inconditionnel de l'athlétisme, et cela avant même de m'être moi-même mis à courir.
Ce que j'aime dans ces disciplines sportives? La qualité des athlètes en compétition, leur beauté aussi, bien sûr, mâles principalement, mais aussi leur fair play et la bonne humeur qui y règne la plupart du temps. Pour moi, ce sont de vrais sportifs, qui respectent les règles et la philosophie du sport. Il serait grand temps que ces messieurs du football qui, parce qu'ils gagnent beaucoup d'argent, se prennent pour des stars et se comportent comme des enfants gâtés et mal élevés, prennent modèle sur eux.
Un grand moment, en particulier, que l'épreuve de saut à la perche où un allemand et un français se sont affrontés avec le sourire jusqu'à échouer tous deux à 6m02. Chapeau bas messieurs! De quoi ensoleiller un après-midi pluvieux.
Belle occasion que ce temps pour assister à la télévision à la dernière demi-journée des championnats d'Europe d'athlétisme à Helsinki. Parce que j'ai sans doute oublié de vous dire, je suis un inconditionnel de l'athlétisme, et cela avant même de m'être moi-même mis à courir.
Ce que j'aime dans ces disciplines sportives? La qualité des athlètes en compétition, leur beauté aussi, bien sûr, mâles principalement, mais aussi leur fair play et la bonne humeur qui y règne la plupart du temps. Pour moi, ce sont de vrais sportifs, qui respectent les règles et la philosophie du sport. Il serait grand temps que ces messieurs du football qui, parce qu'ils gagnent beaucoup d'argent, se prennent pour des stars et se comportent comme des enfants gâtés et mal élevés, prennent modèle sur eux.
Un grand moment, en particulier, que l'épreuve de saut à la perche où un allemand et un français se sont affrontés avec le sourire jusqu'à échouer tous deux à 6m02. Chapeau bas messieurs! De quoi ensoleiller un après-midi pluvieux.
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