mercredi 25 novembre 2015
Sous le volcan
Voilà donc terminé le roman dont je parlais dernièrement et que j'ai eu tant de mal à lire, au point d'en sauter allégrement quelques paragraphes, voire pages entières à partir de la moitié. J'avais envie d'y mettre le nez depuis qu'un blogueur, je ne sais plus qui, l'avait présenté comme son livre de chevet.
Sous le volcan, de Malcom Lowry, raconte les derniers jours d'un consul alcoolique au Mexique, en compagnie de sa femme, partie puis revenue, de son demi-frère Hugh et d'un ami français, Laruelle. Autant le dire tout de suite, je n'ai pas aimé ce roman, mais pas de manière anodine, plus exactement de la même manière que je n'aime pas les livres de Céline.
Il s'agit certainement d'un grand bouquin mais que je considère, moi, comme complétement illisible, du mois dans la traduction de Jacques Darras, proche de la langue, de la construction de phrase orales. En postface du roman, le traducteur s'en explique : "Malcom Lowry insiste vigoureusement sur l'épreuve du "gueuloir" à laquelle il a, dit-il, comme Flaubert naguère, soumis la moindre de ses phrases. Ce poème musical en prose devait donc impérativement pouvoir être lu, ou mieux : interprété à haute voix. Tel aura été le souci majeur de la présente traduction."
Promis : si le film de John Huston repasse un jour, j'irai le voir. Ça aura l’avantage de durer moins longtemps que cette lecture. Je suis sans doute injuste mais c'est probablement un trop grand livre pour moi !
(Sous le volcan, Malcom Lowry. Trad. de Jacques Darras.)
Sous le volcan, de Malcom Lowry, raconte les derniers jours d'un consul alcoolique au Mexique, en compagnie de sa femme, partie puis revenue, de son demi-frère Hugh et d'un ami français, Laruelle. Autant le dire tout de suite, je n'ai pas aimé ce roman, mais pas de manière anodine, plus exactement de la même manière que je n'aime pas les livres de Céline.
Il s'agit certainement d'un grand bouquin mais que je considère, moi, comme complétement illisible, du mois dans la traduction de Jacques Darras, proche de la langue, de la construction de phrase orales. En postface du roman, le traducteur s'en explique : "Malcom Lowry insiste vigoureusement sur l'épreuve du "gueuloir" à laquelle il a, dit-il, comme Flaubert naguère, soumis la moindre de ses phrases. Ce poème musical en prose devait donc impérativement pouvoir être lu, ou mieux : interprété à haute voix. Tel aura été le souci majeur de la présente traduction."
Promis : si le film de John Huston repasse un jour, j'irai le voir. Ça aura l’avantage de durer moins longtemps que cette lecture. Je suis sans doute injuste mais c'est probablement un trop grand livre pour moi !
(Sous le volcan, Malcom Lowry. Trad. de Jacques Darras.)
mardi 24 novembre 2015
Petit tour en galeries
Un petit tour dans quelques galeries ou expositions du 7° arrondissement hier. La première : fermée le lundi.
La deuxième présentait des tableaux plutôt sombres, ce dont on se passe en ce moment.
La troisième, plus importante numériquement, consacrée aux aquarellistes m'a laissé de marbre (à une exception près).
En revanche, plutôt accroché par ce que présentait l'hôpital Saint-Luc dans une de ses coursives au rez-de-chaussée, des œuvres d'inspiration nippone : Japan Blue. On dirait que le bleu me poursuit en ce moment. Mais c'est blanche que devait être la patte qu'il a fallu montrer à l'entrée au (bien frêle) vigile.
(Désolé, je n'avais rien pour noter le nom des artistes!)
La deuxième présentait des tableaux plutôt sombres, ce dont on se passe en ce moment.
La troisième, plus importante numériquement, consacrée aux aquarellistes m'a laissé de marbre (à une exception près).
En revanche, plutôt accroché par ce que présentait l'hôpital Saint-Luc dans une de ses coursives au rez-de-chaussée, des œuvres d'inspiration nippone : Japan Blue. On dirait que le bleu me poursuit en ce moment. Mais c'est blanche que devait être la patte qu'il a fallu montrer à l'entrée au (bien frêle) vigile.
(Désolé, je n'avais rien pour noter le nom des artistes!)
lundi 23 novembre 2015
Et un peu de musique, ça vous dirait ? (157)
Henri Ledroit (1946-1988). Certainement le contre-ténor français que je préfère : pureté de la voix, sans fioritures, émotion contenue. Et quel charme ! J'avais eu l'occasion de l'entendre, lors du festival du vieux Lyon, probablement en décembre 1987, peu de temps avant sa mort. Inoubliable.
dimanche 22 novembre 2015
Lecture et écriture
L'écriture est une chose étrange, comme d'ailleurs tout art. Lorsque l'auteur écrit, le texte lui appartient, il est dans son monde. Il peut revenir dessus, changer un mot, préciser une idée, supprimer un paragraphe. Mais, à mon avis, le livre n'est pas seulement ce qui est écrit : il y a aussi tout ce que l'auteur a, consciemment ou pas, dans la tête, tout l'avant, tout le pendant.
Lorsque le lecteur s'y lance, il n'a pas tout ce substrat de l'auteur. Il a le sien propre, totalement différent même si, sans doute, semblable sur certains points s'il apprécie cet auteur. Ainsi, deux réactions de sa part : d'abord, le texte définitif qu'il a devant les yeux ne peut pas être autre et devait nécessairement être celui-ci. Le mot, la phrase, le paragraphe ne pouvaient pas être différents. Je pense en particulier à la poésie.
Mais l'écueil serait, comme dans nos vieux Largarde et Michard, de dire : l'auteur a voulu dire ceci ou cela. Car la lecture est, dans une certaine mesure, recréation. Le livre est celui du lecteur, avec son vécu propre, sa sensibilité propre et ses points d'ancrage ne sont pas forcément les mêmes que ceux de l'auteur. D'où une certaine frustration de ce dernier s'il a des "retours" sur son ouvrage. A petite échelle, je l'ai souvent ressenti dans ce blog où certains billets, capitaux pour moi, ne provoquaient guère ou pas du tout de réactions des lecteurs, alors que d'autres, qui, à moi, me semblaient "légers", attiraient une "foule" de commentaires.
Et je me demande si ce n'est pas la raison pour laquelle je ne me suis jamais lancé sérieusement dans l'écriture. La lecture, elle, n'est que rarement décevante.
Lorsque le lecteur s'y lance, il n'a pas tout ce substrat de l'auteur. Il a le sien propre, totalement différent même si, sans doute, semblable sur certains points s'il apprécie cet auteur. Ainsi, deux réactions de sa part : d'abord, le texte définitif qu'il a devant les yeux ne peut pas être autre et devait nécessairement être celui-ci. Le mot, la phrase, le paragraphe ne pouvaient pas être différents. Je pense en particulier à la poésie.
Mais l'écueil serait, comme dans nos vieux Largarde et Michard, de dire : l'auteur a voulu dire ceci ou cela. Car la lecture est, dans une certaine mesure, recréation. Le livre est celui du lecteur, avec son vécu propre, sa sensibilité propre et ses points d'ancrage ne sont pas forcément les mêmes que ceux de l'auteur. D'où une certaine frustration de ce dernier s'il a des "retours" sur son ouvrage. A petite échelle, je l'ai souvent ressenti dans ce blog où certains billets, capitaux pour moi, ne provoquaient guère ou pas du tout de réactions des lecteurs, alors que d'autres, qui, à moi, me semblaient "légers", attiraient une "foule" de commentaires.
Et je me demande si ce n'est pas la raison pour laquelle je ne me suis jamais lancé sérieusement dans l'écriture. La lecture, elle, n'est que rarement décevante.
samedi 21 novembre 2015
C'est à vous
A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une
phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez
l'agrandir en cliquant dessus.)
vendredi 20 novembre 2015
Nuit bleue
Je n'ai eu, jusqu'à ce jour et Dieu merci, qu'une seule expérience du terrorisme. C'était, je pense, dans les années 80. J'étais en vacances d'été en Corse, dans un petit village près d'Ajaccio où je venais chaque année près d'un mois chez le frère de Pierre.
J'avais aussi un ami à Ajaccio même à qui je consacrais chaque fois quelques jours. Cette nuit-là, j'avais profité d'une belle soirée estivale pour aller faire un tour seul en bord de plage. Au retour, je me suis fait arrêter par un homme d'une trentaine d'années qui me demandait son chemin. A sa façon de parler, j'avais bien identifié qu'il était lui-même corse et ai été assez surpris qu'il ne connaisse pas le centre ville d'Ajaccio.
La conversation dura plusieurs minutes, un peu trop pour une simple demande de renseignement. Visiblement, il faisait durer les choses. Il finit cependant par me dire bonsoir et je rentrai chez mon ami, sur les hauteurs de la ville. A peine étais-je arrivé que la pétarade commença. Un feu d'artifice ? Non, me renseigna l'ami, une nuit bleue.
Effectivement, pendant de longues minutes, depuis son balcon, nous entendîmes exploser plusieurs bombes, explosions qui, répercutées sur les collines, n'en paraissaient que plus impressionnantes, du moins pour moi car mon ami semblait en avoir pris l'habitude.
Le lendemain, nous sûmes exactement où les bombes avaient été placées et l'une se situait sur le chemin que je devais emprunter pour rentrer la veille. Ainsi l'homme que j'avais croisé était-il intervenu pour me retarder, soit pour permettre à ses acolytes de placer la bombe, soit pour me protéger, car, à l'époque, les attentats en Corse étaient calculés pour ne pas faire de victimes civiles.
C'est à ce moment-là seulement, quand j'ai compris, que je me suis mis à avoir vraiment peur.
J'avais aussi un ami à Ajaccio même à qui je consacrais chaque fois quelques jours. Cette nuit-là, j'avais profité d'une belle soirée estivale pour aller faire un tour seul en bord de plage. Au retour, je me suis fait arrêter par un homme d'une trentaine d'années qui me demandait son chemin. A sa façon de parler, j'avais bien identifié qu'il était lui-même corse et ai été assez surpris qu'il ne connaisse pas le centre ville d'Ajaccio.
La conversation dura plusieurs minutes, un peu trop pour une simple demande de renseignement. Visiblement, il faisait durer les choses. Il finit cependant par me dire bonsoir et je rentrai chez mon ami, sur les hauteurs de la ville. A peine étais-je arrivé que la pétarade commença. Un feu d'artifice ? Non, me renseigna l'ami, une nuit bleue.
Effectivement, pendant de longues minutes, depuis son balcon, nous entendîmes exploser plusieurs bombes, explosions qui, répercutées sur les collines, n'en paraissaient que plus impressionnantes, du moins pour moi car mon ami semblait en avoir pris l'habitude.
Le lendemain, nous sûmes exactement où les bombes avaient été placées et l'une se situait sur le chemin que je devais emprunter pour rentrer la veille. Ainsi l'homme que j'avais croisé était-il intervenu pour me retarder, soit pour permettre à ses acolytes de placer la bombe, soit pour me protéger, car, à l'époque, les attentats en Corse étaient calculés pour ne pas faire de victimes civiles.
C'est à ce moment-là seulement, quand j'ai compris, que je me suis mis à avoir vraiment peur.
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