Parfois, les maisons me font peur, surtout dans les petites villes, ou alors les immeubles des grandes cités. Toutes ces façades, souvent semblables, derrière lesquelles vivent des milliers de gens, obéissant à un ordre du jour immuable : métro, boulot, dodo, parfois amour pour les uns, lecture (ou télévision), courses et sieste pour les autres. Heures fixes des repas, informations, couchers des enfants, que sais-je...
Pour moi, l'enfer, c'est ça. Les Antiques, dans leurs lieux réservés aux châtiments éternels n'ont pas inventé celui-ci, réglé au métronome et d'une tristesse absolue. Nous pourrions leur donner des leçons.
L'enfer, ce n'est pas seulement les autres, c'est soi-même quand on ressemble trop aux autres, quand on est interchangeable. Même rituel du haut en bas, Les lampes qui s'éteignent, la lumière bleuté de l'écran de télévision, la chasse d'eau avant le silence nocturne. Un jour, l'un d'entre eux disparait, un autre le remplace.Je frémis. Nous ne sommes rien dans cet univers aseptisé.
Ces façades, elles me fascinent, comme la mort. J'essaie de n'en voir que les lignes géométriques dans l'objectif de mon appareil parce que la géométrie est minéralité, abstraction de toute vie ou plutôt de tout semblant de vie. Ou alors, parfois, j'observe dans le noir la fenêtre d'en face et les êtres qui s'agitent, tentant d'y déceler ce qui fait leur identité. Mais l'espèce humaine est foncièrement dépressive.
mardi 8 juillet 2014
lundi 7 juillet 2014
Marilyn dernières séances
Il y a quelques années, j'avais acheté deux livres de poche, l'un de Pontalis, l'autre de De Luca, puis pris un velo'v pour poursuivre mes courses. Arrivé à la station, j'ai oublié les deux bouquins dans le porte-bagages. Le lendemain, toujours à une station velo'v, j'ai trouvé celui-ci, que je viens seulement de lire.
Livre touffu, parfois indigeste, racontant les dernières années de Marilyn Monroe et ses séances de psychanalyse avec son médecin, le docteur Greenson, dans le microcosme hollywoodien du début des années soixante. Ce qui rend ce livre difficile à lire parfois, c'est le découpage de l'auteur, non chronologique, un peu comme un film dont la monteuse aurait inversé des images. Parti pris volontaire mais qui, à mon goût, n'apporte pas grand chose.
Reste derrière tout cela la figure mythique de l'actrice dont on ne peut dire encore aujourd'hui si elle s'est suicidé ou si on l'a assassinée.
Livre touffu, parfois indigeste, racontant les dernières années de Marilyn Monroe et ses séances de psychanalyse avec son médecin, le docteur Greenson, dans le microcosme hollywoodien du début des années soixante. Ce qui rend ce livre difficile à lire parfois, c'est le découpage de l'auteur, non chronologique, un peu comme un film dont la monteuse aurait inversé des images. Parti pris volontaire mais qui, à mon goût, n'apporte pas grand chose.
Reste derrière tout cela la figure mythique de l'actrice dont on ne peut dire encore aujourd'hui si elle s'est suicidé ou si on l'a assassinée.
dimanche 6 juillet 2014
Bête à pain
Le pain étant un élément essentiel de l'alimentation auquel, durant des siècles, on a accordé un grand respect, il est inévitable qu'il ait donné naissance à de nombreuses expressions françaises (avoir mangé son pain blanc, long comme un jour sans pain ...).
L'autre soir, voulant me moquer gentiment de Jean-Claude, je l'ai traité de "bête à pain". Ni lui ni Frédéric ne connaissaient cette expression, que je n'avais d'ailleurs pas employée depuis très longtemps. En cherchant sur internet, je ne l'ai trouvé nulle part. Il doit s'agir d'une gentille moquerie typiquement stéphanoise.
Elle a le sens de niais, un peu bêta, bête à manger du pain alors que l'on pourrait se régaler avec d'autres aliments plus alléchants. Mais elle inclut aussi une pincée de tendresse à l'égard de celui à qui l'on s'adresse ainsi. Quelqu'un parmi vous la connaît-il ?
L'autre soir, voulant me moquer gentiment de Jean-Claude, je l'ai traité de "bête à pain". Ni lui ni Frédéric ne connaissaient cette expression, que je n'avais d'ailleurs pas employée depuis très longtemps. En cherchant sur internet, je ne l'ai trouvé nulle part. Il doit s'agir d'une gentille moquerie typiquement stéphanoise.
Elle a le sens de niais, un peu bêta, bête à manger du pain alors que l'on pourrait se régaler avec d'autres aliments plus alléchants. Mais elle inclut aussi une pincée de tendresse à l'égard de celui à qui l'on s'adresse ainsi. Quelqu'un parmi vous la connaît-il ?
samedi 5 juillet 2014
C'est à vous
A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)
vendredi 4 juillet 2014
C'est les vacances, pour eux aussi.
Hier soir, c'était au tour de trois autres collègues de prendre leur retraite, tous trois plus âgés que moi. L'un a retardé son départ pour finir de payer sa villa, la deuxième pour payer les études de ses filles. Quant à la troisième, je n'en sais rien : j'ai toujours évité au maximum de fréquenter cette fainéante et sirupeusement hypocrite.
L'an prochain, ce sera le tour d'une autre de mes collègues avec qui j'ai beaucoup travaillé et voyagé en Grèce et en Italie. Ensuite, il y aura un trou de quelques années et ceux qui, autrefois, étaient les plus jeunes se retrouveront en queue de peloton.
Soirée sympathique donc, au collège, qui s'est terminée en comité restreint chez une autre collègue, à boire du limoncello glacé en parlant de Rome, photos et plans à l'appui. On m'a d'ailleurs proposé d'y accompagner l'an prochain un groupe d'élèves latinistes et hellénistes puisque je parle l'italien. Ma seule condition est de ne pas passer une nuit en car : ce n'est plus de mon âge.
Mais je suis heureux de voir une jeune collègue reprendre cette coutume que nous avions abandonnée, Évelyne et moi, pour cause de trop grande fatigue.
L'an prochain, ce sera le tour d'une autre de mes collègues avec qui j'ai beaucoup travaillé et voyagé en Grèce et en Italie. Ensuite, il y aura un trou de quelques années et ceux qui, autrefois, étaient les plus jeunes se retrouveront en queue de peloton.
Soirée sympathique donc, au collège, qui s'est terminée en comité restreint chez une autre collègue, à boire du limoncello glacé en parlant de Rome, photos et plans à l'appui. On m'a d'ailleurs proposé d'y accompagner l'an prochain un groupe d'élèves latinistes et hellénistes puisque je parle l'italien. Ma seule condition est de ne pas passer une nuit en car : ce n'est plus de mon âge.
Mais je suis heureux de voir une jeune collègue reprendre cette coutume que nous avions abandonnée, Évelyne et moi, pour cause de trop grande fatigue.
mercredi 2 juillet 2014
Des fleurs (19) : l'orchidée
Testicule : drôle de nom pour une fleur ! C'est pourtant l'étymologie grecque, via le latin, de l'orchidée. Très à la mode depuis quelques années, ce n'est pourtant pas ma plante préférée. D'ailleurs, je ne suis jamais parvenu à en garder vraiment une.
Quelqu'un en avait offert un spécimen à Pierre lorsqu'il se reposait en maison de convalescence. J'avais réussi à la sauver mais elle avait mis trois ans à refleurir, quelques mois seulement.
Une fois les fleurs fanées, ses longues tiges ne sont pas très esthétiques. J'ai beau les baigner, les mettre à un endroit de l'appartement où la lumière est censée leur convenir, elles finissent toutes de la même façon : une à une, les feuilles jaunissent, sèchent et tombent. Combien de temps durera celle que l'on m'a apportée la semaine dernière ?
Pourtant, j'ai été ébloui l'autre jour, lors d'un reportage à la télévision, par la beauté des orchidées sauvages, protégées naturellement, qui poussent dans la forêt de Boscodon, près d'Embrun, dans les Hautes-Alpes : les sabots de Vénus. Rien à voir avec ce que l'on trouve maintenant au rayon fleurs de n'importe quelle grande surface !
Il paraît qu'il en existe également une autre variété à l'état sauvage au parc de la Feyssine, à Lyon, mais je ne suis pas assez pro pour les reconnaître.
mardi 1 juillet 2014
Le château de mon père
C'est là que mon père travaillait ou qu'il se réfugiait pour être tranquille lorsque ma mère devenait trop pénible. Il y cultivait les fleurs qu'il plantait ensuite dans tous les massifs du parc. Il aimait ça, être seul, tranquille et s'occuper de la terre. J'ai beaucoup hérité de lui sur ces points.
A sa mort, les jardiniers suivants ont longtemps laissé à l'abandon cette belle serre à l'ancienne. Contrairement à mon père, ils ne se levaient pas à 4 heures du matin pour travailler à la fraîche et oubliaient régulièrement d'arroser les plants qui dépérissaient très vite. Un vrai massacre.
Je suis retourné dans le parc cette semaine et y ai croisé un autre jardinier que je ne connaissais pas. Quelqu'un d'un certain âge qui doit arrondir sa retraite ? Il travaillait à la rocaille, derrière la serre, qui, elle aussi, menaçait ruine.
J'ai été heureux de voir enfin quelqu'un qui prenait son travail à cœur et semblait aimer les fleurs. Nous avons bavardé un petit moment, jusqu'à ce que ma mère s'énerve. Il m'a, lui aussi, parlé de mon père, qu'il n'a pourtant pas connu mais dont, apparemment, il a entendu le plus grand bien.
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