samedi 16 novembre 2013

Le monde évolue

En rangeant (oui, encore) mon bureau, je suis retombé sur un calendrier romain antique que m'avait offert une élève. Et je me rends compte que le 3 novembre était alors consacré aux Hilaria, c'est à dire aux fêtes en l'honneur de Cybèle, qui eut droit  jusqu'à une époque tardive de l'empire romain à un culte orgiastique. D'ailleurs, hilaria en latin veut aussi dire gaieté. Nous, le 2, c'est la fête des Morts ! On entrevoit toute l'étendue du changement.
Enfin, heureusement, nous avons hérité de la journée de la gentillesse ...

De la nostalgie, M'sieurs-Dames (8)

Encore un slow ! Il n'y avait que ça à l'époque en boîte et dans les soirées entre amis. Ça simplifiait l'approche !

Le Chant des sirènes

Un des épisodes les plus connus de l'Odyssée, c'est évidemment celui des Sirènes, ces monstres mi-femmes mi-oiseaux (et non pas poissons comme le Moyen-Age ou un des contes de notre enfance les représentent) qui, par leur musique et leur chant mélodieux, attiraient les matelots sur leurs rochers pour les dévorer ensuite. Ulysse, curieux de les entendre, ordonna à ses marins de se boucher les oreilles avec de la cire et de l'attacher solidement au mât de son bateau avec interdiction de le délier quoi qu'il dise ou fasse.

Mais que chantaient donc les sirènes pour posséder un tel pouvoir sur les humains ? Homère ne le dit pas. Que voulait savoir Ulysse que les autres ne pouvaient entendre qu'au risque de leur vie ? Pour ma part, je ne crois guère à la beauté extrême de leur chant comme explication de cette attirance irrépressible.

D'ailleurs, avant Ulysse, comme le raconte Apollonios de Rhodes dans les Argonautiques, Jason, parti en Colchide pour conquérir la fameuse Toison d'Or, avait demandé à Orphée, le poète mythique, de chanter accompagné de sa lyre afin de détourner ses marins du pouvoir des Sirènes, ce qu'il parvint à faire sauf pour l'un d'entre eux, Boutès, qui se jeta à l'eau pour les rejoindre. Ainsi, ces femmes-oiseaux n'en étaient pas, avec Ulysse, à leur premier échec.

Il fallait plutôt que ce qu'elles psalmodiaient touche l'homme au plus profond de lui-même, non pas à son cœur mais à son âme, ou plutôt à son inconscient, à ce qui, chez chacun, est enfoui et bridé. Ulysse, que, malgré son attachement à Pénélope, l'on peut qualifier d' "homme à femmes" (combien sont-elles dans l'Odyssée : Circé, Calypso, qui le garda sept ans, Nausicaa,... ? ), n'était sans doute pas homme à s'émouvoir aussi facilement devant tant de grâce, même si Homère le dépeint souvent gémissant et pleurant. Mais sur le rivage près de la grotte de Calypso, pourquoi pleure-t-il ? Est-ce de ne pouvoir quitter ces lieux pour rejoindre Ithaque ou de l'absence de désir qu'il éprouve maintenant face à la nymphe ?

Alors quoi ? La part inavouable de chacun d'entre nous, ce qui expliquerait qu'Ulysse, lorsqu'il accepte de l'entendre, prend bien garde à ce que ses compagnons n'en aient pas connaissance en les forçant à se boucher les oreilles. Ce qui expliquerait qu'Homère, pourtant ailleurs si prolixe n'en dise pas un mot pour garder intacte l'image de son héros. Je ne sais pas, mais je crois qu'il y a à fouiller de ce côté-là.

Kafka, en 1917, écrivit un texte revisitant ce mythe des sirènes : Le Silence des sirènes. Chez lui, les femmes-oiseaux décident de se taire à l'arrivée d'Ulysse, mettant tout leur pouvoir dans leur mutisme. Et c'est ce silence que le héros affrontera et vaincra. Il faudra que je me procure, si c'est encore possible, ce texte de Kafka. Il est censé préfigurer les thèses de Lacan sur la voix. Ce qui ne peut que m'intéresser.

vendredi 15 novembre 2013

Il fut un blanc Navire

Un enfant rêve, dans un village du kirghizstan de quelques âmes. Il rêve d'un grand bateau blanc qu'il croit voir apparaître parfois sur le lac et où travaillerait son père, parti depuis longtemps. Il rêve qu'il se transformera un jour en homme-poisson pour rejoindre celui qu'il ne connaît pas. Abandonné par ses deux parents, il est élevé par son grand-père, un brave homme simple et craintif sous le joug de son gendre qui frappe sa femme quand il a bu, et il boit souvent.

Mais les rêves de l'enfant vont tourner aux cauchemars face au monde des adultes et à leur brutalité. Seule le console l'apparition de la Mère à la Belle Ramure, un mâral (sorte de cerf) réincarnation d'un animal mythique d'une histoire que lui raconte souvent son grand-père. Lorsque son oncle tue l'animal, la vie de l'enfant bascule.

Ce livre est un livre merveilleux, écrit dans une langue limpide par Tchinguiz Aïtmatov, fils d'un haut fonctionnaire disparu en 1938 lors des purges staliniennes, conseiller de Mikhaïl Gorbatchev et décédé en 2008. Une découverte pour moi.
(Tchinguiz Aïtmatov, Il fut un blanc Navire. Ed. Phébus. Trad. de Lily Denis.)

jeudi 14 novembre 2013

Pas besoin de lire

Stephen King, lui-même en personne, ce soir à la télévision. Pas besoin de lire : juste à le voir, ça fait peur!

Les pianos Pleyel samson allés



Samson François joue la Polonaise Op.26  de Chopin.

mardi 12 novembre 2013

Qu'est-ce que c'est ?


De quoi s'agit-il ? A vous de le trouver.