lundi 6 septembre 2010

Souvenirs de la guerre récente

Carlos Liscano est un auteur uruguayen qui a connu la dictature militaire dans son pays et passé 13 ans de sa vie en prison où il a commencé à écrire. Son roman Souvenirs de la guerre récente est un clin d'œil littéraire au Désert des Tartares, de Dino Buzzati: un homme jeune est emmené une nuit dans un camp militaire isolé afin de se préparer à une guerre imminente dont personne ne sait rien. Il y passera de très nombreuses années, à ne rien faire ou presque, sans voir un seul ennemi, sans tirer un seul coup de fusil contre un soldat adverse, avant d'être libéré avec ses camarades sans qu'aucune explication ne leur ait été donnée. Au bout d'à peine 10 jours de vie civile, de lui-même il demandera à se faire réintégrer dans l'armée.

Même si l'on voit bien la double intention de l'auteur, à la fois mettre en garde contre l'aliénation de l'être humain par l'enfermement dans un système dictatorial, et, paradoxalement, décrire la découverte profonde de soi-même au sein de cette vie carcérale, je trouve personnellement ce texte un peu dégarni et frisant souvent l'ennui. Il faut aussi que j'avoue que Le Désert des Tartares ne m'avait pas non plus franchement convaincu. J'aime les livres lents et pleins de solitude pourtant. Sans doute est-ce le contexte militaire de cette solitude qui m'a gêné chez Buzzati et me gêne encore ici, même si cette explication me semble, elle aussi, un peu mince.

L'avant-propos, de l'auteur lui-même, Échapper au silence, est cependant un texte magnifique qui, à lui seul, vaut de s'intéresser à ce livre.

On écrit pour être. On se regarde être à travers l'écriture et on se reconnaît dans celui qui écrit. Écrire, c'est faire semblant d'être un autre. On s'observe et on se rend compte qu'on fait semblant. On commence alors à se reconnaître non pas en celui qu'on est, mais en celui qu'on fait semblant d'être. Mais celui qui est sur le papier n'existe pas. Ou bien celui qui n'existe pas serait-il l'Autre, le vrai? Quand on arrive à cette question, toutes les possibilités sont ouvertes. Plus jamais on ne saura avec certitude qui est qui.
(Ed. Belfond. Trad. de Jean-Marie Saint-Lu.)

dimanche 5 septembre 2010

Momentini

- L'embêtant, quand on a peu de temps à passer devant son ordinateur, comme moi ce soir, c'est de se dire que l'on ne va pas pouvoir tout faire. Alors que sacrifier? L'écriture? La réponse aux commentaires? La lecture des autres? Choix cruel qu'il faut pourtant bien faire, et rapidement si je veux avoir les yeux en face des trous demain matin: je vois les sixièmes pour la première fois de l'année et les sixièmes, pour moi, c'est sacré! Alors, si vous me lisez, c'est que j'ai déjà fait mon choix, hein! La mort dans l'âme, rassurez-vous. Le reste demain: je trouverai bien un moment. Moi, je ne suis pas comme Dame K qui ne sais pas où caser son coiffeur. Je me fais quasiment rasé: avec mon emploi du temps, je ne peux pas me permettre d'y aller trop souvent!!!! Mais ce n'est pas pour autant que je conseille à K. de se raser, comprenez-moi bien!

- Entendu ces jours-ci dans la rue, des conversations qui atteignent des sommets. Des exemples?
1°) une jeune fille toute piercinguée (non, pas persillée, ça c'est autre chose!): -"Moi, je ne lui adresserai plus jamais la parole: il m'a trop parlé avec la bouche!"
Pas compris.
2°) deux flâneurs, aux puces, la soixantaine bien installée, devant je ne sais quoi à acheter: "Il faut se méfier, chéri, on ne sait pas s'il sont vieux d'origine." J'en connais, moi, si!

- Aux puces ce matin, sans mes compères. J'ai pu traîner davantage où je le voulais mais sans la joie d'échanger. Et rigoler de la tête de certains sans partager, c'est déjà nettement moins drôle.

- Vu ce soir un film totalement déjanté qui m'a beaucoup plu: Snatch, tu braques ou tu raques, du britannique Guy Ritchie (2000) avec, entre autres, Brad Pitt en manouche boxeur aux mains nues, et Benicio Del Toro dans un rôle de truand à quatre doigts. L'histoire loufoque des tribulations d'un bijou, de Anvers jusqu'à New-York, que se disputent un russe sanguinaire ancien agent du KGB, un Turc pas très futé tombé dans les mailles d'un organisateur de combats de boxe truqués, un faux juif et vrai escroc et trois noirs (et leur chien) aussi sombres que bêtes (et drôles) que les autres veulent saigner "à blanc". Ça va très vite, c'est plein de trouvailles de mise en scène et de cadrage, c'est très drôle et ça ne se prend guère au sérieux tout en étant d'excellente qualité. Que demander de mieux à la télévision un dimanche soir?

- J'ai appris par d'autres blogueurs la fermeture prochaine de la Librairie des Terreaux, près de la place du même nom. Après la disparition de la Proue et celle des Nouveautés, le paysage culturel lyonnais est en train de se désertifier. Je n'ai jamais été un client fidèle de cette librairie (contrairement à celle de la Proue) mais je ne passais jamais devant sa devanture sans jeter un œil attentif à ce qui s'y trouvait car ces livres-là, en général sur Lyon et sa grande région, on ne les voyait nulle part ailleurs. Et puis cette impression de grenier de son enfance...

samedi 4 septembre 2010

Un soir

Plus en demi-teinte, le soir, comme il se doit sans doute. Mes deux compagnons de jeux habituels sont partis en vacances sans moi, l'un parce qu'il est en retraite, l'autre parce qu'il peut les poser quand bon lui semble. Ce sera sans doute un de mes grands plaisirs lorsque j'arrêterai de travailler de ne plus être obligé de prendre toujours les vacances scolaires!

J'ai voulu, cet après-midi, faire ma promenade habituelle jusqu'à la presqu'île. Gambetta, que j'aime pourtant plus que toute autre artère de la ville, m'a paru bruyant et encombré. Les lyonnais sont rentrés, la ville redevient invivable. A l'angle de la place Le Viste, une fanfare d'étudiants jouait des airs entraînants qui m'ont à peine arrêté. Pas mis les pieds sur la place Bellecour. Rien acheté en librairie: rien ne m'attirait suffisamment. Le pont de la Guillotière et les berges étaient aussi remplis de ces gens qui croient prolonger l'été en mettant en valeur leur bronzage agressif. Que de tongs, que de shorts blancs, que de maillots moulants! Même pas l'ombre d'une émotion devant ces pectoraux qui ne se cachent que pour mieux se montrer.

Auparavant, j'avais pris la voiture pour aller dans le 8° photographier un endroit que j'aime. Je me promettais de le faire depuis longtemps: le pont métallique du chemin de fer et l'architecture industrielle y sont particulièrement intéressants. Arrivé sur place, je me suis rendu compte que la lumière était trop forte et excluait toute nuance sur les clichés. Déception à la hauteur de mon attente.

Alors, ce soir, pour rire, j'ai écouter Mado la Niçoise dans son précédent spectacle retransmis à la télévision. Et j'ai ri. Surpris? Pourquoi?

Un matin

Se réveiller le matin et deviner que le soleil est là, derrière les volets de la porte-fenêtre. Petites traces lumineuses sur le parquet là où le bois du volet est un peu abimé. Se dire que l'on a le temps, que rien ne presse et ne pas résister à l'envie de prendre son petit déjeuner sur la table de la cuisine nouvellement restaurée et vernie, une vieille table de couvent, face à la lumière, face au matin. Caresser une dernière fois de ses jambes le drap tiède des rêves de la nuit et mettre le pied à terre, faire le premier pas du jour.

Dans la cuisine, ouvrir les volets et laisser la lumière entrer à flots, éblouissante aux yeux encore trop imprégnés de la pénombre. Les géraniums rouges sont beaux cette année et la bougainvillée est en pleine floraison. Profusion de verdure: la glycine s'affermit de saison en saison et une vigne vierge joue les passagers clandestins dans le grand bac à réservoir d'eau.

Déjà la cafetière glougloute et l'arôme du café frais se répand dans la pièce. Sortir la confiture de mirabelles et quelques madeleines coques, le jus d'orange aussi, que bientôt on pourra presser soi-même. S'asseoir sur une des chaises qui auraient besoin d'être rempaillées et qui grincent toutes un peu comme si elles protestaient d'avoir encore à être utiles. Redécouvrir, comme si c'était le premier jour, le bouquet d'iris blancs, la faïence arlequin, les poteries de grès perchées sur un placard puis relever le menton, fermer les yeux et se dire qu'on est bien. Matin.

vendredi 3 septembre 2010

Normal, quoi !

- Bon alors, Monsieur, ceux qui ne font pas allemand n'ont pas de livre d'allemand?
Silence général interloqué. Le premier jour, j'évite le missile assassin, la parole qui tue, le mot dont on ne se relève plus. Il est futé, ce petit! Je sens qu'on ira loin!

A part ça, rien de marquant. Une rentrée plutôt calme avec les cinquièmes. Dans ma classe, 14 garçons, 9 filles. Au collège, on a toujours eu plus de mâles. Paysage harmonieux: je parle des tailles (pas de grand fifrelet ni de puce dont les pieds ne touchent pas par terre une fois assis sur la chaise) et des âges (ni arriéré ni trop précoce), pas des visages car l'arrivée de l'adolescence commence à faire des ravages sur leur peau post-enfantine. Deux heures avec eux ce matin:
- à récupérer les circulaires remplies par leurs parents pendant les vacances: "M'sieur, j'ai oublié la fiche sanitaire. Je vous l'apporte demain?" (Bonne idée, justement ce samedi, je ne savais pas quoi faire.). "Ah!Mais c'était aujourd'hui qu'il fallait les rendre?" "Ma maman les a envoyées par la poste." "On les a perdu sur la plage. Je peux en avoir d'autres?".
- à distribuer les livres (voir point d'orgue plus haut, en début de billet). Cette année, une chance inouïe: il n'en manquait aucun.
- à vérifier l'orthographe des noms, des prénoms, les options: "Moi, vous avez dit que j'étais en bilingue. En fait, je fais anglais et allemand..." (Regard noir)
- à expliquer le fonctionnement du nouveau cahier de liaison, à donner les premières indications topographiques nécessaires aux nouveaux élèves, à répondre à quelques questions dont les réponses ont déjà été données trois secondes auparavant.
- à commenter l'emploi du temps. Tiens, aucune réaction négative. Il faut dire que celui de cette classe n'est pas mal du tout (oui, oui, le mien aussi, Stéphane!).
- à répéter pour la quatrième fois qu'il est inutile de se lever pendant les cours pour jeter des papiers à la poubelle: cela peut attendre la fin de l'heure. Et à la fin de l'heure, quand ils sont tous partis, se rendre compte que la plupart les ont laissés sur les tables.
- à...., à....., à....
Une rentrée normale, quoi.

jeudi 2 septembre 2010

Rébellion

Dans le film que j'ai vu ce soir à la télévision, Les Fautes d'orthographe de Jean-Jacques Zilbermann, film certes un peu trop manichéen , aux bons sentiments parfois un peu trop évidents, il y a un épisode qui m'en a rappelé un semblable que j'ai vécu à peu près à la même époque (5 ou 6 ans auparavant), puisque l'action est censée se passer au début des années 70.

Les enfants de cet internat privé, trop malmenés par la tyrannie d'un directeur abusif, finissent par se révolter et jeter leur nourriture sur le sol de la salle à manger.

J'étais demi-pensionnaire au lycée Claude Fauriel, à Saint-Étienne. Cet établissement avait alors (et peut-être l'a-t-il toujours) la réputation d'être un excellent lycée. Mais les bons résultats et la qualité de l'enseignement allait de paire avec une discipline très stricte, d'autant que lorsque j'entrai en sixième, la "révolution" de 68 n'était pas encore passée par là. Ainsi était-il interdit, alors que c'était la grande mode à cette époque, de porter un badge, même le plus anodin, sur le revers de la veste que nous étions obligés de garder si la venue du proviseur ou du censeur était annoncée comme imminente. Ces messieurs venaient nous rendre personnellement nos bulletins trimestriels en n'hésitant pas, si le cas le nécessitait, à faire des commentaires parfois plus que dépréciatifs.

Il était également interdit de venir en classe en vêtements de sport, ce que je comprends aujourd'hui, vue la puanteur que dégagent les adolescents restés trop longtemps dans ces tissus synthétiques. On ne pouvait pas non plus se permettre de répondre aux professeurs sans lever la main, de contester un résultat ou une appréciation, de mâcher du chewing-gum bien sûr, de jouer dans la cour qui n'était pas la nôtre (il y en avait trois, selon l'âge). La punition, s'il s'agissait d'un domaine autre que purement scolaire, se matérialisait par des "mauvais points". Lorsqu'ils tombaient, ces mauvais points, cela pouvait être à l'unité, pour une faute légère, par exemple avoir, après le repas, laissé tomber sa serviette en papier en dehors de la gosse poubelle qui les recueillait à la sortie de la cantine. Par deux, trois ou quatre pour des fautes plus graves et maniaquement échelonnées.

Nous, les demi-pensionnaires, étions en général les mal aimés. Les externes n'avaient pas grand chose à craindre puisqu'ils rentraient chez eux à midi et n'assistaient pas à l'étude du soir. Les internes étaient, bien sûr, toujours dans les murs, mais bénéficiaient souvent de la bienveillance des surveillants, ces pions qui, pour la plupart, assuraient aussi à tour de rôle le service de nuit. Alors, c'est nous les demi-pensionnaires, qui trinquions.

Nous avions notre cour à part à midi et interdiction de mettre un pied dans celle des internes qui, d'ailleurs, constituait une caste à part peu désireuse de s'ouvrir aux autres. Nous avions aussi notre salle à manger à nous, plusieurs salles même, où l'on nous rangeaient par tables de huit. Ceux qui se trouvaient le plus près de l'allée centrale où circulaient les chariots de nourriture avaient de grandes chances de manger beaucoup plus copieusement que ceux du fond de la tablée qui devaient se contenter des restes.

Bien sûr, il y avait déjà les blagues traditionnelles de potaches qui ont encore cours aujourd'hui: vider le pot à eau ou une louche de purée dans la poche du voisin de derrière, cracher discrètement dans le plat après s'être servi soi même, se battre à coup de fromages en parts à tartiner. On ne nous imposait pas le silence complet mais il fallait se tenir, sinon la sanction tombait au moindre brouhaha. Les gens qui nous servaient ne nous regardaient pas plus que les paysans ne regardent leurs vaches quand ils leur versent dans la mangeoire leur part de foin ou de granulés. Les sourires n'étaient pas de mise. Je n'ai jamais compris pourquoi.. Peut-être avaient-ils peur de nous, tous ces adultes censés nous éduquer.

La nourriture, généralement, n'était pas bonne, en particulier ce que l'on nous servait comme étant de la viande et qui, une fois dans l'assiette, se révélait immangeable parce que froide, trop dure ou trop nerveuse. Je me souviens que c'est dans ces années-là que j'ai appris à aimer le vol-au-vent, même si celui de cette cantine avait, le plus souvent, la consistance d'une purée molle et grasse. Au moins pouvions-nous l'avaler sans risque le bris d'une dent ou l'étranglement.

Un jour que le plat de viande servie était particulièrement répugnant, viande aux reflets déjà irisés, jus figé avant d'avoir atteint l'assiette, il se produisit quelque chose que même les plus contestataires, ceux qui n'avaient pas peur d'être convoqués dans les bureaux du surveillant général, du censeur ou du proviseur (selon le nombre de "mauvais points" accumulés, l'exclusion était prononcée au 16°), n'auraient pas rêvé possible: au fur et à mesure que le chariot qui les servait avançait dans l'allée centrale, les plats tombaient au sol, dans un bruit métallique de plus en plus assourdissant, éclaboussant le carrelage de toute la graisse figée, rendant définitivement immangeable cette pitance ignoble.

Les pions présents, un à chaque bout de la salle, tentèrent vainement de ramener un semblant de calme: rien n'y fit. Car, doublant le vacarme de la vaisselle métallique qui tombait, s'élevait peu à peu un grondement d'abord sourd puis à pleine voix, sorti de ces gosiers trop longtemps contraints au silence. Les surveillants des autres pièces accoururent pour prêter main forte à leurs collègues. Peine perdue. Non seulement la rébellion ne cessait pas mais elle s'étendait même aux salles voisines, laissées sans surveillance par ceux qui avaient rejoint la nôtre.

Je ne sais plus exactement comment finit cet épisode. Je me souviens cependant avec certitude que, paradoxalement, personne ne fut puni cette fois-ci et que la qualité des produits servis dans les jours suivants s'améliora un peu.

Ce soir, dans le film de Zilbermann, il y avait le même incident, dans un décor à peu de choses près semblable. Je pense que les élèves actuels, s'ils voient cette scène, la considéreront comme dignes d'être croquée dans une bande dessinée. C'est qu'ils n'ont jamais connu et ne connaîtront jamais le poids de ces institutions répressives, le sadisme de certains personnels, enseignants ou non, qui trouvaient là tout loisir de satisfaire leur perversité et les brimades auxquelles nous étions assujettis. Pourtant, c'est dans un de ces lieux sévères que j'ai tout appris, que j'ai connu ma future vocation et que j'ai connu mes plus grandes joies intellectuelles. Alors?

mercredi 1 septembre 2010

Moins un

Déjà un de fait. Et pas des plus faciles! Mais cette année, grand calme, grande harmonie. Bon petit déjeuner offert par la maison pour commencer, puis discours réduits par rapport aux années précédentes et pas toujours inintéressants, de nouveaux jeunes collègues sans grand relief pour moi pour l'instant (ce que je veux dire par là, c'est que je ne me suis mis à baver bêtement devant aucun, pour l'instant!).

Cet après-midi, travail qui avançait rapidement grâce à tout ce que nous avions déjà mis en place à la fin juin. Les échanges se font, les collègues sont plutôt souriants. D'ailleurs, j'ai rarement vu autant de monde au repas de midi, lui aussi offert par la maison. Ma classe de cinquième où je suis professeur principal se résume à une suite de noms dont je ne connais aucun ou presque. Mon emploi du temps reçu en juillet (merci Stéphane et Gilles) n'a que peu varié dans sa dernière mouture. J'aurai encore pas mal d'après-midi libres cette année (re merci Stéphane).

Demain, repos. Déjà, oui: les cinquièmes ne font leur rentrée que vendredi. Mais je vais tâcher de rester bien sagement devant mon bureau, à peaufiner mes premières séquences de trois semaines. Les cours, les vrais, ne commencent réellement que lundi. Et ce sera parti pour environ 36 semaines. Allez hop! En selle!