Très vite, je vis arriver un être original, du moins dans les rues de Lyon. C'était un homme d'une certain âge, accoutré de façon originale : lui aussi aurait mérité un petit rafraichissement capillaire si je croyais les touffes de cheveux presque roux qui dépassaient de son chapeau que l'on aurait pu dire "rural". C'est ce qui attira d'abord mon attention, puis son parapluie qui avait connu des jours meilleurs. Enfin, comme quoi on ne voit pas toujours d'abord l'essentiel, je remarquai ses vieilles jambes (et ses non moins vieux mollets) qui dépassaient d'une jupe plissée pas tout à fait impeccable pour ce qui était de la propreté.
Tout de suite, je sus (comment ?) que nous allions entrer en contact. J'ai toujours été très bon pour attirer les originaux. Il se dirigea vers moi avec son sourire édenté et m'adressa la parole pour me demander en anglais si je parlais sa langue. Autant je me débrouille très bien en italien, autant l'anglais m'est pas mon fort (ni ma tasse de thé !). Je lui répondis par un geste de la main signifiant pour moi couci-couça. Il sembla comprendre mon geste mais continua tout de même en anglais. Dans la longue phrase qu'il me débita, j'isolai le seul mot que j'avais compris : "station". Il cherchait la gare. "Part-Dieu ? lui demandai-je. C'était bien là qu'il voulait aller. Alors, en français, je lui dit tabac en lui montrant la carotte lumineuse du bar-tabac très proche puis lâchai deux mots en anglais : "next street ", en accompagnant ces mots d'un geste du bras qui signifiait que devait tourner à gauche. "Merci beaucu" me répondit-il en me tendant sa main à serrer. Il avait compris. Je le vis s'éloigner d'une démarche assez sautillante pour un homme de cet âge. C'est à ce moment-là que l'on m'appela de l'intérieur du salon. Mon tout était enfin arrivé !
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