Beau temps et petit air revigorant. Un tour à la Tête d'Or ? J'enfourche un vélo municipal et me voilà parti. Pas pour longtemps : à un carrefour, on m'interpelle : - Heho !
Un visage qui me dit quelque chose mais quoi ?
- Je t'ai reconnu tout de suite ! Un visage comme le tien, on ne l'oublie pas !
Je ne sais pas comment je dois le prendre, et, en même temps, je fouille aux tréfonds de ma mémoire. Qui peut-ce être ? (Enfin, je ne me le dis pas comme ça, mais l'idée y est.) Et lorsqu'elle me dit son prénom, Nouria, lumière ! J'y suis ! Une remplaçante, prof de français, qui, il y a bien dix ans, avait passé quelques mois chez nous. Je l'aimais bien, quoique la trouvant passablement bavarde.
Aujourd'hui, elle n'enseigne plus et gagne sa vie grâce à des cours particuliers. Et surtout, elle est en train de mettre sur pied une association, un groupe d'écriture de poésie. J'ai beau lui dire que la poésie, moi, ce n'est guère ma tasse de thé (Hugo, Baudelaire, Verlaine, Villon, oui, mais après ?), elle veut m'avoir dans son groupe. En plus elle habite vraiment tout près de chez moi. Je cède et lui donne mon téléphone. Dans quelle galère me suis-je embarqué ?
mercredi 7 juin 2017
mardi 6 juin 2017
Charade
Tiens, il y avait bien longtemps !
- Mon premier est l'ancien nom du loup.
- Mon deuxième, je ne vous souhaite pas de l'avoir dans vos vêtements.
- Mon troisième sert à jouer.
- Mon quatrième était un nombre de compagnons.
- Mon cinquième est un arbre bien conditionnel ailleurs.
Mon tout est, en quelque sorte, une histoire sans fin.
- Mon premier est l'ancien nom du loup.
- Mon deuxième, je ne vous souhaite pas de l'avoir dans vos vêtements.
- Mon troisième sert à jouer.
- Mon quatrième était un nombre de compagnons.
- Mon cinquième est un arbre bien conditionnel ailleurs.
Mon tout est, en quelque sorte, une histoire sans fin.
C'est à vous
A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une
phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez
l'agrandir en cliquant dessus.)
lundi 5 juin 2017
La patience du bousier
Je l'ai vu arriver de loin, le petit bousier sur la dune. Plutôt, j'ai d'abord vu la boule qu'il poussait avec la tête, la guidant avec ses pinces pendant qu'un plus petit que lui, la femelle peut-être, l'accompagnait. Une grosse boule, quatre ou cinq fois plus grosse que lui, bien ronde, bien compacte. Un petit monticule de sable, il poussait. Un trou dans le sable, il laissait glisser avant de se repositionner.
J'ai appelé Frédéric. Nous l'avons observé longuement. Dix minutes à peu près pour avancer de trois mètres, et des trous et des bosses. L'autre ne faisait rien, se contentait de l'accompagner. Arrivé presque à la lisière d'une touffe d'herbes sèches, il a commencé à creuser, envoyant le sable voler derrière lui. Plus il s'enfonçait, plus l'effort était rude pour remonter ce sable et l'éloigner suffisamment pour qu'il ne retombe pas. La boule s'est peu à peu enfoncée. Lui est passé dessous, il disparaissait à notre vue puis réapparaissait et remontait, encore et encore, le sable. L'autre s'était installé sur la boule pour aider de son poids à l'enfouissement.
Nous étions fascinés par tant de patience, par tant d'ingéniosité. Je ne sais pas s'il avait conscience de notre présence mais il n'en faisait aucun cas. Pourtant, d'un simple coup de pied, nous aurions pu détruire tout son labeur. Mais, j'en suis sûr, il aurait recommencé. Bientôt, les deux bousiers ont disparu sous la boule. Lorsque nous sommes partis, la boule était devenue invisible, comme si rien ne s'était passé.
J'ai appelé Frédéric. Nous l'avons observé longuement. Dix minutes à peu près pour avancer de trois mètres, et des trous et des bosses. L'autre ne faisait rien, se contentait de l'accompagner. Arrivé presque à la lisière d'une touffe d'herbes sèches, il a commencé à creuser, envoyant le sable voler derrière lui. Plus il s'enfonçait, plus l'effort était rude pour remonter ce sable et l'éloigner suffisamment pour qu'il ne retombe pas. La boule s'est peu à peu enfoncée. Lui est passé dessous, il disparaissait à notre vue puis réapparaissait et remontait, encore et encore, le sable. L'autre s'était installé sur la boule pour aider de son poids à l'enfouissement.
Nous étions fascinés par tant de patience, par tant d'ingéniosité. Je ne sais pas s'il avait conscience de notre présence mais il n'en faisait aucun cas. Pourtant, d'un simple coup de pied, nous aurions pu détruire tout son labeur. Mais, j'en suis sûr, il aurait recommencé. Bientôt, les deux bousiers ont disparu sous la boule. Lorsque nous sommes partis, la boule était devenue invisible, comme si rien ne s'était passé.
samedi 3 juin 2017
Momentini
- Mon séjour à la Grande-Motte et la canicule lyonnaise ont eu raison de quelques-unes de mes plantes, en particulier un chrysanthème et sans doute mon lierre. L’hibiscus, lui, ne vaut guère mieux. Cela m'aurait affecté il y a quelques années. Maintenant, je m'en moque presque.
- Visite cet après-midi à ma vieille voisine hospitalisée dans les monts du Lyonnais. Elle n'a plus que la peau et les os et se laisse apparemment aller à son sort. Je doute qu'elle rentre un jour chez elle.
- Vu la fin des Prodiges hier soir. De bien belles choses aussi bien en danse qu'en chant ou musique instrumentale. Mais je tique toujours un peu devant cette façon de faire des enfants des sortes de chiens savants.
- Pour la première fois l'autre soir, j'ai pu regarder La Dolce Vita en entier. Ce film de Fellini m'avait toujours auparavant profondément ennuyé. Et surprise, cette fois-ci, je suis entré dedans. Vieillir change bien des choses dans les goûts, aussi bien en cinéma que pour les autres arts (musique, en particulier : autrefois je n'aimais ni Wagner ni les lieder). Seuls mes goûts picturaux et architecturaux n'ont pas beaucoup changé jusqu'à présent.
- Visite cet après-midi à ma vieille voisine hospitalisée dans les monts du Lyonnais. Elle n'a plus que la peau et les os et se laisse apparemment aller à son sort. Je doute qu'elle rentre un jour chez elle.
- Vu la fin des Prodiges hier soir. De bien belles choses aussi bien en danse qu'en chant ou musique instrumentale. Mais je tique toujours un peu devant cette façon de faire des enfants des sortes de chiens savants.
- Pour la première fois l'autre soir, j'ai pu regarder La Dolce Vita en entier. Ce film de Fellini m'avait toujours auparavant profondément ennuyé. Et surprise, cette fois-ci, je suis entré dedans. Vieillir change bien des choses dans les goûts, aussi bien en cinéma que pour les autres arts (musique, en particulier : autrefois je n'aimais ni Wagner ni les lieder). Seuls mes goûts picturaux et architecturaux n'ont pas beaucoup changé jusqu'à présent.
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