Le fronton de l'Opéra de Lyon ne présente que huit muses, au lieu des neuf traditionnelles. On y voit bien Calliope, (Poésie épique), Clio (Histoire), Érato (Poésie lyrique et érotique)), Euterpe (Musique), Melpomène (Tragédie et chant), Polymnie (Rhétorique), Terpsichore (Danse), Thalie (Comédie). Elles ont trois mètres de haut, sont en pierre et finalement placées sur leur socle en juillet 1863, au prix de 3750 francs l'une.
Mais d'Uranie (Astronomie), point ! Contrairement a
ce qui a pu être dit, il n’y a jamais eu de neuvième sculpture. La muse de
l’astronomie n’a tout simplement pas été réalisée, à défaut de place sur
le fronton de l’Opéra.
Lyon a cependant accueilli une statue d’Uranie, édifiée antérieurement,
pour orner la colonne géante (plus de 20 mètres de haut) du Méridien (instrument permettant de marquer précisément le midi solaire) construite sur l’ancienne place des Cordeliers. Lors de la révolte des canuts de 1834, elle devient un point important à capturer, les insurgés la tiennent pendant plusieurs jours. Le 9 avril 1849, pour rendre hommage à cette révolte, la colonne est recouverte de
drap noir et des drapeaux tricolores la pavoisent pendant qu’une cérémonie est organisée à ses pieds. Avec les affres du temps, la tête d’Uranie se détache au milieu du XIX° siècle pour se briser sur le sol. Certaines sources relatent que l’incident se serait déroulé ce même 9 avril, alors qu’un drapeau rouge y était attaché. En 1858, la colonne est détruite, tout comme le reste de la statue, qui n’a plus de tête depuis neuf ans.