mercredi 11 mars 2026

Un peu plus loin (6 et fin)

Dernière étape de notre périple : Pont-Salomon (43). Je n'avais jamais traversé ce village, prenant pour voyager le viaduc qui le domine. 

Le nom de la commune ne doit rien au monarque biblique, et encore moins au viaduc qui enjambe la vallée et qui date de la fin du XXe siècle. Louis Mandrin aurait utilisé les lieux dans le cadre de la contrebande de sel[17]. Le commerce de sel est en tout cas lié à une des origines étymologiques du lieu : Pont-Salomon signifierait le pont (lieu de rencontre, de contact, d'échange...) des sauniers.

Le village de Pont-Salomon est mentionné pour la première fois au milieu du XVIe siècle. À cette date, plusieurs moulins existent déjà dans ce lieu, certains d'entre eux étant probablement des « moulins à soie » liés à l'importante activité de tissage de la soie. La genèse de Pont-Salomon est aussi intimement liée à la fabrication des lames de faux (Musée implanté dans une ancienne usine).

L'utilisation des ressources hydrauliques locales ne cesse de se développer par la suite, s'adaptant aux développements industriels successifs. Au XIXe siècle, Pont-Salomon devient un village-usine. Il est conçu selon les principes du fouriérisme par Pierre-Frédéric Dorian et ses successeurs . 

Jules Massenet (1842-1912) : compositeur français, a passé une partie de son enfance à Pont Salomon.




L'église néo-romane Notre-Dame (fermée) a été érigée entre 1867 et 1870.

mardi 10 mars 2026

Bribri-la-Barrette

Je viens d'apprendre le décès de l'une de mes anciennes collègues, Brigitte, célibataire, professeur de musique au collège. Une femme très pieuse (à l'ancienne) et toujours bien mise. Elle portait toujours une jupe plissée et avait toujours une barrette dans les cheveux, ce qui fit que l'un de mes élèves, à l'humour et résonnance avec le mien, l'avait surnommée Bribri-la-Barette, ce que, bien sûr elle ne sut jamais.

Je l'appréciais moyennement : pour moi, sa façon d'être montrait une foi un peu trop traditionnelle et étriquée. Mais elle était très active au collège et organisait souvent des concerts, donnés sait par des musiciens extérieurs soit par les élèves eux-mêmes en fin d'année. 

Elle s'était plainte un jour que ses élèves étaient un peu trop bougeants dans ses cours. "Pourtant, avait-elle ajouté, je leur apprends une très belle chanson : Colchiques dans les prés !". Nous avions essayé de lui expliquer que, peut-être, elle pourrait trouver une chanson plus "récente", rien n'y fit : elle tenait à ses colchiques.

Mais le souvenir le plus drôle que je garde d'elle, c'est lors d'un concert de fin d'année donné par les élèves : elle fit d'abord chanté les filles. Puis vint le tour des garçons, quelle annonça ainsi : "Et maintenant, les petits garçons vont vous dévoiler leur bel organe !". Ce jour-là, j'ai cru m'étouffer de rire difficilement contenu au fond de la salle. 

Reposez en paix, Brigitte !

Un peu plus loin (5)

Toujours sur la commune d'Aurec-sur-Loire, la chapelle N-D de la Faye.

La légende dit qu’un petit berger sculpta une statue de la Vierge et qu’un jour on le retrouva mort auprès de sa Notre-Dame. Elle dit aussi qu’un enfant mort-né retrouva la vie devant cette statue. Elle dit enfin que les habitants d’Aurec bâtirent la chapelle après une épidémie de peste arrêtée par la Vierge. La légende dit enfin que lorsque l’on vint, de nuit pour emporter la statue, les bœufs qui tiraient la charrette où l’on avait mis l’image sculptée par le petit berger, refusèrent de bouger. Même poussée par plusieurs hommes, la charrette ne put être remuée. La Vierge ne voulait pas quitter sa clairière.

L’histoire prend le relais pour nous dire qu’en 1870 les femmes du village d’Ouillas, tout proche, vinrent prier ici pour leurs époux ou leurs frères partis à la guerre. La Vierge de la Faye devint la protectrice des soldats, des prisonniers. En 1914, 3000 pèlerins firent le vœux de revenir chaque année après le rétablissement de la paix. Chaque année, le dernier dimanche d’août ce vœu est respecté.









lundi 9 mars 2026

Un peu plus loin (4)

Toujours à Aurec-sur-Loire, les nombreuses fresques qui décorent les murs :









Et quelques autres vus du bourg : 









Dans la boutique de la dernière photo, nous avons bu un coup. C'est un café-librairie de livres d'occasion, tenue ce jour-là par deux vielles dames charmantes avec qui nous avons taillé une bonne bavette.

dimanche 8 mars 2026

Un peu plus loin (3)

Toujours à Aurec-sur-Loire, l'église Saint-Pierre :

Datant du XIIe siècle, l'église a subi plusieurs remaniements aux XVe et XVIIIe siècles, notamment la reconstruction de la façade en 1707. L'église abrite un autel en bois sculpté, œuvre de Vanneau. Elle est ornée d'une piéta du début du XVIe siècle, de fresques du XIIIe et de vitraux inspirés de la Genèse de Watkin. Fonts baptismaux de 1722 et statues des XIVe et XVIIIe siècles.


Saint Pierre









samedi 7 mars 2026

Un peu plus loin (2)

Ensuite, nous nous dirigeons vers le deuxième site programmé au départ : Aurec-sur-Loire, passant ainsi la frontière entre Loire et Haute-Loire. 

Le nom de cette ville vient d’une formation toponymique gallo-romaine en -(i)acum, suffixe de localisation et de propriété d'origine gauloise et qui explique la plupart des formations toponymiques terminées par -(i)ac dans le sud de la France Cependant dans deux secteurs en France -(i)acum a subi une évolution particulière en -(i)ec, -(i)ecq, il s'agit dans le cas d’Aurec de l'ancienne limite entre la langue d’oc et le franco-provençal. Le premier élément Aur- représente sans doute un nom de personne latin Aurius, bien représenté dans le sud de la France. Le déterminant complémentaire -sur-Loire apparaît vers le XIVe siècle ( Auriacum supra Litgerim en 1405).

Selon certains érudits locaux, les rédacteurs des cartulaires du haut Moyen Âge ne savent pas où mettre Aurec. Tantôt il est vellave, tantôt lyonnais, tantôt forézien. 

Malgré ses murailles, la ville a connu plusieurs fois les envahisseurs. D'abord aux moments de la guerre de Cent Ans. Vers 1420, c'est Héracle II de Rochebaron, partisan des Bourguignons, qui prend et pille Aurec. Dix ans plus tard, c'est un capitaine de routiers appartenant à la troupe de Rodrigue de Villandrando, aventurier espagnol au service du roi, qui se rend maître de la cité et va même jusqu'à attacher son cheval, dans l'église, à la statue de Saint Pierre (aujourd'hui disparue). Ensuite, au moment des guerres de Religion, le terrible Baron des Adrets, après avoir pris Saint-Bonnet-le-Château, enlève Aurec.


Le château du moine sacristain abrite un musée rural qui présente la vie telle qu'elle était au XIXe siècle.


Le château d'Aurec (XIe, XVe et XVIe siècles), ancienne propriété de la famille Fustier, est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 31 décembre 1996[46]. Son parc, aujourd'hui jardin public, compte des arbres centenaires (cèdres et séquoias géants). Ses locaux abritent également la bibliothèque municipale.










Comme toutes les œuvres du parc du château, la biche et son faon de matériaux de récupération. 



vendredi 6 mars 2026

Rosy § John

Pour se reposer les yeux, ce roman très court de Pierre Lemaitre, Un polar où apparaît toujours Camille Verhoeven. Une bombe (en fait c'est un obus de la première guerre) explose dans Paris sans faire de victimes. Le "terroriste", John, à la grande surprise du commissaire, se livre à la police mais réclame une forte somme pour lui permettre de fuir en Australie avec sa mère, Rosy, pour l'instant emprisonnée. En dire plus serait dommage pour l'intérêt de l'histoire. Mais il précise que s'il n'obtient pas gain de cause, d'autres obus exploseront à brève échéance, obus qui, ceux-là, seront plus meurtriers. 

Un très bon moment de lecture que ce roman qui se termine ... en apothéose !