
Pendant une heure et quart, j'ai oublié que j'étais debout. Le spectacle était tout autour de la place Lazare Goujon, devant le TNP. Simples projections lumineuses sur les immeubles, puis dessins, ombres chinoises, images animées, et des voix qui disent un texte, qui chantent, qui crient, et de la musique d'aujourd'hui, percussions et électronique, rappelant étrangement la musique antique. Des personnages aussi, plutôt équilibristes et grimpeurs, des décors mouvants, des podiums inspirés pour les récitants.

Le visage d'un vieil homme apparaît pour commenter, parfois: c'est celui de Pietro Cittati, sans doute lors d'une interview donnée pour la sortie en 2004 chez Gallimard de son livre La Pensée chatoyante, Ulysse et l'Odyssée. Magnifique analyse, au-delà de tout cliché. La pensée, en particulier, que la poésie tue, à propos du chant des Sirènes, ces femmes à corps d'oiseaux carnivores étant filles de Mnémosine et donc soeurs des Muses. Ce sont en quelque sorte les muses noires.

Bravo Villeurbanne. Voir autant de spectacles de qualité en si peu de temps et dans un espace si restreint relève de la gageure. Pari relevé et tenu par la grande voisine de Lyon. Je crois qu'aujourd'hui je me suis créé une habitude annuelle.

Décidément, lorsque je parle à mes élèves de texte fondateur à propos du long poème d'Homère, je n'emploie pas de vains mots.

2 commentaires:
Que de souvenirs sur ces photos...Mes dix premières années étaient très proches de là...
Elles sont malheureusement un peu floues: je n'ai pas un appareil très performant la nuit.
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