mardi 3 novembre 2026
Je me souviens (3)
- Je me souviens de la vieille ferme de ,famille (elle était la propriété des mines qui, des années plus tard, décidèrent de la démolir. Elle avait abrité plusieurs générations. On la considérait un peu comme nôtre. Avant qu'elle ne le soit, j'y étais allé un jour, en cachette de tous et avais cassé à l'intérieur tout ce que j'avais pu. Les larmes me brouillaient la vue mais je tapais le plus fort possible, de rage et avec un grand respect : je ne voulais pas que ce soit des étrangers qui le fassent.
- Je me souviens que, par une cour en pente, on accédait à l'écurie, en sous-sol. Nous y eûmes des vaches, des chèvres, des moutons et des cochons. C'est là que nous mettions la laine une fois les moutons tondus. Après avoir été cardée, elle servait à rembourrer nos matelas et nos oreillers. J'ai encore aujourd'hui deux de ces oreillers. C'est là aussi qu'une nuit, une truie mit bas quatorze petits porcelets dont seulement quatre survécurent. On pouvait accéder à cette écurie par un escalier donnant dans la chambre de mes parents.
- Je me souviens de la mare, la boutasse, dans le creux du pré d'en bas, où j'allais essayer de surprendre les grenouilles. Elles sautaient quand j'arrivais mais, si je restais un moment immobile, je revoyais pointer leurs têtes à la surface. Les têtards, eux, étaient plus faciles à capturer : il suffisait d'un seau assez grand. Je les observais un moment avant de les relâcher. Je n'ai jamais de ma vie tuer volontairement quelque animal que ce soit. A côté, il y avait le puits où nous allions chercher l'eau jusqu'à ce que mon père, plus tard installe l'eau "courante";
Je me souviens du rez-de-chaussée, un peu en contrebas de la route, avec la grande cuisine, la salle-à-manger dont nous ne nous servions que rarement, pour les grandes occasions, ma communion par exemple, avec le seul tableau de la maison, une nature morte représentant des fruits (où est-il passé ,) la chambre de mes parents où couchaient aussi mes deux sœurs et où il était interdit d'entrer en leur absence, et notre chambre, à mon frère et à moi, que nous désertions en hiver tant elle était froide (nous étions alors installés à la "salle" (la salle à manger)Quand nous fûmes plus grands, nous eûmes droit à une petite pièce à côté des greniers.
- Je me souviens de la grange, dans la cour, où mon père, qui l'avait transporté à dos d'homme, tant la pente du pré était raide, nous faisait tasser le foin, prétexte à jeux et grande rigolade avec mon frère. Sous cette grange, il y avait une sorte de petit conduit où disparaissait régulièrement une cane avant, quelques temps plus tard, de réapparaître, suivie avec sa couvée, bien alignée derrière elle. Sitôt sortie, elle prenait la direction de ma mare. Moi qui ne savais pas nager, j'étais ébahi devant la facilité avec la quelle les canetons s'y jetaient et barbotaient joyeusement.
- Je me souviens des clapiers dans la cour où les lapines confectionnaient de leurs poils un lit douillet pour leurs lapereaux. Dès que je passais un doigt à travers le grillage de la cage, la lapine devenait agressive et je devais vite enlever mon doigt. Régulièrement mon père tuait un des lapins qu'il n'avait pas pu vendre au marché des Ursules et les dépeçait et l'accrochant à la porte de l'écurie. Je n'ai jamais pu supporter ce spectacle, alors que mon frère s'en régalait et y participait même. Les peaux étaient vendues à un ambulant qui les récoltait : le "patère".
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| (La photo n'est pas de mon époque ....) |
lundi 2 novembre 2026
Je me souviens (2)
- Je me souviens des prés, tous en forte pente où nous faisions de la luge en hiver, où nous installions une couverture pour regarder les coureurs passer en été, où nous ratissions les foins avant de les engranger à dos d'homme. Dans le pré du haut, nous passions des heures avec mon copain Lakdar, à étudier mon atlas pour choisir l'itinéraire de notre futur tour à vélo en Italie (déjà !). Nous n'avions pas intégré que les Alpes nous en séparaient. Nous voulions aussi transformer la ferme en orphelinat ...
- Je me souviens des bois, dont celui de châtaigniers, en face de la ferme, où nous allions faire provision de châtaignes que ma mère entaillait avant de les faire cuire sur la plaque bouillante du fourneau à charbon. Celui aussi du "barrage" où nos pintades, que nous avions oublié de rentrer, s'était réfugiées, la nuit tombée, sur un tronc d'arbre mort au sol. Nous avions mis longtemps avant de les retrouver.
- Je me souviens du terril, dont la pente était moins abrupte de notre côté et que nous escaladions par jeu et sans que les parents le sachent. Un jour, un avion est passé au-dessus de nos têtes. Mon frère avait baissé la tête. Mon père était venu nous chercher en haut : une voisine l'avait prévenu que nous y étions, ce qui nous avait valu une bonne reprise en main.
- Je me souviens de la terreur que j'éprouvais en ramassant des mûres lorsqu'un bruit sortait des broussailles. Mes si je n'en voyais pas la cause, j'imaginais tout de suite que c'était une vipère (il y en avait beaucoup dans le coin, attaquées parfois par nos pintades. Je n'ai jamais aimé les reptiles, quels qu'ils soient. Un jour d'été, nous en avions trouvé une dans le couloir de la ferme.
6 je me souviens du chemin de l'école qui me paraissait bien long (je l'ai refait il y a peu : comme il me paraît court aujourd'hui !). Je marchait juste au bord du trottoir en comptant mes pas. Ca m'occupait l'esprit. Il fallait aussi m'arrêter chaque fois chez ma tante pour l'embrasser (et profiter de ses bugnes quand c'était l'époque. Dans le village, il y avait quatre cafés et trois épiceries. Il n'y a plus rien aujourd'hui alors que la population a considérablement augmenté.
- Je me souviens de la place Marquise où s'arrêtait le car. Pourquoi Marquise ? Et du "château" où nous jouions avec Yvon sous le ,regard vigilant de nos grands- mères qui, à la fraîche, descendaient chacune leur chaise pour papoter. L'endroit aujourd'hui, n'a presque pas changé. Seuls deux jardins ont vous pousser des maisons. Celle de la famille d'Yvon est en ruines. Et tous les noms me sont inconnus. Au bout d'un petit chemin qui longeait les jardins, la cabane en bois où une institutrice m'a appris à lire. Elle avait ses chouchous, dont je faisait partie malgré ma propension à rêver.
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| Le crassier aujourd'hui |
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| Le Puits du Fay, à l'époque |
dimanche 1 novembre 2026
Je me souviens (1)
- Je me souviens de ma joie, la première fois, comme si, enfin, je rentrais chez moi.
- Je me souviens d'un voyage à Cuneo pour retrouver un garçon rencontré à Paris. Il s'appelait Silvio et sa grande amie Ida. J'y étais allé en train.
- Je me souviens des ruines romaines (Sicile ?) à moitié submergées par la mer.
- Je me souviens de la solfatare et des Champs Phlégréens où j'avais campé en écoutant, la nuit, les bulles de lave toutes proches.
- Je me souviens de Voltera et de ses falaises.
- Je me souviens de Perugia où j'avais des nuits plus belles encore que mes jours.
- Je me souviens de la Sardaigne et de la rudesse de ses sites.
- Je me souviens de Syracuse, de l'"oreille de Denys" et des temples au soleil.
Et j'aime me souvenir, si longtemps après ...
samedi 31 octobre 2026
Allez, c'est ma tournée !
| Encore de la brume sur le Pilat |
| L'ancienne tombe des curés |
| Un cimetière tout en pente |
| Le tombeau du Baron de Rochetaillée |
| Le village : autrefois, il n'y avait que quelques maisons autour de l'église |
| La croix autrefois à la croisée des chemins (aujourd'hui routes où les villas s'alignent |



