| Echo et Narcisse, Waterhouse (1903) |
| Narcisse, disciple de De Vinci |
| Le beau Narcisse, Honoré Daumier (1842) |
| Pompéi. |
| Métamorphose de Narcisse, Dali |
| Narcisse, Caravage (1598) |
Narcisse , Benjamin Britten
Apollon cependant l’aime toujours. Sa main posée sur le tronc, il sent encore le cœur palpiter sous l’écorce nouvelle et couvre le bois de ses baisers. Il dit alors :
- Eh bien, puisque tu ne peux pas être mon épouse, du moins tu seras mon arbre. À tout jamais tu orneras, ô laurier, ma chevelure, mes cithares et mes carquois et ton feuillage restera toujours vert.
Le laurier inclina ses branches nouvelles et Apollon vit sa cime remuer comme une tête (...)
Charon est le passeur des Enfers : il a pour fonction de faire traverser l’Achéron (ou le Styx selon certaines légendes) aux âmes de tous ceux qui doivent entrer dans le royaume des morts, ce qui lui vaut d’être souvent désigné par les termes « nautonier » ou « nocher ».
Il partage avec Hermès le qualificatif de « psychopompe », « conducteur des âmes » en grec.
Exécuteur du destin qui régit la vie des humains, Charon n'épargne ni jeunesse, ni beauté, ni vaillance : pour pouvoir monter sur sa barque, chaque défunt doit acquitter son droit de passage, sous forme d’une obole (une pièce de monnaie grecque de faible valeur), d’où la coutume de placer une pièce dans la bouche des morts au moment des funérailles ; faute de quoi, leurs âmes seraient condamnées à errer sans trouver la paix.
Charon n’apparaît ni chez Homère ni chez Hésiode, mais c’est une figure très répandue dès le VIe siècle avant J.-C. aussi bien dans les croyances populaires que dans les arts. On le voit sur de nombreux vases funéraires athéniens la rame en main, le bonnet de marin sur la tête, prêt à recevoir dans son bateau les ombres des morts, qui l’attendent sur la rive du fleuve infernal. La littérature et le théâtre le présentent comme un vieillard barbu et morose, gourmandant les âmes pour les presser à faire la traversée, toujours impitoyable à l’égard de celles qui n’ont pas d’obole pour payer leur passage.
Les Étrusques imaginaient Charon (Charun) comme un démon de la mort, proche d’Orcus, une sorte de bourreau hideux et grimaçant, armé d'un grand marteau pour assommer les mortels récalcitrants. Si son apparence générale reste humaine, il a les oreilles pointues du loup, des ailes, des ongles et un nez crochus, semblables aux serres et au bec d’un oiseau de proie ; sa bouche énorme est ouverte comme la gueule d’un animal dévorant ou rit d’un rire féroce. Charon accompagne Mars sur les champs de bataille, où il assomme et tue les héros destinés à périr de mort violente. Il est aussi la sentinelle qui garde la porte des Enfers ou celle du tombeau, dans les nécropoles étrusques ; parfois le rouleau du destin remplace le maillet entre ses mains.

Il est toujours représenté ainsi pour signifier ses facultés de voir devant et derrière, mais aussi de connaître le passé et le futur. La mythologie raconte que Janus, roi du Latium, a accueilli en son pays le dieu Saturne chassé du ciel par Zeus. Outre l’hospitalité, Janus lui donne les terres du Capitole. Pour le récompenser, le dieu du Temps lui offre ce don, symbolisé par deux visages regardant deux points opposés. Dès lors, Janus devient le dieu des Portes, la manifestation de l’année finissante et de celle débutante. Rien d’étonnant à ce que le mois de janvier soit consacré à Janus.
D'accord avec tout ce qui précède, sauf la dernière phrase ! Janus a bien donné le nom du mois de janvier mais l'année romaine commençait en mars !
Pour les Grecs, le lierre grimpant préservait de l'ivresse et symbolisait la victoire du guerrier. Il était également utilisé contre la migraine (feuilles appliquées sur les tempes après avoir été froissées dans les mains) et contre la cellulite. Mais, il y avait tout un cérémonial à respecter : il était impératif de cueillir les feuilles sur la tête d'une statue, et de les appliquer sur les tempes emprisonnées, froissées dans un morceau de tissu rouge.
Au Moyen-Âge, l'écorce du lierre était utilisée contre la syphilis et contre les dartres. Depuis l'aube des temps, le lierre est le symbole de l'amour-passion qui, chacun le sait depuis Héloïse, Yseult ou Juliette, se termine toujours tragiquement. C'est sans doute pourquoi le lierre est une plante funèbre qui, dans l'Antiquité, était consacrée à Bacchus et à Atys dont Cybèle, fille du Ciel et déesse de la Terre, était tombée follement amoureuse.
En Provence, on jetait autrefois du lierre dans le cercueil des jeunes filles mortes prématurément pour marquer leur virginité dans l'au-delà. Pour les autres, bien vivantes et amoureuses, le lierre grimpant était une plante magique puisqu'il leur suffisait d'en cueillir, sans la regarder, une feuille, de la glisser dans leur corsage et, le soir, sous leur oreiller pour voir en rêve le visage de leur futur époux.
(Tiré du magazine Plantes et santé).
Théophraste considérait la pivoine comme une plante magique, liée au cosmos tout entier. Il préconisait des règles très spécifiques pour sa cueillette, car mal exécutée, celle-ci pouvait conduire à d’atroces souffrances… : « Cette plante doit être arrachée la nuit ; si on l’arrache de jour, et que l’on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux et si on coupe la racine, on risque la procidence de l’anus. ».
En Chine, on raconte que Wu Zetian, unique impératrice de l’histoire de la Chine, se promenait dans ses jardins un soir d’hiver de l’an 691. Étonnée de n’y trouver aucune fleur, elle ordonna à celles-ci de fleurir pendant la nuit. Toutes les fleurs s’exécutèrent excepté la pivoine qui refusa de fleurir hors saison. L’impératrice, humiliée, bannit alors toutes les pivoines de sa ville, Xi’an, et les renvoya à Luoyang, qui devint plus tard la capitale de la fleur.
La pivoine trouve aussi sa place dans l’histoire de France : au Moyen Age, les bracelets de graines de pivoine permettaient d’après la légende de se protéger des mauvais esprits, des maladies et des tempêtes.
A Paestum, au sud de Naples, j'y ai côtoyé des bufflonnes comme sorties d'un autre âge et dont les cornes fortement recourbées valent bien l'esthétique du plus beau chapiteau. Leur lente rumination ne s'intéresse guère aux quelques passionnés d'antiquité qui longent leur enclos. Même l'extrême chaleur ne semble pas les atteindre. Elles ont peut-être vu les hommes qui construisirent ces temples.
A Sélinonte, près de Trapani, je me laissai envahir par ma passion et récoltai, malgré la gêne de Pierre qui faisait le guet, quelques tessons de céramiques qui me semblèrent des trésors.Ses habitants antiques, après la destruction de leur ville de leurs propres mains, oublièrent les cinq temples de l'Acropole et cinq autres alentours. A quelles divinités étaient-ils consacrés, ces temples que l'on se contenta de distinguer par des lettres de l'alphabet ?
Ségeste était la grande rivale de sa voisine Sélinonte. Elle ne possède qu'un seul temple et un théâtre mais dans un site dont j'ai découvert, époustouflé, la beauté. Selon la légende, Laomédon, roi de Troie, pour apaiser les dieux, y exila Aegesta, la fille de Phoinodamas, un noble troyen. En s'unissant à Crimissos, dieu-fleuve local qui avait pris l'apparence d'un chien ou d'un ours, Aegesta donna naissance à Aceste qui fnda Ségeste. Sur le monte Barbaro (celui de Sicile, pas celui de Campanie), il est seul à veiller sur la roche, rêvant depuis des siècles à sa finition qui n'aura jamais lieu.
A Agrigente, dans la vallée des temples, on connait les noms des dix divinités auxquelles ils rendaient hommage : Zeus, Héraclès, Athéna, Déméter, les Dioscures, Héra, Asclépios, la Concorde, Héphaïstos et un Olympieion. Le mieux conservé de ces nombreux temples est celui de la Concorde, dont l'appellation est due à une inscription romaine découverte à proximité. et près duquel se trouve un gigantesque Atlante dont l'original est au musée.
Mais le plus ancré dans ma mémoire est bien celui de Ségeste, qui dort depuis vingt-cinq siècles.
Version napolitaine : Cola Pesce était un jeune homme maudit par sa mère pour passer trop de temps à nager en mer : celle-ci lui souhaita de ne plus jamais remettre les pieds sur terre, suite à quoi Cola Pesce commença à prendre l'apparence d'un poisson et perdit sa peau. Il chercha alors refuge dans la mer, et pour se déplacer, se faisait engloutir par de gros poissons dont il ressortait une fois arrivé en leur taillant le ventre à l'aide d'un couteau.
Versions siciliennes : plus connues que la napolitaine, elles racontent les exploits aquatiques de Colapesce, surnom donné à Niccolò, fils d'un pêcheur. Il avait pris l'habitude de raconter les merveilles sous-marines découvertes lors de ses aventures, dont de riches trésors. Suscitant ires et jalousie, il fut mis au défi par le Roi Frédéric II d'aller récupérer des objets que celui-ci jetterait au fond de l'eau. Après plusieurs succès, dans des épreuves toujours plus en profondeur, Colapesce ne reparut finalement pas.
Celle évoquée dans le roman que je viens de lire (Dans l'utérus du volcan, de Andrea Genovese) raconte que ce fut de son propre chef, afin de
protéger la Sicile : sous l'eau, il venait d'en découvrir les fondations
- trois colonnes - et décida de les soutenir pour éviter que l'île ne
s'engloutisse. Rappelons que l'île est volcanique et a subi de terribles tremblements de terre, dont celui de Messine en 1908.)
| Niccolo Pesce, via Mezzocannone, à Naples (d'autres disent qu'il s'agit d'Orion, le chasseur légendaire) |
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| Le fleuve Alphée à Olympie |
Outre l'Alphée du martyrologe, il en est un autre, beaucoup plus coquin : Alphée, le dieu-fleuve de la mythologie grecque, qui coule en Élide et en Arcadie. Il est le fils d'Océan et de Téthys. Il épousa une certaine Télégone.
A la même "époque", Aréthuse est une des belles et nombreuses filles de Nérée qui devint une suivante du cortège d'Artémis. Tout comme la déesse, elle ne recherchait pas la compagnie des hommes mais elle aimait avec passion la chasse et
la vie libre en forêt.
Un jour, alors qu'elle revenait des forêts du Stymphale, lasse et hors d'haleine d'avoir poursuivi le gibier, elle s'arrêta au bord d'un cours d'eau ombragé par des saules et des peupliers. On ne pouvait rêver meilleur endroit pour se baigner. Aréthuse accrocha ses vêtements à un saule et se glissa dans l'onde fraîche et limpide.
Pendant un moment, elle nagea paresseusement
dans une paix absolue; puis, elle crut sentir un remous dans les profondeurs
de l'onde. Effrayée, elle sauta sur la berge et alors elle entendit une
voix:
« Où fuyez-vous, ma belle ? » Sans un regard en
arrière, elle sortit rapidement de l'eau et courut nue avec une célérité
décuplée par la peur vers le refuge des bois profonds.
Mais elle était poursuivie par quelqu'un de tout aussi rapide.
L'inconnu lui cria d'arrêter sa course ; il lui dit qu'il était le
dieu de la rivière, Alphée qui coule en Élide, et que seul l'amour le portait à
cette poursuite.
Mais elle ne voulait rien entendre ; elle n'avait qu'une pensée, lui échapper. Ce fut une longue course qui la porta vers le mont Cyllène, le Ménale, le froid Érymanthe, et finalement en Élide mais l'issue ne faisait pas de doute ; moins fatigué, Alphée pouvait courir beaucoup plus longtemps qu'elle.
Epuisée,
Aréthuse implora Artémis de la sauver. La déesse
la dissimula derrière un épais nuage mais Alphée continua à la
chercher. Alors la déesse la changea en fontaine. Cela n'arrêta pas
le passionné Alphée qui voulut mêler ses eaux à celle d'Aréthuse.
Elle fendit la terre de telle façon qu'un tunnel
relia par-dessous la mer, la Grèce à la Sicile. Aréthuse
y plongea et émergea dans l'île d'Ortygie. Ce lieu où
jaillit la fontaine devint sacré, et il fut dédié à Artémis.
Mais c'était sans compter sur la ténacité du fils d'Océan et de Téthys. La légende raconte qu'Alphée, reprenant sa forme de fleuve, la suivit dans les entrailles de la terre et c'est pourquoi aujourd'hui encore ses eaux vont se mêler à celles de la fontaine. On raconte aussi que souvent on y voit des fleurs venues de Grèce, et qu'un morceau de bois jeté dans l'Alphée, en Elide, réapparaît dans la source d'Aréthuse, en Sicile.
Dans une légende plus ancienne c'est Artémis qui fut recherchée par Alphée et qui pour lui échapper, s'enduisit le visage de boue. Ses compagnes en firent autant et ainsi Alphée ne put-il pas la découvrir et s'enfuit sous leurs moqueries.
J'ai vu l'Alphée, à Olympie, j'ai vu la fontaine Aréthuse à Syracuse en Sicile. Mais dans cette dernière, point de fleurs ni même de morceau de bois : juste quelques canettes de bière ou de coca jetées là par des "mécréants" ! Quant à la fougue d'Alphée, elle semble s'être bien atténuée !
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| La fontaine Aréthuse, sur l'île d'Ortygie, à Syracuse |
Quiconque aura premier la main embesognée
A te couper, forêt, d'une dure cognée,
Qu'il puisse s'enferrer de son propre bâton,
Et sente en l'estomac la faim d'Erisichton,
Qui coupa de Cerés le Chêne vénerable
Et qui gourmand de tout, de tout insatiable,
Les bœufs et les moutons de sa mère égorgea,
Puis pressé de la faim, soi-même se mangea :
Ainsi puisse engloutir ses rentes et sa terre,
Et se dévore après par les dents de la guerre.
(Pierre Ronsard, Contre les bûcherons de la forêt de Gastine)
Dans la version de la légende rapportée par Ovide, Érysichthon, abat lui-même un chêne sacré (que ses hommes ne veulent pas abattre) en criant : "Peu importe que cet arbre soit sacré, sa couronne de feuille touchera terre". Un homme tente de l’en empêcher, il lui coupe la tête. Déméter fait appel à l'incarnation de la Faim, se trouvant dans le Caucase glacé, dans un champ de pierres, qui condamne Érysichthon à une faim perpétuelle. Alors Érysichthon commence à avoir faim et mange, mange, mange... En quelques jours il a mangé autant de provisions qu'une ville entière. Très vite, toutes ses possessions partent en achat de nourriture et il ne lui reste que sa fille à vendre comme esclave. Tourmenté par la faim, Érysichthon finit par se dévorer lui-même.
| Herbert James Draper, Tate Britain (Londres) (1898) |
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| Jörg Breu, Gravure du Livre d'emblèmes dAndrea Alciato |
| Merry-Joseph Blondel Musée du Louvre (Paris) (1819) |
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| Dessin d'élève de cinquième (2010) |
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| Bernard Picart (Collection privée) (1731) |
| Marten Ryckaert, Musée Wallraf Richartz (Cologne) (entre 1620 et 1630) |
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| Jacob Grimmer (Collection privée) |
| Henri Matisse (1947) |
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| Henri Matisse (1943) |
| Pippo Giulio, Musée du Louvre (Paris) |
| Odilon Redon (1876) |
| Honoré-Victorin Daumier, Musée Carnavalet (Paris) (1842) |
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| Pier Paul Rubens, Musée royaux des beaux-Arts (Bruxelles) (1636) |
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| Jacob Peter Gowy, Musée du Prado, (Madrid)-1636-1637) |
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| Pablo Picasso, Maison de l'Unesco (Paris) (1958) |
| Pieter Bruegel, Musér royaux des Baux-Arts (Bruxelles) (1558) |
| Marc Chagall, Centre Pompidou (Paris) (1975) |
