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mercredi 29 octobre 2025

Aujourd'hui, c'est la saint Narcisse ....

Echo et Narcisse, Waterhouse (1903)

Narcisse, disciple de De Vinci

Le beau Narcisse, Honoré Daumier (1842)
Pompéi.

 

Métamorphose de Narcisse, Dali

Narcisse, Caravage (1598)


Narcisse , Benjamin Britten

Echo et Narcisse, Gluck

Si vous ne saviez pas ....



lundi 25 novembre 2024

Daphné

(...)A peine achevait-elle sa prière que Daphné sent ses membres s’engourdir ; une fine écorce enveloppe sa poitrine délicate ; ses cheveux se changent en feuillage, ses bras s’allongent en rameaux ; ses pieds, tout à l’heure si rapides, prennent racine et s’attachent à la terre ; la cime d’un arbre couronne sa tête ; il ne reste plus d’elle-même que l’éclat de sa beauté passée. 

Apollon cependant l’aime toujours. Sa main posée sur le tronc, il sent encore le cœur palpiter sous l’écorce nouvelle et couvre le bois de ses baisers. Il dit alors : 

- Eh bien, puisque tu ne peux pas être mon épouse, du moins tu seras mon arbre. À tout jamais tu orneras, ô laurier, ma chevelure, mes cithares et mes carquois et ton feuillage restera toujours vert. 

 Le laurier inclina ses branches nouvelles et Apollon vit sa cime remuer comme une tête (...)

mercredi 2 août 2023

Le Passeur

Charon est le passeur des Enfers : il a pour fonction de faire traverser l’Achéron (ou le Styx selon certaines légendes) aux âmes de tous ceux qui doivent entrer dans le royaume des morts, ce qui lui vaut d’être souvent désigné par les termes « nautonier » ou « nocher ».

Il partage avec Hermès le qualificatif de « psychopompe », « conducteur des âmes » en grec.

Exécuteur du destin qui régit la vie des humains, Charon n'épargne ni jeunesse, ni beauté, ni vaillance : pour pouvoir monter sur sa barque, chaque défunt doit acquitter son droit de passage, sous forme d’une obole (une pièce de monnaie grecque de faible valeur), d’où la coutume de placer une pièce dans la bouche des morts au moment des funérailles ; faute de quoi, leurs âmes seraient condamnées à errer sans trouver la paix.

Charon n’apparaît ni chez Homère ni chez Hésiode, mais c’est une figure très répandue dès le VIe siècle avant J.-C. aussi bien dans les croyances populaires que dans les arts. On le voit sur de nombreux vases funéraires athéniens la rame en main, le bonnet de marin sur la tête, prêt à recevoir dans son bateau les ombres des morts, qui l’attendent sur la rive du fleuve infernal. La littérature et le théâtre le présentent comme un vieillard barbu et morose, gourmandant les âmes pour les presser à faire la traversée, toujours impitoyable à l’égard de celles qui n’ont pas d’obole pour payer leur passage.

Les Étrusques imaginaient Charon (Charun) comme un démon de la mort, proche d’Orcus, une sorte de bourreau hideux et grimaçant, armé d'un grand marteau pour assommer les mortels récalcitrants. Si son apparence générale reste humaine, il a les oreilles pointues du loup, des ailes, des ongles et un nez crochus, semblables aux serres et au bec d’un oiseau de proie ; sa bouche énorme est ouverte comme la gueule d’un animal dévorant ou rit d’un rire féroce. Charon accompagne Mars sur les champs de bataille, où il assomme et tue les héros destinés à périr de mort violente. Il est aussi la sentinelle qui garde la porte des Enfers ou celle du tombeau, dans les nécropoles étrusques ; parfois le rouleau du destin remplace le maillet entre ses mains.

lundi 24 juillet 2023

Janus aussi avait deux visages

Janus (mythologie) — Wikipédia

Il est toujours représenté ainsi pour signifier ses facultés de voir devant et derrière, mais aussi de connaître le passé et le futur. La mythologie raconte que Janus, roi du Latium, a accueilli en son pays le dieu Saturne chassé du ciel par Zeus. Outre l’hospitalité, Janus lui donne les terres du Capitole. Pour le récompenser, le dieu du Temps lui offre ce don, symbolisé par deux visages regardant deux points opposés. Dès lors, Janus devient le dieu des Portes, la manifestation de l’année finissante et de celle débutante. Rien d’étonnant à ce que le mois de janvier soit consacré à Janus.

D'accord avec tout ce qui précède, sauf la dernière phrase ! Janus a bien donné le nom du mois de janvier mais l'année romaine commençait en mars !

dimanche 27 novembre 2022

Une que j'admire, bien qu'infanticide

Médée

Jason était trop con !

Les traitresses de la mythologie.

Clytemnestra1.jpg
Clytemnestre
Une œuvre vue par un psy : Les Danaïdes, John William Waterhouse - SH  Saint-Michel, psychanalyste
Les Danaïdes
Œnone | Wiki LettresAntiques | Fandom
Oenone

jeudi 15 septembre 2022

Le lierre encore (on s'attache !)

Pour les Grecs, le lierre grimpant préservait de l'ivresse et symbolisait la victoire du guerrier. Il était également utilisé contre la migraine (feuilles appliquées sur les tempes après avoir été froissées dans les mains) et contre la cellulite. Mais, il y avait tout un cérémonial à respecter : il était impératif de cueillir les feuilles sur la tête d'une statue, et de les appliquer sur les tempes emprisonnées, froissées dans un morceau de tissu rouge.

Au Moyen-Âge, l'écorce du lierre était utilisée contre la syphilis et contre les dartres. Depuis l'aube des temps, le lierre est le symbole de l'amour-passion qui, chacun le sait depuis Héloïse, Yseult ou Juliette, se termine toujours tragiquement. C'est sans doute pourquoi le lierre est une plante funèbre qui, dans l'Antiquité, était consacrée à Bacchus et à Atys dont Cybèle, fille du Ciel et déesse de la Terre, était tombée follement amoureuse.

En Provence, on jetait autrefois du lierre dans le cercueil des jeunes filles mortes prématurément pour marquer leur virginité dans l'au-delà. Pour les autres, bien vivantes et amoureuses, le lierre grimpant était une plante magique puisqu'il leur suffisait d'en cueillir, sans la regarder, une feuille, de la glisser dans leur corsage et, le soir, sous leur oreiller pour voir en rêve le visage de leur futur époux. 

(Tiré du magazine Plantes et santé).

mercredi 18 mai 2022

Des histoires de pivoines

Entre la pivoine et les dieux, c’est une histoire sans fin et pleine d’ambivalence. Dans son Iliade, Homère est le premier à donner ses lettres de noblesse à la fleur au travers de l’histoire de Péon. Ce médecin des dieux de l’Olympe aurait guéri Hadès, blessé mortellement par Hercule, grâce à la racine de pivoine. Dans une autre légende grecque on raconte que la nymphe Péone était si courtisée par les dieux qu’une déesse, folle de jalousie, l’aurait transformée en une fleur aux mille pétales : la pivoine.

Théophraste considérait la pivoine comme une plante magique, liée au cosmos tout entier. Il préconisait des règles très spécifiques pour sa cueillette, car mal exécutée, celle-ci pouvait conduire à d’atroces souffrances… : « Cette plante doit être arrachée la nuit ; si on l’arrache de jour, et que l’on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux et si on coupe la racine, on risque la procidence de l’anus. ».

En Chine, on raconte que Wu Zetian, unique impératrice de l’histoire de la Chine, se promenait dans ses jardins un soir d’hiver de l’an 691. Étonnée de n’y trouver aucune fleur, elle ordonna à celles-ci de fleurir pendant la nuit. Toutes les fleurs s’exécutèrent excepté la pivoine qui refusa de fleurir hors saison. L’impératrice, humiliée, bannit alors toutes les pivoines de sa ville, Xi’an, et les renvoya à Luoyang, qui devint plus tard la capitale de la fleur.

La pivoine trouve aussi sa place dans l’histoire de France : au Moyen Age, les bracelets de graines de pivoine permettaient d’après la légende de se protéger des mauvais esprits, des maladies et des tempêtes.

samedi 10 juillet 2021

Amours transalpines (10)

Les temples de l'Italie du sud, de construction grecque,  sont encore plus beaux que ceux de l'Hellade. Et souvent mieux conservés. Le plaisir de découvrir le Parthénon est, hélas, gâché par les foules qui y déambulent. En Grande Grèce, rien de cela : ils se sont isolés au milieu des champs, comme pour préserver un silence divin.

A Paestum, au sud de Naples, j'y ai côtoyé des bufflonnes comme sorties d'un autre âge et dont les cornes fortement recourbées valent bien l'esthétique du plus beau chapiteau. Leur lente rumination ne s'intéresse guère aux quelques passionnés d'antiquité qui longent leur enclos. Même l'extrême chaleur ne semble pas les atteindre. Elles ont peut-être vu les hommes qui construisirent ces temples. 

A Sélinonte, près de Trapani, je me laissai envahir par ma passion et récoltai, malgré la gêne de Pierre qui faisait le guet, quelques tessons de céramiques qui me semblèrent des trésors.Ses habitants antiques, après la destruction de leur ville de leurs propres mains, oublièrent les cinq temples de l'Acropole et cinq autres alentours. A quelles divinités étaient-ils consacrés, ces temples que l'on se contenta de distinguer par des lettres de l'alphabet ?

Ségeste était la grande rivale de sa voisine Sélinonte. Elle ne possède qu'un seul temple et un théâtre mais dans un site dont j'ai découvert, époustouflé, la beauté. Selon la légende, Laomédon, roi de Troie, pour apaiser les dieux, y exila Aegesta, la fille de Phoinodamas, un noble troyen. En s'unissant à Crimissos, dieu-fleuve local qui avait pris l'apparence d'un chien ou d'un ours, Aegesta donna naissance à Aceste qui fnda Ségeste. Sur le monte Barbaro (celui de Sicile, pas celui de Campanie), il est seul à veiller sur la roche, rêvant depuis des siècles à sa finition qui n'aura jamais lieu. 

A Agrigente, dans la vallée des temples, on connait les noms des dix divinités auxquelles ils rendaient hommage : Zeus, Héraclès, Athéna, Déméter, les Dioscures, Héra, Asclépios, la Concorde, Héphaïstos et un Olympieion.  Le mieux conservé de ces nombreux temples est celui de la Concorde, dont l'appellation est due à une inscription romaine découverte à proximité. et près duquel se trouve un gigantesque Atlante dont l'original est au musée. 

Mais le plus ancré dans ma mémoire est bien celui de Ségeste, qui dort depuis vingt-cinq siècles.

mardi 6 avril 2021

Colapesce, vous connaissez ?

Cola Pesce, ou Niccolo Pesce, ou Colapesce, c'est le héros d'une légende très populaire en Italie méridionale depuis le XII° siècle (on retrouve ce mythe aquatique de l'homme-poison en Provence, à Cadix en Espagne et jusqu'en Angleterre). 

Version napolitaine : Cola Pesce était un jeune homme maudit par sa mère pour passer trop de temps à nager en mer : celle-ci lui souhaita de ne plus jamais remettre les pieds sur terre, suite à quoi Cola Pesce commença à prendre l'apparence d'un poisson et perdit sa peau. Il chercha alors refuge dans la mer, et pour se déplacer, se faisait engloutir par de gros poissons dont il ressortait une fois arrivé en leur taillant le ventre à l'aide d'un couteau.

Versions siciliennes :  plus connues que la napolitaine, elles racontent les exploits aquatiques de Colapesce, surnom donné à Niccolò, fils d'un pêcheur. Il avait pris l'habitude de raconter les merveilles sous-marines découvertes lors de ses aventures, dont de riches trésors. Suscitant ires et jalousie, il fut mis au défi par le Roi Frédéric II d'aller récupérer des objets que celui-ci jetterait au fond de l'eau. Après plusieurs succès, dans des épreuves toujours plus en profondeur, Colapesce ne reparut finalement pas.

Celle évoquée dans le roman que je viens de lire (Dans l'utérus du volcan, de Andrea Genovese) raconte que ce fut de son propre chef, afin de protéger la Sicile : sous l'eau, il venait d'en découvrir les fondations - trois colonnes - et décida de les soutenir pour éviter que l'île ne s'engloutisse. Rappelons que l'île est volcanique et a subi de terribles tremblements de terre, dont celui de Messine en 1908.)

Niccolo Pesce, via Mezzocannone, à Naples (d'autres disent qu'il s'agit d'Orion, le chasseur légendaire)

mardi 17 novembre 2020

En parlant de fleuve grec, n'oublions pas Léthé !

 


Alphée Roméo ?

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Le fleuve Alphée à Olympie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Outre l'Alphée du martyrologe, il en est un autre, beaucoup plus coquin : Alphée, le dieu-fleuve de la mythologie grecque, qui coule en Élide et en Arcadie. Il est le fils d'Océan et de Téthys. Il épousa une certaine Télégone.

A la même "époque", Aréthuse est une des belles et nombreuses filles de Nérée qui devint une suivante du cortège d'Artémis. Tout comme la déesse, elle ne recherchait pas la compagnie des hommes mais elle aimait avec passion la chasse et la vie libre en forêt.

Un jour, alors qu'elle revenait des forêts du Stymphale, lasse et hors d'haleine d'avoir poursuivi le gibier, elle s'arrêta au bord d'un cours d'eau ombragé par des saules et des peupliers. On ne pouvait rêver meilleur endroit pour se baigner. Aréthuse accrocha ses vêtements à un saule et se glissa dans l'onde fraîche et limpide.

Pendant un moment, elle nagea paresseusement dans une paix absolue; puis, elle crut sentir un remous dans les profondeurs de l'onde. Effrayée, elle sauta sur la berge et alors elle entendit une voix:
« Où fuyez-vous, ma belle ? » Sans un regard en arrière, elle sortit rapidement de l'eau et courut nue avec une célérité décuplée par la peur vers le refuge des bois profonds.

Mais elle était poursuivie par quelqu'un de tout aussi rapide. L'inconnu lui cria d'arrêter sa course ; il lui dit qu'il était le dieu de la rivière, Alphée qui coule en Élide, et que seul l'amour le portait à cette poursuite.

Mais elle ne voulait rien entendre ; elle n'avait qu'une pensée, lui échapper. Ce fut une longue course qui la porta vers le mont Cyllène, le Ménale, le froid Érymanthe, et finalement en Élide mais l'issue ne faisait pas de doute ; moins fatigué, Alphée pouvait courir beaucoup plus longtemps qu'elle.

Epuisée, Aréthuse implora Artémis de la sauver. La déesse la dissimula derrière un épais nuage mais Alphée continua à la chercher. Alors la déesse la changea en fontaine. Cela n'arrêta pas le passionné Alphée qui voulut mêler ses eaux à celle d'Aréthuse.
Elle fendit la terre de telle façon qu'un tunnel relia par-dessous la mer, la Grèce à la Sicile. Aréthuse y plongea et émergea dans l'île d'Ortygie. Ce lieu où jaillit la fontaine devint sacré, et il fut dédié à Artémis.

Mais c'était sans compter sur la ténacité du fils d'Océan et de Téthys. La légende raconte qu'Alphée, reprenant sa forme de fleuve, la suivit dans les entrailles de la terre et c'est pourquoi aujourd'hui encore ses eaux vont se mêler à celles de la fontaine. On raconte aussi que souvent on y voit des fleurs venues de Grèce, et qu'un morceau de bois jeté dans l'Alphée, en Elide, réapparaît dans la source d'Aréthuse, en Sicile. 

Dans une légende plus ancienne c'est Artémis qui fut recherchée par Alphée et qui pour lui échapper, s'enduisit le visage de boue. Ses compagnes en firent autant et ainsi Alphée ne put-il pas la découvrir et s'enfuit sous leurs moqueries.  

J'ai vu l'Alphée, à Olympie, j'ai vu la fontaine Aréthuse à Syracuse en Sicile. Mais dans cette dernière, point de fleurs ni même de morceau de bois : juste quelques canettes de bière ou de coca jetées là par des "mécréants" ! Quant à la fougue d'Alphée, elle semble s'être bien atténuée !

fontaine d'Aréthuse
La fontaine Aréthuse, sur l'île d'Ortygie, à Syracuse

lundi 12 octobre 2020

Même Ronsard l'avait dit !

Quiconque aura premier la main embesognée
A te couper, forêt, d'une dure cognée,
Qu'il puisse s'enferrer de son propre bâton,
Et sente en l'estomac la faim d'Erisichton,
Qui coupa de Cerés le Chêne vénerable
Et qui gourmand de tout, de tout insatiable,
Les bœufs et les moutons de sa mère égorgea,
Puis pressé de la faim, soi-même se mangea :
Ainsi puisse engloutir ses rentes et sa terre,
Et se dévore après par les dents de la guerre. 

(Pierre Ronsard, Contre les bûcherons de la forêt de Gastine)


Dans la version de la légende rapportée par Ovide, Érysichthon, abat lui-même un chêne sacré (que ses hommes ne veulent pas abattre) en criant : "Peu importe que cet arbre soit sacré, sa couronne de feuille touchera terre". Un homme tente de l’en empêcher, il lui coupe la tête. Déméter fait appel à l'incarnation de la Faim, se trouvant dans le Caucase glacé, dans un champ de pierres, qui condamne Érysichthon à une faim perpétuelle. Alors Érysichthon commence à avoir faim et mange, mange, mange... En quelques jours il a mangé autant de provisions qu'une ville entière. Très vite, toutes ses possessions partent en achat de nourriture et il ne lui reste que sa fille à vendre comme esclave. Tourmenté par la faim, Érysichthon finit par se dévorer lui-même.

vendredi 28 février 2020

Et pourquoi pas la peinture ? (90)

En peinture, Icare n'en finit pas de tomber ....

Herbert Draper - The Lament for Icarus - Google Art Project.jpg
Herbert James Draper, Tate Britain (Londres) (1898)
Jörg Breu, Gravure du Livre d'emblèmes dAndrea Alciato
La chute d'Icare. Merry-Joseph Blondel 1819. Musée du Louvre
Merry-Joseph Blondel Musée du Louvre (Paris) (1819)
Dessin d'élève de cinquième (2010)
La chute d'Icare, 1731 - Bernard Picart
Bernard Picart (Collection privée) (1731)
Fichier:Marten Ryckaert - Landscape with a farmer plowing and the fall of Icarus.jpg
Marten Ryckaert, Musée Wallraf Richartz (Cologne) (entre 1620 et 1630)
La chute d'Icare - Jacob Grimmer
Jacob Grimmer (Collection privée)
Matisse Icare
Henri Matisse (1947)
Henri MATISSE : La chute d'Icare, 1943
Henri Matisse (1943)
Pippo Giulio, Musée du Louvre (Paris)

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Odilon Redon (1876)
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Honoré-Victorin Daumier, Musée Carnavalet (Paris) (1842)
Résultat de recherche d'images pour "La Chute d'Icare"
Pier Paul Rubens, Musée royaux des beaux-Arts (Bruxelles) (1636)
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Jacob Peter Gowy, Musée du Prado, (Madrid)-1636-1637)
Pablo Picasso, Maison de l'Unesco (Paris) (1958)
Pieter Bruegel, Musér royaux des Baux-Arts (Bruxelles) (1558)
La Chute d Icare, 1975 de Marc Chagall (1887-1985, Belarus) |  | WahooArt.com
Marc Chagall, Centre Pompidou (Paris) (1975)

mardi 30 avril 2019

Le lys de la vallée

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C'est ainsi qu'au XVIII° siècle, on appelait le muguet. Mon cher Balzac le savait-il ?

Dans l'antiquité grecque, il fut créé par Apollon afin que ses muses ne s'abîment pas les pieds en foulant le sol du Parnasse. Chez les romains, la déesse Flora, la déesse des fleurs, était honorée début mai lors de fêtes, les Florales. Chez les chrétiens, le muguet est associé à la Madone dont les pleurs au pied de la croix auraient donné naissance à cette fleur et à ses clochettes.

En France, la tradition d'en offrir un brin au 1er mai remonterait à la Renaissance : Charles IX visitant le Dauphiné avec sa mère Catherine de Médicis s'en serait vu offrir par un chevalier, Louis de Girard de Maisonforte qui venait de le cueillir dans son jardin à Saint-Paul-Trois-Châteaux.  Le roi décide alors d'en offrir chaque printemps aux dames de sa cour et la coutume se répand vite dans le royaume.. Mais cette tradition se perd jusqu'au 1er mai 1895 où elle est remise à l'honneur par le chansonnier Félix Mayol.

Aujourd'hui, les noces de muguet se fêtent à la treizième année de mariage.

Mais le muguet n'a pas toujours été associé à la fête du Travail : en 1793, Fabre d'Églantine associe la fleur au "jour républicain", le 26 avril et non le 1er mai, alors qu'une fête du Travail est proposée au 3° jour des "Sans-Culottides" (jours  complémentaires), soit en septembre.

Ce ne sera qu'au début du XX° siècle que le muguet sera définitivement associé à la fête du Travail (datant elle-même de 1889). Sous Pétain, la fête des travailleurs devient la fête du Travail et il remplace l'églantine rouge (associée à la gauche) par le muguet. Une manière comme une autre de se jeter des fleurs puisque la saint Philippe, aujourd'hui le 3 mai était à l'époque le .... 1er mai.

Allez, je ne vous souhaite que du bonheur !

mardi 19 janvier 2016

Mythe et logique

Argos, le chien d'Ulysse, a attendu vingt ans le retour de son maître avant de se laisser mourir. Comme Cornus, j'avais été frappé par l'âge avancé de ce canidé, mais les chiens mythiques n'ont-ils pas tous les droits ?

Cela m'a rappelé la remarque d'un élève de sixième il y a quelques années, lorsque nous étudions des extraits de l'Odyssée pour une partie du programme intitulée Les textes Fondateurs.

Lorsque je me lançais dans la mythologie, c'était un vrai bonheur de les voir tout à coup sages et silencieux, les yeux grand ouverts et pour certains le pouce bien enfoncé dans la bouche. J'avais toujours plaisir à voir ces petits qui se croyaient déjà grands revenir des années en arrière, lorsque leurs mères, pour les endormir, leur lisaient les contes les plus célèbres.

Dieu merci, ils ne s'endormaient pas et, pour certains, gardaient tout leur esprit critique. L'un d'eux, un jour leva la main alors que j'expliquais l'habitude qu'avait Chronos d'avaler tous ses enfants pour ne pas risquer d'être détrôné, et ce qui arriva ensuite, lorsque Zeus, sauvé par sa mère, lui fit "recracher" tous ses frères et sœurs.
- Mais il ne les avait pas digérés ?
Une des plus belles répliques de ma carrière !

vendredi 18 décembre 2015

Post scriptum

L'autre jour, en terminant la lecture du Voyage de Jason en Méditerranée orientale et en mer Noire, je n'ai pas, comme d'habitude, entamé immédiatement un autre roman. Je pensais à autre chose.

J'imaginais d'abord cette Méditerranée, peuplée dans l'Antiquité de monstres mythologiques, de géants à la force titanesque, de jeunes filles offrant des pommes d'or, de magiciennes et de nymphes... Aujourd'hui, sur les mêmes routes de cette Mare Nostrum, flottent des bateaux rudimentaires qui s'échouent sur les côtes grecques ou italiennes ou qui coulent avant l'arrivée au port. Ce ne sont plus les êtres mythiques qui la peuplent aujourd'hui, ce sont des cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants.

Je pensais aussi à tous ces pays que j'ai visités autrefois et où je ne retournerai sans doute jamais : l'Algérie,  le Liban, l’Égypte, ou à tous ceux que je rêvais de connaître et qui s'éloignent maintenant : la Turquie, la Syrie, l'Irak, la Tunisie, le Marc, le Mali...

En vieillissant, je ne manquerai sans doute pas de me ratatiner, mais le monde, lui, se rétrécie trop vite.

samedi 16 novembre 2013

Le Chant des sirènes

Un des épisodes les plus connus de l'Odyssée, c'est évidemment celui des Sirènes, ces monstres mi-femmes mi-oiseaux (et non pas poissons comme le Moyen-Age ou un des contes de notre enfance les représentent) qui, par leur musique et leur chant mélodieux, attiraient les matelots sur leurs rochers pour les dévorer ensuite. Ulysse, curieux de les entendre, ordonna à ses marins de se boucher les oreilles avec de la cire et de l'attacher solidement au mât de son bateau avec interdiction de le délier quoi qu'il dise ou fasse.

Mais que chantaient donc les sirènes pour posséder un tel pouvoir sur les humains ? Homère ne le dit pas. Que voulait savoir Ulysse que les autres ne pouvaient entendre qu'au risque de leur vie ? Pour ma part, je ne crois guère à la beauté extrême de leur chant comme explication de cette attirance irrépressible.

D'ailleurs, avant Ulysse, comme le raconte Apollonios de Rhodes dans les Argonautiques, Jason, parti en Colchide pour conquérir la fameuse Toison d'Or, avait demandé à Orphée, le poète mythique, de chanter accompagné de sa lyre afin de détourner ses marins du pouvoir des Sirènes, ce qu'il parvint à faire sauf pour l'un d'entre eux, Boutès, qui se jeta à l'eau pour les rejoindre. Ainsi, ces femmes-oiseaux n'en étaient pas, avec Ulysse, à leur premier échec.

Il fallait plutôt que ce qu'elles psalmodiaient touche l'homme au plus profond de lui-même, non pas à son cœur mais à son âme, ou plutôt à son inconscient, à ce qui, chez chacun, est enfoui et bridé. Ulysse, que, malgré son attachement à Pénélope, l'on peut qualifier d' "homme à femmes" (combien sont-elles dans l'Odyssée : Circé, Calypso, qui le garda sept ans, Nausicaa,... ? ), n'était sans doute pas homme à s'émouvoir aussi facilement devant tant de grâce, même si Homère le dépeint souvent gémissant et pleurant. Mais sur le rivage près de la grotte de Calypso, pourquoi pleure-t-il ? Est-ce de ne pouvoir quitter ces lieux pour rejoindre Ithaque ou de l'absence de désir qu'il éprouve maintenant face à la nymphe ?

Alors quoi ? La part inavouable de chacun d'entre nous, ce qui expliquerait qu'Ulysse, lorsqu'il accepte de l'entendre, prend bien garde à ce que ses compagnons n'en aient pas connaissance en les forçant à se boucher les oreilles. Ce qui expliquerait qu'Homère, pourtant ailleurs si prolixe n'en dise pas un mot pour garder intacte l'image de son héros. Je ne sais pas, mais je crois qu'il y a à fouiller de ce côté-là.

Kafka, en 1917, écrivit un texte revisitant ce mythe des sirènes : Le Silence des sirènes. Chez lui, les femmes-oiseaux décident de se taire à l'arrivée d'Ulysse, mettant tout leur pouvoir dans leur mutisme. Et c'est ce silence que le héros affrontera et vaincra. Il faudra que je me procure, si c'est encore possible, ce texte de Kafka. Il est censé préfigurer les thèses de Lacan sur la voix. Ce qui ne peut que m'intéresser.

mercredi 1 mai 2013

Mnémo.

Pas le courage de raconter ma journée. Cassé, le Calyste: aujourd'hui, c'était la ferraille! Alors, avant d'aller tenter d'étirer le dos endolori, juste un procédé mnémotechnique bien pratique, pour ceux que ça intéressent.

Les neuf Muses, c'est comme les 7 Merveilles du monde ou les 12 travaux d'Hercule (non, on ne compte pas ce que j'ai fait aujourd'hui avec mes deux acolytes !) : on est sûr de tous les connaître et, au moment de les retrouver, il en manque toujours un.

Alors voici un petit truc facile à retenir. Les neuf Muses, c'est ETC, ETC, PMU. Deux E, donc: Erato et Euterpe / deux T: Terpsichore et Thalie / deux C: Calliope et Clio / un P: Polymnie / un M: Melpomène / et enfin un U: Uranie.

 Et n'oubliez pas: la maman de ces charmantes personnes est Mnémosyne, la déesse de ...... la mémoire!

mercredi 10 avril 2013

Ulysse ou l'âge d'homme

Ulysse est parti vingt ans d'Ithaque. Il en a passé dix devant les murs de Troie, dans la lointaine Asie Mineure. Grâce à lui, dit-on, et à sa ruse, les murailles en sont tombées, lorsque, de nuit, les grecs sont sortis du cheval de bois. Il mettra dix autres années à regagner son île, dix ans passés non pas sur mer, comme on le dit souvent, mais en compagnie de belles femmes, mortelles ou déesses, dont il repoussera certaines et dont il aimera d'autres.

Nulle part, si je me souviens, il n'est question d'âge dans l'Iliade et l'Odyssée. Quel âge avait le guerrier lorsqu'il quitta Pénélope? Supposons qu'il soit près de la trentaine. Il aurait donc eu une cinquantaine d'années au retour, âge relativement canonique pour l'époque. Lorsqu'il aborde enfin aux rivages d'Ithaque, il demande à sa déesse bienfaitrice, celle qui le protégea toujours des attaques de Poséidon, Athéna, de le transformer en vieillard mendiant afin de voir, sans être reconnu,  ce qui se passe dans son royaume. Le premier à le reconnaître sera son vieux chien, Argos, qui n'attendait que son retour pour mourir. Puis sa nourrice et son porcher, Eumée. Enfin, Télémaque, son fils, et Pénélope. Et c'est à ce moment-là, après avoir défait les prétendants, qu'il reprendra son apparence initiale.

Cet épisode m'a toujours intrigué. Était-il besoin de métamorphoser  Ulysse alors que le temps passé ailleurs l'avait sans doute transformé profondément? Et, en écoutant hier une émission sur France-Inter, j'ai eu un début de réponse à ma question. Je crois que l’interviewé était Régis Debray, un Régis Debray qui m'est apparu bien assagi et plus philosophe que politique.

Et si tout cela n'était qu'une sorte de "parabole"? Les vingt ans d'exil représentant l'âge de l'homme mûr, passés à batailler, à conquérir, à séduire et à regretter. Puis le retour, comme on regarde à nouveau vers l'enfance, l'âge avançant. Un retour aux sources, fussent celles d'Ithaque, son "vert paradis des amours enfantines". Pas de métamorphose donc: vieillard il est, vieillard il reste. Et ce sont les yeux de ceux qui ont gardé le regard de l'amour qui le voient toujours jeune malgré ses rides et ses cicatrices.

Mais la fin de l'Odyssée ne répond pas à ma dernière question (scène sublime des retrouvailles avec Pénélope dans la chambre nuptiale, sur le lit construit par les bras virils du héros). Que devint ensuite Ulysse? N'eut-il pas, un moment, le regret de ses errances dont le temps était hélas passé?