dimanche 31 mars 2024

Père et mère

Ma mère aurait cent ans hier. J'arrive à peine à y croire. Bizarrement, je pense moins souvent à elle (que j'ai adoré) qu'à mon père (avec qui j'ai eu parfois quelques différences d'approche). Est-ce parce qu'elle est morte un peu perdue, alors que mon père avait encore toute sa tête ? Peut-être. Mais je crois plutôt que c'est parce que, en vieillissant, je me trouve beaucoup plus de points communs avec lui. L'amour de la nature, d'une certaine forme d'humour, la sensibilité politique, le côté "cause toujours, tu m'intéresses", le fait de, peu à peu, me ficher totalement de la façon de m'habiller.  .... Bref, la liberté d'être soi.

Après Bach, Haendel

(Plume : j'ai rajouté mon avis sur l'interprétation de la Passion selon Saint-Jean présentée par Arte). 

Mauvaise étoile

Il y avait longtemps que je n'avais pas connu un tel plaisir à la lecture d'un roman. Pour moi, celui-ci est un petit bijou. Un road-movie de deux frères orphelins dans le sud des Etats-Unis. L'un devient un serial-killer, l'autre prend sous sa protection la fille d'une des victimes de son frère. Leur route se sépare un temps. Il y a dans ce polar une atmosphère particulière, particulièrement bien rendue, faite d'horreur et de tendresse, de sensibilité et d'idiotie (pas seulement des deux frères). Je l'ai avalé goulument et ai regretté de le finir. 

(R.J. Ellory, Mauvaise étoile. Ed. Sonatine. Trad. de Fabrice Pointeau.)

La chanson d'amour du dimanche

samedi 30 mars 2024

Euridice aussi

Don Juan aux Enfers

Quand Don Juan descendit vers l’onde souterraine

Et lorsqu’il eut donné son obole à Charon,

Un sombre mendiant, l’oeil fier comme Antisthène,

D’un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.


Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,

Des femmes se tordaient sous le noir firmament,

Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,

Derrière lui traînaient un long mugissement.


Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,

Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant

Montrait à tous les morts errant sur les rivages

Le fils audacieux qui railla son front blanc.


Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre

Elvire, Près de l’époux perfide et qui fut son amant,

Semblait lui réclamer un suprême sourire

Où brillât la douceur de son premier serment.


Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre

Se tenait à la barre et coupait le flot noir ;

Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,

Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

Charles Baudelaire

D'autres descentes aux enfers

Jan Brueghel l'Ancien (1593)

Anonyme limousin (XVI°)

Icône

Chapelle Saint-Sébastien, Lanslevillard (XV°)

Fra Angelico (1441-42)

Mantegna (1470-75)

Alonso Cano (1652)

Jérôme Bosch (XVI°)

Cranach l'Ancien (1530)

Pieter van der Heyden (vers 1561)

Après la Passion

La descente du Christ aux Enfers (XI° s.) (Hosios Loukas, narthex)

vendredi 29 mars 2024

Bach, un Vendredi Saint, ça s'impose !

Pour finir, petit tout du côté de la Saône. Petit parce que nous en avons déjà plein les pattes !

Le pont de chemin de fer entre Lyon et La Mulatière


La Sucrière

Certains "nordistes" reconnaitront ...

Le mercredi était annoncé beau mais il a fallu attendre l'après-midi pour voir le soleil. Allez, c'est partie pour les Musée des Confluences, puisque mon "co-routard" ne connait pas. J'aime toujours autant cette architecture moderne. D'ailleurs, nous nous en arrêterons là, sans visiter les expos. 























La confluence

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas

Ce mardi, malgré le temps menaçant, promenade le long des quais du Rhône. A cette occasion, je découvre enfin ce qu'est cette étrange architecture en contrebas du pont Gallieni (côté 7° arrondissement) et jusqu'alors seulement aperçu en traversant en voiture. Il s'agit L'ïle Ô, théâtre flottant et espace culturel,.depuis janvier 2023.


La pluie ne viendra que la nuit, mais à seaux ! Et aujourd'hui vendredi, nous passons en alerte vent (avec le département de la Loire)

jeudi 28 mars 2024

L'Institut franco-chinois

Les forts lyonnais

À la fin du 19ème siècle,  Lyon comptait 33 forts, en ville et en périphérie. 

Avant le 19ème siècle, les fortifications et places fortes lyonnaises étaient peu nombreuses et mal entretenues, ce qui avait conduit à l’occupation de la ville par les troupes autrichiennes en 1814 et 1815. En cette période d’instabilité, il était urgent de faire de Lyon une place forte de l’Empire, afin d’assurer la défense du quart Sud-Est du pays. 

Il faudra attendre entre 1831 et 1854 pour que soient construits 19 forts dans Lyon et sa proche périphérie : Montessuy, Caluire, Brotteaux, Montluc, La Motte, La Part-Dieu, la Vitriolerie, Ste-Foy, La Duchère, St Irénée, Loyasse et Vaise.

Suite à la guerre de 1870, le général Séré de Rivières propose de revoir les systèmes de défense français et souhaite mettre en place une seconde ceinture de défense plus éloignée de Lyon pour compenser l’augmentation de la portée de l’artillerie et l’extension de la ville. Entre 1874 et 1896, 14 forts sont construits : Mont Verdun, LePaillet, Chapoly, Bruissin, Côte Lorette, Montcorin, Champvillard, Feyzin, Corbas, St Priest, Bron, Genas, Meyzieu et Vancia.

Mais les évolutions des techniques militaires au 20ème siècle et l’arrivée de l’aviation les rendent rapidement inutiles. Certains forts lyonnais sont alors détruits (celui des Brotteaux pour la construction de l’ancienne gare, celui de Part-Dieu pour la construction du centre commercial…) et d’autres réaffectés. 

Voici quelques-uns de ces forts :

Fort de Vaise (Lyon 9°) :

Lieu d'expositions

Fort de Saint-Irénée (Lyon 5°) :

Résidence universitaire et Institut Franco-Chinois

Fort de Bron : 

Biennale (théâtre)

Fort de Feyzin : 

Centre équestre

Fort du Bruissin (Francheville) :

Spectacle et création artistique

Fort du Paillet (Dardilly) :

Associations

Fort de Vancia :

Escape game

Fort de Saint-Priest : 

Autour : parc et circuit pédestre

J'y prends goût (10)

Les deux dernières étapes de ce périple de deux jours furent pour moi et resucées (voire des rereresucées pour l'aqueduc). D'abord donc, le Plat de l'Air, à Chaponost (69) et son aqueduc du Gier. C'est un des morceaux de cet aqueduc le mieux conservé. Comme pour celui de Beaunant (juste en dessous), il est en ce moment en travaux de consolidation.



Ensuite, pas très loin, le fort de Côte Lorette, à Saint-Genis-Laval (69), ancien ouvrage militaire construit de 1874 à 1894. Il fait partie de la deuxième ceinture de Lyon. Culminant à 290 mètres d'altitude, il couvrait les communes de Chaponost et Brignais et servait aussi à contrôler les routes vers Saint-Étienne et Givors, ainsi que d'appui pour le fort du Bruissin et le fort de Feyzin. La quasi-totalité des fossés ont été comblés, le glacis a été transformé en jardin public et un parcours de santé a vu le jour autour du fort. L'ouvrage en lui-même sert d'atelier communal à la commune. 

Un mémorial dédié au massacre des prisonniers de Montluc est érigé sur ce qui était le logement du gardien du fort. En effet, 120 détenus de cette prison  y furent massacrés le 20 août 1944. Ce matin-là,  la Sicherheitspolizei de Lyon, dirigée par Werner Knab et Klaus Barbie, extrait environ 120 détenus de la prison Montluc. Les otages sont emmenés dans deux cars, accompagnés de six voitures dans lesquelles se trouvent des Allemands et des miliciens français, au fort de Côte-Lorette à Saint-Genis-Laval, où ils arrivent vers 8h30. Les otages sont fusillés par petits groupes dans la maison du garde attenante au fort. Un seul, un « malgré-nous » du nom de René Wehrlen, peut s'échapper sans être repris. Après la fusillade, les bourreaux incendient la maison avec de l'essence et du phosphore, puis la font exploser. Parmi les victimes, on compte plusieurs figures de la résistance locale, comme Daisy Georges-Martin, François Boursier et Roger Radisson. Mais on ignore encore l'identité de bon nombre de victimes.