mardi 5 juillet 2011

A la manière de (suite.5)

J'enchaînai:
- Je suis retourné au domicile des Stonehill. Victoria était absente. J'ai parlé avec la gouvernante. Elle m'a dit qu'hier après-midi, le jour du drame, William était rentré à la maison en début d'après-midi et qu'il ne paraissait pas très bien. Selon elle, il semblait souffrir d'une maladie intestinale hivernale, probablement due au froid humide. Elle lui a proposé un thé bien chaud, il a répondu qu'il venait d'en prendre chez son frère Peter, de retour des Indes avec une excellente cargaison. Il n'avait besoin de rien, alors elle partit faire ses courses. Mrs Stonehill était chez des amies, les épouses des artistes esthètes de Chelsea et Kensington.
Aujourd'hui, alors qu'elle nettoyait le bureau de William, la gouvernante a remarqué que le turban rajpoute de Monsieur n'était plus dans le tiroir où il le rangeait habituellement. Elle semblait très ennuyée et a signalé le fait à Mrs Stonehill. Celle-ci n'y a attaché aucune importance et lui a répondu qu'il l'avait probablement rangé ailleurs. La gouvernante affirme que ce turban, serti d'un gros rubis, a une grande valeur. C'est un cadeau que le Maharana de Jodaïpur a fait à Monsieur en signe d'amitié et de respect. Le fils du Maharana fait actuellement ses études supérieures à Londres, au Royal Collège.
A part cela, elle déclare n'avoir vu personne. A son retour, elle est restée à l'office et n'est pas allée au premier étage. Peu de temps après, Victoria Stonehill est rentrée à son domicile. Elle est montée à l'étage pour rejoindre son mari dans le bureau. C'est à cet instant que ses cris ont alerté la gouvernante.
En dernier lieu, je me suis rendu au Chelsea Royal Hospital. J'ai dialogué avec des confrères médecins à propos des symptômes de maladies infectieuses affectant le système digestif et de ceux des empoisonnements. Ils peuvent être ressemblants et trompeurs. Alors, j'ai longuement consulté les archives. De nombreux cas cliniques troublants ont été recensés, surtout en hiver. Certains de ces cas ont entraîné la mort des patients. D'ailleurs certains d'entre eux étaient peintres. Il serait fort probable que l'utilisation de telles peintures dans les maisons, et sur de grandes surfaces, serait nocive pour la santé, selon l'avis de certains médecins. Cependant la preuve scientifique reste à établir. Donc, selon mon hypothèse, il se trouve que William Stonehill pourrait fort bien avoir présenté des symptômes d'intoxication chronique au gaz d'arsenic. Il respirait cet air nocif tous les jours, à petites doses mais, avec le temps, l'accumulation a pu lui être fatale. Il passait beaucoup de temps dans cette pièce mal aérée, et l'hiver est particulièrement froid et humide. D'après la gouvernante, il semble qu'il ait eu mal au ventre avec des vomissements et des diarrhées, plusieurs fois les jours précédents. La feuille de mots incohérents que vous avez vue sur son bureau indique qu'il délirait probablement hier. Tous ces symptômes peuvent évoquer le diagnostic d'empoisonnement à l'arsenic. Dans un état délirant et de stress intense surajouté, il se serait pendu lui-même. D'ailleurs, son épouse ne semblait pas l'avoir beaucoup soutenu dans l'épreuve.

S'agissait-il d'un malheureux concours de circonstances ou d'une ruse perfide d'épouse cupide? Le choix de la couleur vert émeraude faisait-il partie d'une machination criminelle ou était-il non intentionnel? Ce point d'ombre restait à éclaircir. Tout semblait concorder et le puzzle s'assemblait. Le mobile du crime? L'héritage. Victoria devenait ainsi l'une des plus jeunes et des plus riches veuves d'Angleterre. La belle épouse avait-elle un amant ou un prétendant? Un peintre peut-être, le mari d'une amie? Allais-je, pour une fois, résoudre l'énigme et réussir un magistral coup d'échecs avant mon ami, le célèbre détective?

La piste que je lui proposais, bien que très inhabituelle, n'était pas à écarter, me répliqua Holmes. Il fut satisfait de la manière dont j'avais conduit ma mission et me félicita même pour toutes les informations que j'avais recueillies: celles-ci allaient nous permettre d'explorer immédiatement.... une autre piste.
Je pressentis alors que mon espoir secret ne tarderait pas à s'évaporer. La réponse ne se fit pas attendre. A son tour, il me présenta le fruit de ses recherches.
- Tout d'abord, je me suis rendu à Scotland Yard. Le commissaire Lestrade affirme n'avoir rien remarqué de suspect: aucun signe d'infraction, aucun désordre pouvant évoquer une lutte ou un cambriolage. Mrs Stonehill n' d'ailleurs pas déclaré de disparition d'objets.
J'ai pu me rendre à la morgue. La corde et les vêtements de la victime s'y trouvaient encore. Le médecin légiste avait déjà examiné le corps. Il avait effectué aussi quelques prélèvements. Tout comme vous, j'ai pensé à l'arsenic. J'ai donné les cheveux blonds prélevés sur le tapis à l'éminent chimiste du département de la police scientifique de Scotland Yard. Ce sont bien ceux de la victime. Ensuite les analyses ont été faites sur ces cheveux et sur les prélèvements réalisés par le légiste. Il s'avère que le test chimique affirme que l'arsenic n'est pas la cause du décès.

J'écoutais Holmes attentivement. La piste de l'empoisonnement chronique ou aigu à l'arsenic s'effondrait. Les tests chimiques détecteurs d'arsenic, disponibles depuis 1836, aidaient les enquêteurs à ne pas ou à ne plus laisser un crime impuni.
- Nous avons probablement affaire à un autre poison, similaire mais indétectable par les tests chimiques actuels, ce qui complique la tâche, dis-je alors, déçu.
- Élémentaire mon cher Watson! Un nouveau poison, la Najanarius peut-être bien, mais, pour prouver qu'il a tué William Stonehill, il faut le trouver, ce poison! conclut-il.
- Mais qui est l'assassin? Et quel est le mobile du crime selon vous? ajoutai-je.
- J'ai ma petite idée. Nous devons faire vite avant que les coupables ne fassent disparaître les pièces à conviction et qu'ils ne disparaissent eux-mêmes. Venez, je vous prie, nous allons nous joindre au commissaire Lestrade pour la perquisition prévue dans une demi-heure.
.....

6 commentaires:

Cornus a dit…

Je vais chipoter, il le faut bien. L'histoire le l'arsenic est plus que limite car à cette époque, on ne savait pas doser des concentrations provoquant la toxicité chronique, ce qui était encore le cas à l'époque de Marie Besnard... Aujourd'hui, c'est une autre histoire.

Calyste a dit…

Cornus: ce n'est sans doute pas la seul incohérence de ce texte. Mais qu'un élève de cinquième arrive à sortir un texte pareil, c'est assez extraordinaire, non?

Cornus a dit…

Ah ça oui et cela se voyait dès les premières lignes...
Et puis, il y a de "grands" écrivains ou scénaristes qui font de beaux anachronismes ou bourdes scientifiques, techniques, géographiques et historiques sans s'en rendre compte.

Calyste a dit…

Cornus: déjà bien content qu'il n'ait pas fait de trop gros anachronismes, comme cet élève qui, un jour, m'a écrit, dans un devoir sur l'éruption du Vésuve: "Midi sonnait au clocher de l'église"!

Lancelot a dit…

Tiens, y avait pas de clochers à Pompéi ???

Calyste a dit…

Lancelot: tu te fous de ma g...?