vendredi 22 mars 2019

Son légionnaire

Les puits de la mémoire, insondables, d'où émerge parfois une bulle fraîche et colorée, remplie de bruits ou de fureurs, de parfums ou de cris. Elle claque dans le silence et les images s'animent.

L'autre soir, alors que je regardais Beau Travail, un film magnifique de Claire Denis (1999) sur la "confusion des sentiments" dans la Légion Étrangère , une de ses bulles est venue m'éclater au visage.

Mon village, mon hameau. Il y avait cet amphithéâtre prolétaire fermé d'un côté par les jardins, de l'autre par les maisons ouvrières. Elle habitait là, Maryvonne, au rez-de-chaussée. Deux pièces : la cuisine et la chambre. Et puis, un jour, un homme est venu, qu'elle aima. Il n'était pas du village mais les mineurs ne sont pas regardants. Il a vécu quelques mois au milieu d'eux. Et puis, il est parti. Maryvonne n'a pas pleuré. C'était un légionnaire.  Je ne l'ai jamais vu. Yvon m'a dit qu'il était beau et qu'il fut son amant, à lui aussi. C'étaient nos premières confidences.

Maryvonne a déménagé. Yvon et moi avions découvert le monde des adultes.

Et pourquoi pas la peinture ? (46)

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Mise en abîme : Agnès Varda photographiée par JR devant son autoportrait de 1962 devant une toile de Gentile Bellini (Miracle de la relique de la Sainte Croix, Académie de Venise). Quand les arts se font un pied de nez.

jeudi 21 mars 2019

Trouvaille (présidentielle)

Dupond(t) 2, celui qui est toujours sûr de lui, me dit un soir :
- On reproche au président d'avoir pris quelques jours de vacances au ski. Il a tout de même bien le droit d'aller en Mongolie s'il en a envie !
- C'était à la Mongie, dans les Pyrénées.
- Non, non, ils ont bien dit la Mongolie.
(Il n'avait pas dû mettre ses aides auditives mais il n'est pas le seul à ne pas entendre...)

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

mercredi 20 mars 2019

Musique et cinéma



Cléo de 5 à 7, d'Agnès Varda (1962), avec Corinne Marchand, Dominique Davray, Antoine Bourseiller, Michel Legrand, qui signe aussi la musique, et, dans de courtes apparitions, José Luis de Vilallonga, Jean-Claude Brialy, Eddie Constantine et Samy Frey, entre autres. Le film culte de la Nouvelle Vague.

Avant hier, c'était, sur Arte, une soirée spéciale Varda : projection de Sans toit ni loi (un de mes films préférés, avec Sandrine Bonnaire) puis deux causeries avec la cinéaste. Quelle intelligence, quelle finesse, cette femme! Je me retrouve totalement dans sa façon de filmer, dans ses décors ou dans ses Cabanes dont j'ai eu la joie de voir l'une d'entre elles, faite de vieilles pellicules cinématographiques, à Lyon, à la Biennale d'Art Contemporain.

Après, très tard, c'était Cléo de 5 à 7. Mais j'avais sommeil. Heureusement, depuis peu, j'éi découvert comment fonctionne le replay sur ma télé. Alors, ce fut pour hier soir. Corinne Marchand est éblouissante dans ce film et je regrette qu'elle n'ait pas vraiment eu une carrière à la hauteur de son talent. Elle a aujourd'hui 81 ans.

Candeur

Qu'on ne s'y trompe pas : je ne vais pas me moquer, car je suis, moi aussi, parfois sujet à ce genre de candeur. Juste rire un peu.

Rentrant le dimanche soir d'une courte ballade dans les rues de Megève, j'ai dit à un des amis présents que j'avais rencontré une manifestation.

- Une manif à Megève ? Incroyable !
- Oui, une manifestation de femmes.
- Et elles étaient nombreuses ?
- Une petite cinquantaine et elles portaient toutes des visons jaunes.

Là, j'ai cru que ça allait coincer mais pas du tout.

- Des visons jaunes !  Bizarre : d'habitude, ils ne sont pas jaunes, les visons.
- Elles les avaient sans doute teintés à la bombe. Elles étaient toutes en jaune et elles criaient des slogans.
- Ah bon. Quoi ?
- "Nous voulons des Jaguars, nous voulons des Jaguars ...."
- Ben ça alors....

Et j'ai éclaté de rire. Je ne pouvais plus me retenir. Bonnet blanc et blanc bonnet, oui. Mais gilets jaunes et jaunes visons, non !

mardi 19 mars 2019

Pour la plus grande gloire de Dieu

Autrement dit : ad majorem dei gloriam, devise des Jésuites, que l'on devrait d'ailleurs traduire par : pour une plus grande gloire de Dieu.

C'est un roman de près de 800  pages de Morgan Sportès que j'avais trouvé.... chez Emmaüs et que j'ai pu rapidement avancer pendant les siestes à Megève. L'histoire de l'expédition au Siam  à l'automne 1687 des mousquetaires de Louis XIV, racontée par un opposant à la langue bien pendue. Où l'on voit les intrigues pour le pouvoir à la cour thaïlandaise, les querelles incessantes entre les Missionnaires et les Jésuites, les abus des soudards et le stupide orgueil des Envoyés spéciaux. Tout cela très bien documenté et rempli d'humour (oui, oui). Je me suis régalé et conseille ce roman aux lecteurs....endurants.
(Morgan Sportès, Pour la plus grande gloire de Dieu. Ed. du Seuil.)