vendredi 17 janvier 2014

Fleur d'amandier

Me revient souvent en mémoire, ces jours-ci,  à cause de ma lecture actuelle, le voyage que je fis, un des derniers avant sa mort, avec Amédé, dans sa chère Provence d'adoption. Nous avions poussé, malgré sa fatigue déjà grande, jusqu'à Gordes et l'abbaye de Sénanque que je découvris dans son vallon strié par les champs de lavande.

Mais plus encore que la beauté du site et des bâtiments, propice à la méditation sereine, plus que les Bories de pierres sèches disséminées dans la garrigue, c'est une autre image qui m'apparaît chaque soir lorsque je me replonge dans le roman de Pierre-Jean Rémy : la magnificence fragile d'une fleur d'amandier que je photographiai plus bas, dans la plaine. C'est la seule fois que je vis cet arbre en fleurs, plus habitué que je suis à l'exubérance passagère des cerisiers, si admirablement magnifiée par les romans de Kawabata.

Pourquoi cette fleur est-elle aujourd'hui enracinée dans ma mémoire ? Pourquoi le souvenir d'Amédé est-il à jamais lié à cet arbre au bord de la route, isolé dans sa beauté ? Amédé qui dort maintenant sous la terre du Diois et que je projette d'aller visiter aux beaux jours. Mais y a-t-il des amandiers dans le Diois ?

4 commentaires:

CHROUM-BADABAN a dit…

Bonnard et Van Gogh ont peint d très beaux amandiers en fleur...

Petrus a dit…

Chez moi à Sète, c'est le début de la floraison de cet arbre. C'est très beau ce blanc dans un paysage d'hiver avec cette luminosité d'hiver si particulière.
On dit que l'amandier est l'arbre qui fleurit le plus tôt et produit le plus tard et le cerisier celui qui fleurit le plus tard et produit le plus tôt.
C'est cette saison qui te rappelle ce souvenir...

Cornus a dit…

Ah Gordes et l'abbaye de Sénanque, quel beau souvenir pour nous.

Calyste a dit…

Chroum : oui, mais que c'est beau en pleine campagne...

Petrus : tu parles des paysages de Sète beaucoup mieux que mon neveu...

Cornus : j'y retournerais volontiers. Et tu connais Silvacane ?