dimanche 4 juillet 2010
Adieu, Centaure.
Laurent Terzieff est mort hier. En lisant la longue listes des films où il a été présent, je me rends compte que j'en ai vu bien peu. Un souvenir pourtant, inoubliable: le Centaure, dans Médée de Pasolini (1969) où le rôle titre était tenu par Maria Callas. En fait, il était davantage pour moi un acteur de théâtre et je suis heureux d'avoir pu assister au TNP de Villeurbanne à la représentation de sa dernière pièce: Philoctète. Frédéric et moi avions été subjugués par sa présence sur scène, par la force qui se dégageait de cette silhouette frêle et décharnée, alors même qu'il avait annulé les représentations de la semaine précédente pour raison de santé. Cela fait toujours un peu bête de dire de quelqu'un qui vient de disparaître que c'était un grand monsieur, mais Laurent Terzieff en était un.
samedi 3 juillet 2010
De quelques secrets anciens
Encore heureux qu'on va vers l'été, comme aurait dit Christiane Rochefort dans son roman en 1975 (Qui se souvient encore de cet auteur dont, à mon adolescence, je fus pourtant si friand?). On y va même à pas redoublés, vu le retard pris en juin qui nous fit croire presque chaque jour que la Toussaint était arrivée un peu plus vite que d'habitude. Juillet, chez nous, s'annonce pour l'instant caniculaire. Aussi ai-je pensé que quelques conseils sortis de l'antique sagesse populaire ne seraient pas de trop pour affronter les dangers de ces mois estivaux. Voici ce que vous recommande ce savoir-faire ancestral à propos des piqûres d'insectes:
Sur les piqûres de guêpes et d'abeilles, appliquez une feuille de poireau fendue et frottez. On peut remplacer la feuille de poireau par une touffe de pâquerettes, du suc de chardon ou des feuilles d'échalote, ou encore du persil.
Un cataplasme d'ail râpé soulage immédiatement de la douleur des piqûres d'insectes.
Vous ne direz pas que je ne fais rien pour vous!
Maintenant, je m'adresse exclusivement aux plus vieux de mes lecteurs, les jeunes étant priés de classer ce qui suit en lieu sûr afin de le retrouver en temps voulu. Amis quinqua. et plus, que faire si vous souffrez de rhumatismes? Rien de plus simple. Encore une fois, la sagesse de nos aïeux vous donne quelques conseils:
Pour soulager les parties rhumatisantes, appliquez régulièrement des cataplasmes de vinaigre, ou une décoction d'orties blanches. Certains utilisent les orties en friction énergiques sur les parties douloureuses. La soupe de céleri jouit elle aussi d'une solide réputation d'efficacité dans le soulagement des rhumatismes.
Le premier qui teste une de ces recettes en informe les autres?
Et pour finir, deux petits dictons de saison:
Juillet ensoleillé
Remplit caves et greniers.
Juillet sans orage,
Famine au village.
Sur les piqûres de guêpes et d'abeilles, appliquez une feuille de poireau fendue et frottez. On peut remplacer la feuille de poireau par une touffe de pâquerettes, du suc de chardon ou des feuilles d'échalote, ou encore du persil.
Un cataplasme d'ail râpé soulage immédiatement de la douleur des piqûres d'insectes.
Vous ne direz pas que je ne fais rien pour vous!
Maintenant, je m'adresse exclusivement aux plus vieux de mes lecteurs, les jeunes étant priés de classer ce qui suit en lieu sûr afin de le retrouver en temps voulu. Amis quinqua. et plus, que faire si vous souffrez de rhumatismes? Rien de plus simple. Encore une fois, la sagesse de nos aïeux vous donne quelques conseils:
Pour soulager les parties rhumatisantes, appliquez régulièrement des cataplasmes de vinaigre, ou une décoction d'orties blanches. Certains utilisent les orties en friction énergiques sur les parties douloureuses. La soupe de céleri jouit elle aussi d'une solide réputation d'efficacité dans le soulagement des rhumatismes.
Le premier qui teste une de ces recettes en informe les autres?
Et pour finir, deux petits dictons de saison:
Juillet ensoleillé
Remplit caves et greniers.
Juillet sans orage,
Famine au village.
vendredi 2 juillet 2010
C'est parti !
Pas de projet de déplacements cette année. Je n'ai pas encore pu joindre Noëlle pour une semaine dans la Creuse. Ce sera plutôt travaux: j'aimerais qu'à la rentrée, après le dressing, les toilettes et la salle de bains, la cuisine soit opérationnelle. Il me faudra aussi tout remettre en place, nettoyer, enlever la poussière répandue partout, faire quelques va-et-vient jusqu'à la déchetterie du 7°. Je veux aussi à tout prix me débarrasser de mes spécimens scolaires ainsi que d'un grand nombre de cassettes vidéo, films enregistrés par moi et pas vus pour la plupart.
J'aimerais aussi mettre en lieu sûr, par un legs à la médiathèque de Valence, les archives d'une communauté de travail très célèbre dans cette ville et qui sont en ma possession après avoir été données à Pierre. Je tiens beaucoup à ce que tous ces documents, mémoire encore vive d'une expérience d'autogestion ouvrière, ne soient ni éparpillés ni détruits. J'ai longuement travaillé sur ces feuillets au moment de la thèse d'état de Pierre, en particulier sur les Cahiers des "Groupes de Quartier", et je me suis attaché aux gens qui les ont écrits ou à ceux que l'on retrouve au fil des pages, comme cette Lolotte que l'on suit de sa communion à son premier enfant, si je me souviens bien. Il faudrait que je profite de cet été pour mener à bien cette tache, de même que pour mettre à jour mon dossier de retraite dont trois années (douze trimestres) sont absentes pour régime de cotisation différent.
Pour l'instant, j'ai des envies de lecture, de sommeil, de repos, principalement. D'ailleurs la canicule qui régnait aujourd'hui sur Lyon et qui risque de se prolonger jusqu'à ce dimanche, n'incite pas à être très actif. Alors, je vais laisser la barque descendre le fleuve, libre, sans entrave, accélérer parfois, parfois hésiter dans une anse, s'arrêter un instant avant de reprendre son lent cheminement. Carpe diem (noctemque)!
jeudi 1 juillet 2010
Les dialogues de Calyste (11)
(Ben oui, pourquoi y aurai'k Platon et les Carmélites?)
Mascarille:- Il est vrai qu'il est honteux de n'avoir pas des premiers tout ce qui se fait; mais ne vous mettez paT en peine..." (Précieuses ridicules, scène 9)
La jeune spectatrice (environ 25 ans), en souriant:- Tu as entendu, chéri, la faute de liaison que vient de faire l'acteur: il a dit "paT en peine"!
Le jeune spectateur (même âge), le plus sérieusement du monde:- Et alors, normal. Ça se prononce bien comme ça, pas TANT peine!
Long regard de la jeune spectatrice dans ma direction. Le ridicule n'était pas du côté que l'on pensait. Jusqu'à quand va-t-elle rester avec lui?
Mascarille:- Il est vrai qu'il est honteux de n'avoir pas des premiers tout ce qui se fait; mais ne vous mettez paT en peine..." (Précieuses ridicules, scène 9)
La jeune spectatrice (environ 25 ans), en souriant:- Tu as entendu, chéri, la faute de liaison que vient de faire l'acteur: il a dit "paT en peine"!
Le jeune spectateur (même âge), le plus sérieusement du monde:- Et alors, normal. Ça se prononce bien comme ça, pas TANT peine!
Long regard de la jeune spectatrice dans ma direction. Le ridicule n'était pas du côté que l'on pensait. Jusqu'à quand va-t-elle rester avec lui?
Nouveau mois, nouveau tableau
Changement de mois: il faut que je tourne la page de mon calendrier Hopper. Qu'est-ce qui vient après Summer Evening ? Préparez-vous à entendre parler de Summertime... Je n'en dis pas plus.
HDA
H, c'est Histoire. Bon, oui, Histoire, et alors? On sait que les élèves étudient l'Histoire, de façon enfin chronologique (mais çà, apparemment, seuls aujourd'hui les professeurs s'en rendent compte!), qu'on les balade des Égyptiens jusqu'à De Gaulle, avec une très nette accélération pour ce qui concerne la période contemporaine, et qu'en fin de course, il leur arrive souvent de confondre le Front Populaire et le Front national!.
H, c'est Histoire et D, c'est Des, ce qui ne veut rien dire si l'on n'ajoute pas aux deux premières lettres la troisième, le A, qui donne tout son sens à la chose, puisque le A, ce sont les Arts. HDA = Histoire des Arts. Et là, moi je dis oui et j'applaudis à deux mains. Enfin une approche intelligente et pluridisciplinaire de l'art, des arts. Chaque matière est concernée, à un titre ou à un autre. Et le Français aussi bien sûr.
Ce matin, au collège, certains d'entre nous ont travaillé sur ce point. J'en faisais partie et trouve que, aujourd'hui comme hier, nous avons fait de la belle ouvrage: pas de temps perdu en vaines supputations, en digressions fumeuses, en discours soporifiques. Du concret, rien que du concert, et réaliste, et ciblé. Ça, moi j'aime.
Nous avons ainsi listé ce que nous pratiquons déjà depuis plusieurs années en sixième et en cinquième et découvert que cela allait bien, avec quelques minimes ajustements nécessaires, dans la ligne de ce qui nous est demandé. Ainsi, comme Monsieur Jourdain pour la prose, nous faisions de l'HDA sans le savoir. Alléluia, allégresse et auto congratulation!
Pourtant, pourtant, le petit démon qui loge en moi et qui n'en perd pas une de tout ce qui me touche m'a soufflé ce matin encore, comme il le fait sans cesse, la petite restriction qui empêchera une fois de plus tout le monde de tourner en rond (qui l'empêchera peut-être, car je pense que la plupart s'en moque): je ne voudrais pas que cette idée superbe finisse comme les autres, engluée dans la pratique quotidienne et, pire encore, dans une façon de faire qui la réduirait à une simple matière comme une autre, destinée uniquement à acquérir des savoirs (et des savoir-faire, oui, oui) qu'il sera opportun de régurgiter le moment voulu, c'est-à-dire le jour de l'évaluation, ici pressentie comme un oral de cinq minutes que nous avons finalement réussi à étendre jusqu'à dix minutes.
Moi, ce que je voudrais, en plus bien sûr de l'acquisition de certaines connaissances et de clés pour interpréter, c'est que, pour une fois, ici, on laisse la parole à l'élève, sans contrainte que de fournir à la fin une production personnelle de qualité, qui par le biais d'un texte, qui par la photographie, le dessin, tout ce que l'on voudra. Que cette production personnelle soit présentée aux autres, à la classe, si l'élève le permet. Je sais ce que l'on peut obtenir dans ces cas-là, en ne donnant que le strict minimum de contraintes et en laissant l'élève s'exprimer une fois mis en confiance: chaque année, alors que je désespère toujours d'y parvenir, le résultat est là dans mon atelier écriture où j'applique cette philosophie. Certains s'en moquent, ne sont pas assez courageux? C'est peut-être que tous ne s'intéressent pas à l'art. Après tout, est-ce que je m'intéresse au foot, moi?
mercredi 30 juin 2010
Les Précieuses ridicules
On se souvient sans doute de l'intrigue de cette courte comédie: deux précieuses, Cathos et Magdelon, refusent les avances de deux jeunes gens, Du Croisy et La Grange, au prétexte qu'ils ne sont pas assez "polissés". Sont annoncés alors deux personnages hauts en couleur et tout enrubannés, le marquis de Mascarille et le vicomte de Jodelet qui ne sont en fait que les valets des deux autres et vont couvrir de ridicule les deux péronnelles qui ont furieusement cru à leur valeur.
Le texte, presque toujours respecté, a été agrémenté de deux ou trois expressions plus modernes bien senties et les deux "marquis" de pacotille, Mascarille surtout, ont tiré leur personnage du côté de l'ego ultra démonstratif de quelques stars de la chanson actuelle. Bien, très bien même. En revanche, la transformation de la servante Marotte en travesti handicapé du bras et celle de Gorgibus en Catherine Lara plus vraie que nature, bien que souvent drôles, ne s'imposaient pas.
Quand ai-je, pour la première fois, eu affaire à cette comédie? Il me semble que c'est en 4°. En tout cas, je me souviens bien du plaisir éprouvé à découvrir ces abus de langage et grotesques fioritures: le miroir est devenu le conseiller des grâces et les sièges des commodités de la conversation que l'on véhicule plutôt qu'on ne les apporte. J'ai retrouvé ce même plaisir ce soir et j'étais heureux de voir que Frédéric et Jean-Claude semblaient le partager.
Un petit moment à évoquer en particulier: celui ou Mascarille, après l'avoir lu, se met à chanter son fameux impromptu à la manière d'abord d'Obispo puis de Raphaël:
Oh, oh ! je n'y prenais pas garde:
Tandis que, sans songer à mal, je vous regarde,
Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur,
Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur!
(Scène 9)
Voilà donc une bonne soirée passée entre amis et ce grâce à La Compagnie et son personnel de bord. Merci à eux pour leur entrain. Dernière représentation: demain, 1er juillet à 21h, Place Valensio, dans le 5°.
Inscription à :
Articles (Atom)