lundi 4 février 2019
Fin du jour
Il a fait beau aujourd'hui, ciel bleu alors que la radio parlait de nuages plombés. Un bleu clair, un peu fade, mais sans nuées. Ensuite, uniformité de lait, comme une écuelle dans laquelle le chat aurait trempé ses pattes sales. Plus l'après-midi, par encore chien-et-loup. Une heure bête où aucune photo prise ne serait belle, comme sous un grand soleil d'été à midi. Le bruit des moteurs dans la rue. Si je me penche à la fenêtre, des gens décapuchés regardant le trottoir, attendant qu'il leur apprenne quelque chose. Mes bouclettes taillées, je me suis endormi sur mon livre. La lumière ne filtre pas encore entre les persiennes du voisin d'en face. Je suis là, à écrire n'importe quoi, comme toujours à cette heure-là.
dimanche 3 février 2019
Merci, Johannes
On va encore penser que je me complais parfois dans les rubriques nécrologiques, mais celui-ci, je ne pouvais pas le laisser passer.
C'est le 3 février 1468 que Gutenberg est mort à Mayence, sa bonne ville de naissance 68 ans plus tôt. Qu'est-ce qu'on aurait fait sans lui, hein ? Qu'est-ce que j'aurais fait ? Vous imaginez un monde sans l'imprimerie ? Sans livres donc ! Horreur absolue !!!
Je sais bien qu'aujourd'hui, il y a des tas d'autres moyens d'accéder à la culture (encore que) ou à la détente mais bon, moi, il me faut des pages à tourner, des odeurs de papier et d'encre à sentir, des tentations à éviter (pas toujours...) chaque fois que j'entre dans une librairie.
Allez, merci Johannes !
C'est le 3 février 1468 que Gutenberg est mort à Mayence, sa bonne ville de naissance 68 ans plus tôt. Qu'est-ce qu'on aurait fait sans lui, hein ? Qu'est-ce que j'aurais fait ? Vous imaginez un monde sans l'imprimerie ? Sans livres donc ! Horreur absolue !!!
Je sais bien qu'aujourd'hui, il y a des tas d'autres moyens d'accéder à la culture (encore que) ou à la détente mais bon, moi, il me faut des pages à tourner, des odeurs de papier et d'encre à sentir, des tentations à éviter (pas toujours...) chaque fois que j'entre dans une librairie.
Allez, merci Johannes !
Los Angeles River
Décidément, je me prends de plus en plus de passion pour les polards de Michael Connely. Celui-ci, Los Angeles River, est sans doute celui que j'ai préféré. Du lourd, du très lourd pour cette intrigue en partie située dans les zones désertiques autour de la ville des Anges.
Et puis, toujours ces jeux du hasard que j'aime tant : dans celui-ci, je retrouve un personnage (pas le héros, ce ne serait plus du hasard) déjà rencontré dans un autre publié ultérieurement. Et hier soir, ma sœur me prête, sans être au courant de ce que je viens de lire, un autre roman de Connely, Créance de sang, dont il est beaucoup question dans celui que je viens de finir. En somme, je fais comme les saumons : je remonte la rivière...
(Michael Connely, Los Angeles River. Ed. du Seuil. Trad. de Robert Pépin.)
Et puis, toujours ces jeux du hasard que j'aime tant : dans celui-ci, je retrouve un personnage (pas le héros, ce ne serait plus du hasard) déjà rencontré dans un autre publié ultérieurement. Et hier soir, ma sœur me prête, sans être au courant de ce que je viens de lire, un autre roman de Connely, Créance de sang, dont il est beaucoup question dans celui que je viens de finir. En somme, je fais comme les saumons : je remonte la rivière...
(Michael Connely, Los Angeles River. Ed. du Seuil. Trad. de Robert Pépin.)
samedi 2 février 2019
Ces chers voisins
A l'heure où oncle Donald tente (vainement jusqu'à ce jour) de construire un mur entre le Mexique et les États-Unis, on peut se souvenir du 171° anniversaire du Traité de Guadalupe Hildago entre ces deux pays, le 2 février 1848, après une guerre de trois ans.
Mais, à l'époque, les mouvements étaient inversés : c'étaient les états-uniens qui envahissaient le Mexique, ceci sous des prétextes plus ou moins futiles. Avec ce traité, ils récupéraient 1,5 millions de km2 (en échange de 15 millions de dollars), territoires qui deviendront bientôt les états du Nouveau-Mexique, de l'Arizona, du Nevada, de l'Utah et de la Californie. C'est le plus important agrandissement des États-Unis après l'achat de la Louisiane cinquante ans plus tôt.
Quant à la somme payée par les Yankees, elle sera vite renflouée par la découverte de filons aurifères près de San Francisco.... Autres temps, autres mœurs ?
Mais, à l'époque, les mouvements étaient inversés : c'étaient les états-uniens qui envahissaient le Mexique, ceci sous des prétextes plus ou moins futiles. Avec ce traité, ils récupéraient 1,5 millions de km2 (en échange de 15 millions de dollars), territoires qui deviendront bientôt les états du Nouveau-Mexique, de l'Arizona, du Nevada, de l'Utah et de la Californie. C'est le plus important agrandissement des États-Unis après l'achat de la Louisiane cinquante ans plus tôt.
Quant à la somme payée par les Yankees, elle sera vite renflouée par la découverte de filons aurifères près de San Francisco.... Autres temps, autres mœurs ?
Douces nuits
J'ai le bonheur, en général, de m'endormir très facilement. A peine le livre posé, la couverture remontée et l'oreiller bien façonné, plus de Calyste. Il faut même que je programme le réveil au milieu de la nuit pour me relever et suivre le conseil de mon urologue. Sans lui (le réveil, pas l'urologue), c'est sept-huit heures sans interruption.
Mon grand plaisir, c'est de trouver la position idéale juste avant de sombrer : bien couvert, sur le côté (droit ou gauche indifféremment), en chien de fusil et les mains sous l'oreiller. Quand c'est fait, je peux sombrer.
Au retour des toilettes, dans la nuit, un autre plaisir est de retrouver sous les draps la chaleur qui n'a pas disparu. C'est un peu comme si je ne dormais pas seul, avec les inconvénients d'un compagnon de lit en moins ! Et là, j'ai juste le temps de me dire : je suis bien, et je replonge.
J'ai aussi l'impression que je rêve de plus en plus en vieillissant. C'est rassurant. Pendant des mois après la mort de Pierre, mes nuits étaient vides, comme une autre mort pour moi. Maintenant, mes nuits sont pleines de personnages, de conversations, de paysage, de couleurs peut-être. Mais, juste après le réveil, il n'en reste rien. Seulement l'impression de bien-être, car j'ai aussi l'autre bonheur de faire rarement des cauchemars. Il ne me reste plus qu'à apprendre à me souvenir.
Mon grand plaisir, c'est de trouver la position idéale juste avant de sombrer : bien couvert, sur le côté (droit ou gauche indifféremment), en chien de fusil et les mains sous l'oreiller. Quand c'est fait, je peux sombrer.
Au retour des toilettes, dans la nuit, un autre plaisir est de retrouver sous les draps la chaleur qui n'a pas disparu. C'est un peu comme si je ne dormais pas seul, avec les inconvénients d'un compagnon de lit en moins ! Et là, j'ai juste le temps de me dire : je suis bien, et je replonge.
J'ai aussi l'impression que je rêve de plus en plus en vieillissant. C'est rassurant. Pendant des mois après la mort de Pierre, mes nuits étaient vides, comme une autre mort pour moi. Maintenant, mes nuits sont pleines de personnages, de conversations, de paysage, de couleurs peut-être. Mais, juste après le réveil, il n'en reste rien. Seulement l'impression de bien-être, car j'ai aussi l'autre bonheur de faire rarement des cauchemars. Il ne me reste plus qu'à apprendre à me souvenir.
vendredi 1 février 2019
Momentini
- L'azalée que l'on m'a offerte à Noël n'a pas résisté. Pourtant mon appartement n'est pas trop chauffé. Je n'ai sans doute pas su trouver le bon mode de baignage. Elle s'est peu à peu desséchée. Je vais tâcher de la replanter en pleine terre.
- A la télévision, vu pour la première fois Les Parapluies de Cherbourg. Très contrarié au début par le fait que tout dialogue soit chanté, même les échanges les plus anodins. Puis conquis, non pas par la jeune Catherine Deneuve, un peu trop fade, ni par Marc Michel, trop "propre sur lui", mais par le jeu plus "réaliste" de Nino Castelnuovo.
- J'ai fini de poster sur mon site photos toutes celles de mon dernier voyage à Rome (Juin). Résultat : je ne pense qu'à y repartir. Il me reste encore à faire le même travail pour toute celles depuis Juin, soit environ 1500. Ensuite, parce que ma capacité de stockage est presque remplie, je les transférerai sur mon disque dur externe, en veillant à ne pas en perdre par maladresse comme ça m'est déjà arrivé une fois.
- A la télévision, vu pour la première fois Les Parapluies de Cherbourg. Très contrarié au début par le fait que tout dialogue soit chanté, même les échanges les plus anodins. Puis conquis, non pas par la jeune Catherine Deneuve, un peu trop fade, ni par Marc Michel, trop "propre sur lui", mais par le jeu plus "réaliste" de Nino Castelnuovo.
- J'ai fini de poster sur mon site photos toutes celles de mon dernier voyage à Rome (Juin). Résultat : je ne pense qu'à y repartir. Il me reste encore à faire le même travail pour toute celles depuis Juin, soit environ 1500. Ensuite, parce que ma capacité de stockage est presque remplie, je les transférerai sur mon disque dur externe, en veillant à ne pas en perdre par maladresse comme ça m'est déjà arrivé une fois.
Et pourquoi pas la peinture ? (40)
Gustave Courbet(1819-1877) :Le Désespéré (autoportrait, 1843-45).
Ce portrait, hélas appartenant à une collection privée, m'a toujours fasciné. D'abord par son format paysage (horizontal et rectangulaire), ce qui est rare pour ce genre de peinture, d'ordinaire verticale.
Mais surtout par l'expressivité du visage en gros plan, les yeux fixant le spectateur. Visage à la pâleur extrême, rehaussée par le blanc de la chemise. Cheveux très noirs sur lesquels la lumière tombe d'en haut. Des mains comme des serres qui semblent lui arracher les cheveux. Pourtant, l'homme est jeune, sans rides, avec les pommettes rosées. Que voit-il face à lui ? Qu'est-ce qui l'effraie, le sidère autant ? Il me semble que l'on est proche ici de la peinture espagnole, souvent sinistre dans ce qu'elle évoque.
Est-ce son exil en Suisse qui le désespéra ? En effet, Courbet, élu républicain, participa à la Commune de Paris (1871) et fut condamné à faire relever à ses frais la colonne Vendôme qu'on l'avait accusé d'avoir fait renverser.
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