samedi 15 juin 2019

Volte-face

Encore un Connelly, mais cette fois-ci axé sur Mickey Haller, l'avocat et demi-frère de Bosch. J'ai été parfois un peu dérouté car le "je" du récit n'est, cette fois-ci, pas le même. Mais que de savoir-faire, de savoir-écrire, ce Connelly ! Le procès de Jason Jessup, incarcéré depuis 24 ans pour l'enlèvement et le meurtre d'une fillette et relâché suite à un test ADN qui semble l'innocenter est raconté dans les moindre détails et je suis toujours ébahi devant la quantité de travail que demande à l'auteur une telle connaissance du milieu judiciaire et policier.
(Michael Connelly, Volte-face. Ed. Calmann-Lévy. Trad. de Robert Pépin.)

Une madeleine italienne


Franco Zeffirelli, mort hier (1923-2019),  n'est pas mon réalisateur italien préféré. Je le connais d'ailleurs moins bien que d'autres comme Pasolini, Antonioni,Visconti ou Fellini. Mais l'annonce aujourd'hui de sa mort m'a rappelé ce jour de 1981 où, à Perugia, j'ai découvert son film Fratello sole, sorella luna (titre français : François ou le chemin du soleil) consacré à saint François d'Assise.
(La chanson est interprétée par Donovan.) 

J'avais 29 ans, je parlais italien beaucoup plus couramment qu'aujourd'hui, ses jours ont été jusqu'à aujourd'hui les plus heureux de ma vie, je marchais dans Pérouse, Assise, Gubbio, Todi, Orvieto, j'étais amoureux de l'Italie, j'étais amoureux tout court. Je me souviens de tout et je suis toujours amoureux fou de l'Itali et de cette région, l'Ombrie.

vendredi 14 juin 2019

Douleur et gloire

J'ai vu le dernier film d'Almodovar, Douleur et gloire, avec Antonio Banderas et Pénélope Cruz. Le titre m'en paraissait, et m'en paraît toujours, un peu ridicule et suranné. Mais j'ai vérifié : c'est bien la traduction fidèle du titre original.

J'ai toujours beaucoup apprécié les films de ce réalisateur espagnol mais je dois dire que là, j'ai eu très peur au début. Je trouvais que tout cela se traînait interminablement et que l'on ne voyait pas vraiment où Almodovar voulait en venir.

Et puis tout s'est mis en place et la "magie" a de nouveau opéré. L'interprétation de Banderas est étonnante (il a d'ailleurs obtenu le prix d'interprétation masculine à Cannes cette année).

Un film très personnel et intime où j'ai retrouvé à la fois des réminiscences d'un autre Almodovar : La mauvaise Éducation (2004) et, parfois, un certain air de parenté avec de vieux films italiens, ce qui n'est pas habituellement le cas.

Et pourquoi pas la peinture ? (57)

Eugène Delacroix - Jeune orpheline au cimetière (vers 1824).JPG


J'ai toujours été fasciné par ce visage de jeune femme. Eugène Delacroix, qui peignit probablement ce tableau en 1824, l'intitula : Jeune orpheline au cimetière. Ce serait un travail préparatoire pour Scènes des massacres de Scio (Chio) et il est actuellement conservé au Musée du Louvre.

Pourtant, aucun sentiment de tristesse face à ce portrait. Seules quelques tombes au second plan expliquent le titre. Moi, j'y ai toujours vu une très belle femme, aux traits et à la posture tout à fait contemporains, en train d'écouter attentivement ce que lui dit quelqu'un qui se trouverait hors-champ, sur la droite où tout, son regard, l'inclinaison de son corps, jusqu'à son épaule dénudée, nous pousse à tourner les yeux. 

La force de ce tableau, à mon avis, est le mystère qu'il ne dévoile pas mais qu'elle, la jeune fille, voit. Et pour la représentation de la tête, je trouve que l'on n'est pas loin de la photographie.

jeudi 13 juin 2019

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

(Pour une fois, cette photo n'est pas mienne mais a été prise dans un cimetière, sur une tombe.)

mercredi 12 juin 2019

Bonne fête



Bouquet de pivoines

Étrangement, tous les saints à fêter aujourd'hui (sauf Chrodobalde et Odulphe) ont des prénoms pour la plupart encore actuels :  Guy, Antonine, Arsène, Christian, Pierre, Jacques, Isaac. Alors nos chers Chrodobalde et Odulphe ne m'en voudront pas si je m'attarde un peu sur celui qui apparaît aujourd'hui sur des calendriers : Guy.

Guy Vignotelli (dit Guy de Cortone), bienheureux, est mort en 1245. Ce seigneur modeste est cité dans Les "Fioretti" de saint François d'Assise pour avoir reçu le Poverello  et ses compagnons chez lui, leur avoir lavé les pieds et offert un copieux repas. Peu après, voyant saint François prier, il voulut devenir son disciple et partager sa pauvreté. Il devint donc franciscain en 1211et se retira dans une grotte près de Cortone.

Mais, en fait, le saint Guy de la fameuse danse (autrement appelée manie dansante ou chorémanie) n'est pas le même : il s'agit de Vitus (équivalent latin de Guy), né en Sicile et martyrisé à 12 ans par le gouverneur de l'île, Valérien. En ayant réchappé, il provoqua ensuite des guérisons miraculeuses et fut martyrisé une seconde fois par l'empereur Dioclétien. C'est au IXe siècle, parce qu'il se produisit des miracles au cours du transfert des reliques de saint Guy de Saint-Denis, en France, vers la Saxe, que le culte de saint Guy, protecteur des épileptiques et des malades atteints de chorée, se développa.

Cette "épidémie" serait apparue dès le V° siècle dans les couvents et chez les ermites. Les malades souffraient de troubles variés s'amplifiant à l'approche de la fête de la saint Guy, et ils se rendaient alors en pèlerinage dans l'une ou l'autre église qui lui était consacrée pour y danser afin, en théorie, de se libérer de leurs angoisses et de leur mal. Cette manie dansante se manifesta à plusieurs reprises, à Erfurt en 1237, à Aix-la-Chapelle en 1374, et, la plus connue, à Strasbourg en 1518. Sa dernière mention date de 1863, à Madagascar.
Le terme de "danse de Saint-Guy" était passé dans le langage populaire, sous forme d'imprécations,  et l'on disait souvent : "La danse de Saint-Guy te prenne le ventre et le nombril ! "
                                                                   

Musique et cinéma



Quand passent les Cigognes, un splendide film soviétique de Mikhaïl Kalatosov (1957, Palme d'or à Cannes en 58), sur la seconde guerre mondiale. Film assez méconnu aujourd'hui. Je ne l'ai vu qu'une seule fois, à la télévision il y a sans doute plus de quarante ans. Je me souviens encore du long tournoiement des branches d'arbres vues par un soldat mourant étendu au sol (voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=lvUmN4zyVTE). Musique de Mieczyslaw Weinberg.