A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une
phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez
l'agrandir en cliquant dessus.)
samedi 26 mars 2016
vendredi 25 mars 2016
jeudi 24 mars 2016
Le Balcon de Spetsaï
J'ai terminé ce livre de Michel Déon profondément ému. Je ne peux plus rien lire sur la Grèce sans penser à cette Mare Nostrum , berceau de nos civilisations, où flottent journellement des cadavres d'enfants, d'hommes et de femmes fuyant l'atrocité et abandonnés à leur sort. Les requins se porteront bien cette année encore.
Le Balcon de Spetsaï, ce sont les chroniques d'un séjour de Déon et sa femme, six mois sur cette île face au Péloponèse et proche d'Hydra. Une île encore sauvage dans ces années 59/60 et peu fréquentée par les hordes de touristes. Chroniques du petit peuple du port, du plaisir d'un vin résiné et de poissons frits au citron. Histoire de tous les jours, loin de l'Hellade mythique où l'on tente encore d'enfermer ce pays.
L'Italie et la Grèce sont mes deux berceaux naturels, mes deux nécessités, que j'aborde cependant d'une tout autre façon l'un de l'autre. L'Italie est mienne, je l'ai conquise autant qu'elle m'a conquise, en douceur, comme une mère retrouvée, un port que j'aurais quitté depuis longtemps et où, de retour, je me sens chez moi, à l'abri des vents et des tempêtes.
La Grèce, elle, a souvent résisté : je me souviens des premières tentatives avortées pour la connaître, de la joie enfantine de fouler son sol la première fois. Enfantin aussi mon enthousiasme en voyant apparaître, au fond de la rue que suivait le bus, la colline de l'Acropole.
Mais la Grèce était ailleurs, dans les montagnes d’Épire de Metsovo, dans une gare routière où je découvris pour la première fois les airs orientaux de sa musique, dans le Magne où une femme nous offrit un panier de figues fraîches ou à Trézène où l'on nous fit don d'une petite branche de fleurs odorantes, dans cet âne assoiffé au bord de la route à qui nous offrîmes ce qu'il restait d'une pastèque.
L'Italie est une maîtresse qui se donne, la Grèce une sauvageonne qui résiste.
Ému aussi par dessus tout, dans ces chroniques, par les quelques pages consacrées à Olympie au printemps, à la saison où je l'ai connue, ruines envahies par les fleurs sauvages auprès desquelles, depuis toujours, coulait paresseusement l'Alphée. Comment peut-on être à la fois dans son lit et à l'ombre d'éboulis de colonnes de temples ? Ces quelques pages sont sans doute ce que j'ai lu de plus beau dans ma vie.
(Michel Déon, Le Balcon de Spetsaï, in Pages grecques. Ed. Gallimard.)
Le Balcon de Spetsaï, ce sont les chroniques d'un séjour de Déon et sa femme, six mois sur cette île face au Péloponèse et proche d'Hydra. Une île encore sauvage dans ces années 59/60 et peu fréquentée par les hordes de touristes. Chroniques du petit peuple du port, du plaisir d'un vin résiné et de poissons frits au citron. Histoire de tous les jours, loin de l'Hellade mythique où l'on tente encore d'enfermer ce pays.
L'Italie et la Grèce sont mes deux berceaux naturels, mes deux nécessités, que j'aborde cependant d'une tout autre façon l'un de l'autre. L'Italie est mienne, je l'ai conquise autant qu'elle m'a conquise, en douceur, comme une mère retrouvée, un port que j'aurais quitté depuis longtemps et où, de retour, je me sens chez moi, à l'abri des vents et des tempêtes.
La Grèce, elle, a souvent résisté : je me souviens des premières tentatives avortées pour la connaître, de la joie enfantine de fouler son sol la première fois. Enfantin aussi mon enthousiasme en voyant apparaître, au fond de la rue que suivait le bus, la colline de l'Acropole.
Mais la Grèce était ailleurs, dans les montagnes d’Épire de Metsovo, dans une gare routière où je découvris pour la première fois les airs orientaux de sa musique, dans le Magne où une femme nous offrit un panier de figues fraîches ou à Trézène où l'on nous fit don d'une petite branche de fleurs odorantes, dans cet âne assoiffé au bord de la route à qui nous offrîmes ce qu'il restait d'une pastèque.
L'Italie est une maîtresse qui se donne, la Grèce une sauvageonne qui résiste.
Ému aussi par dessus tout, dans ces chroniques, par les quelques pages consacrées à Olympie au printemps, à la saison où je l'ai connue, ruines envahies par les fleurs sauvages auprès desquelles, depuis toujours, coulait paresseusement l'Alphée. Comment peut-on être à la fois dans son lit et à l'ombre d'éboulis de colonnes de temples ? Ces quelques pages sont sans doute ce que j'ai lu de plus beau dans ma vie.
(Michel Déon, Le Balcon de Spetsaï, in Pages grecques. Ed. Gallimard.)
Il y a un an
Aujourd'hui, jour pour jour, je prenais l'avion pour Rome avec une ribambelle de collégiens à mes trousses. Au même moment, le pilote dépressif de l'avion allemand précipitait son appareil sur les Alpes. Ma directrice, au courant de la catastrophe, s'est abstenue de nous en informer. C'est la seule chose intelligente qu'elle ait faite de tout le temps que je l'ai côtoyée.
Et Rome me manque déjà....
Et Rome me manque déjà....
mercredi 23 mars 2016
Momentini
- D'accord avec les commentaires sur les églises baroques. Pour moi, ce qui est intéressant, c'est le contraste entre l'intérieur luxuriant et doré et l'extérieur simple et s'intégrant parfaitement bien dans le paysage.
- Sorti mes géraniums. Ils ont bien résisté, même si l'un d'eux a encore quelques feuilles grignotées par une bestiole. Je finirai bien par la trouver et lui régler son sort : en général jetée dans la cour où les oiseaux ne lui laissent que peu de chance de s'en sortir.
- Lessivé les murs de ma cuisine (du coup, je le suis aussi !). Au moins trois ans de graisse de cuisson et de fumée de cigarettes. Je me suis promis, comme chaque fois, de le faire un peu plus souvent. Bientôt, ce sera le tour des vitres ! Vues sous le soleil, elles en ont bien besoin, même si je les nettoie deux fois par an.
- Ma vieille voisine devient insupportable ces derniers temps. Elle n'a jamais été très patiente mais là, elle bat des records. Et puis sa façon de toujours vouloir avoir raison commence singulièrement à m'agacer.
- Cette année (l'ai-je déjà dit ?), ce ne sera pas la Touraine mais la Dordogne. Je connais déjà un peu mais pas tout et y retournerai avec plaisir. J'espère bien que, cette fois-ci, nous aurons l'occasion de visiter une de ses grottes célèbres.
- Bien que touché profondément par les attentats de Bruxelles, je suis exaspéré par cette manie maintenant de dire : "Je suis ....". C'est "nous" qu'il faudrait dire, ou se taire et faire en sorte que nous, L'Europe, soit une réalité.
- Sorti mes géraniums. Ils ont bien résisté, même si l'un d'eux a encore quelques feuilles grignotées par une bestiole. Je finirai bien par la trouver et lui régler son sort : en général jetée dans la cour où les oiseaux ne lui laissent que peu de chance de s'en sortir.
- Lessivé les murs de ma cuisine (du coup, je le suis aussi !). Au moins trois ans de graisse de cuisson et de fumée de cigarettes. Je me suis promis, comme chaque fois, de le faire un peu plus souvent. Bientôt, ce sera le tour des vitres ! Vues sous le soleil, elles en ont bien besoin, même si je les nettoie deux fois par an.
- Ma vieille voisine devient insupportable ces derniers temps. Elle n'a jamais été très patiente mais là, elle bat des records. Et puis sa façon de toujours vouloir avoir raison commence singulièrement à m'agacer.
- Cette année (l'ai-je déjà dit ?), ce ne sera pas la Touraine mais la Dordogne. Je connais déjà un peu mais pas tout et y retournerai avec plaisir. J'espère bien que, cette fois-ci, nous aurons l'occasion de visiter une de ses grottes célèbres.
- Bien que touché profondément par les attentats de Bruxelles, je suis exaspéré par cette manie maintenant de dire : "Je suis ....". C'est "nous" qu'il faudrait dire, ou se taire et faire en sorte que nous, L'Europe, soit une réalité.
mardi 22 mars 2016
Megève (11)
Samedi.
Dernier jour à la neige : nous repartons demain matin.
Le matin, raquettes sur les crêtes, comme mercredi, mais en un peu plus court et en sens inverse. Il fait bien plus chaud que les premiers jours, et la neige font au bas des pentes. En haut, c'est toujours aussi beau mais la vallée de Chamonix est ensevelie dans un nuage de pollution impressionnant à voir depuis nos champs immaculés.
L'après-midi, dernier tour dans le village. C'est samedi, les rues sont encombrées de nombreux touristes et skieurs : mélange hétéroclite de de jeunes sportifs, de babas égarés et de couples apparemment richissimes. Et, comme ici, on essaie toujours d'être au dernier cri, certains appliquent déjà leur réforme orthographique.
Dernier jour à la neige : nous repartons demain matin.
Le matin, raquettes sur les crêtes, comme mercredi, mais en un peu plus court et en sens inverse. Il fait bien plus chaud que les premiers jours, et la neige font au bas des pentes. En haut, c'est toujours aussi beau mais la vallée de Chamonix est ensevelie dans un nuage de pollution impressionnant à voir depuis nos champs immaculés.
L'après-midi, dernier tour dans le village. C'est samedi, les rues sont encombrées de nombreux touristes et skieurs : mélange hétéroclite de de jeunes sportifs, de babas égarés et de couples apparemment richissimes. Et, comme ici, on essaie toujours d'être au dernier cri, certains appliquent déjà leur réforme orthographique.
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