mercredi 16 mars 2016

Megève (3)

Mardi.
Un bon gros dodo (ça calme, l'air pur !). Gérard part tout seul. Je reste au chalet avec Pierre. Il a neigé toute la nuit. Le ciel, un peu couvert en début de journée, se dégage vite. Petit tour en ville le matin : les hommes de bronze ont pris leur écharpe de neige !


En fin d'après-midi, il fait trop beau pour rester enfermé. Je propose à Gérard une petite promenade sur le chemin du Calvaire qui surplombe notre logement. Il s'agit en fait d'un Chemin de Croix grimpant en direction du plateau d'Arbois. Construit entre 1840 et 1878 sur l'initiative du curé de Megève de l'époque, il comporte 15 chapelles et oratoires (restaurés entre 2001 et 2007) qui accueillent, outre des fresques et des trompe-l’œil, une cinquantaine de statues en bois polychrome, souvent grandeur nature, évoquant la vie et la Passion du Christ. Inscrit aujourd'hui aux Monuments Historiques, il a valu un temps au village le surnom de Jérusalem savoisienne.  Pas trop de photos cette année : j'en ai déjà posté les années précédentes.




Personnellement, je ne suis pas fanatique de l'esthétique XIX° siècle, mais certaines statues sont pourtant très belles et la promenade très agréable.





Le soir, il reste du champagne. Il serait dommage de laisser les bulles s'évaporer ! Et puis ça ouvre l'appétit pour une copieuse fondue bourguignonne. Ensuite au lit devant la télé à regarder un de mes films favoris : Boulevard du crépuscule, de Billy Wilder (1950), avec William Holden et l'immense Gloria Swanson. Que du bonheur !

Megève (2)

Lundi.
Les choses sérieuses commencent. Levé tôt (enfin, pour moi !). Ah oui ! ne pas oublier de se tartiner un peu de crème protectrice sur le visage : j'ai horreur de ça mais ça m'évitera les petits ennuis de l'an dernier. J'inaugure mes premières raquettes (avant, je louais), achetées à Lyon il y a quelques mois. En voiture jusqu'à Combloux avec un soleil magnifique et des routes toujours aussi bien entretenues.



J'ai déjà fait cette balade les années précédentes et je sais à quoi m'attendre ! Pour la mise en jambes, l'itinéraire le plus court mais commençant par une belle grimpette. Les jambes tiennent, le souffle un peu moins. Gérard est patient et s'arrête lorsque je le lui demande. Nous sommes quasiment seuls et les rares personnes rencontrées nous saluent toutes : l'ambiance ici n'est pas la même qu'en bas. Pas de fourrures, pas de faces arrangées (?) et trop bronzées : rien que des gens heureux.



Plus haut, sur le plateau, c'est l'enchantement : le Mont blanc sans aucune brume, sans son éternelle écharpe au sommet. La neige a bien été damée sur la piste et, peu à peu, le souffle s'est régulé. Et puis la beauté mérite bien un petit effort. Surtout qu'au sommet, il y a le petit chalet qui nous attend, sa terrasse face aux aiguilles dont nous essayons de retenir les noms, et le verre de vin chaud à la cannelle avec la première cigarette.


Ce sera tout pour ce jour-là : il faut reprendre le rythme. De retour au logement, déjeuner léger préparé par Pierre pendant notre absence. Après ? Sieste, bien entendu !

Le soir, Frédéric arrive : il a failli rebrousser chemin devant la tempête de neige essuyée sur l'autoroute dans la vallée. Quant au repas du soir, je vais vous surprendre : j'ai complètement oublié ce que nous avons mangé, mais je me souviens très bien du champagne que nous avons bu !

Elle me manque, depuis plus de 18 ans







Preuve, s'il en fallait, qu'elle est inimitable !

mardi 15 mars 2016

Megève (1)

Dimanche.
Jean-Claude vient me chercher en fin de matinée. Nous n'allons pas très loin : rendez-vous a été pris à Bourgoin-Jallieu, dans un sympathique petit restaurant au charme "vieille Angleterre". Nous y retrouvons les deux Dupont(d), qui sont aussi du voyage, attablés devant un verre de blanc. (Malheureusement, pendant tout le séjour, ils ne lâcheront pas une seule Dupontade !). Excellent tartare !

Puis direction la vallée de Chamonix. L'autoroute est bien dégagée, comme la route grimpant depuis Sallanches jusqu'à la station. Nous nous installons dans les deux appartements en rez de jardin que nous louons depuis plusieurs années pour un prix relativement modique, hors période de vacances scolaires, grâce à une relation. Je serai seul ce soir à occuper l'un d'eux, Frédéric ne nous rejoignant que demain soir.


La grande surface étant fermée, petites courses de première nécessité dans le village. Comme chaque année, la station est ornée de diverses œuvres d'art,  cette fois statues de bronze inspirées de Giacometti qui ne me touchent que très peu (celles de l'an dernier étaient superbes). Dans les galeries, les magasins d'habillement, de produits locaux, les bijouteries, les prix sont prohibitifs. Et dans les rues, les manteaux de vison et autres fourrures sont pléthore.



La neige, déjà abondante, se met à tomber le soir. Elle tombera toute la nuit et demain, Frédéric aura plus de mal à arriver que nous.


Lettre à Madame

Madame,
je vous ai rencontrée un jour, il y a très longtemps. J'étais encore très jeune mais j'ai su tout de suite que je vous aimerai toujours. Et, je vous l'avoue aujourd'hui, cet amour pour vous n'a jamais faibli.

Partout je vous voyais, j'entendais votre voix si douce, vos intonations charmantes. Vous m'avez accompagné dans les années d'études, au primaire où je vous ai découverte, au lycée où je tentais de vous écrire des poèmes, maladroits mais sincères, à l'université où je ne supportais pas que l'on vous maltraite. Je ne vous ai jamais trahie, si ce n'est quelquefois par inadvertance.

Aujourd'hui, certains prétendent que vous avez vieilli, que vous êtes devenue un peu trop rigide, que d'autres sont plus belles que vous. Pour moi, vous avez gardé tous vos charmes, malgré vos caprices, malgré votre allure parfois altière. On vous trouve compliquée, je vous aime subtile. Et je ne comprends pas que l'on veuille vous rajeunir.

Bien sûr, pour vous approcher, pour vous apprécier, il est besoin d'efforts. Vous n'êtes pas du genre à vous donner à tous. C'est ce que j'aime en vous car, lorsque l'on vous a approchée, on ne peut guère en aimer d'autres : on peut les trouver belles, avoir envie de les connaître, mais, au fond des cœurs, c'est vous qui gardez la première place.

J'ai appris que l'on vous célèbre pendant quelques jours cette semaine, et ce n'est que justice. Mais c'est tous les jours que l'on doit vous célébrer, Madame, parce que vous êtes une grande dame, vous êtes ma Langue.

Humblement vôtre.
Calyste

lundi 14 mars 2016

Les Murs

Avant de partir, je m'étais permis de m'offrir une petite période de lecture maso : des nouvelles d'Abe Kôbô.

Abe Kôbô, c'est l'auteur de La Femme des sables, ce roman lu il y a quelques années et qui m'avait beaucoup marqué à cause de son atmosphère d'enfermement parfois insupportable. J'ai hésité à acheter ce nouvel opus mais je voulais vérifier si l'impression ressentie serait la même. Elle ne fut guère différente.

Six nouvelles très particulières qui, à certains rares moments m'ont enchanté, à d'autres ennuyé, voire gêné. Les sujets, tous à base de logique poussée à l'extrême dans un univers fantastique, ont, à mon avis, trop été tirés en longueur, ce qui finit par tuer l'originalité de l'idée de départ. Elles ont pourtant obtenues le prix Akutagawa en 1951.

Décidément, je ne partage pas l'univers trop "pervers" de ce monsieur.
( Abe Kôbô, Les Murs. Ed. Philippe Picquier. Trad. de Marc Mécréant)

Descendu de la montagne (mais pas à cheval).

 

Voilà ! Megève, c'est terminé. J'ai retrouvé mon appartement douillet avec plaisir, certes, mais aussi avec un peu de regret tant le cru 2016 fut bon !

D'abord, un temps sublime : grand soleil, froid très supportable en journée, et de la neige, de la neige, de la neige, donc balades à raquettes presque tous les jours... Les papattes, le talon, le dos ont tenus le coup. Et, quand ils commençaient à faiblir, rien de tel qu'un bon vin chaud face au Mont Blanc pour leur redonner de la vigueur !

Ensuite, le soir, pour se réchauffer, apéritifs bienvenus (plusieurs soirs au champagne, pour fêter les anniversaires de Frédéric et de Jean-Claude) et repas de circonstance (je ne me suis pas encore pesé !) : raclette, fondue (savoyarde et bourguignonne), diots,... Et, pour faire passer le tout, découverte d'un excellent yaourt au miel et d'un autre à la vanille !

Enfin, de bons moments consacrés à la culture : il y a longtemps que j'avais envie de visiter le musée de Megève et les églises baroques qui foisonnent dans le coin : c'est fait. Il me restera, pour les années suivantes, les petites chapelles et les oratoires, difficilement accessibles cette année pour cause d'enneigement exceptionnel.

Et, cerise sur le gâteau : même pas fatigué !