Arte, cet été, consacre un certain nombre de soirées aux années soixante. Ce soir, un film noir et blanc de 1965, Le Knack ( le Truc) et comment l'avoir, de Richard Lester. Des lignes, des carrés, du noir, du blanc, des fenêtres qui s'ouvrent, des portes qui se ferment( photographiquement, je suis fan), un lit immonde coincé dans un escalier, une maison que l'on peint en blanc, trois garçons, une fille et des centaines de demoiselles au look très sixteen en file devant l'Albert Hall en attendant leur idole (le séducteur des trois) ou dans son escalier, patientant pour avoir le privilège d'entrer dans sa chambre. Et puis un humour décalé (c'est une production britannique!) que j'aime et qui n'a plus aujourd'hui aucune chance d'exister, il me semble, comme lorsque la jeune fille cherche, au début du film, le Foyer Féminin Chrétien et se retrouve, incrédule, devant Buckingham Palace ou lorsque, devant la même inanimée, un des trois se demande si les filles ont le pouls au même endroit que les garçons.
Mais je n'ai vu ce film que par intermittence, endormi que j'étais souvent sur mon canapé tandis que la télévision continuait à diffuser ses images pour rien. Ce soir, Calyste est grandement fatigué: en plus des travaux de la cuisine, j'ai suivi les conseils de Frédéric et changé un certain nombre de meubles de place, en particulier dans ma chambre. Un peu sceptique au départ, je dois avoué qu'il avait raison et que la nouvelle disposition est plus aérée et plus agréable. Reste à savoir comment je vais dormir cette nuit avec mon lit dans l'autre sens. Je crois qu'après avoir manipulé à deux des centaines de livres, cela ne devrait pas être trop difficile! Good night!
(PS: juste pour dire que dans le film de ce soir apparaissaient pour la première fois Charlotte Rampling, Jane Birkin et Jacqueline Bisset. Du beau monde, tout de même. Morphée s'est arrangé, hélas, pour que je n'aperçoive que Jane!)
jeudi 5 août 2010
mercredi 4 août 2010
Du jour au lendemain
Sans leur attribuer un quelconque sens caché au profane qu'il faudrait absolument décrypter pour avancer sur son chemin de vie, je constate pourtant souvent d'étranges coïncidences. Ainsi, lundi, j'ai vu le western d'Howard Hawks, La Captive aux yeux clairs dont le titre original est The Big Sky. Or hier soir, après avoir terminé la lecture de gaudé, j'entame un nouveau roman, Indian Creek, de Pete Fromm, dont je parlerai plus tard, et que lis-je en page 16 ?
La lecture de The Big Sky de A.B. Guthrie me plongea dans une sorte d'hébétude, je m'imaginai devenir un nouveau Boone Caudill (un des héros du film) que le monde ébahi allait bientôt découvrir.
(...) Assez vite, je commençai à me fabriquer une paire de mocassins à la façon des Indiens Flathead (Têtes plates), mais je prétendais en secret qu'ils étaient Blackfeet, car les Blackfeet (ça ne vous rappelle rien, les Blackfeet, Pieds-Noirs) étaient plus redoutables.
Pour les vacances de printemps, Rader, son ami Sponz, moi et quelques autres, tous entassés dans le deerslayer, partîmes faire un séjour dans les Tétons ( cadre naturel servant de décor au film). Nous fîmes griller du poulet sur un feu interdit et bûmes du whisky bon marché comme le font dans les livres les hommes des grands espaces.
Voilà au moins un roman pour lequel je n'aurai aucune peine à imaginer les grandioses paysages.
(Les parenthèses dans le texte en italiques sont de moi.)
La lecture de The Big Sky de A.B. Guthrie me plongea dans une sorte d'hébétude, je m'imaginai devenir un nouveau Boone Caudill (un des héros du film) que le monde ébahi allait bientôt découvrir.
(...) Assez vite, je commençai à me fabriquer une paire de mocassins à la façon des Indiens Flathead (Têtes plates), mais je prétendais en secret qu'ils étaient Blackfeet, car les Blackfeet (ça ne vous rappelle rien, les Blackfeet, Pieds-Noirs) étaient plus redoutables.
Pour les vacances de printemps, Rader, son ami Sponz, moi et quelques autres, tous entassés dans le deerslayer, partîmes faire un séjour dans les Tétons ( cadre naturel servant de décor au film). Nous fîmes griller du poulet sur un feu interdit et bûmes du whisky bon marché comme le font dans les livres les hommes des grands espaces.
Voilà au moins un roman pour lequel je n'aurai aucune peine à imaginer les grandioses paysages.
(Les parenthèses dans le texte en italiques sont de moi.)
La Porte des Enfers
Laurent Gaudé est un auteur dont, en général, j'apprécie les romans. Je viens de découvrir (ou de redécouvrir si je l'avais oublié) qu'il n'a que trente-huit ans. Je dis "que" car il me semble à chacune de mes lectures qu'il est proche souvent des classiques, en passe lui-même d'un devenir un.
La Porte des Enfers ne m'a pas déçu non plus, bien au contraire, même si mon préféré de cet auteur reste celui qui me l'a fait découvrir: La Mort du roi Tsongor. Dans ce roman évoquant déjà dans son titre toute une mythologie côtoyée au cours de mes études de Lettres Classiques, il y aborde de façon originale et en même temps parfaitement classique, comme je viens de le dire, le thème de la mort d'un être cher que l'on va chercher aux Enfers pour le ramener à la lumière de la vie. Ici, c'est un père qui fait le voyage pour retrouver son fils tué par hasard à six ans dans un règlement de compte entre bandes mafieuses rivales.
Le décor du drame, bien sûr, c'est Naples, la ville de la mort par excellence, à l'ombre du Vésuve, qui la cache derrière une exubérance trompeuse. Le Porte à emprunter est ici, dans la ville, et c'est un groupe d'"éclopés" qui décidera d'envoyer deux d'entre eux explorer les Ténèbres. Ces éclopés, ce sont Garibaldo, le patron d'un petit bar qui sait préparer un café pour chaque occasion, Don Mazerotti, le vieux curé barricadé dans son église, en rupture avec Rome, et qui a creusé un souterrain pour s'échapper jusqu'au café d'en face, le professeur Provolone, grand érudit qui ne déteste pas à l'occasion se faire rosser nu par des voyous du port. Il y a aussi Grâce, le travesti et prostitué noir au grand cœur et Matteo, le chauffeur de taxi que la mort de son fils a privé de toute raison d'exister.
Belle écriture, avec des réminiscences antiques suffisamment fines pour qu'elle ne pèsent pas, personnages archétypiques à l'existence desquels on peut cependant croire. Ce livre est, pour moi, une réussite, voyage alliant la réalité napolitaine contemporaine et les mythes de cette Italie du sud pétrie de culture hellénique.
"Vous vous demandez pourquoi je fais cela... n'est-ce pas?... J'imagine que oui... Vous vous souvenez de la conversation que nous avions eue la dernière fois...? La mort qui se loge en nous... l'impression d'être une ombre parfois... oui, exactement cela...une ombre.... sans vie... Dans des instants-là, voyez-vous, quand ils frappent et rient avec sauvagerie, lorsque je sens leurs muscles joyeux sur moi... je vis. C'est étrange à dire. Mais je vous assure. Je me sens, oui, je ne sais pas le dire autrement... précieusement en vie.
(...) La société d'aujourd'hui, rationaliste et sèche, ne jure que par l'imperméabilité de toute frontière mais il n'y a rien de plus faux... On n'est pas mort ou vivant. En aucune manière... C'est infiniment plus compliqué. Tout se confond et se superpose... Les Anciens le savaient... Le monde des vivants et celui de morts se chevauchent. Il existe des ponts, des intersections, des zones troubles... Nous avons simplement désappris à le voir et à le sentir."
La Porte des Enfers ne m'a pas déçu non plus, bien au contraire, même si mon préféré de cet auteur reste celui qui me l'a fait découvrir: La Mort du roi Tsongor. Dans ce roman évoquant déjà dans son titre toute une mythologie côtoyée au cours de mes études de Lettres Classiques, il y aborde de façon originale et en même temps parfaitement classique, comme je viens de le dire, le thème de la mort d'un être cher que l'on va chercher aux Enfers pour le ramener à la lumière de la vie. Ici, c'est un père qui fait le voyage pour retrouver son fils tué par hasard à six ans dans un règlement de compte entre bandes mafieuses rivales.
Le décor du drame, bien sûr, c'est Naples, la ville de la mort par excellence, à l'ombre du Vésuve, qui la cache derrière une exubérance trompeuse. Le Porte à emprunter est ici, dans la ville, et c'est un groupe d'"éclopés" qui décidera d'envoyer deux d'entre eux explorer les Ténèbres. Ces éclopés, ce sont Garibaldo, le patron d'un petit bar qui sait préparer un café pour chaque occasion, Don Mazerotti, le vieux curé barricadé dans son église, en rupture avec Rome, et qui a creusé un souterrain pour s'échapper jusqu'au café d'en face, le professeur Provolone, grand érudit qui ne déteste pas à l'occasion se faire rosser nu par des voyous du port. Il y a aussi Grâce, le travesti et prostitué noir au grand cœur et Matteo, le chauffeur de taxi que la mort de son fils a privé de toute raison d'exister.
Belle écriture, avec des réminiscences antiques suffisamment fines pour qu'elle ne pèsent pas, personnages archétypiques à l'existence desquels on peut cependant croire. Ce livre est, pour moi, une réussite, voyage alliant la réalité napolitaine contemporaine et les mythes de cette Italie du sud pétrie de culture hellénique.
"Vous vous demandez pourquoi je fais cela... n'est-ce pas?... J'imagine que oui... Vous vous souvenez de la conversation que nous avions eue la dernière fois...? La mort qui se loge en nous... l'impression d'être une ombre parfois... oui, exactement cela...une ombre.... sans vie... Dans des instants-là, voyez-vous, quand ils frappent et rient avec sauvagerie, lorsque je sens leurs muscles joyeux sur moi... je vis. C'est étrange à dire. Mais je vous assure. Je me sens, oui, je ne sais pas le dire autrement... précieusement en vie.
(...) La société d'aujourd'hui, rationaliste et sèche, ne jure que par l'imperméabilité de toute frontière mais il n'y a rien de plus faux... On n'est pas mort ou vivant. En aucune manière... C'est infiniment plus compliqué. Tout se confond et se superpose... Les Anciens le savaient... Le monde des vivants et celui de morts se chevauchent. Il existe des ponts, des intersections, des zones troubles... Nous avons simplement désappris à le voir et à le sentir."
lundi 2 août 2010
Tri sélectif
La Captive aux yeux clairs
Le lundi, c'est le jour du western sur Arte. Aujourd'hui, on donnait La Captive aux yeux clairs, de Howard Hawks (1952) avec Kirk Douglas.
Ici, pas de grands canyons mais une rivière à remonter, le Missouri, jusqu'au pays des Pieds-Noirs à qui l'on va rendre la fille de l'un des principaux chefs en échange d'un lucratif commerce de peaux échappant au contrôle de la Compagnie des Peaux et Fourrures. Pas de déserts torrides mais des forêts giboyeuses où apparaitront bientôt les méchants, la tribu des Aigles sur le pied de guerre. Une histoire de grande amitié entre deux hommes que risque de compromettre l'amour pour la même femme. Thème classique et fort bien mis en actions ici.
Pourtant, je reste un peu sceptique sur la façon dont sont traduits en français les titres et les noms des personnages principaux. Ici, on atteint des sommets. Ainsi le titre original de La captive aux yeux clairs est The Big Sky, autrement dit Le Ciel Immense. Peu de rapport apparent donc. A moins que ce titre ne fasse écho au nom anglais de la captive indienne (qui d'ailleurs n'est pas captive), Teal Eye, que l'on peut traduire par Œil de Turquoise. Oui mais voilà, dans la version française, cette belle ténébreuse s'appelle.... Gazelle. Or, que je sache, il n'y a jamais eu de gazelle à l'état naturel en Amérique. Je crois me souvenir que ce charmant animal vit en Afrique et en Asie. Heureusement pour nous, le film date de 1952, dix ans avant les accords d'Evian, sinon je ne sais pas le nom qui aurait été choisi pour la tibu d'origine de la belle indienne!
Ici, pas de grands canyons mais une rivière à remonter, le Missouri, jusqu'au pays des Pieds-Noirs à qui l'on va rendre la fille de l'un des principaux chefs en échange d'un lucratif commerce de peaux échappant au contrôle de la Compagnie des Peaux et Fourrures. Pas de déserts torrides mais des forêts giboyeuses où apparaitront bientôt les méchants, la tribu des Aigles sur le pied de guerre. Une histoire de grande amitié entre deux hommes que risque de compromettre l'amour pour la même femme. Thème classique et fort bien mis en actions ici.
Pourtant, je reste un peu sceptique sur la façon dont sont traduits en français les titres et les noms des personnages principaux. Ici, on atteint des sommets. Ainsi le titre original de La captive aux yeux clairs est The Big Sky, autrement dit Le Ciel Immense. Peu de rapport apparent donc. A moins que ce titre ne fasse écho au nom anglais de la captive indienne (qui d'ailleurs n'est pas captive), Teal Eye, que l'on peut traduire par Œil de Turquoise. Oui mais voilà, dans la version française, cette belle ténébreuse s'appelle.... Gazelle. Or, que je sache, il n'y a jamais eu de gazelle à l'état naturel en Amérique. Je crois me souvenir que ce charmant animal vit en Afrique et en Asie. Heureusement pour nous, le film date de 1952, dix ans avant les accords d'Evian, sinon je ne sais pas le nom qui aurait été choisi pour la tibu d'origine de la belle indienne!
dimanche 1 août 2010
Bureau, la nuit
Je viendrais près de lui, tout près à le toucher, à respirer son parfum où je décèlerais sans doute une touche légère de transpiration, car il n'a pas ôté sa veste de la journée. Pourquoi être toujours ainsi engoncé dans cet éternel costume trois pièces gris? Lorsque je lui effleurerais la chevelure, il tournerait, surpris, son visage vers moi. Ses yeux verts frémiraient d'interrogations, eux qui n'ont jamais remarqué que j'étais une femme.
Non, pas une femme, sa secrétaire: "Holmes, où avez-vous mis le dossier Stuart? Je l'avais pourtant laissé sur le haut de la pile, hier soir! Holmes, regardez dans le meuble-classeur et sortez moi tout ce que vous trouvez sur les époux Stringblock. Vous vous souvenez, nous les avons eu comme clients il y a deux ans." Poli, appréciant la plupart du temps mes capacités d'organisation et mon travail rapide et soigné, mais comme on le ferait d'une machine bien huilée. Je suis sûre qu'il ne sait pas, lui, la couleur de mes yeux.
Et lorsqu'il se retournerait, surpris et sans doute un peu choqué de mon geste fou, il y devinerait ma passion, cet amour qui est né dès que je l'ai vu, au premier jour, et n'a pas cessé depuis. Presque dix ans que nous travaillons ensemble, dix ans que je lui consacre ma vie, sacrifiant mes soirées s'il me le demande, dix ans que nous sommes plus proches que mari et femme, dix ans qu'il ne me voit pas, dix ans qu'il disparaît en fin de semaine et que je passe mes dimanches seule, à attendre le lundi pour ouvrir la porte du bureau et guetter son arrivée, toujours un peu après moi. "Bonjour, Holmes. Passé un bon dimanche?" Mais il n'écoute jamais la réponse. Il est déjà assis, déjà un papier à la main.
Il n'aurait pas encore compris que je lui aurais déboutonné son gilet et desserré l'abominable cravate stricte qui lui serre le cou et que je l'aurais embrasser tendrement, goulument, sauvagement, passionnément, tout à la fois, parce que dix ans d'arriérés, une fois la bonde enlevée, ça ne se gère pas si facilement. Il n'y a plus que nous dans l'immeuble. Le dernier client est parti depuis plus d'une heure déjà. J'ai replacé bien droit le clavier de ma Remington. Il m'a dit que je pouvais partir, qu'il n'avait plus besoin de moi, qu'il finirait tout seul. J'ai prétexté la recherche d'un dossier qui m'échappait et que je devais traiter le lendemain à la première heure.
Il n'écoutait déjà plus. Se rendait-il seulement compte que j'étais encore là? La fenêtre à guillotine est ouverte et la brise fait gonfler la toile du rideau à moitié baissé. En bas, des étages plus bas, on perçoit les rumeurs de la ville. Tous ces gens qui quittent leurs bureaux et rentrent chez eux retrouver enfants et conjoints. Moi, rien. Je n'ai que lui. Aujourd'hui, en sortant du métro, j'ai décidé de lui parler. Ce matin, j'avais passé, sans intention pourtant, ma robe bleue moulante, celle qui met le mieux en valeur mes formes généreuses. J'étais prête. Il fallait que ce soit aujourd'hui. Si je reculais devant l'obstacle, jamais plus je ne pourrais le franchir.
Et maintenant, je suis comme une gourde, accoudée à ce tiroir de classeur, à chercher trop longuement ce document que je sais avoir caché au fond de mon tiroir. Peut-être ne faut-il pas brusquer trop les choses. Je risque de l'effrayer en agissant trop familièrement. M'approcher de lui, oui, mais en douceur et tâcher de le distraire de sa lecture. D'ailleurs qu'est-ce que c'est que cette lettre? Et là, maintenant, il la pose sous la lampe. Je croyais qu'il avait fini et allait se lever. Mais non, il reste immobile, les yeux dans le vague. Je le vois de profil et je n'ose croire à ce que je devine: il pleure. Une larme est tombée sur le buvard et son dos tremble légèrement. En tendant le cou, je peux voir les derniers mots de cette missive. Une belle écriture, à l'encre bleu nuit, une calligraphie détachée que je peux sans peine déchiffrer. La dernière phrase, en tout cas, qui me crucifie: "Je te quitte, Roy."
Et c'est signé James. Je ne lui parlerai pas ce soir.
( D'après le tableau d'Edward Hopper, Office at night, 1940)
Momentini
- Hier soir, encore au restaurant. Avec Jean-Claude, cette fois-ci. Un moment d'hésitation sur le choix du lieu et puis nous sommes allés à pieds jusqu'au Caveau, au bout de la rue des Marronniers. Beaucoup de monde partout, bien sûr. Bon repas lyonnais typique: tête de veau chaude sauce gribiche en entrée, suivie pour moi d'une andouillette moutarde et pour Jean-Claude d'un gratin de gras-double. Tout cela excellent. Repas terminé par une mousse au chocolat maison dont vous me diriez des nouvelles. Bon, d'accord, ce n'est pas ainsi que je vais perdre mes kilos superflus, mais c'était si bon! En regardant l'agitation de cette rue de restaurants, je me suis souvenu d'un repas pris ici, quelques mois après la mort de Pierre. La première fois depuis très longtemps que je remettais les pieds dans le centre. Ce soir-là, j'avais eu peur des gens, une peur quasi panique que j'avais eu beaucoup de peine à maîtriser tout au long de la soirée. J'avais fini dans un lit dont je m'étais enfui très vite, parce que le cœur n'y était pas, parce que je voulais retrouver ma tanière, parce que les draps sentaient la transpiration. Parce que.
- Nouveau parc visité aujourd'hui pour la promenade dominicale de Madame Mère. Le parc Chambovet, dans le quartier de Monchat. On m'avait dit qu'il était difficile à trouver. J'ai eu sans doute de la chance. Un peu déçu à l'arrivée. Seule est intéressante la plaque commémorative rappelant que, dans une maison autrefois située dans ce parc a été fondée la revue littéraire Confluences et que c'est ici qu'Aragon, en 1940, a écrit son fameux poème Il n'y a pas d'amour heureux. Le reste m'a paru bien pelé et sec quant à l'herbe, mal entretenu. En en faisant le tour, j'ai pu avoir un beau panorama inhabituel sur Lyon, puisque cette colline du troisième arrondissement domine la ville côté est, et le bonheur de constater que tous les jardins ouvriers de la périphérie lyonnaise n'avaient pas disparu. Tout près, la clinique Trarieux me tournait le dos. Tant mieux.
- Lyon pue en ce moment. Relents d'égouts à tous les coins de rue. Une belle pluie en fin d'après-midi (classée orage nécessitant la vigilance orange par Météo France: belle absurdité! Quand le principe de précaution fait dire n'importe quoi!)a lavé ces miasmes et rafraîchi un peu l'atmosphère. demain, nouvelle lessive en prévision.
- Lyon pue en ce moment. Relents d'égouts à tous les coins de rue. Une belle pluie en fin d'après-midi (classée orage nécessitant la vigilance orange par Météo France: belle absurdité! Quand le principe de précaution fait dire n'importe quoi!)a lavé ces miasmes et rafraîchi un peu l'atmosphère. demain, nouvelle lessive en prévision.
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