Je viens de boucler ma valise. Une bonne chose de réglée! J'ai toujours un peu d'anxiété à la perspective de devoir le faire. Pourtant, après les nombreux voyages effectués avec mes élèves, je sais que cela ne me prend que peu de temps et que, l'idée ayant fait son chemin dans mon subconscient les heures, voire les jours précédents, je n'aurai pas beaucoup d'hésitation quant au choix de ce que j'emmènerai.
Je procède toujours dans le même ordre: pantalon, slips, chaussettes, mouchoirs, T-shirts ou chemises, pulls, pyjama, chaussures, linge et trousse de toilette, pharmacie de base (paracétamol et magnésium) et, s'il reste de la place, robe de chambre légère. Puis papiers, argent, chéquier et bien sûr, en dernier parce que je suis sûr de ne pas les oublier: les livres.
Alors pourquoi cette légère anxiété? Sans doute parce que le fait de faire sa valise concrétise l'idée, jusque là purement abstraite et donc non réelle, du départ. Et si j'aime être parti, je n'aime pas partir. A peu de choses près, cela se produit aussi chaque soir au moment du coucher. Je retarde, plus ou moins volontairement, l'instant où je devrai m'étendre. Et une fois au lit, j'aime être couché et je me sens bien.
L'idée de la chose est anxiogène (c'est peut-être un bien grand mot, mais je n'en trouve pas d'autres), la chose réalisée est source de plaisir. Les psychiâtres rapprocheraient sans doute cela de la peur de mourir, de partir, de s'endormir définitivement. Je ne suis pas psychiâtre et ne cherche pas à tout expliquer. Mais si leur interprétation est la bonne, j'espère alors avoir la même réaction ensuite, après mon dernier souffle, et me trouver bien là où je serai!
Pour l'instant, je suis sûr d'être bien demain là où je me rends: je rejoins mon très ancien ami A. à Avignon pour deux ou trois jours d'escapade dans le sud.
dimanche 24 février 2008
Trop-plein.
Nous venons de passer un dimanche en famille très agréable, chez mon frère. Bon repas, après-midi tranquille et ensoleillée. Pas de tiraillements, pas de gêne, rien que du bien-être.
Alors pourquoi, chaque fois, en les quittant, ai-je un immense besoin physique, une envie quasi maladive que quelqu'un me prenne dans ses bras et me serre très fort contre lui? Pas de besoin sexuel, non, simplement me sentir bien entre ces deux bras repliés sur moi.
Autrefois, je me précipitais dans les lieux appropriés en quête du premier venu . Aujourd'hui, je rentre chez moi, conservant ce trop-plein de tendresse ( ou d'angoisse) que justement la rencontre du premier venu n'a jamais réussi à calmer. Là dessus aussi, j'ai changé.
Alors pourquoi, chaque fois, en les quittant, ai-je un immense besoin physique, une envie quasi maladive que quelqu'un me prenne dans ses bras et me serre très fort contre lui? Pas de besoin sexuel, non, simplement me sentir bien entre ces deux bras repliés sur moi.
Autrefois, je me précipitais dans les lieux appropriés en quête du premier venu . Aujourd'hui, je rentre chez moi, conservant ce trop-plein de tendresse ( ou d'angoisse) que justement la rencontre du premier venu n'a jamais réussi à calmer. Là dessus aussi, j'ai changé.
samedi 23 février 2008
Le moment "égoïste".
Puisque je viens d'ajouter un nouveau libellé, "Moi", à ma liste déjà longue, autant le nourrir immédiatement d'un autre billet plus personnel que ceux des derniers jours, au risque de tomber dans un exhibitionnisme qui, peut-être, fait aussi partie de ma personnalité.
Plusieurs conversations, ces derniers temps, aussi bien avec J. qu'avec F-J., ont tourné autour de la solitude, ou plus exactement du besoin de solitude que tous trois nous avons visiblement en commun, pour se ressourcer, pour être en adéquation avec soi-même.
A une collègue qui me demandait un soir après les cours pourquoi je ne faisais pas comme la plupart, pourquoi, une fois le travail fini, je ne rentrais pas tout de suite chez moi, j'avais répondu: "Je me re-cueille", non en m'adonnant à une quelconque méditation (quoique), mais en essayant de récupérer les morceaux de moi-même éparpillés dans la journée et en tentant d'en faire un tout acceptable et conforme à ce que je suis.
Cet éparpillement de soi est ( était, car j'ai maintenant dépassé ce stade), pour moi, un des aspects les plus pénibles du métier d'enseignant. Tout donner pendant nécessite de tenter de tout reprendre après, sinon ça ne durera pas longtemps. Le nombre de dépressions dans cette profession est, de ce point de vue-là, assez parlant.
Consacrer du temps à soi-même est donc indispensable si l'on veut aussi se consacrer aux autres de façon saine . Les gens qui n'osent pas dire non parfois peuvent-ils être véritablement eux-mêmes face à ceux qu'ils côtoient? Se restreindre mais donner le meilleur me semble préférable.
Et puis, pour ma part en tout cas, je ne peux pas faire autrement. Si une journée se passe sans que j'aie eu ce moment "égoïste", je deviens très vite agressif, désagréable et virulent en paroles. Quelques amis ou collègues en ont fait, à leur plus grande surprise , la douloureuse expérience. Ce moment est à moi, pas touche, sinon je mords. Et ceux qui, se fiant à mon air de gentil labrador (oui, F-J., d'épagneul, si tu veux, vu les oreilles!), n'y ont pas cru se sont fait mordre.
J'ai eu en main, au début de ma carrière, un texte de Camus (dont le thème général touchait au théâtre, si j'ai bonne mémoire) allant dans le même sens: si l'on veut rendre les autres heureux, il faut être heureux soi-même. Le moment "égoïste" semble une bonne façon d'y parvenir.
Plusieurs conversations, ces derniers temps, aussi bien avec J. qu'avec F-J., ont tourné autour de la solitude, ou plus exactement du besoin de solitude que tous trois nous avons visiblement en commun, pour se ressourcer, pour être en adéquation avec soi-même.
A une collègue qui me demandait un soir après les cours pourquoi je ne faisais pas comme la plupart, pourquoi, une fois le travail fini, je ne rentrais pas tout de suite chez moi, j'avais répondu: "Je me re-cueille", non en m'adonnant à une quelconque méditation (quoique), mais en essayant de récupérer les morceaux de moi-même éparpillés dans la journée et en tentant d'en faire un tout acceptable et conforme à ce que je suis.
Cet éparpillement de soi est ( était, car j'ai maintenant dépassé ce stade), pour moi, un des aspects les plus pénibles du métier d'enseignant. Tout donner pendant nécessite de tenter de tout reprendre après, sinon ça ne durera pas longtemps. Le nombre de dépressions dans cette profession est, de ce point de vue-là, assez parlant.
Consacrer du temps à soi-même est donc indispensable si l'on veut aussi se consacrer aux autres de façon saine . Les gens qui n'osent pas dire non parfois peuvent-ils être véritablement eux-mêmes face à ceux qu'ils côtoient? Se restreindre mais donner le meilleur me semble préférable.
Et puis, pour ma part en tout cas, je ne peux pas faire autrement. Si une journée se passe sans que j'aie eu ce moment "égoïste", je deviens très vite agressif, désagréable et virulent en paroles. Quelques amis ou collègues en ont fait, à leur plus grande surprise , la douloureuse expérience. Ce moment est à moi, pas touche, sinon je mords. Et ceux qui, se fiant à mon air de gentil labrador (oui, F-J., d'épagneul, si tu veux, vu les oreilles!), n'y ont pas cru se sont fait mordre.
J'ai eu en main, au début de ma carrière, un texte de Camus (dont le thème général touchait au théâtre, si j'ai bonne mémoire) allant dans le même sens: si l'on veut rendre les autres heureux, il faut être heureux soi-même. Le moment "égoïste" semble une bonne façon d'y parvenir.
Temps mort.
- J'ai toujours peur d'être en retard.
Voilà ce que m'a dit ma mère hier soir.
Elle venait de finir de dîner, et, sans attendre, il fallait baisser les stores, enlever les bas de contention, vérifier si le lit était bien fait, changer des détails dans l'arrangement des draps, passer la chemise de nuit, remonter le réveil mécanique et placer le verre d'eau pour le cachet de 21h sur la table de nuit.
Il était 18h40. J'essayais de suivre les nouvelles sur FR3 et lui fis remarquer que nous avions tout le temps devant nous et que ce qui se disait à la télévision m'intéressait. Elle n'a pas tenu une minute avant de réitérer sa demande. Au bout d'un moment, j'en ai eu assez et lui ai reproché son côté "petite fille gâtée", rôle qu'il semble bien qu'elle ait jouer longtemps en privé avec mon père. C'est à ce moment qu'elle m'a fait cette réponse.
J'y ai repensé ensuite chez moi, dans la soirée, tant la répartie n'était pas banale. Ma mère aurait-elle toujours eu peur du temps mort? Dans ce cas, cela expliquerait l'évolution que je vois dans mon comportement: on me reproche parfois de ne pas cesser de bouger, d'agir, de m'occuper, et le reproche n'est pas gratuit.
Plus jeune, je savais ne rien faire, j'étais même un doux rêveur. Ma capacité de m'évader du monde qui m'entourait était telle que ma mère, en me surprenant dans ces moments d'absence, me demandait chaque fois si j'allais bien, si je n'étais pas malade. Aujourd'hui, je ne sais plus. Il faut que je sois occupé, ne serait-ce qu'à lire. L'enfer, pour moi, serait d'être condamné à rester allongé sur une plage, à ne rien faire de toute la journée.
Les responsabilités que l'on m'a très tôt mises sur le dos en tant qu'aîné tutorant ses frères et sœurs, puis, beaucoup plus tard, la maladie et la mort de Pierre, ont sans doute exaspéré cet aspect de moi qui aujourd'hui me gêne moi-même, parfois.
J'arrive heureusement peu à peu à profiter du moment présent sans plus avoir en tête la liste des choses qui restent à régler mais cela me demande un effort, et le mouvement recommence lorsque je reviens à mon naturel. Il faudrait que je me résigne à ne pas vouloir tout gérer, que je consente à ce que tous les fils ne soient pas dans mes mains, que sans doute j'accepte réellement de devoir mourir un jour.
Voilà ce que m'a dit ma mère hier soir.
Elle venait de finir de dîner, et, sans attendre, il fallait baisser les stores, enlever les bas de contention, vérifier si le lit était bien fait, changer des détails dans l'arrangement des draps, passer la chemise de nuit, remonter le réveil mécanique et placer le verre d'eau pour le cachet de 21h sur la table de nuit.
Il était 18h40. J'essayais de suivre les nouvelles sur FR3 et lui fis remarquer que nous avions tout le temps devant nous et que ce qui se disait à la télévision m'intéressait. Elle n'a pas tenu une minute avant de réitérer sa demande. Au bout d'un moment, j'en ai eu assez et lui ai reproché son côté "petite fille gâtée", rôle qu'il semble bien qu'elle ait jouer longtemps en privé avec mon père. C'est à ce moment qu'elle m'a fait cette réponse.
J'y ai repensé ensuite chez moi, dans la soirée, tant la répartie n'était pas banale. Ma mère aurait-elle toujours eu peur du temps mort? Dans ce cas, cela expliquerait l'évolution que je vois dans mon comportement: on me reproche parfois de ne pas cesser de bouger, d'agir, de m'occuper, et le reproche n'est pas gratuit.
Plus jeune, je savais ne rien faire, j'étais même un doux rêveur. Ma capacité de m'évader du monde qui m'entourait était telle que ma mère, en me surprenant dans ces moments d'absence, me demandait chaque fois si j'allais bien, si je n'étais pas malade. Aujourd'hui, je ne sais plus. Il faut que je sois occupé, ne serait-ce qu'à lire. L'enfer, pour moi, serait d'être condamné à rester allongé sur une plage, à ne rien faire de toute la journée.
Les responsabilités que l'on m'a très tôt mises sur le dos en tant qu'aîné tutorant ses frères et sœurs, puis, beaucoup plus tard, la maladie et la mort de Pierre, ont sans doute exaspéré cet aspect de moi qui aujourd'hui me gêne moi-même, parfois.
J'arrive heureusement peu à peu à profiter du moment présent sans plus avoir en tête la liste des choses qui restent à régler mais cela me demande un effort, et le mouvement recommence lorsque je reviens à mon naturel. Il faudrait que je me résigne à ne pas vouloir tout gérer, que je consente à ce que tous les fils ne soient pas dans mes mains, que sans doute j'accepte réellement de devoir mourir un jour.
vendredi 22 février 2008
Avec mon fidèle Passe-Partout.
Hier, pas un mot sur ce blog. Ca n'arrive pas souvent. Mais qu'est-ce qu'on peut être occupé pendant les vacances!

De plus, de coureur je deviens marcheur et accomplit le Tour de Lyon en Quatre-vingt Jours, accompagné de mon fidèle Passe-Partout,... euh je veux dire F-J. Il rouspète bien un peu de devoir m'attendre à chaque photo prise (et il y en a beaucoup!), mais je crois que c'est pour le principe, pour montrer qu'il est un homme, un vrai, et bon an mal an, nos promenades se passent plutôt bien, très bien même.

Hier, ce fut le Vieux-Lyon côté Saint-Georges, c'est à dire la partie la plus au sud de la vieille ville. Des trois quartiers, Saint Paul, Saint Jean et Saint Georges, c'est le seul qui ait gardé un peu de son authenticité originelle: toutes les façades ne sont pas ravalées, on n'y croise que peu de touristes et il y subsiste quelques petits commerces sans prétention pour des habitants sans prétention eux-mêmes. Je crains que cela ne dure pas très longtemps.

Surprise désagréable de découvrir que l'église du quartier est investie par les intégristes, sans doute avec la bénédiction de l'archevêque. A lire les affichages à l'intérieur, on ne peut guère se tromper. Certains, je trouve, distillent même la haine et la violence, ce qui est le comble dans une église.

Surprises agréables: à quelques minutes d'intervalle, retrouver une ancienne collègue d'allemand que j'ai beaucoup appréciée lors de ses remplacements chez nous et qui a depuis quitté l'enseignement, et une ancienne élève avec qui je suis resté à bavarder plus longtemps (mais là, F-J. ne piaffait pas!). Je me souvenais parfaitement d'elle: une élève atypique, pas très travailleuse, plutôt râleuse mais au caractère bien trempé (sans doute, la "tache de vin" qui lui ponctue la paupière inférieure de l'oeil gauche y est-elle pour quelque chose) et à l'habit hors de tout mode uniformisée. Et c'est dans ce domaine qu'elle s'est lancée: elle se prépare à devenir costumière de théâtre et a même un petit atelier de confection qu'elle m'a montré de l'extérieur, n'en ayant pas les clefs sur elle.

Ce qui m'a beaucoup touché, c'est qu'en me reconnaissant, elle m'ait demandé la permission de m'embrasser puis, lorsque son petit copain, visiblement tout aussi atypique qu'elle, est arrivé avec leur chien, qu'elle nous ait proposé sans plus de façon de venir prendre un thé chez elle. Si je n'avais pas eu rendez-vous avec J. quelques instants plus tard pour passer la soirée avec lui, je crois bien que j'aurais accepté. Je pense en tout cas repasser par son atelier, je le lui ai promis.

De plus, de coureur je deviens marcheur et accomplit le Tour de Lyon en Quatre-vingt Jours, accompagné de mon fidèle Passe-Partout,... euh je veux dire F-J. Il rouspète bien un peu de devoir m'attendre à chaque photo prise (et il y en a beaucoup!), mais je crois que c'est pour le principe, pour montrer qu'il est un homme, un vrai, et bon an mal an, nos promenades se passent plutôt bien, très bien même.

Hier, ce fut le Vieux-Lyon côté Saint-Georges, c'est à dire la partie la plus au sud de la vieille ville. Des trois quartiers, Saint Paul, Saint Jean et Saint Georges, c'est le seul qui ait gardé un peu de son authenticité originelle: toutes les façades ne sont pas ravalées, on n'y croise que peu de touristes et il y subsiste quelques petits commerces sans prétention pour des habitants sans prétention eux-mêmes. Je crains que cela ne dure pas très longtemps.

Surprise désagréable de découvrir que l'église du quartier est investie par les intégristes, sans doute avec la bénédiction de l'archevêque. A lire les affichages à l'intérieur, on ne peut guère se tromper. Certains, je trouve, distillent même la haine et la violence, ce qui est le comble dans une église.

Surprises agréables: à quelques minutes d'intervalle, retrouver une ancienne collègue d'allemand que j'ai beaucoup appréciée lors de ses remplacements chez nous et qui a depuis quitté l'enseignement, et une ancienne élève avec qui je suis resté à bavarder plus longtemps (mais là, F-J. ne piaffait pas!). Je me souvenais parfaitement d'elle: une élève atypique, pas très travailleuse, plutôt râleuse mais au caractère bien trempé (sans doute, la "tache de vin" qui lui ponctue la paupière inférieure de l'oeil gauche y est-elle pour quelque chose) et à l'habit hors de tout mode uniformisée. Et c'est dans ce domaine qu'elle s'est lancée: elle se prépare à devenir costumière de théâtre et a même un petit atelier de confection qu'elle m'a montré de l'extérieur, n'en ayant pas les clefs sur elle.

Ce qui m'a beaucoup touché, c'est qu'en me reconnaissant, elle m'ait demandé la permission de m'embrasser puis, lorsque son petit copain, visiblement tout aussi atypique qu'elle, est arrivé avec leur chien, qu'elle nous ait proposé sans plus de façon de venir prendre un thé chez elle. Si je n'avais pas eu rendez-vous avec J. quelques instants plus tard pour passer la soirée avec lui, je crois bien que j'aurais accepté. Je pense en tout cas repasser par son atelier, je le lui ai promis.
Ca ne vole pas bien loin.
Je viens de terminer la lecture des Cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini.
J'ignorais, en l'achetant en poche il y a quelques mois, qu'il avait eu un immense succès, succès confirmé récemment par la sortie d'un film. C'est le livre que j'avais emporté avec moi et que je commençais à lire à la clinique la nuit de la mort de mon père. Je ne l'ai pas retouché pendant longtemps, jusqu'à ce qu'une collègue m'en reparle pour me dire qu'elle le trouvait extraordinaire.
Je ne partage pas tout à fait son avis. Bien sûr, comme beaucoup de romans écrits par des américains aujourd'hui, cela peut se lire avec plaisir, sans gêne en tout cas. Peut-être est-ce l'influence des ateliers d'écriture que beaucoup d'écrivains des Etats-Unis semblent fréquenter.
Mais, peut-être à cause de ces mêmes ateliers, on a affaire à une littérature totalement lisse, polie dans les deux sens du mot, c'est à dire sans aspérités et sans incongruité. Même les scènes les plus violentes de l'histoire, la lapidation d'un homme et d'une femme au stade, ou la bagarre avec un des chefs talibans par exemple, semblent avoir été passées à ce filtre-là: le littérairement correct.
De plus, les gentils sont très gentils, les méchants très méchants, et la rédemption du héros fait tellement rapidement peu de doute que l'on ne voit plus qu'une histoire destinée à tirer des larmes à Manon là où j'aurais aimé trouver une mise en romanesque un peu plus rude et proche de la réalité de la guerre en Afghanistan.
D'ailleurs la dernière partie du livre, la recherche de l'enfant dans les ruines de Kaboul et la fuite au Pakistan, m'a un peu irrité: on n'est plus très loin d'une écriture cinématographique, l'histoire est comme mise en images, et le héros se transforme un peu trop à mes yeux en une sorte d'Indiana invincible, en un James Bond qui, après l'épreuve obligatoire de nos jours de la dégelée monumentale, se remet très vite en selle et sort vainqueur de toutes les chausse-trappes.
En résumé, je comprends qu'un tel livre plaise au plus grand nombre, et ce n'est pas déshonorant.
Ce soir, je dors avec Berlin Alexanderplatz d'Alfred Döblin.
J'ignorais, en l'achetant en poche il y a quelques mois, qu'il avait eu un immense succès, succès confirmé récemment par la sortie d'un film. C'est le livre que j'avais emporté avec moi et que je commençais à lire à la clinique la nuit de la mort de mon père. Je ne l'ai pas retouché pendant longtemps, jusqu'à ce qu'une collègue m'en reparle pour me dire qu'elle le trouvait extraordinaire.
Je ne partage pas tout à fait son avis. Bien sûr, comme beaucoup de romans écrits par des américains aujourd'hui, cela peut se lire avec plaisir, sans gêne en tout cas. Peut-être est-ce l'influence des ateliers d'écriture que beaucoup d'écrivains des Etats-Unis semblent fréquenter.
Mais, peut-être à cause de ces mêmes ateliers, on a affaire à une littérature totalement lisse, polie dans les deux sens du mot, c'est à dire sans aspérités et sans incongruité. Même les scènes les plus violentes de l'histoire, la lapidation d'un homme et d'une femme au stade, ou la bagarre avec un des chefs talibans par exemple, semblent avoir été passées à ce filtre-là: le littérairement correct.
De plus, les gentils sont très gentils, les méchants très méchants, et la rédemption du héros fait tellement rapidement peu de doute que l'on ne voit plus qu'une histoire destinée à tirer des larmes à Manon là où j'aurais aimé trouver une mise en romanesque un peu plus rude et proche de la réalité de la guerre en Afghanistan.
D'ailleurs la dernière partie du livre, la recherche de l'enfant dans les ruines de Kaboul et la fuite au Pakistan, m'a un peu irrité: on n'est plus très loin d'une écriture cinématographique, l'histoire est comme mise en images, et le héros se transforme un peu trop à mes yeux en une sorte d'Indiana invincible, en un James Bond qui, après l'épreuve obligatoire de nos jours de la dégelée monumentale, se remet très vite en selle et sort vainqueur de toutes les chausse-trappes.
En résumé, je comprends qu'un tel livre plaise au plus grand nombre, et ce n'est pas déshonorant.
Ce soir, je dors avec Berlin Alexanderplatz d'Alfred Döblin.
mercredi 20 février 2008
Truisme.
Un enfant, à l'école primaire, doit apprendre à lire, écrire et compter. Voilà ce que vient de découvrir un ministre, et pas n'importe lequel: le ministre de l'Education Nationale. Merci, Monsieur le Ministre. Vous en avez d'autres, des comme ça, qu'on rigole? Tiens, j'en perds mon français, moi!
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