mercredi 4 novembre 2026

Je me souviens (4)

Je me souviens du jardin :

- Je me souviens du jardin, un grand jardin qui nous produisait fruits et légumes. Pour les fruits, il y avait les fraises, au sol, mais aussi un cerisier, un prunier (reine-Claude) et un cognassier on ramassait aussi les poires de trois poiriers dans le pré dut haut). Quant aux légumes, c'étaient principalement des salades, des bettes et des haricots verts. Les pommes de terre étaient, elles, cultivées dans une "terre", une partie du pré d'en bas qui avait été labourée. 

- Je me souviens des fleurs que ma mère y plantait régulièrement, des reine-marguerite, des dahlias et des glaïeuls, une fleur que j'ai toujours aimée. Au centre de l'allée principale trônait un faux puits, fait en pneus peints qui débordait de fleurs. Je possède une photo de nous, les quatre enfants, posant devant ce puits. Ma petite sœur tient dans ses bras un jouet, un chien en plastique, qi ne la quittait pas. Elle souriait, espiègle, sans savoir qu'elle n'avait plus très longtemps à vivre. Moi, le grand, je veillais sur la couvée. 

- Je me souviens, en bordure de route, un vieil arbre énorme où je montais (pas très haut, je n'ai jamais su -manque de souplesse et vertige-) souvent avec un roman pour lire tranquillement, même si, à cette époque, mon père n'était pas favorable à cette "activité de fainéant, lui qui, plus tard, se mettra aussi à la lecture, des San Antonio principalement).  Un jour, j'y était resté tellement longtemps que le parfum des fleurs m'avait comme saoulé. 

- Je me souviens de la tonnelle, avec son banc sous les vieilles roses. Là aussi, je lisais, je me souviens des Trois Mousquetaires en adaptation pour enfants. C'est là que j'ai passé les événements de mai 38, le lysée étant fermé et ma mère m'ayant interdit de me rendre en ville, craignant pour ma sécurité. Pour moi donc, l'air ne sentait pas les gaz lacrymogènes mais les vieilles roses. 

- Je me souviens de la petite maison au fond du jardin, ayant servi d'habitation avant qu'un partie des bâtiments de la ferme soient habitables. Je n'y ai jamais vécu, mais m'y rendais souvent pour jouer avec le fatras d'objets inutiles qui y avaient été remisés et pour rêver devant l'ancien four à pain dont on voyait encore le foyer. Heureuse époque de notre enfance où nous avions tant de lieux pour jouer, nous qui ne partions pas en vacances.

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