Dans un mois, ce sera fait. J'ai beau, consciemment, en être ravi, il me vient fréquemment, en ce moment, une sorte de vulnérabilité des sens qui, chaque fois qu'elle m'assaille, lorsque je suis seul, me laisse tout pantois. Mon inconscient me joue trop souvent le coup de "la dernière fois'".
Face aux troncs des arbres, qu'Hélène m'a dit contempler souvent elle aussi pour se ressourcer, des géants qui disparaissent un à un des hauteurs du parc parce que trop vieux, dangereux. Devant le plan d'acanthes et les roses trémières, ou le bouquet de coquelicots contre le mur au soleil.
Face aux vieux bureaux des classes défraîchies, à l'alignement un peu de guingois après le départ des élèves. Devant le placard dont j'ai seul la clé et qui est encore rempli de mon monde.Qui s'en servira une fois que je ne serai plus là ? Dans le couloir dont le sol imprime le reflet des fenêtres ensoleillées.
Face à la vue sur Lyon, à l'est s'étendant jusqu'aux massifs des Alpes et à mes pieds déroulant ses toits serrés de tuiles romaines. Devant la façade, autrefois recouverte de vigne vierge, où le soleil joue certains soirs, sa meilleure symphonie.
Bientôt sera le jour où je donnerai un dernier tour de clé, où je quitterai la vue, et l'odeur, et le bruit qui m'ont accompagné depuis tant d'années. Alors, bien vite, je retourne jouer avec mes petits camarades. Eux seront là encore longtemps.
Les pauvres....
jeudi 6 juin 2013
mercredi 5 juin 2013
L'Oiseau Canadèche
Après le pavé, un tout petit roman, le temps que mes mains se décrampent! Lu en une journée, pendant que mes élèves grattaient des textes à la valeur littéraire qui me laissera chancelant de bonheur lorsque je corrigerai leurs copies: L'Oiseau Canadèche, de Jim Dodge. C'est gentil, c'est mignon et complètement déjanté, une histoire d'un grand-père, de son petit-fils et d'un canard atypique. Juste ce qu'il me fallait à ce moment-là. (La postface est nulle!)
( Jim Dodge, L'Oiseau Canadèche. Ed. 10/18. Trad. de Jean-Pierre Carasso.)
( Jim Dodge, L'Oiseau Canadèche. Ed. 10/18. Trad. de Jean-Pierre Carasso.)
Mémoire(s)
Travail de la mémoire. Souvenir partagé, mais différent. L'essentiel, c'est de l'avoir en commun. Kicou était dans la salle des professeurs. Nous étions quelques-uns, assis, des amis, entre nous. Elle debout remontait son collant d'une façon grotesque, pour nous faire rire. La directrice était apparue dans son dos. Nous la voyions, elle pas. Elle continuait son numéro de cirque. Après, le rouge aux joues, de la honte, mais toujours la réplique pour se sortir de l'ornière.
Hélène et moi partageons cette image d'une Kicou telle qu'on l'a aimée, clown débordant de vitalité. Je me souviens du coin fauteuils, dans la grande salle, au-dessous des panneaux d'emplois du temps. Hélène situe la scène dans la salle fumeurs, de l'autre côté du local. Elle la revoit, je la revois. La même et différente. Travail de la mémoire. L'essentiel, c'est le partage.
Hélène et moi partageons cette image d'une Kicou telle qu'on l'a aimée, clown débordant de vitalité. Je me souviens du coin fauteuils, dans la grande salle, au-dessous des panneaux d'emplois du temps. Hélène situe la scène dans la salle fumeurs, de l'autre côté du local. Elle la revoit, je la revois. La même et différente. Travail de la mémoire. L'essentiel, c'est le partage.
mardi 4 juin 2013
Dans la main du diable
FINI ! Enfin! l'énorme pavé d'Anne-Marie Garat, Dans la main du diable. Enfin parce que, même si le roman est intéressant, 1300 pages, ça commençait à être bigrement long! Je ne connaissais pas cet auteur qui est pourtant publiée depuis près de trente ans. Étrange écriture, très proche de celle des grands du XIX° siècle, où rien ne nous est épargné, ni la description des lieux de l'intrigue, ni l'analyse prolongée des sentiments éprouvés par les différents personnages. Moi qui aime la concision, là, j'ai été servi !
L'histoire se déroule principalement à Paris, à la fin de l'année 1913 et s'achève à la déclaration de la première guerre mondiale. Une jeune femme, après la disparition de l'homme qu'elle aimait, doute de la réalité de sa mort, et décide d'enquêter sur le mystère qui entoure cette disparition. Ce qu'elle va découvrir dépasse largement ce à quoi elle aurait pu légitimement s'attendre et le secret si bien gardé se révélera finalement être un secret-défense. En dire plus serait déflorer l'intérêt de cette œuvre foisonnante que j'ai failli lâcher plusieurs fois mais que je ne regrette pas d'avoir lue jusqu'au bout.
Si cela vous dit, armez-vous de patience et d'un bon coussin pour caler dans le lit le volume un peu trop lourd. Et ne vous laissez pas rebuter par la niaiserie du titre.
( Anne-Marie Garat, Dans la main du diable. Ed. Actes sud.)
L'histoire se déroule principalement à Paris, à la fin de l'année 1913 et s'achève à la déclaration de la première guerre mondiale. Une jeune femme, après la disparition de l'homme qu'elle aimait, doute de la réalité de sa mort, et décide d'enquêter sur le mystère qui entoure cette disparition. Ce qu'elle va découvrir dépasse largement ce à quoi elle aurait pu légitimement s'attendre et le secret si bien gardé se révélera finalement être un secret-défense. En dire plus serait déflorer l'intérêt de cette œuvre foisonnante que j'ai failli lâcher plusieurs fois mais que je ne regrette pas d'avoir lue jusqu'au bout.
Si cela vous dit, armez-vous de patience et d'un bon coussin pour caler dans le lit le volume un peu trop lourd. Et ne vous laissez pas rebuter par la niaiserie du titre.
( Anne-Marie Garat, Dans la main du diable. Ed. Actes sud.)
Préfaces
Faut-il lire les préfaces ? Question un moment abordée hier après-midi dans une émission de France-Inter. Pour ma part, je ne les lis que si elles sont extrêmement courtes, tant mon envie d'entrer dans le roman est pressante, beaucoup plus que ce que peut en dire un autre, fût-il une célébrité. Mais, dans ces cas-là, est-ce la peine ? Elles ne font en général qu'encenser l'auteur et développer, et encore!, ce que dit déjà la quatrième de couverture.
Si elles sont longues, soit elles déflorent l'intérêt du roman, la découverte progressive que l'on en a en ne les lisant pas, soit elles paraissent très vite extrêmement ennuyeuses tant celui qui les a commises semble sûr de sa lecture et nous abreuve de sa science dont le côté pointu ne peut nous intéresser puisque nous n'avons pas encore lu le roman.
Parfois, je les lis après le roman. Mais là, un autre danger guette: le livre suivant, qui attend patiemment son tour, tout près du lit et que l'on entend déjà (si, si, je vous assure) se plaindre doucement en répétant inlassablement "Et moi ? et moi ? et moi ?". Je ne lui résiste jamais longtemps. Et ne m'en trouve pas plus mal.
Si elles sont longues, soit elles déflorent l'intérêt du roman, la découverte progressive que l'on en a en ne les lisant pas, soit elles paraissent très vite extrêmement ennuyeuses tant celui qui les a commises semble sûr de sa lecture et nous abreuve de sa science dont le côté pointu ne peut nous intéresser puisque nous n'avons pas encore lu le roman.
Parfois, je les lis après le roman. Mais là, un autre danger guette: le livre suivant, qui attend patiemment son tour, tout près du lit et que l'on entend déjà (si, si, je vous assure) se plaindre doucement en répétant inlassablement "Et moi ? et moi ? et moi ?". Je ne lui résiste jamais longtemps. Et ne m'en trouve pas plus mal.
dimanche 2 juin 2013
Rien (mais tellement plus)
Il était une fois un gentil petit blogueur qui voulait raconter son week-end, dire comme il avait été heureux de ci ou de ça, avec celui-ci ou avec ceux-là. Mais finalement, le bien-être, est-ce que ça peut se raconter ? Alors le susdit Calyste n'en va rien faire, d'autant plus qu'il lui reste trente pages à lire de son pavé de 1300 et que ça, ça presse, parce qu'il a vraiment envie de passer à autre chose !
Alors, merci à tous ceux qui ont contribué à faire de ces deux jours un vrai moment de détente, et bonne nuit, même aux autres.
( Pour le titre, ne vous inquiétez pas, je ne me prends pas pour Louis XVI !)
Alors, merci à tous ceux qui ont contribué à faire de ces deux jours un vrai moment de détente, et bonne nuit, même aux autres.
( Pour le titre, ne vous inquiétez pas, je ne me prends pas pour Louis XVI !)
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