mardi 6 septembre 2011

Baalbeck

Ce soir, c'est Baalbeck que j'ai en tête. Béqaa coincée entre Liban et Anti-Liban. Voyage en fin de guerre avec l'ennemi du sud. Les Syriens sont là, à chaque barrage, à chaque rue. Tente dressée, sinistre kaki, devant l'entrée des ruines. Il faut se cacher pour photographier.

D'autres tentes le long de la route, campements misérables de nomades bédouins. Du col, vue splendide sur l'Anti-Liban et le Barouk encore enneigés. "Barouk" viendrait du mot arabe signifiant "agenouillement des chameaux"

Beauté des temples, des six colonnes orphelines. Et les roses trémières transplantées en Savoie, fleurissant à foison et qu'il n'emporta pas dans son lieu de retraite.

Lecture d'une note du 17/04 (de quelle année?):
Déjeuner dans la propriété des Jésuites à Tanaël, au bord d'un lac artificiel. Ces hommes sont restés toute la guerre sur place, et sont simples et chaleureux. Est-ce cela des saints? Au fond de la propriété, un petit campement de Palestiniens. Ils se baignent au bord du lac: c'est le premier jour de la fête du mouton

lundi 5 septembre 2011

Petits cailloux blancs

Ces jours derniers, plusieurs situations m'ont fait, par hasard, repenser à mon père (P.2). Mais si fréquemment que je l'ai remarqué et que cette récurrence a fini par me troubler. Pourquoi ce faisceau d'éléments qui n'avaient rien à voir avec lui me ramenait-il systématiquement à son image?

Hier, c'était son anniversaire. Il aurait eu 80 ans. J'ai été le seul à m'en souvenir. Le hasard avait semé des petits cailloux blancs sur mon chemin.

dimanche 4 septembre 2011

Je la trouve si belle (10)

Greta Garbo (1905-1990). Le cou.

Momentini

- Mon cœur saigne ce soir: impossible d'accéder à trois de mes blogs favoris, les deux bretons et le nordiste ligérien. Warum?

- Mon cœur saigne ce soir: mes deux acolytes habituels, Frédéric et Jean-Claude, sont en vacances en Espagne. Et, convenez-en avec moi, un apéritif tout seul, ça n'a rien de très festif. Vais-je tenir jusqu'à leur retour?

- Mon cœur saigne ce soir: demain, je reprends en main un ustensile qui a bien subi la poussière pendant deux mois de vacances: mon cartable. Main gauche bien sûr. J'espère que je me lèverai du pied droit.

- Mon cœur saigne ce soir: il ne me reste que quatre cigarettes dans le paquet, et, théoriquement, ce sont les dernières. Bon, d'accord, je vous ai déjà fait le coup.

- Mon cœur saigne ce soir: je viens de finir la lecture d'un roman passionnant (voir billet précédent). Entamé celle de: "Le Dérèglement du monde", de Amin Maalouf. Vous tiendrai au courant.

- Mon coeur..... Bon, allez, j'arrête. J'entends le Samu qui arrive.... pour la perfusion.

(P.S.: pendant que j'écrivais, la réserve de drogue est passée à trois....)

Eureka Street

Livre découvert totalement par hasard. Ce jour-là, à la librairie, pour l'achat de deux 10/18, on vous en offrait un troisième. Aucun nom connu de moi, alors j'ai pris le plus gros poche et j'ai bien fait. Robert McLiam Wilson est un jeune auteur irlandais qui entremêle dans ce livre les destins de nombreux personnages essayant de survivre dans Belfast en guerre.

Les deux principaux sont Jake, le catholique, pas très au net avec sa libido, et Chuckie, le protestant qui, à sa plus grande surprise, deviendra milliardaire. Autour de ces deux amis inséparables malgré leur appartenance confessionnelle différente, gravitent d'autres protagonistes hauts en couleur, comme la mère de Chuckie qui se découvre lesbienne sur le tard, comme Roche, sorte de poulbot de Belfast que Jake parviendra à sortir de la misère et de la violence., comme Max, l'américaine, comme Aoirghe, la républicaine intransigeante...

Le coup de génie de l'auteur, c'est d'avoir présenté ces hommes et ces femmes que tout pourrait séparer dans une Irlande à feu et à sang comme un groupe soudé qui traverse ensemble leur mésaventures personnelles ou nationales, c'est de naviguer sans cesse entre le tragique et le comique, c'est d'avoir raconté la vie de gens simples aux prises avec l'Histoire qui les dépasse.

( Robert McLiam Wilson, Eureka Street, 10/18. Trad. de Brice Matthieussent.)

samedi 3 septembre 2011

Lyon et ses pellicules.

Dans les trésors des Frères Lumière. 1895. (Ça a tout de même un peu changé depuis!)

Des rues et des noms

Tout près de mon lieu de travail, il existe un quartier qui a encore un peu conservé de l'aspect de son passé: si les maisons moyen-âgeuses ont disparu, restent le tracé de la voie, sinueuse et étroite, et les noms anciens sur les plaques.

Il suffit de lever un peu le nez pour lire de petits bouts de poésie, comme rue des Chevaucheurs (les Chevaucheurs étaient les courriers du roi), rue des Macchabées (elle porte le nom des saints vénérés dans la première église qui précéda celle actuelle de Saint-Just, et dont parle Sidoine Apollinaire) ou, ma préférée, la rue Vide-bourse.

J'ai cru longtemps, commettant ainsi une erreur grossière d'anatomie, que, étant donné son aspect très discret, les gens pris sur le chemin d'une envie pressante, venaient y soulager une vessie trop comprimée. Il n'en est rien mais l'origine du nom de cette ruelle reste obscure: coupe-gorge où il ne faisait pas bon s'aventurer? Lieu d'implantation d'une auberge mal famée où l'on pouvait assouvir, moyennement monnaie sonnante et trébuchante, des instincts plus charnels? Emplacement d'une maison de jeux? Nul ne semble le savoir avec certitude.

Mais peu m'importe. Moi, elle me plaît, même avec son mystère, et pendant l'année où j'ai circulé sans voiture, j'y allais fréquemment, avant d'arriver au collège, pour profiter de son calme et de son aspect quasi campagnard. Rassurez-vous, le détour n'était pas long et ne m'empêchait pas de rejoindre à l'heure mes petites têtes pensantes. Et personne, jamais, n'y a porté atteinte à ma bourse!