mercredi 3 septembre 2008

Retrouvailles.

Aujourd'hui, j'accueillais ma classe de cinquième, en tant que professeur principal.

C'est toujours un moment émouvant, de voir dans la cour ces pré-adolescents déjà mal dans leur corps pour certains, encore accompagnés pour la plupart de leurs parents, maman en général, et qui n'en reviennent pas eux-mêmes d'avoir autant grandi pendant les vacances.

Il y a ceux qui se tiennent raides, déjà prêts pour la compétition qu'ils comptent bien gagner, ceux qui, encore petits, lorgnent, mine de rien, vers les tables de ping-pong, attendant avec impatience d'être libérés et de reprendre leur jeux d'enfants, ceux qui, se balançant d'un pied sur l'autre, ont du mal à cacher leur angoisse, ceux qui bavardent, ceux qui rêvent, ceux qui se grattent le nez. Toute une panoplie de nouveaux visages face à nous, les profs, que, bien sûr, ils connaissent déjà, de vue ou de réputation.

J'avoue éprouver chaque fois un grand sentiment de gratitude intérieure quand, à l'annonce de mon nom pour telle ou telle classe, j'entends des soupirs de soulagement ou même des murmures de contentement dans les rangs. Je n'ai jamais entendu autre chose, je n'ai jamais lu un graffiti insultant à mon égard, et cela me fait plaisir, vraiment. Je le dis sans honte et sans forfanterie.

A l'arrivée dans la classe, il a fallu en calmer deux ou trois que la montée de l'escalier avait fait sortir de leur réserve passagère. Distribuer les livres, les carnets de correspondance, les cartes d'identité scolaire, les emplois du temps. Ramasser les réponses aux circulaires de bourses, fiches médicales, APE, catéchèse, demi-pension, droit à l'image... Vérifier l'orthographe des noms, les prénoms, les langues vivantes, les options. Écrire au tableau les noms des professeurs, de toute l'équipe pédagogique, prêter de la craie au prof de la salle à côté, commenter le règlement intérieur.

Et, bien sûr, pendant ce temps, avoir l'œil sur l'assistance pour éviter les dérapages ou les problèmes de compréhension, prendre la température d'un groupe avec qui l'on va passer de nombreuses heures, et, avec l'œil restant, vérifier que l'on n'a pas pris de retard, que tout sera bien fini à midi. Ne pas afficher un visage trop sympathique, ne pas leur laisser croire non plus qu'ils ont en face d'eux un kapo aboyeur. Crevant! Surtout pour la voix qui, même chez un bavard comme moi, en prend toujours un coup les jours de rentrée.

Voilà, c'est fait. J'ai embrayé avec un après-midi de travail, apprentissage de nouvelles façons de naviguer sur Internet (je suis nul dans bien des domaines), et remise en ordre de certains de mes dossiers, en jachère depuis quelques années. Des heures obligatoires mais pas enthousiasmantes.

Ce soir, je suis K-O. C'est bien pire que la course à pied. Sans doute le changement brusque de rythme. Et demain, six heures de cours. Alors, je dis que je vais me coucher de bonne heure et JE VAIS LE FAIRE. Cochon qui s'en dédit.

Spectacle raté.

Eh bien, c'était rasoir. Le spectacle d'hier soir ne présentait aucun intérêt, à mon avis. Heureusement, il n'a duré qu'une heure.

Le titre: Quand le bleu devient Bleu, on ne peut plus faire comme s'il était vert. Mélange de musique, de danse, de projections et de récit. Le thème: "Partez en voyage à travers un nuancier de bleus, partez à la découverte de votre propre bleu". Cela aurait pu être magnifique, comme le spectacle donné à Villeurbanne le soir de la fête de la musique, en juin. C'était raté: les projections sur écran bien pâlottes et ternes, le récit niais (et pourtant l'idée de départ, à la manière d'un conte, était bonne), la danse peu convaincante (mais je n'y connais rien), seule la musique a, parfois, retenu mon attention.

Bref, j'ai regretté ma sortie, d'autant qu'après acrobranche et mes trois tours de parc, j'en avais déjà plein les pattes, et que, pour rentrer, j'ai essuyé un gros orage avant de faire de même avec la selle du vélo.

Mais, comme disait tante Marguerite: qui ne risque rien n'a rien.

mardi 2 septembre 2008

Tandem.

Allez, on y va? Je passe derrière.

Je suis là, je suis là.

Vraiment? Certains ont cru que ce blog fermait après la photo de mon dernier billet? Mais non! Nicolas a vu juste: seulement un clin d'œil à M. de La Palice. Je ne pouvais pas laisser ignorée cette vérité profonde affichée à la vitrine d'une épicerie près de chez moi. Alors, voilà, je suis encore là. Tant pis pour ceux qui voyaient déjà poindre de durables vacances. Tant mieux pour tous les autres. Allo, les autres! Contents?

D'ailleurs, je vais vous faire une confidence: au cours de la conversation avec J., tout à l'heure, je lui ai dit: "Je me suis réabonné à La Vie". La Vie, l'hebdomadaire chrétien d'actualité (qu'au passage, même si vous n'êtes pas chrétiens, je vous recommande pour la qualité de ses articles). Mais, après, dans l'après-midi, quand je me suis souvenu de cette phrase, j'ai trouvé que je venais de dire là quelque chose d'important pour moi: des mots un peu grands sans doute, un air de sentence un peu trop définitive, mais, entre les mots trop grands et la phrase trop ronflante, une vérité intime.

Alors, vous pensez bien que je ne vais pas, comme ça, jeter aux orties, ce lieu d'écriture qui m'a tant apporté en ce sens. Au contraire, plus que jamais, j'ai envie d'écrire. Tenez, par exemple, aujourd'hui, mes occupations, en vrac:

- acrobranche avec les sixièmes. J'ai eu envie d'essayer, vraiment. Dommage que tout ait déjà commencé lorsque je suis arrivé. J'ai assisté d'en bas. Mais nos élèves étaient très, très bien encadrés sur place (n'est-ce pas, Stéphane!): ils ne pouvaient être en de meilleurs mains. Je m'y serais bien mis aussi, dans ces mains-là, mais bon!

- course à pied à la Tête d'Or. De plus en plus de monde. Sans doute pour éliminer le surplus accumulé pendant les vacances. Et, comme il fait encore très chaud, de plus en plus de petits shorts (n'est-ce pas, Gonzo!), de petits c... bien ronds et de belles jambes dorées. Ah, vivement le semi-marathon! Je ne vais plus savoir où donner de la tête!

- massage donné: 1/4 d'heure à frotter, pétrir, chauffer, tirer, repousser, sourire,... mais vous n'en saurez pas plus.

- ce soir, spectacle de rue, que j'avais complètement oublié. Merci, Mireille, de me l'avoir rappelé. Une des animations de Septembre, qui en est riche. Lieu: la place devant le Théâtre des Célestins. Thème: je ne sais plus, j'avais lu la présentation et ça m'avait paru sympathique. Je fais confiance. Et puis si rasoir, un petit coup de vélo'v et dodo.

Voili, voilo. De toutes façons, vous ne vous en tirerez pas à si bon compte avec un bavard comme moi! A demain! Ou plutôt non: juste pour que Stéphane me réécrive un petit commentaire, suite au prochain billet.

lundi 1 septembre 2008

J'allais le dire!

Bin, oui, hein!

Une de plus.

Combien de bises données et reçues? Combien de fois à essuyer les lunettes après ces bises? Pas trop de "Alors, t'as passé de bonnes vacances?". Un très plaisant: "Tu sais que t'es beau, toi!". Des retrouvailles avec les anciens des six établissements, dont certains que je vois rarement; des rencontres avec les nouveaux, douze juste au collège, tout jeunes, tout frais, tout beaux. Pour certains, leur première rentrée. Ils veulent avoir l'air sérieux et décontracté. Mais quand ils se croient inaperçus, ils laissent passer un peu de leur tension sur leur visage. C'est là que je mesure pour moi le chemin parcouru.

Ennui mortel au lycée, plus d'une heure, du discours du directeur général qui non seulement est un piètre orateur mais a eu en plus le culot de nous resservir le même qu'au mois de juin, à la clôture de l'année. Pourquoi parler, et répéter, quand on n'a strictement rien à dire?

Ensuite, retour au collège. Enfin du concret. Première réunion générale, présentation de l'année, apéritif, repas offert, et l'après-midi autres réunions, dont je vous passe le détail: j'ai pitié. J'en ai profité aussi pour charrier des tonnes de livres, et les placards pour les mettre, pour "reconnaître" ma nouvelle salle de cinquième, plus large et lumineuse que la précédente qui ressemblait davantage à un couloir encombrée de bureaux. Premières photocopies de l'année. Recherche (fructueuse) d'un tampon pour effacer le tableau, de la manivelle pour baisser les stores, d'une poubelle, d'une pendule qui accepte de donner l'heure, de craies blanches (les plus nombreuses) plus quelques-unes de couleur. C'est parti.

Demain, bien que ne travaillant pas (les cours normaux commencent jeudi), j'irai l'après-midi faire un tour à "acrobranche" où les 6°, en demi-journée d'intégration, vont apprendre à se connaître et à connaître certains de leurs enseignants.

Tout à l'heure, en rentrant, long coup de fil de Noëlle, de Creuse, qui venait de lire mes "Lettres à Pierre" que Dominique lui avait imprimées, puisqu'elle n'a pas internet. Je suis très heureux de cette gentillesse de Dominique, puisque toutes deux l'ont connu et apprécié. Ce qui me fait le plus plaisir, c'est que Noëlle m'ait dit qu'elle nous avait reconnus dans ce que j'ai écrit.

J'ai mon emploi du temps (depuis le 14 juillet), j'ai mes listes, j'ai mes salles, j'ai déjà des réunions programmées, toutes plus importantes les unes que les autres (!!!!). Il ne me manque rien, si ce n'est l'essentiel: découvrir mes élèves de la cuvée 2008/2009. Ce sera pour mercredi avec mes cinquièmes, jeudi pour les autres.
Allez, au boulot! Construisons!

Rentrée.

Finalement, ce matin, j'ai envie!