Je me crois revenu en classe. Quand je dis à mes élèves que ce dont je vais leur parler n'est pas à retenir, qu'il s'agit d'une simple parenthèse, je peux être sûr qu'ils en auront un souvenir parfaitement clair des mois plus tard, alors que la leçon importante de grammaire ou d'orthographe sera, elle, depuis longtemps oubliée.
Eh bien, sur ce blog, c'est la même chose. Je m'escagasse à écrire un billet sérieux, références et bibliographie à l'appui, sur des aspects culturels de notre société. Résultat: rien, pas le moindre petit morceau de mouche ou de vermisseau. Pardon, je m'égare: pas la moindre réaction, pas le moindre petit commentaire. J'avais pourtant trouvé un titre que je trouvais accrocheur, mais rien!
En revanche, lorsque je préviens que l'on racle les fonds de tiroir de l'imagination bloguesque, alors là, tous présents! On bat des records de commentaires. Je vais finir par croire que mon physique vous intéresse davantage que ma culture. Bon d'accord, mais tout de même! Vous risquez d'être fortement déçus, et, pour ma part, j'ai toujours fait davantage confiance à ma tête qu'au reste de ma personne.
Alors voilà, on va remettre un peu d'ordre dans les rangs. Elève Piergil, date de la bataille de Marathon? Quoi? Parlez plus fort, mon ami! Ah! Il est absent aujourd'hui... Bon alors, récréation. Quand je le dirai, élève Autissier! N'oubliez pas que la cloche, ici, c'est moi.
mardi 22 juillet 2008
lundi 21 juillet 2008
On touche le fond!
Voici ce que j'appelle un article de fond. Entendez par là fond de tiroir, lie de la bouteille, gras figé au fond du plat en fin de repas. Mais tant pis, je suis lancé.
En un mot comme en cent (et notez que pour ne rien dire, j'en ai déjà utilisé une vingtaine), le mot qui pour moi est "intapable" sur le clavier, c'est le mot "même". D'ailleurs, à l'instant, pour le faire apparaître correctement, j'ai dû ralentir considérablement la frappe. Sinon, c'est l'horreur. C'est chaque fois autre chose qui s'affiche sur l'écran: m^eme, mmême, m^^eme, em^me, et tant d'autres fantaisies dues à ce fichu accent circonflexe. Je sais, on tolère aujourd'hui la suppression de cet accent compliqué dans un certain nombre de mots (pas à "même", à ma connaissance). Mais sur ce point, je suis un ayatollah (ça aussi, c'est coton à écrire!): jamais! Tant que j'enseignerai, mes élèves apprendront âge, abîme, vêtement (et nénuPHar aussi d'ailleurs), etc. Alors je l'emploie chaque fois qu'il le faut mais lui ne se laisse guère apprivoiser. Difficulté aggravée par le fait que je tape plus vite d'une main que de l'autre, donc inversion fréquente de lettres.
Je vous l'avais annoncé: c'est passionnant. La prochaine fois, je vous dirai quelle est la main la plus rapide. J'espère que je ne vais décourager, par ce genre de confidences de la plus extrême importance, mes fidèles lecteurs qui, si j'en crois mes espions, sont de plus en plus nombreux chaque jour. J'en connais même qui y viennent plusieurs fois dans la journée. Non, pas de noms, je ne "rapporte" pas. Mais je suis flatté, très flatté. Tiens, pour un peu, je vous ferais la bise. Ca valait le coup de lire jusqu'au bout, non?
Et puis, re-tiens, c'est jour de bonté. Il n'y a pas de raison que l'un d'entre vous m'ait vu "en vrai" et que tous les autres doivent se contenter de mon ombre une fois apparue dans ce blog. Alors, ce soir, je dévoile. Regardez là, en dessous, c'est moi. Non, pas le monsieur bedonnant à la chemise à carreaux rouges, l'autre, en bleu et blanc, celui qui prend la photo, quoi. Eh oui, je n'ai qu'un petit zoom!
En un mot comme en cent (et notez que pour ne rien dire, j'en ai déjà utilisé une vingtaine), le mot qui pour moi est "intapable" sur le clavier, c'est le mot "même". D'ailleurs, à l'instant, pour le faire apparaître correctement, j'ai dû ralentir considérablement la frappe. Sinon, c'est l'horreur. C'est chaque fois autre chose qui s'affiche sur l'écran: m^eme, mmême, m^^eme, em^me, et tant d'autres fantaisies dues à ce fichu accent circonflexe. Je sais, on tolère aujourd'hui la suppression de cet accent compliqué dans un certain nombre de mots (pas à "même", à ma connaissance). Mais sur ce point, je suis un ayatollah (ça aussi, c'est coton à écrire!): jamais! Tant que j'enseignerai, mes élèves apprendront âge, abîme, vêtement (et nénuPHar aussi d'ailleurs), etc. Alors je l'emploie chaque fois qu'il le faut mais lui ne se laisse guère apprivoiser. Difficulté aggravée par le fait que je tape plus vite d'une main que de l'autre, donc inversion fréquente de lettres.
Je vous l'avais annoncé: c'est passionnant. La prochaine fois, je vous dirai quelle est la main la plus rapide. J'espère que je ne vais décourager, par ce genre de confidences de la plus extrême importance, mes fidèles lecteurs qui, si j'en crois mes espions, sont de plus en plus nombreux chaque jour. J'en connais même qui y viennent plusieurs fois dans la journée. Non, pas de noms, je ne "rapporte" pas. Mais je suis flatté, très flatté. Tiens, pour un peu, je vous ferais la bise. Ca valait le coup de lire jusqu'au bout, non?
Et puis, re-tiens, c'est jour de bonté. Il n'y a pas de raison que l'un d'entre vous m'ait vu "en vrai" et que tous les autres doivent se contenter de mon ombre une fois apparue dans ce blog. Alors, ce soir, je dévoile. Regardez là, en dessous, c'est moi. Non, pas le monsieur bedonnant à la chemise à carreaux rouges, l'autre, en bleu et blanc, celui qui prend la photo, quoi. Eh oui, je n'ai qu'un petit zoom!
Rencontres hasardeuses.
Deux nouveaux petits exemples d'une certaine inconséquence dans la publicité. Vous vous rappelez sans doute du "Nunc est bibendum" (Maintenant il faut boire) de chez Michelin pour lancer un de ses modèles de pneus.
On retrouve le même paradoxe ailleurs. Ainsi, en 1926, l'huile Spidoléine pour moteurs de voiture fait appel pour mieux se vendre à une déesse romaine relativement secondaire, Fortune. Le slogan: La Fortune graisse à la Spidoléine, faites comme elle. La vie de votre moteur en dépend. Or Fortuna (principe féminin, alors que Fors est le principe mâle du Hasard) est une déesse le plus souvent aveugle. Elle est d'ailleurs ici représentée les yeux bandés. Que fait-elle sur l'affiche? Elle graisse les roues de la voiture, en principe pour éviter un accident terrible à l'automobiliste. Moi, quand je repense au jour où, en allant au travail au volant de ma voiture, j'ai glissé sur une plaque d'huile, je ne peux pas dire que huile et pneu soient vraiment la solution de sécurité à préconiser. Et je n'avais pas les yeux bandés!
Autre exemple: un cendrier de verre, sans marque apparente de cigarettes, il est vrai, dont le fond d'un beau gris est occupé par le buste en relief de Hygie, la déesse grecque de la santé (son nom a donné le nom commun hygiène), fille d'Asclépios (Esculape chez les Romains). La rencontre est aujourd'hui hasardeuse!
(Ces exemples sont tirés du livre déjà cité Archéopub, la survie de l'Antiquité dans les objets publicitaires. Les interprétations sont miennes. Pour ceux qui voudraient un peu approfondir les mythologies, je conseille vivement ce que je crois être la Bible en ce domaine: Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine, de Pierre Grimal, aux Puf (1951). Ou, pour des recherches très poussées, Le Dictionnaire de la Mythologie et des Antiquités grecques et romaines, de Pierre Lavedan (Hachette): ce dernier ouvrage, datant de 1931, est une somme magistrale sur le sujet, érudite et passionnante, la plus complète qui soit. Livre probablement épuisé et introuvable. Je ne dois le bonheur d'en posséder un qu'à l'intervention de Fortuna qui, un jour, a ouvert les yeux au moment où il le fallait, c'est à dire m'a fait être là alors qu'un ami peu regardant s'apprêtait à jeter ce livre à la poubelle!)
On retrouve le même paradoxe ailleurs. Ainsi, en 1926, l'huile Spidoléine pour moteurs de voiture fait appel pour mieux se vendre à une déesse romaine relativement secondaire, Fortune. Le slogan: La Fortune graisse à la Spidoléine, faites comme elle. La vie de votre moteur en dépend. Or Fortuna (principe féminin, alors que Fors est le principe mâle du Hasard) est une déesse le plus souvent aveugle. Elle est d'ailleurs ici représentée les yeux bandés. Que fait-elle sur l'affiche? Elle graisse les roues de la voiture, en principe pour éviter un accident terrible à l'automobiliste. Moi, quand je repense au jour où, en allant au travail au volant de ma voiture, j'ai glissé sur une plaque d'huile, je ne peux pas dire que huile et pneu soient vraiment la solution de sécurité à préconiser. Et je n'avais pas les yeux bandés!
Autre exemple: un cendrier de verre, sans marque apparente de cigarettes, il est vrai, dont le fond d'un beau gris est occupé par le buste en relief de Hygie, la déesse grecque de la santé (son nom a donné le nom commun hygiène), fille d'Asclépios (Esculape chez les Romains). La rencontre est aujourd'hui hasardeuse!
(Ces exemples sont tirés du livre déjà cité Archéopub, la survie de l'Antiquité dans les objets publicitaires. Les interprétations sont miennes. Pour ceux qui voudraient un peu approfondir les mythologies, je conseille vivement ce que je crois être la Bible en ce domaine: Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine, de Pierre Grimal, aux Puf (1951). Ou, pour des recherches très poussées, Le Dictionnaire de la Mythologie et des Antiquités grecques et romaines, de Pierre Lavedan (Hachette): ce dernier ouvrage, datant de 1931, est une somme magistrale sur le sujet, érudite et passionnante, la plus complète qui soit. Livre probablement épuisé et introuvable. Je ne dois le bonheur d'en posséder un qu'à l'intervention de Fortuna qui, un jour, a ouvert les yeux au moment où il le fallait, c'est à dire m'a fait être là alors qu'un ami peu regardant s'apprêtait à jeter ce livre à la poubelle!)
L'arbre à papillons.
La réponse ne s'est pas faite attendre. Je me demandais l'autre jour le nom de cette plante à fleurs ressemblant au lilas et embaumant le miel. Il s'agit du buddleia, autrement nommé arbre à papillons car son parfum prononcé attire de nombreux insectes dont les papillons.Alors que je n'avais jamais entendu ce nom-là (je connaissais arbre à papillons mais n'avais pas fait le rapprochement), le hasard m'a mis à son contact deux fois dans la même journée. Je suis toujours intrigué par ces hasards bienvenus, ces circonstances qui nous apportent l'élément manquant au moment où nous en avons besoin. Jamais de notre vie nous n'avions rencontré tel nom, tel détail d'histoire, de biologie ou de tout autre domaine, et, tout à coup, l'avalanche se déclenche, comme si ce nom, ce détail faisaient partie de la vie de tous les jours de tout un chacun.
Pour les voitures, c'est pareil. Maintenant que j'ai une kangoo, je ne vois que ça dans les rues. Mais sans doute est-ce dû au simple fait que je suis aujourd'hui plus attentif à ce modèle.
Pour le buddleia, je choisis de l'appeler arbre à papillons. Autant cette périphrase m'évoque quelque chose de gracieux et d'ensoleillé, autant le nom véritable est lourd, me fait surgir à l'esprit à la fois une bière américaine et un gros bonhomme joufflu. Je le reconnais, sans raison aucune. Mais ce sera arbre à papillons.
dimanche 20 juillet 2008
Confidences.
Oui, bon, d'accord, j'arrive. Bien sûr, j'en vois qui piaffent, qui s'impatientent, qui n'ont plus le moindre frein à ronger. Pourquoi diable nous parle-t-il de ces jeux à la noix et d'une loque alcoolique et mélomane? Sur les amants italiens, on commençait à se réveiller, mais comme d'habitude, il nous met l'eau à la bouche et puis, pffitt, rideau. Ça ne nous intéresse pas. Allez, vite, au fait, on veut savoir comment ça s'est passé! Des détails, du vrai, du scoop, du croustillant! Oui, hier soir, c'était comment?
Eh bien voilà, j'ai perdu ma virginité! Vous êtes contents cette fois? Rien ne sera plus comme avant. Je suis grand maintenant.
Attention, quand je parle de ma virginité, il s'agit bien entendu de celle de blogueur virtuel. L'autre, il y a .... , mais basta, ce n'est pas le sujet. Je me suis matérialisé aux yeux d'un autre blogueur en même temps qu'il me découvrait de même par les siens.
Reprenons du début. Mais si, mais si, puisque vous l'avez voulu!
Nous avions rendez-vous à 21h, presque sous la queue du cheval de Louis XIV, place Bellecour. Je suis arrivé à 21h02, en retard donc, ce dont j'ai horreur, mais j'avais une excuse honorable: la lumière merveilleuse qui baignait Gambetta (le cours, Piergil, le cours) et les quais du Rhône, et une autre un peu plus prosaïque: la chaleur encore élevée et quelques courbatures résiduelles de mon parcours sportif du matin. Vous voyez, je vous dis tout!
21h02, donc. Personne. L'homme s'est-il si vite découragé? S'agit-il du premier lapin de l'été? Le temps de mettre le point d'interrogation à ma première question, il était là. Un sourire, une poignée de mains, un peu de gêne, je pense, de part et d'autre. Que fait-on?
Nous partons à la recherche d'un bar sur les quais de Saône. Tous sont en instance de fermeture. Dans la presqu'île, le café des Négociants regorge de monde. Nous nous installons tout près, à la brasserie Perl. Le dialogue se noue, d'abord un peu formel, puis de plus en plus décontracté. Nous échangeons sur nos goûts littéraires, musicaux, plus généralement culturels, échanges où se mêlent de plus en plus fréquemment des précisions sur nos vies privées, sur notre histoire respective.
Un peu gêné pour ma part par le brouhaha qui règne sur la terrasse autour de nous, je lui propose, si cela lui convient, d'aller faire quelques pas le long des quais. Sitôt dit, sitôt fait. A la hauteur de Saint-Georges et de la passerelle Abbé Couturier, nous nous installons sur un banc et continuons à bavarder. La confiance est maintenant totale, c'est du moins l'impression que j'ai. J'ai appris beaucoup de choses sur lui, je ne me sens plus "défavorisé" par les confidences de mes billets.
Nous abordons longuement le thème de la religion et autres sujets intimes.
Je l'ai quitté à 1h30 du matin, à l'angle du quai et du pont de la Guillotière. Une bise sur les deux joues, simplement, comme deux amis.
Voilà, vous savez tout.
Que vous dire de plus? Que je suis ravi d'avoir franchi le pas, que j'ai rencontré quelqu'un d'intelligent, de cultivé, de délicat et de profondément humain. Je sais qu'il va lire ces mots mais je ne les écris pas pour lui faire plaisir. C'est réellement ce que je pense, et j'espère bien avoir l'occasion de renouveller la rencontre. Mais je ne vais tout de même pas vous raconter chaque fois. Non, non, n'y comptez pas.
Eh bien voilà, j'ai perdu ma virginité! Vous êtes contents cette fois? Rien ne sera plus comme avant. Je suis grand maintenant.
Attention, quand je parle de ma virginité, il s'agit bien entendu de celle de blogueur virtuel. L'autre, il y a .... , mais basta, ce n'est pas le sujet. Je me suis matérialisé aux yeux d'un autre blogueur en même temps qu'il me découvrait de même par les siens.
Reprenons du début. Mais si, mais si, puisque vous l'avez voulu!
Nous avions rendez-vous à 21h, presque sous la queue du cheval de Louis XIV, place Bellecour. Je suis arrivé à 21h02, en retard donc, ce dont j'ai horreur, mais j'avais une excuse honorable: la lumière merveilleuse qui baignait Gambetta (le cours, Piergil, le cours) et les quais du Rhône, et une autre un peu plus prosaïque: la chaleur encore élevée et quelques courbatures résiduelles de mon parcours sportif du matin. Vous voyez, je vous dis tout!
21h02, donc. Personne. L'homme s'est-il si vite découragé? S'agit-il du premier lapin de l'été? Le temps de mettre le point d'interrogation à ma première question, il était là. Un sourire, une poignée de mains, un peu de gêne, je pense, de part et d'autre. Que fait-on?Nous partons à la recherche d'un bar sur les quais de Saône. Tous sont en instance de fermeture. Dans la presqu'île, le café des Négociants regorge de monde. Nous nous installons tout près, à la brasserie Perl. Le dialogue se noue, d'abord un peu formel, puis de plus en plus décontracté. Nous échangeons sur nos goûts littéraires, musicaux, plus généralement culturels, échanges où se mêlent de plus en plus fréquemment des précisions sur nos vies privées, sur notre histoire respective.
Un peu gêné pour ma part par le brouhaha qui règne sur la terrasse autour de nous, je lui propose, si cela lui convient, d'aller faire quelques pas le long des quais. Sitôt dit, sitôt fait. A la hauteur de Saint-Georges et de la passerelle Abbé Couturier, nous nous installons sur un banc et continuons à bavarder. La confiance est maintenant totale, c'est du moins l'impression que j'ai. J'ai appris beaucoup de choses sur lui, je ne me sens plus "défavorisé" par les confidences de mes billets.
Nous abordons longuement le thème de la religion et autres sujets intimes.
Je l'ai quitté à 1h30 du matin, à l'angle du quai et du pont de la Guillotière. Une bise sur les deux joues, simplement, comme deux amis.
Voilà, vous savez tout.
Que vous dire de plus? Que je suis ravi d'avoir franchi le pas, que j'ai rencontré quelqu'un d'intelligent, de cultivé, de délicat et de profondément humain. Je sais qu'il va lire ces mots mais je ne les écris pas pour lui faire plaisir. C'est réellement ce que je pense, et j'espère bien avoir l'occasion de renouveller la rencontre. Mais je ne vais tout de même pas vous raconter chaque fois. Non, non, n'y comptez pas.
Marguerite.
Avant-hier, alors que la radio de ma voiture est toujours branchée sur France-Inter ou RCF, je me suis retrouvé, par je ne sais quel faux mouvement, sur des ondes inconnues où je suis resté le temps d'une chanson.
Une chanson que j'ai beaucoup aimée en son temps, par un chanteur dont la voix me faisait rêver en son temps également et dont on parle bien peu aujourd'hui. Une voix du sud, chaude, profonde, éraillée comme celle de la plupart de ses compatriotes mâles. Allez, je ne vous fais pas davantage attendre, je risque le coup de vous dévoiler mes goûts parfois de midinette en matière de chansons. Il s'agit de Richard Cocciante, et de son tub Marguerite. Vous vous rappelez:
Surtout ne m'en voulez pas trop
Si ce soir je rentre chez moi
J'ai tellement de choses à faire
Avant que le jour se lève.
Et pendant qu'elle dormira
Moi je lui construirai des rêves
Pour que plus jamais au réveil
Elle ne se lève les yeux en pleurs.
Quand je parlais de midinette!!!
Deux souvenir liés à cela.
Le premier à Cocciante, que je découvre en 1981, avec sa chanson Cervo a primavera. J'étais alors à Perugia, en Ombrie, à l'Université d'été pour Etrangers, la plus belle période de ma vie, je l'ai déjà dit. Le titre se partageait les ondes avec Malinconia, d'un autre Richard, Riccardo Fogli, aujourd'hui, je pense, totalement oublié. Moi, je n'ai pas oublié: j'ai sous les yeux le 45 tours que m'avait offert mon amant italien de cet été-là lors de mon retour en France. J'ai l'impression que c'était hier. Bon d'accord, avant-hier.
Le deuxième à Bons en Chablais. La maison derrière la nôtre était occupée par un couple atypique: la fille des propriétaires du Nord, Guislaine, alcoolique comme sa mère, et son ami belge, Luc, qui, lui aussi, ne crachait pas sur la bière. Vivotant au gré des saisons dans cette baraque qui menaçait ruine, travaillant tantôt oui tantôt non, jamais bien longtemps pour elle, revenant des grandes surfaces avec des provisions inimaginables de petites bouteilles, retrouvés parfois au petit matin dans leur voiture arrêtée parce qu'ils n'avaient plus eu la force de s'en extirper et de monter l'escalier branlant qui conduisait chez eux.
Nous devions parfois les calmer dans leurs disputes, la recueillir une soirée le temps qu'il se calme après l'avoir battue, leur faire baisser le son du disque de Johnny Halliday qu'ils passaient sans cesse et à tue-tête. Je la croyais plus vieille que moi d'une bonne dizaine d'années, elle en avait deux de moins. Physique ravagé, voix esquintée, toux persistante: une loque.
Et un jour, j'ai vu cette loque s'animer à l'évocation de Marguerite, se redresser et, d'une voix émouvante, presque belle, me chanter la chanson, sans en omettre un mot, sans en inverser deux couplets. Quand elle s'est arrêtée, à la fin du texte, elle avait les larmes aux yeux et, en regardant le sol, me lança que ça valait bien une bière sans doute. Bière que je lui offris. La parenthèse s'était refermée.
Une chanson que j'ai beaucoup aimée en son temps, par un chanteur dont la voix me faisait rêver en son temps également et dont on parle bien peu aujourd'hui. Une voix du sud, chaude, profonde, éraillée comme celle de la plupart de ses compatriotes mâles. Allez, je ne vous fais pas davantage attendre, je risque le coup de vous dévoiler mes goûts parfois de midinette en matière de chansons. Il s'agit de Richard Cocciante, et de son tub Marguerite. Vous vous rappelez:
Surtout ne m'en voulez pas trop
Si ce soir je rentre chez moi
J'ai tellement de choses à faire
Avant que le jour se lève.
Et pendant qu'elle dormira
Moi je lui construirai des rêves
Pour que plus jamais au réveil
Elle ne se lève les yeux en pleurs.
Quand je parlais de midinette!!!
Deux souvenir liés à cela.
Le premier à Cocciante, que je découvre en 1981, avec sa chanson Cervo a primavera. J'étais alors à Perugia, en Ombrie, à l'Université d'été pour Etrangers, la plus belle période de ma vie, je l'ai déjà dit. Le titre se partageait les ondes avec Malinconia, d'un autre Richard, Riccardo Fogli, aujourd'hui, je pense, totalement oublié. Moi, je n'ai pas oublié: j'ai sous les yeux le 45 tours que m'avait offert mon amant italien de cet été-là lors de mon retour en France. J'ai l'impression que c'était hier. Bon d'accord, avant-hier.
Le deuxième à Bons en Chablais. La maison derrière la nôtre était occupée par un couple atypique: la fille des propriétaires du Nord, Guislaine, alcoolique comme sa mère, et son ami belge, Luc, qui, lui aussi, ne crachait pas sur la bière. Vivotant au gré des saisons dans cette baraque qui menaçait ruine, travaillant tantôt oui tantôt non, jamais bien longtemps pour elle, revenant des grandes surfaces avec des provisions inimaginables de petites bouteilles, retrouvés parfois au petit matin dans leur voiture arrêtée parce qu'ils n'avaient plus eu la force de s'en extirper et de monter l'escalier branlant qui conduisait chez eux.
Nous devions parfois les calmer dans leurs disputes, la recueillir une soirée le temps qu'il se calme après l'avoir battue, leur faire baisser le son du disque de Johnny Halliday qu'ils passaient sans cesse et à tue-tête. Je la croyais plus vieille que moi d'une bonne dizaine d'années, elle en avait deux de moins. Physique ravagé, voix esquintée, toux persistante: une loque.
Et un jour, j'ai vu cette loque s'animer à l'évocation de Marguerite, se redresser et, d'une voix émouvante, presque belle, me chanter la chanson, sans en omettre un mot, sans en inverser deux couplets. Quand elle s'est arrêtée, à la fin du texte, elle avait les larmes aux yeux et, en regardant le sol, me lança que ça valait bien une bière sans doute. Bière que je lui offris. La parenthèse s'était refermée.
La page des jeux.
19 mars 62: oui, Gonzo avait vu juste. Il s'agit bien entendu de la guerre d'Algérie, plus exactement de la date du cessez-le-feu, le lendemain, je crois, des accords d'Evian.
En revanche, personne pour répondre à ma question sur ce qui peut relier Bourganeuf à Jean Racine. Un indice: il s'agit du titre d'une des pièces de Racine. Bourganeuf a un rapport avec un des personnages donnant son nom à une tragédie.
Enfin, j'en connais qui n'ont toujours pas choisi leur ours et leur lion préférés. Il ne reste qu'une dizaine de jours et, comme on dit à la télé, il faut à tout prix voter, car les scores sont "extrêmement serrés". Pour les oublieux, je rappelle que, dans les commentaires d'un de mes deux billets du trente juin, Gonzo a indiqué les liens pour une rétrospective aisée de tous les concurrents.
En revanche, personne pour répondre à ma question sur ce qui peut relier Bourganeuf à Jean Racine. Un indice: il s'agit du titre d'une des pièces de Racine. Bourganeuf a un rapport avec un des personnages donnant son nom à une tragédie.
Enfin, j'en connais qui n'ont toujours pas choisi leur ours et leur lion préférés. Il ne reste qu'une dizaine de jours et, comme on dit à la télé, il faut à tout prix voter, car les scores sont "extrêmement serrés". Pour les oublieux, je rappelle que, dans les commentaires d'un de mes deux billets du trente juin, Gonzo a indiqué les liens pour une rétrospective aisée de tous les concurrents.
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