Je pense que tout le monde a compris mon amour des livres et de la littérature. Pourtant ce n'est pas un livre de littérature qui, tout au long de ma vie, m'a fait le plus rêvé. Bien sûr, certains romans lus il y a longtemps restent gravé dans mon esprit, avec des souffles de plaisir et de nostalgie. Pourtant, c'est autre chose qui m'a fait le plus rêvé.
Quand je suis entré en sixième, il a fallu acquérir un certain nombre de livres. Heureusement, par le biais de je ne sais plus quelle association, nous pouvions les acquérir d'occasion. A la fin de l'année, nous les rapportions pour obtenir ceux de l'année suivante. Sauf un car il était censé nous servir tout au long de nos études : l'Atlas. Il avait fallu l'acheter neuf. Je peux certifier aujourd'hui que je ne m'en suis jamais servi en classe, ni au collège, ni au lycée.
C'est ce livre qui m'a le plus fait rêvé. Mon premier bonheur fut de voir la carte de France, que je dessinais encore et encore, tant j'aimais sa silhouette. Je regardais aussi les autres pays du monde mais c'était moins leur forme qui m'emballait que les noms des villes et des régions que je découvrais. D'ailleurs, mon blog a pour titre Potomac suite à la lecture des romans de James Fénimore Cooper et à cet atlas.
Et puis j'avais un copain, Lakdar qui habitait le village et venait souvent me rendre visite dans le pré du haut de ma grand-mère où je gardais chèvres et moutons. Pour les chèvres, il fallait être vigilants : dès que nous tournions la tête, elles disparaissaient pour aller voir ailleurs si l'herbe était plus verte. Mais les moutons étaient plus dociles et moins rusés. Alors, j'apportais avec moi mon atlas et nous étions deux à rêver ! Je me souviens particulièrement d'une idée folle (après celle de vouloir transformer plus tard, quand nous serions grands, la ferme de mes parents en orphelinat) : celle de partir à vélos tous les deux et de voyager en Italie (déjà l'Italie !), en en faisant le tour. Avec l'atlas, nous avions programmé notre itinéraire : Florence, Rome, Naples, etc.
Inutile de dire que ce projet ne s'est jamais réalisé, en tout cas avec Lakdar et à vélo. Dans notre enthousiasme enfantin, nous avions juste gommé le passage des Alpes .... Je me demande parfois, s'il est encore en vie, s'il a encore en tête ce rêve. Pour ma part, je l'ai en quelque sorte réalisé (en tain et en voiture). Et j'ai aussi beaucoup voyagé dans d'autres pays. Pourtant, encore aujourd'hui, il m'arrive de ressortir de la bibliothèque ce vieil atlas qui, bien sûr, n'est plus tout à fait exact, et de me remettre à rêver.
2 commentaires:
Moi je n'avais pas d'atlas mais mon grand frère avait hérité, merveille des merveilles, un globe que l'on pouvait faire tourner sur son pied. Il devait dater, pas de rideau de fer mais des étendues blanches et anonymes qui me fascinaient. Et c'est marrant, mon fiston de 5/6 ans avait commandé au Père Noël un globe qui faisait lampe de chevet. De quoi rêver avant de s'endormir...Et bien sûr celui-là aussi est périmé !
La carte de France métropolitaine me fascine toujours et encore... toujours un endroit à me remémorer, toujours un truc à côté d'un autre truc et alors des images authentiques me reviennent à l'esprit.
Bleck
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