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dimanche 8 septembre 2024

Paresse

Non, pas de balades en ce moment. Juste un peu de lassitude vis-à-vis de ce blog. Ce n'est pas la première fois que ça arrive mais, cette fois-ci, ça a tendance à durer. Pourquoi ? Je ne sais pas. Effet de l'automne qui, peu à peu, s'installe? Je ne crois pas. Peut-être vais-je remanier un certain nombre de choses, supprimer le retour hebdomadaire de certains articles, revenir à d'autres abandonnés depuis longtemps, comme l'abécédaire des débuts, moins publier. On verra.

vendredi 28 juin 2024

Merci, mon blog

Aujourd'hui est un jour particulier : il y a dix-neuf ans que Pierre est mort, au matin. Le jour de la saint Irénée, grande figure de la chrétienne lyonnaise et la veille de la saint Pierre. Après beaucoup de soleil ce matin, le ciel s'est couvert. Je suis maintenant depuis longtemps plus vieux qu'il ne l'a jamais été. Je ne l'oublie pas, même si j'ai retrouvé mon équilibre, en grande partie grâce à ce blog.

mardi 23 avril 2024

Jourdain et Morandi

Dans mon biller d'hier (C'est à vous), j'avais proposé une photo d'un vase contre un mur, photo prise lors d'une des deux représentations théâtrales de samedi. Chroum m'y a fait ce commentaire : "Ce pourrait être un tableau de Giorgio Morandi, surtout le mur !" . Je suis allé voir qui était ce Giorgio Morandi que je ne connaissais pas. Il s'agit d'un peintre (et sculpteur) italien (1890-1964) et, lorsque j'ai vu certaines de ses œuvres, j'ai adhéré totalement à ce qu'écrivait Chroum. Finalement, comme M. Jourdain avec la prose, j'ai fait du Morandi sans le savoir ...





vendredi 2 février 2024

jeudi 18 janvier 2024

Bonne nouvelle

Ca y est : la route internet est rouverte pour le Nord et la Bretagne. Mais hibernerait-on dans ses contrées septentrionales ? Rien de nouveau à lire ou à contempler ! Allez, hop ! Au boulot !

samedi 14 octobre 2023

Ca ne nous rajeunit pas.

Le 04 octobre 2007 naissait Potomac. Ce blog a donc eu 16 ans il y a dix jours !

Le 14 octobre 1941 naissait Pierre. il aurait donc 82 ans aujourd'hui ! J'ai du mal à le croire !

jeudi 6 juillet 2023

Privilège de l'âge ?

Je viens de terminer d'écrire le "discours" que je dirai demain lors du départ en retraite d'une de mes collègues et amies. Dire qu'elle a été longtemps la petite jeune !  J'ai repoussé jusqu'au dernier jour le moment de m'y mettre, non que cela me coûte d'écrire (j'ai la plume facile, trop peut-être) mais parce que je ne voulais surtout pas d'un discours stéréotypé, de phrases toutes faites et interchangeables. 

J'y ai pensé un mois durant et des tas de souvenirs me sont remontés, des paroles, des moments, des situations. Et je dois bien dire qu'aujourd'hui, les souvenirs me sont souvent lourds, avec l'âge venu. Je peux même dire que parfois, ils me perturbent, même si ce sont de bons souvenirs. Je ne crois plus être capable d'écrire tout ce que j'ai écrit dans les premiers mois, années, de ce blog. A l'époque, cela m'apaisait. Aujourd'hui, je crois que cela me perturberait plutôt. D'ailleurs, vous avez dû vous en rendre compte, ces articles plus intimes ont pratiquement disparu.

samedi 27 mai 2023

Que faisais-je le 27 novembre 2007 ?

Mon Dieu, que je me sens loin de tout ça maintenant. Jusqu'à avoir oublié que l'on appelait ça des sabliers ! Mais je ne renie pas un mot sur le but que je poursuivais en enseignant.

Soirée sablier parents 5°.
Six minutes par parent, 22 parents inscrits, 20 présents. J'avais quelques appréhensions en arrivant car je malmène un peu leur charmante progéniture, peu encline ces derniers temps à travailler correctement.
Eh bien, j'avais tort de me préparer au combat : ils ont tous l'air, à une exception près, d'aimer comme je traite leurs rejetons. Le fait de les obliger le plus souvent à réfléchir en dehors des sentiers battus et des schémas tout faits leur parait excellent pour les préparer peu à peu aux exigences du lycée.
Tant mieux, même si ce n'est pas mon but premier. Je vise simplement à les rendre autonomes dans leurs avis, responsables de leur opinion et critiques face à ce qu'on leur assène d'un peu partout à la fois. A en faire des presqu'adultes acceptables.
Comme pour celui de sixième, je sors de ce sablier content des parents.

Ce soir,  je suis fatigué mais bien, vraiment très bien, et, sablier mis à part,  je sais pourquoi.

vendredi 26 mai 2023

Retour sur le passé

Une idée vient de me passer par la tête : pourquoi ne pas republier certains de mes billets déjà anciens ? Alors, j'ai tapé au hasard et suis tombé sur celui-ci, écrit le 29 décembre 2007. Assez content du choix du hasard. J'ai seulement revu et corrigé les intervalles entre le texte et les points d'interrogation. 

Que dire ? Depuis 16 ans, j'ai changé. Le principal changement  est sans doute que je ne me pose plus guère de questions inutiles ! Ce qui reste totalement vrai, c'est ce que j'écris dans les deux paragraphes avant le dernier.

 

Je n'ai jamais compris comment on peut s'intéresser à moi.

Je ne parle pas du boulot : là, je sais ce que je suis capable et incapable de faire. Mais dans ma vie privée ? Trente trois ans avec Pierre, comment est-ce possible ? Et mes amis, et tous les autres ? Ce que j'écris aujourd'hui n'appelle surtout pas de réponse, je ne cherche pas à ce qu'on me rassure, cela ne servirait à rien.

Je doute de moi depuis toujours et le cache sans doute si bien que peu de gens s'en aperçoivent, ceux qui me sont le plus proches et vers qui, parfois, je laisse un peu de vapeur s'échapper de la cocotte. Je suis toujours prêt à admirer les qualités de ceux que je rencontre, à vouloir parfois les imiter, bêtement, à les parer de toutes les vertus, quitte à rapidement déchanter : on ne peut être soi et un autre à la fois. Soi est unique, l'autre aussi, Dieu merci.



A moi, je ne fais que peu confiance. Il y a des jours où je me sens vide, simple spectateur d'une pièce qui se joue devant moi et où je tiens un rôle sans vraiment y croire. Pourquoi ? La réponse est sans doute au fin fond de l'enfance... mais je ne veux pas parler de ma mère ici. Je n'arrive plus à être objectif avec elle en ce moment.

Et puis, ça repart. Pourquoi ? Mystère. Je ne suis pas plus rassuré sur mon compte, mais il y a une pulsion, une énergie qui me propulse en avant. Je suis incapable de ne rien faire pendant très longtemps: ça me stresse trop. Il faut que je bouge, que je m'enthousiasme, que je crie merci, que je pleure de joie, que j'avance, même sans comprendre pourquoi on aime ce que je suis.

Mais moi, j'aime l'autre, j'aime aller à sa rencontre, le découvrir, dépasser ma timidité pour tenter le plus possible d'être vrai, de ne pas m'imposer, de ne pas jouer. Frères humains...

Je ne sais pas pourquoi j'écris tout ça. Nuit trop courte, sans doute.
Mais il faut que je surveille le repas que je prépare pour J-M. Et ça, c'est du concret. .

mardi 9 mai 2023

Je n'y résiste pas !

Voici, in extenso, le billet que je publiais le samedi 30 août 2008

Devant et derrière.

Une petite merveille dénichée cet après-midi alors que je suais sang et eaux pour avancer dans mes préparations latines : ce texte de Martial, poète du Ier siècle ap. J-C, qui est tiré des Épigrammes. Rien que le titre vaut le détour !

Contre un pédéraste masturbant.

Que tu écrases sous ta rude bouche les lèvres délicates du blanc Galésus, que tu couches avec un Ganymède nu, n'est-ce pas déjà trop au dire de tous? Mais restes-en là. Du moins épargne à sa verge les sollicitations d'une main lubrique. Cette main fait plus de mal à ces enfants fragiles que ne leur en fait ton membre. Les doigts créent trop tôt la virilité. De là chez ces mignons cette odeur d'aisselle, ces poils prématurés, cette barbe qui étonne leur mère (...). La nature a donné aux mâles un devant et un derrière: l'un est fait pour les femmes, l'autre pour les hommes. Contente-toi de ton lot.
(XI, 22. Trad de Pierre Richard.)

Je vous jure que je travaillais ! Je ne crois pas que je vais m'en servir. De ce texte ! 

Il devait faire chaud, ce jour-là !

dimanche 30 avril 2023

Bégaiements de l'Histoire

Je suis, hier, retombé tout à fait par hasard sur un article de Potomac du 16 juin 2009, article intitulé "Taquineries". Je trouve que, hormis le fait que je suis maintenant à la retraite, il reste étonnamment de circonstance. 

Ce matin, au réveil, j'ai appris la nouvelle : revoir l'âge de la retraite ne serait plus tabou, selon Fillon. Ainsi serait-il question d'en repousser l'âge légal à 67 ans. Il y a quelque temps, j'ai déjà pris dans la poire quatre trimestres de plus, comme ça, sans crier gare.

Ça me rappelle un souvenir de mon enfance. A la vogue (fête foraine pour les non-initiés), il y avait au centre des manèges pour les petits un pompon qui pendait au bout d'une corde actionnée par le forain depuis le bord du manège. Le jeu consistait à attraper ce pompon, généralement tenu à la corde par une simple pince à linge, pour gagner un tour gratuit. Bien sûr, le forain appâtait un moment les bambins avant de consentir à le laisser prendre par tel ou tel. J'entends encore les cris de ceux qui le frôlaient ou le tenaient même, sans parvenir à le décrocher.

Ainsi de ma retraite. Plus j'avance, plus le nombre d'années diminue, plus je tends les bras vers elle et plus elle recule sans se laisser saisir, semble-t-il. Je voudrais simplement dire à Monsieur Fillon et à son grand patron que, s'ils se sentent l'humeur mutine et joueuse, je ne goûte plus guère, quant à moi, les taquineries qui durent trop longtemps. J'ai sans doute perdu mon âme d'enfant.

vendredi 18 mars 2022

Momentini

- Ils se font rares, ces momentini, depuis quelque temps. Preuve irréfutable que j'hiberne toujours. Ou que rien n'a vraiment d'importance, ce qui revient au même.

- Pas de photos. Avec ce ciel tout "mâchuré" (sale en stéphanois), où prendre la lumière ? Je ne suis pas sorti depuis deux jours, sauf pour les courses alimentaires.

- Une bonne chose pourtant : je réécoute de la musique. Aujourd'hui, c'est la Passion selon Saint Jean, de Bach. Je préfère celle selon Saint Matthieu mais je la garde pour plus tard. Et l'ours se réveille peut-être un peu. Presque envie de m'occuper de mes plantes, dont trois n'ont pas passé l'hiver, même à l'intérieur. Et, bon signe : envie de changements dans l'appartement ! Mais, pour l'instant, ce ne sont encore que des velléités ...

lundi 4 octobre 2021

Que le temps passe vite !

Le petit a quatorze ans aujourd'hui ! Comme le temps passe vite ! 

Autrefois, il aurait eu à passer son certificat d'études, pile entre l'âge de raison et la majorité ! Quand il était jeune, il parlait beaucoup. Sans doute pour se rassurer, pour se faire des copains. Il jouait avec les mots, mais ça, ça ne lui a pas encore passé. Aujourd'hui, il est plus secret, même s'il laisse souvent deviner certaines choses, des craintes, des joies, des interrogations, de la mauvaise humeur même. Il est plus porté sur les images et les vidéos. Il a appris à se servir de tout cela. Je ne sais pas s'il a muri mais il a les reins plus solides qu'autrefois. Et chaque jour, nous passons plusieurs heures ensemble, le soir principalement. Parfois, nous n'avons pas grand chose à nous dire, parfois ça déborde. Les copains qu'il s'est fait, il en a gardé certains, des fidèles. J'espère que ça va durer encore longtemps. 

Alors, bon anniversaire, Potomac ! 

Illustration

mercredi 23 juin 2021

Tiens, une lettre !

Aujourd'hui, dans ma boîte, une enveloppe timbrée avec adresse manuscrite à mon nom. En voici le contenu :

Monsieur,

j'espère que ce courrier vous trouvera en bonne santé, vous et vos proches. En raison de la situation actuelle, particulièrement instable, beaucoup de personnes s'inquiètent pour l'avenir. 

En tant qu'humains, et malgrès (sic) des progrès énormes dans les domaines de la science et de la technologie, nous sommes limités pour ce qui est de connaître l'avenir. où pouvons-nous trouver des prédictions fiables ? 

Notez ce que déclare la Bible :" Dès le commencement, je prédis la conclusion, et depuis les temps anciens, j'annonce les choses qui n'ont pas encore été faites" (Isaïe 46, 10)

C'est Dieu qui parle dans ce verset. En y réfléchissant, si nous avons un Créateur qui a conçu l'univers, et qui est à l'origine du temps, il paraît logique qu'il soit capable d'annoncer de manière fiable l'avenir. 

Que nous promet-il au sujet de l'avenir de la Terre et de l'Humanité ? 

Si la réponse à cette question vous intéresse, n'hésitez pas à l'écrire à l'adresse mail ci-dessus ou à consulter le site internet XXX, qui est gratuit et sans inscription.

Je vous remercie de votre attention.

Cordiales salutations.

Je n'ai bien sûr ni consulté le site internet ni écrit de mail à l'adresse indiquée. Ainsi, je reste avec quelques questions sans réponses (ce qui ne m'empêchera pas de dormir) : comment cette dame (puisque c'est une dame) a-t-elle eu mon adresse ? Qui se cache derrière son nom et qui,  financièrement, peut se permettre d'envoyer probablement de nombreuses lettres ?  L'avenir de la Terre dont il y est question concerne-t-il les alertes sur le climat ou une fin du monde imminente, façon Apocalypse ? 

Une surprise aussi :  à part une faute d'orthographe (d'ailleurs assez courante), le message est bien écrit et dénote une certaine culture et un respect de la politesse.  

Une chose est certaine : il y a vraiment des gens qui ont du temps à perdre !

Mais, tout de même, je remercie cette dame de m'avoir procuré un grand plaisir en découvrant une vraie lettre dans ma boîte ! Ce n'est apparemment plus un moyen de communiquer à la mode !

jeudi 28 janvier 2021

Je n'ai pas encore tout jeté

Dans mon bazar en cours de rangement (mais j'ai parfois l'impression que plus je range, plus je dérange), j'ai retrouvé quelques traces de mon ancien métier de prof. En particulier, des polycops  d'un atelier d'écriture que j'ai tenu plusieurs années, qui rebutait les élèves aux premières séances et les passionnait ensuite. 

Le but était, en fin d'année, d'avoir pondu une nouvelle aventure de Sherlock Holmes. Mais je commençais tout doucettement, pour ne pas effrayer mon public. Les premières heures étaient consacrées à jouer avec les mots, à créer des mots valises (juste pour dédramatiser la pratique de l'écriture). Ensuite quelques "souvenirs" (réels ou fictifs, mais, le plus souvent, ils sentaient le vécu) sur un thème imposé, par exemple "j'ai dormi" ou "une nuit". L'écriture de la nouvelle, à deux, ne venait que quelques mois plus tard, avec interdiction de se lancer sur le stylo avant d'avoir exposé oralement toute l'intrigue aux autres et d'en avoir été approuvé (et ils n'étaient pas tendres entre eux, question logique !). J'ai gardé précieusement deux de ces nouvelles que je vous proposerai peut-être un jour.

En attendant, voici quelques trouvailles de mes charmantes têtes blondes pendant les séances de mots-valises :

-éléphantôme : pachyderme qui passe inaperçu

- ailéfaon : petit du cerf-volant

- chathon  : poisson-chat

- quarthon : portion de thon

- ratôt : petit rongeur qui se lève à l'aube

- milichien : chien policier de la seconde guerre mondiale

- baslong : l'ennemi du pantacourt

- roment : des pages de mensonges

- muséhomme : vieillard très très âgé

Ils avaient de l'imagination , ces petits, non ? Et, ô bonheur, en retrouvant chaque jour des traces du passé, je n'éprouve plus ni nostalgie ni mal-être !

mercredi 26 août 2020

Demande d'indulgence

Mille excuses à tous ceux dont je lis habituellement les blogues où je me permets souvent de laisser des commentaires : ils ne me voient guère chez eux ces temps-ci. La faute en est à ce voyage en Auvergne dont le compte rendu m'occupe beaucoup, tant pour la rédaction que pour le tri des photos. Je tiens à le mener à bout avant d'oublier ou de tout mélanger. Heureusement, j'ai pris des notes au fil des jours. Promis : je rattraperai rapidement mon retard chez eux.

jeudi 2 avril 2020

En rangeant

En nettoyant mes fonds de tiroirs, activité très originale en temps de confinement, je vous l'accorde, je suis tombé sur un petit bout de papier un peu froissé que j'ai failli jeter sans le regarder. Sur ce lambeau, une phrase recopiée un soir devant la télévision (il m'arrive de sortir alors un carnet pour noter quelques pistes de billets pour ce blog) et oubliée depuis. Une phrase du photographe Henri Cartier-Bresson (1908-2004)  pour qui la photo représentait "le silence intérieur d'une victime consentante".

Je devais être d'accord avec cette phrase à l'époque. Aujourd'hui, je ne sais qu'en penser.

Henri Cartier-Bresson, "L'oeil du siècle" - Mots Et Maux d'Isa

samedi 1 février 2020

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dimanche 26 mai 2019

Zweig l'européen et d'autres

Outre ses romans, biographies et nouvelles, Stefan Zweig a aussi produit de nombreux écrits sur l'Europe. Il serait parfois bon de s'en souvenir et de s'y référer même s'ils datent de quelques années.

"Si nous considérons l’Europe comme un organisme intellectuel unique – deux mille ans d’une culture édifiée en commun nous en donnent sans réserve le droit – nous ne pouvons éviter de reconnaître que cet organisme, au moment présent, a succombé à une grave crise psychique. Dans toutes les nations ou presque se manifestent les mêmes phénomènes de forte et brusque irritabilité malgré une grande lassitude morale, un manque d’optimisme, une méfiance prête à s’éveiller en toute occasion et la nervosité, l’humeur chagrine qui résultent du sentiment général d’insécurité. Pour se maintenir en équilibre, les humains doivent faire constamment un effort psychique, de même que les États ne doivent pas relâcher leurs efforts en matière d’économie ; on ajoute foi aux mauvaises nouvelles plus facilement qu’à celles qui rendent l’espoir et les individus autant que les États, plus qu’à d’autres époques du passé, semblent prêts à se haïr. La défiance mutuelle se révèle infiniment plus forte que la confiance."
(Stefan Zweig, La Pensée européenne dans son développement historique. In Derniers Messages.)


"La folie des nationalités explique pourquoi les peuples européens sont devenus de plus en plus étrangers les uns aux autres, et cette pathologique ignorance réciproque dure encore aujourd’hui ; elle a porté au pinacle des politiciens à la vue courte et à la main leste, qui ne se doutent même pas que leur politique de désunion ne peut être nécessairement qu’un intermède [...]. On feint de ne pas voir [...] les signes qui annoncent avec le plus d’évidence que l’Europe veut s’unifier »
 (Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal)

 (L’esprit européen) « existe, sans aucun doute, mais il est encore à l’état latent. Nous avons de cela la même certitude que l’astronome qui voit apparaître dans sa lunette un astre dont ses calculs lui ont révélé l’existence. Bien que l’esprit européen ne se soit pas encore manifesté, nous savons avec une certitude mathématique qu’il existe. ».
(Stefan Zweig, Réponse à une enquête sur l'esprit européen, publiée dans les Nouvelles littéraires, 4 juillet 1936.)

“L’idée européenne n’est pas un sentiment premier, comme le sentiment patriotique, comme celui de l’appartenance à un peuple, elle n’est pas originelle et instinctive, mais elle naît de la réflexion, elle n’est pas le produit d’une passion spontanée, mais le fruit lentement mûri d’une pensée élevée. Il lui manque d’abord entièrement l’instinct enthousiaste qui anime le sentiment patriotique. L’égoïsme sacré du nationalisme restera toujours plus accessible à la moyenne des individus que l’altruisme sacré du sentiment européen, parce qu’il est toujours plus aisé de reconnaître ce qui vous appartient que de comprendre votre voisin avec respect et désintérêt.
À cela s’ajoute le fait que le sentiment national est organisé depuis des siècles et bénéficie du soutien des plus puissants auxiliaires. Le nationalisme peut compter sur l’enseignement, l’armée, l’uniforme, les journaux, les hymnes et les insignes, la radio, la langue, il bénéficie de la protection de l’État et fait vibrer les masses, alors que nous n’avons jusqu’ici, au service de notre idée, rien d’autre que la parole et l’écrit dont l’effet reste insuffisant face à ces moyens rodés depuis des centaines d’années. Si notre idée doit avoir des effets réels, nous devons donc la faire sortir de la sphère ésotérique des discussions intellectuelles et consacrer toute notre énergie à la rendre visible et convaincante pour un cercle élargi. “
(Stefan Zweig, conférence La Construction de l'Europe, Appels aux Européens.)

" Je crois que la question de la constitution d’un Etat européen n’est l’affaire que de 50 à 100 ans maximum, et qu’alors, par nécessité commerciale et matérielle, on verra apparaître en face des Etats-Unis d’Amérique les Etats-Unis d’Europe. Cet espoir ne repose pas sur un idéalisme confus mais, au contraire, sur une conviction née de considérations de mathématique et d’économie nationale. A terme, il est impossible que les Etats-Unis d’Europe emploient 40 millions de personnes et les déguisent en douaniers, soldats, consuls etc., alors qu’en Amérique ces mêmes 40 millions sont non seulement nourris par le monde économique mais produisent eux-mêmes. C’est pourquoi la question des frontières me semble si indifférente, car elles perdront d’elles-mêmes leur valeur : la seule chose qui importe, c’est que la culture, que l’esprit perdure."
(Stefan Zweig, Correspondance 1920-1931)

"Unité et diversité, et jamais l’une sans l’autre, n’est-ce pas la formule même de notre Europe ? Elle a vécu de ses contradictions et s’est enrichie de ses différences et, par le dépassement continuel qu’elle en fait, elle a créé une civilisation dont le monde entier dépend même quand il la rejette. C’est pourquoi je ne crois pas à une Europe unifiée sous le poids d’une idéologie ou d’une religion technique qui oublierait ses différences. Pas plus que je ne crois à une Europe livrée  à ses seules différences, c’est-à-dire livrée à une anarchie de nationalismes ennemis"
(Albert Camus, dans un  entretien paru en 1957.)

Et j'aurais pu citer aussi Emile Verhaeren ou Romain Rolland ou d'autres encore que j'oublie.

samedi 18 mai 2019

Permis de copier

Chaque année, à la même époque à peu près, je rigole ! Je vois tout à coup mon nombre de lecteurs augmenter de façon quasi exponentielle. La première fois, j'étais fier comme un coq : enfin, mon talent reconnu, mon style apprécié, mes sujets intéressants ! Bientôt La Grande Librairie, pourquoi pas le Goncourt !

Oui mais voilà, je me fichais un sacré doigt dans l’œil ! Après recherches fébriles, j'ai trouvé l'explication. Un de mes collègues prof de français m'avait expliqué que chaque année, les troisièmes travaillaient sur l'autobiographie et devaient produire des textes sur leur propre vie avec pistes à suivre. Ayant pris connaissance de ces pistes, je me suis amusé moi-même à pratiquer l'exercice, en respectant absolument les consignes d'écriture. Il en est ressorti une petite dizaine de textes, si je me souviens bien, que j'ai publiés dans ce blog.

Comment s'étonner que les plus malins des collégiens, ou les plus fainéants, aient découvert le pot aux roses et l'utilise impunément ? Avec quelques aménagements, mon autobiographie doit être partagée par beaucoup d'autres que moi. Est-ce que ça me gêne ? Non, même pas. S'ils ont l'intelligence de savoir adapter à leur propre vie, c'est très bien. Et puis, jouer un tour à mes anciens collègues, connus ou inconnus, n'est pas pour me déplaire ! J'en ris, vous-dis-je !