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mardi 16 août 2022

Chicago sur Rhône

Ça, je n'avais encore jamais vu ! Pépère rentrait chez lui cahin-caha après avoir fait quelques courses alimentaires. En traversant la rue, je vois une voiture qui emprunte à toute allure la piste cyclable et en coince une autre. Gonflé, le mec ! Derrière la voiture coincée, une autre se met de travers pour l'empêcher de reculer. Des deux véhicules coinceurs et d'un autre derrière, sortent de jeunes types avec brassards : des flics, qui se jettent sur le conducteur coincé, le menacent avec un objet noir à la main (pistolet ? taser ?), le sortent de sa voiture, le plaque violemment contre la carrosserie et le menottent dans le dos. L'homme a les cheveux grisonnants et semble totalement ahuri. Comme moi d'ailleurs ! Quelques minutes plus tard (vu de ma fenêtre), on lui retire les menottes et chacun repart de son côté.  

Quand je pense que je passe des soirées devant des séries policières ! Maintenant, il me suffira d'ouvrir mes volets !

mardi 5 février 2019

Mystère floral


Tout est apparemment normal sur cette photo : un bouquet de tulipes qui commencent à se défraîchir. Des grandes et des plus petites. Oui, mais lorsque je l'ai acheté, il y a quelques jours, elles avaient toutes exactement la même taille ! Pourquoi certaines ont continué à se développer et pas d'autres ? C'est la première fois que je vois ça.

jeudi 24 janvier 2019

Vertiges

L'Ile d'un autre, où un homme pénètre par effraction dans la maison d'un inconnu, a fait ressurgir en moi un souvenir .

Je vivais encore chez ma grand-mère, je devais avoir six ou sept ans et Yvon était mon compagnon de jeux. Les autres étaient ou trop vieux ou trop jeunes. Parfois aussi, ils ne se mélangeaient pas ou ne nous intéressaient pas. Dans les vieilles, il y en avait pourtant une que nous aimions bien. Elle s'appelait Suzanne (je l'ai revue il y a quelques années lors d'un enterrement au bourg), mais nous l'appelions Loulousse, je ne sais pas pourquoi.

Ses parents habitaient tout près, dans cette enclave du "château" où se déroulaient tous nos jeux. Pas de donjon ni de remparts dans ce château, de simples maisons où vivaient essentiellement des mineurs et leurs familles. Mais on disait qu'autrefois, à cet endroit, s'élevait un château. Est-ce pour cette raison que la place du hameau s'appelle pompeusement la place Marquise ?

Du logis de ces gens-là, je ne connaissais que la cuisine où, parfois, Loulousse, jouant à la "petite mère", nous invitait à manger quelques gâteaux secs, en cachette de ses parents au travail. Ce jour-là, alors que nous grignotions, elle fut appelée dans la cour. Seuls, Yvon et moi, il ne nous fallut pas longtemps pour pousser la porte de l'unique autre pièce : la chambre. Qui de nous deux en eut l'idée, je ne sais pas. Probablement Yvon car moi, j'étais un peu timoré à cette époque.

A peine entré, ce qui m'assaillit immédiatement, ce fut l'odeur. Une odeur étrange, pas désagréable mais inconnue, une odeur étrangère, une odeur d'étrangers. Je me souviens seulement de cela, ni des meubles ni de l'agencement, ni des motifs du papier peint (car il y en avait sûrement un), ni de ce que dit Yvon : rien que l'odeur et le vertige qui me prit aussitôt, comme si je m'étais penché sur un gouffre insondable. Je reculai comme je pus jusqu'à la cuisine où Yvon me rejoignit vite : on entendait déjà les pas de Loulousse sur les marches de l'escalier extérieur. Je devais être pâle mais elle ne se rendit compte de rien.

Il m'est parfois arrivé depuis de ressentir ce même vertige, ce même éblouissement face à l'inconnu, dans des églises, devant un paysage ou devant un tableau. Je n'ai jamais compris pourquoi.

lundi 11 juillet 2016

Etrange

J'ai hérité par une ancienne voisine  d'un carillon Westminster que j'aimais entendre tic-taquer à défaut de le laisser sonner : les voisins ne sont pas tous sensibles  à cette petite musique de nuit ! Or, depuis un an ou deux,  le mécanisme a décidé de s'arrêter systématiquement à 1h03. J'ai beau le remonter, le remettre en marche, le lendemain il a stoppé sa course à la même heure. 

Je possède aussi une montre suisse à laquelle je tiens beaucoup et que je passe au poignet beaucoup plus souvent que les autres. Eh bien, elle aussi, depuis deux ou trois mois, s'est mis en tête de faire des siennes. Elle s'arrête. J'ai d'abord cru à une pile déficiente. Vérification faite, il n'en est rien. Mais le plus étrange, c'est qu'elle aussi s'arrête à ...... 1h03.

J'ai beau ne pas trop croire aux signes du destin tels que celui-ci, c'est tout de même étrange !

dimanche 24 janvier 2016

La ruelle fantôme

Il y a quelque temps, en me promenant dans mon ancien quartier, que j'ai pourtant habité 17 ans, je remarque une impasse que je n'avais jamais repérée. Peu profonde et assez large, elle invitait à la photographie.

Aujourd'hui, je décide d'y ramener mes pas. Je passe devant mon ancien immeuble, que je salue poliment, je longe la préfecture et me voici dans la bonne rue. Je la parcours intégralement : pas trace de l'impasse !

Je me suis sans doute trompé de rue de départ, mais je préfère penser que l'espace, ouvert un instant sur l'impasse, s'est depuis refermé sur elle, comme dans les films. Un peu fêlé, le Calyste ? Si vous voulez...

vendredi 10 avril 2015

Des trucs bizarres

Je suis toujours étonné par des trucs bizarres qui se passent dans la tête à certains moments. Par exemple les associations, non pas d'idées, qui, si l'on cherche bien, finissent toujours par s'expliquer, mais par des associations gestes/souvenirs. Je pense ce soir à deux en particulier qui durent depuis des années et que je n'ai jamais pu comprendre.

La première : lorsque je lave ma vaisselle, neuf fois sur dix, je revois mes voisins de mon ancien appartement, un médecin généraliste et sa femme, et ce dans dans un endroit bien précis : le cloître de Saint-Clément à Rome où nous les avions rencontrés par hasard avec Pierre. Quel rapport, vraiment ?

La deuxième est tout aussi étrange : chaque fois que je commence un jeu sur Internet, je revois mon ex-collègue qui a pris sa retraite dans la Creuse et chez qui j'allais souvent passer une semaine en été. Pas de moment précis cette fois-ci, simplement son visage. Or cette collègue n'avait même pas Internet au début et, ensuite, jamais je ne me suis branché sur un jeu quelconque chez elle.

J'ai cherché, cherché, en essayant de revivre ces moments du souvenir, en essayant d'associer leurs noms de famille, leurs prénoms, que sais-je encore. Rien ! Par quels méandres tout cela passe-t-il ?

dimanche 16 novembre 2014

Momentini

- Le moment du réveil est toujours suivi d'une impression de froid. Et si le froid profond de la mort n'était que le signe d'un grand réveil ?

- Lorsque je pense à ma mère, par bouffées, comme des accès de fièvre qui vous surprennent à l'instant où l'on ne s'y attend pas, ce ne sont pas les mauvais moments qui reviennent. C'est son sourire édenté, à la clinique, quand elle quémandait un baiser.

- Plus de 6000 inconnus sont passés hier sur mon site de photos. Du jamais vu. Presque 2000 aujourd'hui. Je me demande souvent qui sont ces gens que je ne connais pas et qui s'intéressent à ce que je fais.

- Je pense souvent aussi aux autres malades de la clinique, Yvette en particulier qui aimait tant ma mère, la douce Yvette en proie parfois à une profonde mélancolie. Je me demande ce qu'elles deviennent. Je n'ai pas le courage de retourner là-bas. Elles me manquent parfois, ces femmes que j'ai côtoyées sept ans durant.

- Devant le supermarché près de chez moi, il y a un mendiant, toujours le même, que j'ai vu jusque là coucher sous l'abri d'un balcon de l'immeuble voisin. A chacun de mes passages, il me salue d'un signe de tête en me disant bonjour, sans rien réclamer. Je lui rends fidèlement son salut. Alors, il me sourit. Un sourire dans la rue. Presque un anachronisme.

mercredi 12 février 2014

Quelque part à Lyon, en fin d'après-midi

Il s'est passé quelque chose de bizarre tout à l'heure à Lyon, en fin d'après-midi. Il était un peu plus de cinq heures et j'allais voir ma mère. Dès que j'eus franchi la porte donnant sur la rue, je sentis que ce n'était pas comme d'habitude.

Pourtant, rien n'avait changé : les magasins étaient toujours là, déjà éclairés dans ce début de crépuscule, l'enseigne verte de la pharmacie clignotait sur sa croix, les fruits et légumes étaient toujours bien alignés sur l'étal de l'épicerie arabe, les piétons se hâtaient de rentrer chez eux après leur journée de travail, seuls, chacun dans ses pensées. Il avait fait beau jusque là, maintenant la fraîcheur gagnait un peu mais l'hiver n'était toujours pas rigoureux.

Je fis un pas sur le trottoir, en direction de mon garage, perplexe. Je ressentais bien comme un manque mais ne pouvais expliquer de quoi il provenait. Parfois, lorsque l'on oublie quelque chose, on éprouve ce malaise sans savoir au juste à quoi l'attribuer. Ce n'est que plus tard, lorsque l'oubli est découvert, que l'on comprend qu'une partie de nous-mêmes nous avertissait alors mais que nous étions incapables de décrypter le message. C’est un peu ce que je ressentais à ce moment-là.

Ce n'est qu'arrivé au coin de la rue, lorsque je changeais de direction, que je compris. Pendant quelques secondes, que dis-je, peut-être un quart de seconde, il n'y avait eu aucun bruit. Aucun. En pleine ville ! Pas de moteurs de voitures, pas de conversations, aucun chant d'oiseau. Rien . Comme si le film s'était arrêté.

vendredi 8 mars 2013

Pourquoi et comment ?

La question habituelle sur l'origine du monde: comment ?
Celle sur sa fin: pourquoi ?
Moi je leur préfère: d'abord pourquoi et ensuite comment. Mais sans doute suis-je pessimiste...

lundi 17 septembre 2012

Momentini

- Vu hier soir un film américain, Bons Baisers d'Hollywood  (Quel titre tartignole!). Assez regardable pourtant, sur les conflits mère/fille dans le domaine du show-business. Ai été surpris pourtant de découvrir que Shirley Mac Laine est physiquement plus grande que Meryl Streep.

- Quelques enflammés viennent parfois sur nos blogs pour nous en dire des merveilles pendant un certain temps via leurs commentaires puis, du jour au lendemain, disparaissent comme ils étaient arrivés. Je préfère les fidèles, même critiques.

- On connaît presque la totalité du globe terrestre, on peut en voir fréquemment des images ici ou là. Mais le fond de notre propre oreille nous reste invisible.

- Pierre Mondy est mort le 15 septembre, à 87 ans. Je ne le croyais pas si vieux.

- Écoeuré par cette affaire  d’audience en plein air, sur les marches d'un palais de justice pour une handicapée en fauteuil roulant parce que le bâtiment n'avait pas d'entrée adaptée. 15% seulement des locaux publics sont équipés aujourd'hui. Raison évoquée: le coût des travaux. On se fout de la gueule de qui, là?

-Entendu l'autre matin sur France Inter le rappel du licenciement de Bernard Langlois, journaliste de Antenne-2-midi, en 1982, pour avoir ouvert le journal sur les mots suivants, osant le parallèle:
"Il était jeune - 34 ans -, il était intelligent et volontaire, ambitieux et inquiétant tout à la fois. Élu, voici vingt-trois jours, président de la République libanaise, il aura eu juste le temps de savourer l'ivresse de la victoire, mais pas celui d'accéder à la réalité du pouvoir. C'est dans neuf jours que Béchir Gemayel devait devenir officiellement président du Liban. Sa mort, hier, dans un attentat, risque fort de rallumer très vite les feux mal éteints de la guerre civile. Malheureux pays.
Elle n'était plus très jeune - 52 ans. Elle était toujours belle, dans sa maturité de femme épanouie, passée sans transition de la célébrité sulfureuse d'Hollywood à celle, respectable, du gotha. Curieux destin que celui de Grace Kelly, actrice talentueuse distinguée par un prince, qui lui offrit un jour sa main, sa couronne, et de partager son trône planté sur un caillou cossu, dans un royaume d'opérette. Grace de Monaco est morte elle aussi, des suites de ses blessures, après un accident d'auto. Cela ne changera rien au destin de l'humanité. Juste un deuil ordinaire, la peine ordinaire d'une famille célèbre qui nous était familière par la grâce des gazettes.(...)."
Il est bon, parfois, de se souvenir de telles paroles.

samedi 12 mai 2012

Des portes

Des portes, par dizaines, par centaines, ouvertes, à l'infini, comme dans un rêve récurant. Quelques-unes fermées, plus loin, qu'on se dit qu'on aura tout le temps d'ouvrir. Alors, on avance. c'est grisant, le mouvement. on ne prend pas le temps de regarder sur le côté. Le paysage ne compte pas. Qu'importe! L'important, c'est la porte suivante. On entre, on sort, très vite. A peine le temps de sentir sur soi quelque brise que l'on trouverait sans doute bien agréable si l'on prenait la peine de s'arrêter un instant pour en remplir ses sens. Tout est clair, beau, lumineux. On est sûr que ce sera ainsi jusqu'au bout. aucune raison que ça s'arrête. On la mérite, cette joie. Il n'est qu'à nous, ce bien-être. Comment pourrait-il en être autrement?
 
 Et puis, un jour, peut-être parce que la lumière a baissé, on a l'idée de se retourner et l'on s'aperçoit qu'elle se sont refermées une à une, toutes ces portes ouvertes autrefois. Bah! Il en reste tellement devant soi. On reprend sa route, en s'étonnant que le couloir devienne plus étroit, mais l'on passe, même s'il faut pour cela se contorsionner. La progression se ralentit. Qu'importe, on est encore sur la lancée, sur la vitesse acquise.

 On arrive un jour dans une pièce bizarre: la porte n'est pas tout droit, en face, pour la première fois. Il faut la chercher un peu, sur un des côtés, en tâtonnant le long des murs . Et cette lumière qui ne cesse de décliner, et ces effluves qui se font de plus en plus imperceptibles. Mais l'on passe. Les suivantes, on sait qu'il faudra un peu de courage pour les trouver. Mais on en a encore du courage, même si le pas se fait plus lourd. On ne se retourne plus, on sait que ce n'est pas la peine. Derrière, c'est clos. N'en reste que le souvenir des parfums et du soleil.

 Et puis, longtemps après, on se surprend à s'asseoir pour se reposer un instant. On se demande pourquoi on a ouvert toutes ces portes si c'est pour qu'elles se referment ensuite. On devine ce qu'il y a derrière la dernière: une obscurité profonde et le mur que l'on a toujours essayé d'éviter. Alors, on attend. Elle s'ouvrira bientôt d'elle-même, la porte ultime

samedi 11 février 2012

Blagues douteuses

Hier, le téléphone sonne. Une voix jeune, très décontractée.
- Bonjour Monsieur, ici la poste. Nous avons reçu un colis à votre nom.
- Oui.
- Il faudrait que vous veniez le chercher.
- Mais je n'ai pas été prévenu de cette arrivée.
- Non, Monsieur: le colis n'entrait pas dans votre boîte.
- Oui, bien sûr, mais je parle de l'avis-papier du facteur.
- Non, il n'y en a pas.
Je commence à douter sérieusement de l'identité de mon interlocuteur, d'autant que la voix ne me semble pas tout à fait inconnue.
- C'est une blague ?
- Non, Monsieur! D'ailleurs vous le prenez d'un peu haut.
Il ne doit pas savoir ce que c'est quand je le prends d'un peu haut, moi qui, jusque-là était resté très poli.
- Alors voilà: soit vous venez le chercher, soit on vous l'envoie.
- On me l'envoie? Mais il me semble que cela a déjà été fait, et la boîte ne s'est pas agrandie depuis! A quel poste dois-je le récupérer?
- A la poste de Lyon.
- Vous devez certainement savoir, puisque vous y travaillez, qu'il y en a un certain nombre dans la ville!
- La poste de Lyon 3.
C'est effectivement mon arrondissement.
- Et vous pouvez m'en donner l'adresse? (Adresse que je connais parfaitement)
- Ah non, Monsieur, je n'ai pas le droit de vous le dire.
Là, j'ai raccroché.

Aujourd'hui, le téléphone sonne.
- Allo, Calyste ?
- Oui.
- C'est Bruno.
-....
- Tu ne te souviens pas de moi?
- Euh, non. Tu peux me rafraîchir la mémoire?
- Nous étions au collège ensemble.
Cette voix...me rappelle quelque chose. J'y suis: l'employé de la poste d'hier.
- Quel collège?
- Le collège de Lyon.
En voilà un qui devrait se renseigner davantage. Des collèges à Lyon, il y en a plusieurs dizaines. En plus, je n'ai jamais été scolarisé à Lyon.
- Désolé, c'est une erreur. Au revoir, Monsieur.

Que va-t-il inventer encore pour le prochain coup de fil, si prochain il y a. Et surtout qui est cet hurluberlu amateur de blagues douteuses ? Vous le saurez en suivant les hypothétiques prochaines aventures de "Calyste et l'inconnu du téléphone". Mais là, je ne promets pas de rester courtois.

mardi 15 novembre 2011

Invitation foireuse

Je reçois depuis un certain temps, un mois environ, via ma boîte mails, des messages d'invitation ainsi rédigés: "J'aimerais vous inviter à rejoindre mon réseau professionnel en ligne sur le site LinkeIn."

Le premier venait d'un ami que je n'ai pas vu depuis le printemps dernier, un autre d'une collègue perdue de vue depuis longtemps et le troisième d'un collègue actuel. Renseignement pris, aucun ne m'a envoyé de mail de ce type. J'ai par hasard rencontré le premier ami cité cet après-midi: il m'a confirmé n'être pour rien dans l'affaire. Il reçoit d'ailleurs lui-même le même type de messages.

Je n'ai évidemment répondu à aucun mais j'aimerais bien savoir de quoi il retourne. Si vous avez des infos....

mardi 8 novembre 2011

Le vieux sage aux chaussures de savane.

Je ne comprends rien à la façon dont fonctionne Google Images. Chaque fois ou presque qu'une recherche extérieure aboutit chez moi, celle de mes photos qui est proposée ne correspond en rien à ce qui est demandé. Parfois le thème général est respecté (la chapelle de Nohant pour la demande de la maison de George Sand), parfois pas du tout. Ce qui fait que je vais systématiquement vérifier afin de rire un peu.

Car c'est bien souvent très drôle! Ainsi, l'autre jour, à la demande "Vieil homme sage" est apparue une photo prise par moi au Musée du Chapeau de Chazelles-sur-Lyon (Loire) présentant des chaussures originales rappelant le zèbre ou la girafe! Un vieux monsieur affublé de tels ornements peut-il être qualifié de sage ? Je laisse la réponse à cette question à votre sagacité.

mercredi 30 mars 2011

Soufre

A huit ans, j'ai réintégré la cellule familiale. Mes parents habitaient une ferme, comme souvent dans ce pays minier cernée par les vestiges d'anciens puits abandonnés. Le terrain n'y était pas très stable et, pour s'en rendre compte, il suffisait d'observer notre assiette quand ma mère avait servi la soupe: presque vide d'un côté, débordante de l'autre. Les prés aussi gardaient les cicatrices de cette vieille activité souterraine: des crevasses s'y étaient formées au fil des années, que nous appelions "fandars" et que les adultes nous interdisaient d'approcher, craignant sans doute un éboulement. Mais quel terrain de jeu idéal pour des enfants de notre âge!

Pour se rendre chez le coiffeur qui s'occupait de nos têtes, (un espagnol sans aucune formation à qui nous demandions une coupe bien rase pour éviter qu'il ne massacre notre chevelure par de trop intempestifs coups de ciseaux. C'était un crève-cœur pour moi de voir s'accumuler sur le sol en carrelage toutes mes bouclettes serrées que les filles m'enviaient), il fallait faire plusieurs kilomètres à pieds à travers ces paysages de ruines industrielles.

Je me souviens très bien de l'endroit du chemin qui m'impressionnait le plus et, à la fois, me fascinait à chaque passage: un fossé d'où se dégageait régulièrement une espèce de fumerolle, un peu semblable à celle que l'on observe sur les vieux volcans comme le Vésuve, simplement en moins abondante. Lorsque nous nous approchions de cette fumée blanchâtre, ce que nous ne manquions jamais de faire, nous étions enveloppés d'une forte odeur de soufre qui nous prenait à la gorge. Les bords de cette petite crevasse en était recouvert sur une épaisse couche boursouflée. Un jaune intense que j'observais avec horreur et délectation.

J'imaginais qu'il s'agissait là d'une entrée de l'Enfer et que Satan attendait plus bas sa proie imprudente. Je n'avais pourtant pas encore appris l'existence de ces portes des Enfers dont l'Antiquité gréco-latine a parsemé ses paysages tourmentés et le lac Averne n'évoquait encore rien pour moi, mais point besoin de la mythologie méditerranéenne: la formation judéo-chrétienne que nous inculquait ma mère suffisait grandement à nous terroriser.

Et pourtant cet endroit m'attirait à chaque fois. Je crois que c'est devant cette crevasse que j'ai ressenti pour la première fois de ma vie ce sentiment mélangé d'attirance et de répulsion qu'il m'arrive encore de connaître aujourd'hui devant un verre de cognac ou l'odeur de pourriture automnale des feuilles de peupliers. Goûter et frémir à la première gorgée, sentir et ne pas savoir ce qui l'emporte, du plaisir ou du dégoût. Je n'ai jamais avancé d'un pas dans la connaissance de ce mystère.

dimanche 13 décembre 2009

Arrêt sur image

Je suis toujours étonné, et pour tout dire assez content, de voir les nombreuses réactions que ne manque pas de susciter un billet sur le fait religieux. Celui que j'ai écrit hier en est encore une belle illustration. Cependant, je me dois ce soir d'apporter quelques précisions supplémentaires car, hormis Karregwenn qui semble avoir perçu l'esprit de mon écrit, j'ai l'impression pour les autres de ne pas avoir été suffisamment clair, ce que d'ailleurs je ressentais moi-même dès la dernière phrase hier soir. Quelques éclaircissements donc que je vais tenter de présenter du moins important pour moi à celui qui me tient le plus à cœur:

- Le 8 décembre est la fête de l'Immaculée Conception. Ce dogme de l'église catholique est assez tardif puisqu'il date de 1854. Il institutionnalise le fait que Marie fut, dès sa naissance, exempte de la souillure du péché originel. Il n'a donc rien à voir avec la virginité de Marie lors de la naissance du Christ.

- Je n'écris pas pour rallumer de quelque façon que ce soit la querelle, pour moi stérile, entre croyants et incroyants. Je n'ai jamais imposé à qui que ce soit mes convictions (qui, d'ailleurs, ont parfois du mal à s'imposer à moi, tant j'ai besoin de doute et de réflexion pour avancer sur mon chemin) et je supporte très mal les certitudes des uns et des autres, d'autant plus si elles s'accompagnent de sarcasmes et de mépris. Ce ne fut pas le cas dans les commentaires au billet d'hier mais je tenais tout de même à le préciser. Chaque homme a le droit de prendre la route qu'il désire pour accomplir sa vie, même si cette route parait un mirage pour celui qui chemine à côté de lui.

- Mon propos d'hier n'était en aucune façon d'aborder la question de la virginité de Marie. Pour tout vous dire, je m'en moque éperdument. Ma foi, ou plutôt ce en quoi je crois (mais je ne sais pas s'il s'agit de foi), n'a que faire de cela. Je ne me plaçais pas sur le plan du religieux mais plutôt de l'humain et particulièrement du philosophique et je crois que catholique ou protestant, athée, agnostique ou croyant, ou qui que l'on soit et quelles que soient nos lumières de vie, tous nous pouvons débattre calmement sur ce plan là.

En fait, deux points m'intéressaient:

- le premier, c'est la réaction de cette enfant devant l'immensité de ce qui lui est annoncé. Une fois la parole entendue et comprise, comment continuer à vivre, poursuivre la litanie des jours en voyant son ventre s'arrondir sans, peut-être, avoir bien compris la portée du message reçu? Je pense à l'annonce de la mort d'un proche, d'un très proche: j'ai appris celle de Pierre, que j'avais quitté depuis une heure, devant le supermarché où je venais de faire quelques courses parce qu'il faut bien continuer à se nourrir. Mais je suis incapable, encore aujourd'hui d'analyser (ou je ne le veux pas) ma réaction de ce moment-là où, pour moi, la vie basculait. Le message à Marie était, lui, un message de vie mais l'enfant qu'elle était dut, en un instant, accepter la mort d'une grande part d'elle-même jusqu'à ce jour.

- le deuxième point qui m'intéressait, qui m'a toujours intéressé et que je n'arrive pas à cerner de façon très clair, pas plus le fait lui-même que ce pour quoi il m'intéresse, c'est l'instant ténu d'avant le basculement. Instant qui n'appartient plus au passé mais qui n'est pas encore de l'avenir. J'ai pris comme exemple la scène de l'Annonciation parce qu'elle me semble connue de tous mais des moments comme celui-ci, chacun de nous en vit plusieurs dans sa vie, moment ou l'on peut dire oui ou non, accepter son destin ou lui tourner le dos, moment où les lèvres s'entrouvrent pour prononcer les mots définitifs mais où ces mots ne sont pas encore dits. J'ai écrit hier moment figé mais fort de mouvements futurs, on pourrait dire mouvement dynamique de contemplation. Encore une fois ce soir, je ne suis pas très clair. Je pense aussi à la prise d'une photo, au moment où l'on va appuyer sur le bouton, où le mouvement qui vit devant l'objectif va se figer, se mémoriser dans un seul de ses aspects dans l'appareil, alors que l'homme ou la femme en mouvement finira sa marche, sa danse, son sourire et s'en ira, sans parfois savoir qu'on lui a pris un instant de son geste. Le choix du photographe est approchant de ce que je ressens: il peut immobiliser définitivement ce geste, l'immortaliser pour certains, ou bien décider de le laisser fuir, satisfait de l'avoir remarqué pour lui seul. Je crois qu'il faudra, la prochaine fois que je reviendrai sur ce sujet, que je dissocie deux aspects de la question: d'une part le basculement et son rapport avec la vie et la mort, et d'autre part la réflexion sur le choix qui mène à ce basculement. Peut-être alors parviendrai-je à être plus clair.

Voilà donc ce qu'il me semblait important de rajouter ce soir afin de ne pas retrouver des gens que j'aime sur des chemins de traverse sans issue. Merci à tous, pour finir, de l'intérêt que vous avez porté à ces quelques lignes d'hier: je ne répondrai exceptionnellement pas individuellement à tous les commentaires mais je les apprécie, quelle que soit leur "religion"!

mardi 31 mars 2009

Niet, niet.

Depuis quelques semaines, mon adresse mail est envahie par des spams aux titres rédigés en alphabet cyrillique. Qu'est-ce que c'est que ça? L'œil de Moscou? La mafia russe? L'invasion tchétchène? Les billets du Bolchoï? Et pourquoi toujours eux en ce moment? Ouvre l'œil, tovaritch!

dimanche 29 mars 2009

Troupeaux, mystères et course à pied

Je n'ai même pas eu le temps de raconter la journée d'hier tant elle fut chargée. Si chargée qu'elle s'est pour moi terminée ce matin à 11h.

D'abord, après bien des hésitations et malgré les incertitudes du temps, de la course à pied avec S.I, cette fois-ci côté confluant (ou confluence comme il semble à la mode de le dire actuellement). Les nombreux chantiers en cours ne nous ont pas permis de suivre l'itinéraire initialement choisi, et nous avons eu souvent à enjamber tuyaux, câbles et palissades en tout genre.

L'après-midi, c'était l'enquête désormais traditionnelle dans les rues de Lyon pour les Quais du Polar. Là aussi, beaucoup d'hésitations: vers midi, une pluie tenace et froide s'était mise à tomber et nous avions pratiquement décidé, J. et moi, d'annuler la sortie. Puis ciel un peu plus dégagé et départ pour la piste du criminel que nous suivîmes à cinq.

Autant la résolution de l'énigme m'avait intéressé l'an dernier, autant cette année j'ai préféré faire des photos et me divertir avec J. tout en faisant de nombreux commentaires sur les silhouettes rencontrées, pendant que les trois autres s'efforçaient de venir à bout des rébus, messages chiffrées et questions de logique.
Cela nous mena de la Place des Terreaux, envahi ce jour-là par une armée de pandas inoffensifs et leurs gentils gardiens(!), à la Place de la République où nous croisâmes du troupeau bêlant, Bellecour puis Perrache, Charlemagne, pour finir par l'hôpital Saint-Luc/Saint-Joseph et le Centre Historique de la Résistance et de la Déportation. Bon moment de détente passé sous un ciel finalement plus clément que prévu.

Juste le temps de souffler un peu avant de repartir, monté sur un vélo, pour la Presqu'île où j'étais invité à dîner, d'abord par un ami qui dut annuler suite à une refroidissement sévère, puis par François-Jean. Je pensais que ma journée allait s'achever sur cet agréable repas passé en tout aussi agréable compagnie. Il n'en fut rien. Je n'en étais en fait qu'aux prémices de mes aventures.

En effet, en toute fin de soirée, je ressentis le besoin urgent de soulager ma vessie. Et c'est là que les ennuis commencèrent.

dimanche 22 mars 2009

Est-ce que?

Voilà qu'au moment de prendre le chemin de ma chambre me revient la démangeaison familière des doigts sur les touches noires, le besoin de dire, d'écrire encore quelque chose. Comme d'habitude.

Ce soir, en rentrant, j'ai vu mon téléphone qui clignotait, signe de message laissé pendant mon absence. Qui? Je suis toujours curieux de le savoir et, sitôt mes deux mains libres, j'ai écouté ce que l'on avait voulu me faire savoir. C'était sans compter avec la vétusté de cet appareil qu'il faut vraiment que je me décide à changer de toute urgence.

Une voix d'homme, visiblement d'un certain âge, une voix que je connaissais sans pour autant parvenir à l'attribuer avec certitude à quelqu'un. Quelqu'un qui n'a pas appelé depuis très longtemps ou qui appelait pour la première fois: mon message sur le poste fixe date de plusieurs années, alors que Pierre était encore là et, pour ne pas avoir à choisir entre sa voix et la mienne, nous avions opté pour une solution neutre: faire enregistrer les quelques mots d'accueil par sa nièce. Je n'ai pas encore changé ce texte (encore une nécessité urgente!).

Ainsi le vieux monsieur s'excusait-il auprès de la "dame" de la déranger mais ajoutait qu'il voulait parler à (suivaient mes nom et prénom). De la phrase suivante, je n'ai qu'un mot: "est-ce que ?". Ensuite, l'appareil n'a plus enregistré et a coupé la communication. Outre l'agacement devant la technique défaillante à un moment crucial, le fait de ne pas savoir ni de qui ni de quoi il s'agit m'énerve un peu.

Mais si, il y a quelques années, j'aurais écouté et réécouté cette voix, me perdant en conjectures, élaborant des suppositions toutes plus saugrenues les unes que les autres, je me dis aujourd'hui que le monsieur, s'il a vraiment quelque chose à me dire, me rappellera, que cet appel est sans doute quelque chose qui risque de me remettre face aux années écoulées, dont les pages, pour moi, sont presque toutes bien tournées, et que ce mystère ne m'empêchera pas de dormir.

Vous voyez: j'ai changé!

samedi 26 juillet 2008

Angoisses.

Profitons pendant que ça marche!

Hier soir, alors que je passais tranquillement d'un billet à l'autre sur ma blogosphère personnelle, tout à coup, je n'ai pu retrouver mon propre blog puis la totalité des autres. Impossible d'accéder à Internet. J'avais auparavant procédé à la mise à jour de ZoneAlarm qui, comme le disait le message, était "absolument nécessaire pour résoudre le problème introduit par la mise à jour de Microsoft KB951748" qui pouvait causer la perte de la connexion internet pour les utilisateurs de ZoneAlarm sur WindowsXP. Voilà. Simple, non? Déjà il faut arriver au bout de cette phrase qui pèse un quintal. Ensuite, avoir la connexion bloquée par une mise à jour qui est sensée justement éviter ce problème, c'est cocasse!

Résultat: couché à 2h, pour tenter de comprendre et de remédier. On se sent tout petit dans ces moments-là. Réveillé à 4h. Angoisse: comment vais-je faire sans J. qui part en vacances? Est- ce que je peux décemment me permettre de lui téléphoner ce samedi alors qu'il aura certainement des tas de choses à faire? A 8h, debout. Inutile d'insister. Une nuit gâchée par les sueurs froides et chaudes.

J'allume mon ordinateur et là, miracle: ça marche. Comment? Pourquoi? Je n'en sais fichtre rien. Combien de temps cela va durer? Je le sais encore moins. Simplement, si je disparais ces jours-ci de mon blog, c'est soit que je serai mort de l'anesthésie générale de jeudi en vue d'une gastro-coloscopie (de contrôle), soit que ZoneAlarm aura encore fait des siennes. Dans les deux cas, le plus embêté, ce serait bien moi, je pense!
P-S: je viens,tremblant comme une feuille, d'éteindre et de rallumer l'ordinateur, ça marche toujours!