vendredi 5 juillet 2024
Ca paraît toujours loin
Pour tout dire, je suis un peu fébrile. Vais-je retrouver d'anciens copains et copines avec qui je jouais au ballon prisonnier ? Certains seront sans doute morts, et les autres, vais-je les reconnaître plus de soixante ans après ? On verra bien.
Maintenant, la rue qui y mène a un nom ! Jean Monnet. Pas mal non plus. Elle est bordée de villas qui n'existaient pas à l'époque. Les prés des agriculteurs-mineurs ont disparu, les agriculteurs et les mineurs aussi. Il me reste quelques repères, certains un peu modifiés mais toujours reconnaissables : les anciennes épiceries-buvettes transformées en appartements, la maison de ma tante, à peine transformée, l'endroit où j'allais au catéchisme et où, parfois, étaient célébrées des messes où je servais d'enfant de chœur. Il reste aussi un crassier (terril), sans doute trop difficile à araser et un des prés de ma grand-mère, celui avec les poiriers au sommet.
Ah ! nostalgie, quand tu nous tiens !
mardi 16 avril 2024
Les mineurs de fond : la fin
La vidéo montre une mine du Pas-de-Calais, mais c'était partout pareil.
lundi 2 octobre 2023
Remontée d'enfance
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| La forêt d'eucalyptus (1868), Édouard Riou |
Pourquoi cette illustration des Enfants du capitaine Grant, de Jules Verne, m'a-elle autant marqué lors de la lecture du roman, à l'âge de douze ans environ ? Je me souviens même de l'endroit où j'étais quand je l'ai découverte : sur le terril près de la ferme de mes parents, à garder les chèvres. Enfin, garder est un bien grand mot car elles profitaient souvent de mes "absences" pour se faire la belle. Quand je relevais les yeux du livre, elles avaient disparu !
Je crois qu'en fait, c'est le premier grand voyage que j'ai fait de ma vie, là, près de l'ancien puits de mine mais en fait sous les arbres séculaires d'un pays fantasmé !
jeudi 17 août 2023
La chambre du haut
Elle possédait une toute petite fenêtre, à hauteur de chevilles, qui donnait sur le pré du bas, la mare et la route qui conduisait sur la place du village après le grand virage contournant les deux peupliers qui existent encore. Pour lire, je m'asseyais sur le rebord, pas trop profondément à cause du vertige. J'y écrivais aussi des poèmes que je cachais soigneusement à mon frère.
Elle possédait un poêle à charbon ventru qui expliquait notre exil hivernal. Une nuit, nous eûmes très peur : nous avions trop bourré la gueule de ce poêle et il s'est mis à ronfler comme un damné. Il avait fallu éteindre le foyer rougeoyant avec un seau d'eau. Dans l'armoire, il y avait mon jeu préféré (un des rares que nous possédions) : une boîte de construction avec des éléments en bois pour confectionner un chalet suisse. Seuls les volets en étaient en plastique.
Après cette chambre, une porte qui donnait sur deux greniers. Nous avions un peu peur des habitants qui pouvaient s'y trouver (monstres, sorcières ou autres) mais, en tant qu'aîné, je me devais d'afficher une forme d'assurance que j'étais loin de ressentir. Nous avions interdiction de pénétrer dans le second car il ne possédait pas de véritable plancher et, si nous ne marchions pas sur les poutres, nous risquions de passer au travers.
Nous pouvions entrer dans le premier à une seule occasion : quand mon père avait tué le cochon. Nous y faisions les saucissons et saucisses avec une grosse embosseuse. Le tout se retrouvait bientôt pendu aux poutres du plafond pour sécher, ou dans de grosses jarres, entouré de papier journal. Je ne me souviens pas d'y avoir jamais vu une seule souris.
L'été, nous redescendions à la chambre du bas où je retrouvais le cosy, la vieille boîte de dragées que j'y cachais avec mon trésor de quelques pièces jusqu'à avoir assez pour m'offrir un livre de la Bibliothèque Verte, et la petite vierge phosphorescente que ma mère y avait placée.
Pourquoi tous ces souvenirs aujourd'hui ? Peut-être à cause de la canicule ?
mardi 6 juin 2023
Si t'es pas sage, ....
mercredi 5 avril 2023
vendredi 22 juillet 2022
Noces de Basane
- avant l'achat, la première visite pendant laquelle j'avais tout de suite ressenti de bonnes "ondes".
- le déménagement avec des pompiers amis d'un collègue et Kikou. Tout cela s'était terminé par un repas en commun (spaghettis, il me semble) et des chants à tue-tête (cantiques et chansons "chaudes" pour ne choquer personne !!).
- le message de Kikou sur le entre les deux fenêtres du salon avant qu'on ne les tapisse. Il y est toujours mais j'ai oublié de quoi il parlait.
- l'accueil très chaleureux des "vieux" voisins, tous morts aujourd'hui.
- la maladie de Pierre et son départ définitif pour la clinique.
Mais je ne vais pas tout énumérer. 31 ans : vous ne seriez pas sortis de l'auberge !!!
mardi 15 février 2022
jeudi 3 février 2022
Sur la route
Alors, dans la voiture sans radio, je chantais, une sorte de rite comme pour saluer le lever du soleil. C'était toujours Ma Môme, de Ferrat, que je connais encore par cœur. Ou bien, quand je me sentais d'une humeur plus badine, Over the Rainbow, du Magicien d'Oz. Et je me sentais léger, malgré l'imposant corset de plâtre qui m'enserrait le buste.
Somewhere over the rainbow, bluebirds fly and the dreams that you dream of dreams really do come true ...
samedi 15 janvier 2022
dimanche 5 décembre 2021
Deux trouvailles
- la première, trois exemplaires de la série Contes et Légendes (de la Camargue et des Gitans, de Byzance, de Bohême). Les premiers que j'ai lus, je les empruntais à la bibliothèque et, comme, apparemment, je retombe en enfance, je lirai ces trois-là.
- la seconde, beaucoup, beaucoup plus surprenante dans ce genre de lieux-dépôts : dans une petite pochette, un coupe-papier en cuivre (probablement fabriqué à partir d'un obus) et une douille de balle, semblable au manche du coupe-papier. Sur la lame, deux inscriptions : d'un côté, Souvenir du front offert par A. Valencot à son camarade Radix, et de l'autre, 1914-1916 Campagne d'Artois Notre-Dame de Lorette.
Trois sentiments concomitants en moi : la colère (comment peut-on se débarrasser d'un tel objet ?), l'émotion (le cadeau d'un poilu à un autre poilu), la surprise (comment ce coupe-papier est-il arrivé ici ?). Et puis j'ai pensé que, tout près, il existe une maison de retraite : quelqu'un est mort et on s'est débarrassé, vite fait, de ce qui, sans doute, comptait dans sa vie.
mercredi 20 octobre 2021
Illusions perdues
Les Illusions perdues est le premier roman de Balzac que j'ai lu, au début de mon adolescence. A l'époque, je n'achetais pas, j'empruntais à la bibliothèque. Je venais de romans pour enfants de la Bibliothèque Verte, au mieux des réécritures de Jack London.
Un pavé que j'ai englouti très vite tant il me fascinait. J'étais très romantique à cet âge-là. Lucien de Rubempré, c'était un peu moi. Cette passion pour Balzac m'a servi plus tard puisque je suis tombé à l'oral du Capes sur un de ses textes (extrait de Splendeurs et misères des courtisanes, que je n'ai toujours pas lu !).
Aujourd'hui, Rubempré, c'est la maison d'édition qui a publié Zemmour ....
jeudi 2 septembre 2021
Seventees
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mardi 31 août 2021
Le chemin creux
Ce chemin creux avait des rebords terreux et nous nous y amusions souvent, loin de la route (où, de toute façon, il devait passer trois ou quatre voitures par jour). Nous n'avions pas beaucoup de jouets mais je me souviens de quelques cow-boys et indiens en plastique, aux couleurs criardes, que nous jouions à cacher dans les parois terreuses de ce chemin. Les règles du jeu, je les ai oubliées mais je sais que cow-boys et indiens étaient, dans ce jeu-là, sur un pied d'égalité. Et moi, ce que j'aimais par dessus tout, c'était de gratter la terre sèche !
