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mardi 1 septembre 2026

Mes sixties (44)

dimanche 26 avril 2026

M'sieur Jean

Bon, d'accord, ça fait plus popu que Don Juan, mais c'en est la traduction fidèle, non ? Cette intro un peu tordue pour dire que, dans la semaine qui se termine, je suis allé à l'Auditorium écouter un Don Juan que je ne suis pas prêt d'oublier !

 Je crois ne pas avoir éprouvé depuis longtemps un tel bonheur. D'abord, on m'avait donné une place gratuite et c'est le premier plaisir. Je craignais que ce ne soit une version uniquement instrumentale, mais non : tout a été chanté, airas, duos, récitatifs, ... Et quelles voix ! Toutes étaient parfaites, sans aucune à la traîne, ce qui arrive hélas assez souvent. Mention spéciale pour Laurence Kilsby (Don Ottavio), et pourtant, en général, je n'aime pas les ténors.

Leporello était présent en double : le chanteur (baryton), aussi aussi un sociétaire de la Comédie Française, Eric Génovèse, mettant souvent son grain de sel avec beaucoup d'humour. 

L'absence de décor ne m'a pas du tout gêné, car la mise en scène était suffisamment parlante. Et, de plus, ce qui ne gâte rien, pour une fois, les physiques de chanteurs étaient crédibles et correspondaient à leurs rôles. Pas, cette fois-ci, de Don Juan ventripotent dont on se demande pourquoi Donna Elvira y est tant attachée au lien de partir en courant ! 

Bref, vous l'aurez compris, je suis sorti emballé de cette soirée. (Un bravo aussi pour l'orchestre national de Lyon !)

Laurence Kilsby 

mardi 31 mars 2026

Visages à contre-jour

Tout à l'heure, en essayant de m'assoupir pour la sieste, j'ai repensé au village où j'ai passé mon enfance, sous la haute autorité de ma grand-mère maternelle. Au village et à ses habitants. Et me sont venus à l'esprit non pas des noms ni des prénoms amis des surnoms tirés des uns ou des autres ou d'une particularité physique. 

Le premier à paraître fut le Firmin, qui aidait mon père à égorger les cochons. Mais, quand on parlait de lui en son absence, on disait le Bègue et, pour son frère le Boiteux. Le premier était une bonne pâte, le second un peu plus teigneux. Ils vivaient dans une ferme très sale où les poules couraient et chiaient dans la cuisine. Tous deux se querellaient ^sans cesse et en arrivaient souvent aux coups. Mais, pour rien au monde, ils ne se seraient séparés. 

Et puis d'autres apparurent, en un long cortège que j'ai vu défilé devant mes yeux fermés. A vous de les imaginer, ces personnages de ma petite enfance.

La Titine (sur la place Marquise), la Rèrette (qui recueillait les chiens errants) , La Dya (une vague cousine de ma mère), La Loulousse (celle-ci est encore bien de ce monde), le Meji (qui vivait avec la Périne et était toujours saoul), le Grojo (qui tenait un bar), le Coco-bel-œil (celui qui, du haut d'une cerisier dont il cueillait les fruits pour me les donner, me cracha sa chique sur les mains), le Tètel (qui tenait un autre bar), La Fine (je ne croit pas qu'il y ait de rapport avec l'alcool, mais plutôt avec Joséphine),  le Tite et la Gate (dont on me parlait mais que je ne me souviens pas avoir connus), Le Zazieu (le père de mon ami d'enfance Yvon), la Gau (elle était bien enveloppée), le Mimile (un ami de mon père), le Toine (le conducteur du car), Le La Fraise (aussi appelé La Bugne (un cousin d'Yvon dont il ne voulait pas entendre parler), la Nènette (mère de La Fraise), La Mie (prononcer comme gentille, ma mère).

Tous (à l'exception de la Loulousse qui était plus jeune) sont morts aujourd'hui. Ma somnolence les a fait revivre ... un peu. 



mercredi 14 janvier 2026

Et de quarante pour lui.

Daniel Balavoine (1952 - 14 janvier 1986)

vendredi 26 décembre 2025

La Saint Qui ?

Aujourd'hui, c'est la St-Etienne et qui dit Saint-Etienne pense forcément à Sainte-Barbe !


samedi 22 novembre 2025

Chanteur et parolier

Jean Guidoni (1951 - 21 novembre 2025)

vendredi 5 juillet 2024

Ca paraît toujours loin

Et puis ça arrive vite. Non, je ne parle pas de ce qui nous pend au nez à partir de dimanche soir mais de la fête de mon école primaire. C'est aujourd'hui. Roger Salengro va disparaître (vont-ils la démolir ?). Comment appelleront-ils la nouvelle ? J'aimais bien, moi, Roger Salengro, même si j'ignorais totalement de qui il s'agissait quand j'étais petit. Je sais maintenant qu'il fut victime d'Action Française. 

Pour tout dire, je suis un peu fébrile. Vais-je retrouver d'anciens copains et copines avec qui je jouais  au ballon prisonnier ? Certains seront sans doute morts, et les autres, vais-je les reconnaître plus de soixante ans après ? On verra bien. 

Maintenant, la rue qui y mène a un nom ! Jean Monnet. Pas mal non plus. Elle est bordée de villas qui n'existaient pas à l'époque. Les prés des agriculteurs-mineurs ont disparu, les agriculteurs et les mineurs aussi. Il me reste quelques repères, certains un peu modifiés mais toujours reconnaissables : les anciennes épiceries-buvettes transformées en appartements, la maison de ma tante, à peine transformée, l'endroit où j'allais au catéchisme et où, parfois, étaient célébrées des messes où je servais d'enfant de chœur. Il reste aussi un crassier (terril), sans doute trop difficile à araser et un des prés de ma grand-mère, celui avec les poiriers au sommet. 

Ah ! nostalgie, quand tu nous tiens !

mardi 16 avril 2024

Les mineurs de fond : la fin


 La vidéo montre une mine du Pas-de-Calais, mais c'était partout pareil.

lundi 2 octobre 2023

Remontée d'enfance

Fichier:'The Children of Captain Grant' by Édouard Riou 107.jpg - Wikisource
La forêt d'eucalyptus (1868), Édouard Riou

Pourquoi cette illustration des Enfants du capitaine Grant, de Jules Verne, m'a-elle autant marqué lors de la lecture du roman, à l'âge de douze ans environ ? Je me souviens même de l'endroit où j'étais quand je l'ai découverte : sur le terril près de la ferme de mes parents, à garder les chèvres. Enfin, garder est un bien grand mot car elles profitaient souvent de mes "absences" pour se faire la belle.  Quand je relevais les yeux du livre, elles avaient disparu ! 

Je crois qu'en fait, c'est le premier grand voyage que j'ai fait de ma vie, là, près de l'ancien puits de mine mais en fait sous les arbres séculaires d'un pays fantasmé !

jeudi 17 août 2023

La chambre du haut

L'hiver, nous dormions là-haut. La chambre du bas, que nous partagions avec mon frère, était trop froide. C'était sans doute ancienne grange. Le portail en avait été muré avec de la brique qui colorait la façade de pierres. Pour y monter, il fallait passer par la chambre des parents (où mes sœurs dormaient aussi) et emprunter un escalier tordu. Sur le pallier, la machine à coudre de ma mère, une Singer avec l'acrobate qui se mettait à tourner quand on actionnait la pédale. C'était le premier attrait de cette chambre du haut. 

Elle possédait une toute petite fenêtre, à hauteur de chevilles, qui donnait sur le pré du bas, la mare et la route qui conduisait sur la place du village après le grand virage contournant les deux peupliers qui existent encore. Pour lire, je m'asseyais sur le rebord, pas trop profondément à cause du vertige. J'y écrivais aussi des poèmes que je cachais soigneusement à mon frère. 

Elle possédait un poêle à charbon ventru qui expliquait notre exil hivernal. Une nuit, nous eûmes très peur : nous avions trop bourré la gueule de ce poêle et il s'est mis à ronfler comme un damné. Il avait fallu éteindre le foyer rougeoyant avec un seau d'eau. Dans l'armoire, il y avait mon jeu préféré (un des rares que nous possédions) : une boîte de construction avec des éléments en bois pour confectionner un chalet suisse. Seuls les volets en étaient en plastique. 

Après cette chambre, une porte qui donnait sur deux greniers. Nous avions un peu peur des habitants qui pouvaient s'y trouver (monstres, sorcières ou autres) mais, en tant qu'aîné, je me devais d'afficher une forme d'assurance que j'étais loin de ressentir. Nous avions interdiction de pénétrer dans le second car il ne possédait pas de véritable plancher et, si nous ne marchions pas sur les poutres, nous risquions de passer au travers. 

Nous pouvions entrer dans le premier à une seule occasion : quand mon père avait tué le cochon. Nous y faisions les saucissons et saucisses avec une grosse embosseuse. Le tout se retrouvait bientôt pendu aux poutres du plafond pour sécher, ou dans de grosses jarres, entouré de papier journal. Je ne me souviens pas d'y avoir jamais vu une seule souris. 

L'été, nous redescendions à la chambre du bas où je retrouvais le cosy, la vieille boîte de dragées que j'y cachais avec mon trésor de quelques pièces jusqu'à avoir assez pour m'offrir un livre de la Bibliothèque Verte, et la petite vierge phosphorescente que ma mère y avait placée. 

Pourquoi tous ces souvenirs aujourd'hui ? Peut-être à cause de la canicule ?

mardi 6 juin 2023

Si t'es pas sage, ....

Une grande terreur d'enfant. Mes parents nous disaient toujours : "Si t'es pas sage, on t'emmène chez les frères bleus !". Les Schtroumpfs n'étant encore pas apparus, nous nous demandions bien qui cela pouvait être. Ayant (déjà !) une imagination débordante, j'imaginais ces êtres fantastiques tout bleus et dévoreurs d'enfants pas sages. Jusqu'à ce que je découvre qu'il s'agissait de frères Maristes installés à La Valla, dans le Pilat. L'éducation qu'ils prodiguaient devait être très rigoriste pour mériter ce rôle de pères Fouettard !

mercredi 5 avril 2023

La Grande Pêche

vendredi 22 juillet 2022

Noces de Basane

Dans les jours qui viennent (je ne me souviens pas de la date exacte), cela fera 31 ans que j'habite cet appartement, mon record et de loin, même si je ne pourrai jamais rivaliser avec mes parents pour le nombre de déménagements. Et les souvenirs reviennent en foule :

- avant l'achat, la première visite pendant laquelle j'avais tout de suite ressenti de bonnes "ondes".

- le déménagement avec des pompiers amis d'un collègue et Kikou. Tout cela s'était terminé par un repas en commun (spaghettis, il me semble) et des chants à tue-tête (cantiques et chansons "chaudes" pour ne choquer personne !!).

- le message de Kikou sur le entre les deux fenêtres du salon avant qu'on ne les tapisse. Il y est toujours mais j'ai oublié de quoi il parlait.

- l'accueil très chaleureux des "vieux" voisins, tous morts aujourd'hui.

- la maladie de Pierre et son départ définitif pour la clinique.

Mais je ne vais pas tout énumérer. 31 ans : vous ne seriez pas sortis de l'auberge !!!

mardi 15 février 2022

jeudi 3 février 2022

Sur la route

Au petit matin. J'avais 27 ans. Je devais partir tôt : ma vieille Fiat faisait souvent des siennes au démarrage et le trajet pour Décines, en banlieue est était souvent encombré. J'étais encore maître auxiliaire. J'aimais déjà mon métier, mes élèves. Mais je n'ai jamais aimé le matin.

Alors, dans la voiture sans radio, je chantais, une sorte de rite comme pour saluer le lever du soleil. C'était toujours Ma Môme, de Ferrat, que je connais encore par cœur. Ou bien, quand je me sentais d'une humeur plus badine, Over the Rainbow, du Magicien d'Oz. Et je me sentais léger, malgré l'imposant corset de plâtre qui m'enserrait le buste. 

Somewhere over the rainbow, bluebirds fly and the dreams that you dream of dreams really do come true ...

samedi 15 janvier 2022

Retour à l'envoyeur

dimanche 5 décembre 2021

Deux trouvailles

Cet après-midi, dans une bibliothèque de rue, j'ai fait deux trouvailles qui m'ont réjoui : 

- la première, trois exemplaires de la série Contes et Légendes (de la Camargue et des Gitans, de Byzance, de Bohême). Les premiers que j'ai lus, je les empruntais à la bibliothèque et, comme, apparemment, je retombe en enfance, je lirai ces trois-là.

Contes et légendes (collection) — Wikipédia

- la seconde, beaucoup, beaucoup plus surprenante dans ce genre de lieux-dépôts : dans une petite pochette, un coupe-papier en cuivre (probablement fabriqué à partir d'un obus) et une douille de balle, semblable au manche du coupe-papier. Sur la lame, deux inscriptions : d'un côté, Souvenir du front offert par A. Valencot à son camarade Radix, et de l'autre, 1914-1916 Campagne d'Artois Notre-Dame de Lorette. 

Trois sentiments concomitants en moi :  la colère (comment peut-on se débarrasser d'un tel objet ?),  l'émotion (le cadeau d'un poilu à un autre poilu), la surprise (comment ce coupe-papier est-il arrivé ici ?). Et puis j'ai pensé que, tout près, il existe une maison de retraite : quelqu'un est mort et on s'est débarrassé, vite fait, de ce qui, sans doute,  comptait dans sa vie.

mercredi 20 octobre 2021

Illusions perdues

Je viens d'apprendre par la radio qu'un film sorti aujourd'hui reprend ce fameux roman de Balzac, auteur en retour de grâce en ce moment (Eugénie Grandet a également été tourné).

Les Illusions perdues est le premier roman de Balzac que j'ai lu, au début de mon adolescence. A l'époque, je n'achetais pas, j'empruntais à la bibliothèque. Je venais de romans pour enfants de la Bibliothèque Verte, au mieux des réécritures de Jack London. 

Un pavé que j'ai englouti très vite tant il me fascinait. J'étais très romantique à cet âge-là. Lucien de Rubempré, c'était un peu moi. Cette passion pour Balzac m'a servi plus tard puisque je suis tombé à l'oral du Capes sur un de ses textes (extrait de Splendeurs et misères des courtisanes, que je n'ai toujours pas lu !).

Aujourd'hui, Rubempré, c'est la maison d'édition qui a publié Zemmour ....

jeudi 2 septembre 2021

Seventees

Un petit coup d’œil dans le rétro. C'était à peu près mon look en ce temps-là, et j'y tenais ! 

Notre vie, ces symboles, et la vie du Monde en image

 

Épinglé sur When Synthetic Fibers Ruled The Known Universe.

Années 1970 en mode — Wikipédia
Coiffure pour hommes (confinés) : notre tuto pour rester stylé - Le Point 

mardi 31 août 2021

Le chemin creux

Ma fouille sauvage de l'autre jour m'a rappelé un souvenir d'enfance que j'avais totalement oublié. Nous habitions la ferme de mes grands et arrière-grands-parents. En face, sur la pente, un chemin creux séparait notre pré de la châtaigneraie d'une vieille fille acariâtre qu'heureusement nous ne voyions jamais (elle habitait au bourg, à quelques kilomètres de là) : nous pouvions ainsi faire provision de châtaignes que ma mère faisait griller sur le poêle et que nous mangions, parfois avec du lait. 

Ce chemin creux avait des rebords terreux et nous nous y amusions souvent, loin de la route (où, de toute façon, il devait passer trois ou quatre voitures par jour). Nous n'avions pas beaucoup de jouets mais je me souviens de quelques cow-boys et indiens en plastique, aux couleurs criardes, que nous jouions à cacher dans les parois terreuses de ce chemin. Les règles du jeu, je les ai oubliées mais je sais que cow-boys et indiens étaient, dans ce jeu-là, sur un pied d'égalité. Et moi, ce que j'aimais par dessus tout, c'était de gratter la terre sèche !