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dimanche 1 mars 2026

Courte balade

Pour profiter du soleil, revoir les fleurs printanières et finir mon roman. Heureux de voir la petite île émerger enfin !



mercredi 25 février 2026

Elles sont de retour !














samedi 20 mars 2021

Momentini

- Appartement plus fleuri que jamais : trouvé une épaisse branche de mimosa dans la rue, acheté un petit hortensia bleu pâle, vu offrir par ma sœur un gros bouquet de jonquilles. Je vous les montrerais bien mais M. Google ne veut plus et je n'ai toujours pas trouvé la parade, sauf à mettre la main au portefeuille !

- Passé ma journée à marcher dans la campagne. Ciel bleu, beau soleil, vent frisquet (mais ça évite la foule). Je vous montrerais bien mais M. Google ne veut plus. 

- Couvre-feu à 19 h. Moi, je suis rentré avant et, comme la marche m'avait un peu "assommé", je me suis gentiment endormi sur le bouquin en cours. Une façon comme une autre de refuser un "cadeau" qi n'en est pas un.

- Pas de projets de vacances, aucune location envisagée. On fera comme tout le monde : on avisera au dernier moment.

- Le bouquin en cours, c'est La Nostalgie n'est plus ce qu'elle était, de Simone Signoret. J'en parlerai mais je me demande si, en vieillissant, ma vue baisse ou si tout cela est imprimé en tout petits caractères !

- Depuis quelques temps, dans la rue, les gens sont de plus en plus tristes ou agressifs. Effets de la pandémie ? Et chez vous, c'est pareil ?

samedi 28 mars 2020

Lumières

Au réveil, étrangement plus matinal en ces temps particuliers, un rai de lumière filtre à travers les volets entrebâillés.  Il fait beau. Le printemps pointe son nez un peu frais, la vie continue. Première cigarette sur le balcon, le soleil en face, le ciel d'un bleu encore un peu timide. Il monte peu à peu et arrive bientôt sur ma grille de mots croisés, dans la cuisine. Dans la chambre aérée, il s'accroche aux quelques moutons que je balaierai plus tard. Les fenêtres s'ouvrent une à une, ceux qui se réveillent regardent le ciel, comme moi.

A midi, il disparaît au-dessus de l'immeuble : il doit faire beau là-haut, sur la terrasse à l'angle de la rue, où de jeunes voisins sont montés l'autre jour, délogés bientôt par des policiers parce qu'on les avait confondus avec des cambrioleurs. En début d'après-midi, alors que la lumière s'est réfugiée sur le petit jardin, deux fillettes s'en donnent à cœur joie avec leurs trottinettes pendant qu'un étudiant se défoule sur sa corde à sauter.

Début d'après-midi, il pointe son nez à la fenêtre de la rue. Il lui faudra encore un peu de temps avant de venir frôler mon canapé. Je sais que je peux lire et faire la sieste avant qu'il n'atteigne ma corbeille de fruits où les petits morceaux de mosaïque projetteront alors des paillettes de lumière sur le mur derrière moi.

Il est temps de sortir ? Demain peut-être. Aujourd'hui, ce sera sans. Ma joie sera la cigarette à la fenêtre du salon. La pierre est chaude sous mes mains. Personne en bas dans la rue, ni voitures. Pas de bruit. Seuls deux moineaux qui se poursuivent dans l'arbre solitaire en face.
Bientôt il disparaît derrière les toits de l'autre trottoir. Je sais qu'il est en train de se coucher au-delà de la colline de Fourrière. Le Cours Gambetta, dans l'axe, doit encore en être inondé, en sépia.

Et tout à l'heure, alors qu'il aura complètement disparu, les fenêtres de la cour s'ouvriront et des silhouettes sombres apparaîtront pour applaudir, un moment. Et, demain, ce sera la même chose.
Je repense à Proust et à ces belles pages sur la lumière touchant la commode de sa tante Léonie.

mardi 30 avril 2019

Le lys de la vallée

 Résultat de recherche d'images pour "brin de muguet"



C'est ainsi qu'au XVIII° siècle, on appelait le muguet. Mon cher Balzac le savait-il ?

Dans l'antiquité grecque, il fut créé par Apollon afin que ses muses ne s'abîment pas les pieds en foulant le sol du Parnasse. Chez les romains, la déesse Flora, la déesse des fleurs, était honorée début mai lors de fêtes, les Florales. Chez les chrétiens, le muguet est associé à la Madone dont les pleurs au pied de la croix auraient donné naissance à cette fleur et à ses clochettes.

En France, la tradition d'en offrir un brin au 1er mai remonterait à la Renaissance : Charles IX visitant le Dauphiné avec sa mère Catherine de Médicis s'en serait vu offrir par un chevalier, Louis de Girard de Maisonforte qui venait de le cueillir dans son jardin à Saint-Paul-Trois-Châteaux.  Le roi décide alors d'en offrir chaque printemps aux dames de sa cour et la coutume se répand vite dans le royaume.. Mais cette tradition se perd jusqu'au 1er mai 1895 où elle est remise à l'honneur par le chansonnier Félix Mayol.

Aujourd'hui, les noces de muguet se fêtent à la treizième année de mariage.

Mais le muguet n'a pas toujours été associé à la fête du Travail : en 1793, Fabre d'Églantine associe la fleur au "jour républicain", le 26 avril et non le 1er mai, alors qu'une fête du Travail est proposée au 3° jour des "Sans-Culottides" (jours  complémentaires), soit en septembre.

Ce ne sera qu'au début du XX° siècle que le muguet sera définitivement associé à la fête du Travail (datant elle-même de 1889). Sous Pétain, la fête des travailleurs devient la fête du Travail et il remplace l'églantine rouge (associée à la gauche) par le muguet. Une manière comme une autre de se jeter des fleurs puisque la saint Philippe, aujourd'hui le 3 mai était à l'époque le .... 1er mai.

Allez, je ne vous souhaite que du bonheur !

lundi 30 avril 2018

Momentini

- Deux fenêtres propres sur six, ça progresse ! De toute façon, il pleut, donc les autres vont attendre.

- Vu hier soir sur Arte un très intéressant documentaire sur Ingrig Bergman, avec, en particulier l'intervention de ses quatre enfants : Pia Lindstrom, de son premier mari, Ingrid Rossellini, Roberto Rossellini, et enfin la plus connue Isabella Rossellini, tous trois de son second mari, le cinéaste italien. Beaucoup d'extraits de son journal intime aussi. Tout cela m'a rappelé son autobiographie lue il y a peu.

- Demain, premier mai. Autrefois, nous allions avec Pierre en Isère cueillir les petites clochettes que nous distribuions ensuite dans tout l'immeuble. J'y suis retourné une année avec Jean-Claude : je n'ai jamais retrouvé le bois où il poussait à foison (le muguet, pas Jean-Claude !).

jeudi 29 mars 2018

Momentini

- Après avoir jubilé dans ma derrière lecture (Le Dieu Manchot), jubilé encore hier soir devant Le Festin de Babette. Certains acteurs danois y ont des têtes de tableaux ! Petite déception pourtant, en début de soirée, d'avoir vu disparaître Ronet aussi vite dans La Femme infidèle. En plus, je la comprends, moi, cette femme !

- Le printemps, c'était aujourd'hui à Lyon. Toujours aussi grande surprise de voir la soudaine explosion de la floraison (violettes, pâquerettes et autres fleurs des champs dont je ne connais pas les noms). Un plaisir furtif puisque, pendant ce week-end de Pâques, il va ..... pleuvoir !

-  Entendue ces jours-ci, une institutrice devant un groupe d'élèves :
       - Revoyons ensemble les mots importants pour la nature : conservation, préservation, adaptation. Qui pourrait m'en rappeler d'autres ?
       - Récréation, maîtresse !

vendredi 28 avril 2017

Et le 23 avril ? Et le 7 mai ?

Par curiosité, je suis aussi allé voir ce qui était arrivé le jour du premier tour de l'élection présidentielle et celui du second.

Pour le 23 avril, deux grands quittaient la scène (le même jour et en plus la même année : 1616) : William Shakespeare et Miguel de Cervantès. Ceux-là, on les regrette encore !

Pour le 7 mai, capitulation de l'Allemagne hitlérienne signée par le général Jodl, à Reims. Aucun commentaire !

28 avril

Il y a longtemps que je n'étais pas allé sur ce site qui fourmille d'infos sur ce qui s'est passé tel ou tel jour. Intéressant et drôle parfois. Ainsi, pour aujourd'hui, 28 avril, y apprend-on qu'en 1789 eut lieu la mutinerie du Bounty, en 1920 l'investiture de la France par la Société des Nations pour un mandat sur le Liban et la Syrie, en 224, l'assassinat d'Artaban IV (non, ce n'est pas celui qui était fier !), dernier souverain de la dynastie des Arsacides par Ardashir, un roitelet perse (trop long à vous expliquer).

Mais Artaban IV n'est pas le mort le plus illustre de ce jour du 28 avril. Et parfois, l'histoire (ou la nécrologie) fait des rapprochements assez surprenants. Ainsi c'est aussi l'anniversaire de la mort de Sainte Catherine de Sienne (1380), de Benito Mussolini (1945) et de Jules Bonnot (1912). Sur les trois, deux ont tout de même été aidés pour passer l'arme à gauche (à vous de deviner lesquels !). Et, puisque l'on parle de gauche, pendant ce temps-là, Maurice Thorez naissait (1900)

lundi 10 avril 2017

Ca vous rappelle quelque chose ?

Normal : moi aussi, je radote.

lundi 20 mars 2017

Et pendant que j'y suis ...






Momentini

Que vous dire, mais que vous dire ?
- Plongé dans un roman de 1200 pages, je ne suis pas près de vous en faire un compte rendu.
- Coincé dans les toilettes de ma sœur, je vous ai déjà parlé de leur crépi.
- Fortement agacé par la campagne présidentielle, je ne vais pas en remettre une couche.
- Séparé des Dupond(t)  après Megève, pas de nouveautés.
- Pas de sorties, pas de spectacles, pas d'anecdotes, pas de photos, alors quoi ?
- Allez, encore un petit coup de printemps (deux ?) :

Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;
La fleur de l’églantier sent ses bourgeons éclore,
Le printemps naît ce soir ; les vents vont s’embraser ;
Et la bergeronnette, en attendant l’aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.
(Musset. La Nuit de mai.)

vendredi 3 juin 2016

Cygneaux d'alarme sur le Rhône


Le courant trop puissant du fleuve les a rejetés sur la rive.

lundi 6 avril 2015

Pâques



Outre la fête religieuse, que je ne célèbre plus guère depuis quelques années (j'ai pourtant, comme chaque année, récupéré grâce à Pierre quelques rameaux d'olivier bénis), Pâques, c'est aussi pour moi le printemps, les fleurs, le besoin de faire du propre dans son appartement, l'envie de revoir ses amis.

Et sur ce dernier point, je n'ai pas été déçu : douze hier, trois aujourd'hui. Hier, c'était chez Colette, matin et soir. Repas traditionnel dont le morceau de maître était bien sûr le gigot d'agneau. Des invités habituels, dont les Dupont(d) qui s'en sont donné à cœur joie, et aussi quelques nouveaux en cette occasion, dont ma sœur. Entre les deux repas, la non moins traditionnelle partie de cartes.

Aujourd'hui, repas au restaurant avec sœur et belle-sœur. Après ce que j'avais ingurgité hier, il a fallu que je me force un peu pour avaler ce que j'avais dans mon assiette. Heureusement, ensuite, promenade digestive au parc de la Tête d'or tout proche. Végétation splendide en ce moment, en particulier grâce aux magnolias en fleurs dont le parc abrite plusieurs espèces.

Quelques courageux, sous le soleil mais avec un vent assez frisquet, en ont même profité pour s'étendre sur les pelouses, un bouquin à la main. Pour ma part, en revoyant ces allées, j'ai eu tout à coup l'envie de me remettre à la course à pied. La meilleure saison pour tenter de reprendre...


samedi 14 avril 2012

Et un peu de musique, ça vous dirait ? (96)

Chopin, Prélude n°15 (Goutte de pluie). Maurizio Pollini

samedi 31 mars 2012

Le printemps, le vrai.

La température extérieure aidant, je ne ferme plus les volets de mon appartement. Six fenêtres ou portes-fenêtres, ça prend vite la tête. Mais le pire, c'est le matin, quand on évolue dans le noir et qu'il faut vire ouvrir pour savoir à quel temps s'attendre. Ce matin, rien de tel: après une bonne grasse matinée, j'ai été réveillé par le soleil à travers les doubles rideaux. Pas de bruit autour de moi. Il était pourtant presque dix heures. Alors là, je joue le lézard, je me tortille dans les draps, appréciant tour à tour la fraîcheur des endroits non encore explorés et la tiédeur de ceux qui ont abrité mon sommeil. Prendre le petit déjeuner en écoutant en direct le chant des oiseaux (oui, il y en a, dans le seul arbre de la cour), se dire que l'on est à jour, que l'on n'a rien d'important à faire, que rien ne presse, traîner en robe de chambre, arroser ses plantes avant de passer à la douche, regarder en face les voisins qui eux aussi émergent de leur nuit. Ça aussi, c'est le printemps, celui que j'aime.

jeudi 29 mars 2012

Momentini

- Semaine dernière surchargée de travail: fin de trimestre, notes à enregistrer, appréciations itou, évaluation pour note de vie scolaire, conseils de classe. Et puis deux sorties (sur mon temps libre) avec les élèves: le Musée africain du cours Gambetta, qui m'intéresse toujours autant, malgré les nombreuses venues, et un spectacle sur les fabliaux du Moyen-Age, assez quelconque, lui. Finalement, ma panne d'Internet est bien tombée!

- Et je me suis trouvé un jour nez à nez avec l'explosion du printemps: primevères, violettes, jonquilles, magnolias. Plein la vue, et surprise comme chaque année que tout pousse aussi vite.

- Un petit tour à l'opéra, pour Parsifal, de Wagner. Sublime, et pour les voix et pour la mise en scène. Je ne connaissais pas encore cet opéra. Je me demande si ce n'est pas le plus beau de Wagner. A mon avis, en tout cas.

- Avons souhaité, un peu en avance, ce dimanche, les 88 ans de ma mère. Tous invités chez moi. Calme et un peu triste. Mon frère n'est pas vraiment en grande forme.

- Grève des poubelles à Lyon. Ça brûle bien la nuit. Le matin, c'est dégoûtant.

- De moins en moins de patience avec les démarcheurs téléphoniques. Je les envoie allégrement balader maintenant, surtout le dernier de chez mon opérateur téléphonique qui voulait me forcer la main et me faire prendre des vessies pour des lanternes. Ça doit pourtant marcher parfois...

- Toutes les plantes sont sur mes balcons. J'ai donné l'extrême onction à certaines d'entre elles. Sans regrets.

jeudi 22 avril 2010

L'exception des femmes

Les humains sont égaux, à l'exception des femmes. C'est la conclusion que l'on pourrait tirer à la lecture de cette lettre pleine d'humeur mordante de notre cher Jean Racine, en résidence à Uzès.

(...) Je croyais qu'il se passait quelque chose de bien grand dans le château de Chevreuse: j'avais ouï dire autrefois toutes les grandes promesses de Monsieur le Bailli, et je croyais même que tout le monde était en haleine chez vous pour savoir ce qui en arriverait, car depuis deux ou trois mois je n'ai pas reçu une lettre. Enfin, je m'attendais qu'il sortirait de ce château quelque géant, ou du moins un enfant aussi puissant que Joseph du Pin, et il n'est venu qu'une fille. Ce n'est pas qu'une fille soit peu de chose; mais M. Sellyer parlait bien plus haut que cela. Cela lui apprend à s'humilier; car, voyez-vous, j'ai ouï dire à un bon prédicateur que Dieu changerait plutôt un garçon en fille avant qu'il soit né pour humilier un homme qui s'en fait accroire. Ce n'est pas qu'il y ait eu du miracle en l'affaire de M. Sellyer, et je crois fort bonnement qu'il n'a eu que ce qu'il a fait.
Si je pouvais vous envoyer des roses nouvelles et des pois verts, je vous en enverrais en abondance; car nous en avons beaucoup ici. Le printemps est déjà fort avancé. (...)

A Mademoiselle Vitart, à Uzès, mars 1662.
(in Jean Racine, Écrit d'Uzès, éd. A la croisée.)

Aujourd'hui, comme en 1662, le printemps avance à grands pas et il est plus que temps que j'aille me mettre quelques jours au vert avant la reprise des cours. Départ donc cet après-midi. Souhaitez-moi du soleil.

samedi 16 mai 2009

Autour du Pilat

Il y avait plusieurs possibilités, plusieurs itinéraires éventuels. Finalement, nous avons choisi la RD356 (plus bas 1056), c'est à dire l'ancienne RN86, qui longe le Rhône par la rive droite puis file ensuite sur Nîmes. Une journée de soleil avec J.

Premier arrêt à Givors. Destination surprenante pour qui connaît la ville qui n'a que très peu d'attraits touristiques. Mais tous les deux, nous voulions voir de plus près cette église que l'on aperçoit du pont du Rhône et qui, de loin, a quelque chose des églises mexicaines ou sud-américaines. Il s'agit, nous le savons maintenant, de Saint-Nicolas, mais elle était fermée bien sûr. Un petit tour dans la vieille ville et au bord du Rhône, près du pont à sens unique et cap au sud pour rejoindre Vienne.

Vienne, c'est autre chose. Et ce matin, en plus, c'était jour de marché, un beau marché qui sent bon déjà le midi, échelonné sur plusieurs rues et places de la ville. Outre les vestiges romains bien connus, la bourgade possède également bien des traces du Moyen-Age et de la Renaissance, perdues dans des rues étroites où il est impossible de stationner, voire de circuler. Visite approfondie de la Cathédrale Saint-Maurice, en ce moment en restauration.

Nous avons retraversé le Rhône pour déguster une petite friture assez appétissante dans un restaurant de St Romain-en-Gal où l'une des serveuses semblait posséder autant de cervelle qu'un oisillon mais compensait par un très beau sourire. Quant au cuisinier, sa belle voix grave a fait beaucoup d'effet à J. Moi, j'ai ausi remarqué ses yeux bleus (oui, je sais, Lancelot, encore!).

Ensuite, nous avons attaqué la montée sur les pentes du Pilat, ce massif qui sépare la vallée du Rhône et celle du Giers et dont le nom viendrait de Ponce Pilate, personnage historique dont on perd la trace après la Passion du Christ et qui, après avoir siégé à Vienne, serait enterré dans ces montagnes. Rien de moins sûr, mais c'est joli.


Arrêt au belvédère de Tupin-et-Semons pour admirer la vue sur cette vallée du Rhône si riche en agriculture et viticulture puis, après être passés tout près de chez Kikou, que nous devions voir mais qui finalement a dû annuler à cause de sa trop grande fatigue, nous avons rejoint Pélussin, un peu plus haut sur les pentes, qui n'a d'intéressant que son site étagé, aux paliers marqués successivement par deux églises et un château, et un petit bout de vieille ville apparemment en partie occupé par des artistes sculpteurs et verriers.

La route nous a conduits ensuite au col de Pavezin, en nous offrant, au détour d'un virage, le spectacle d'un champ de coquelicots et de bleuets mêlés, dominé par des massifs de genêts. Magnifiques couleurs de printemps dans cette journée estivale. Il y avait très longtemps que je n'avait pas vu de bleuets!

De là, redescente sur Sainte-Croix-en-Jarez où nous avons visité ce qu'il reste de l'ancienne Chartreuse aujourd'hui occupée par des appartements. Pour l'avoir vue il y a de nombreuses années et m'attendant au pire, je peux témoigner que les efforts de restauration et les travaux entrepris en ce sens ont magnifiquement amélioré l'endroit, fort agréable et intéressant à la visite aujourd'hui. Un seul regret: les panneaux d'explications ne sont pas suffisamment précis sur l'emplacement exact des détails à voir.

En bas, c'était Rive-de-Gier et le retour à la nature saccagée durant des siècles par l'industrie lourde de cette région. Autoroute jusqu'à Lyon. J'ai dit à J. que j'avais l'impression, au cours de cette troisième balade d'une journée ensemble, d'avoir vu moins de choses que les fois précédentes, impression peut-être due au fait qu'à part Givors, je connaissais déjà l'itinéraire, ou à une certaine fatigue des deux lurons aujourd'hui. Mais ce qui restera, outre le plaisir d'être ensemble, c'est une magnifique journée d'été (et dire qu'au départ, la balade était prévue pour hier, où l'on a pas vu le soleil!) et, pour ma part, une prise de couleurs certaine sur le visage.

vendredi 24 avril 2009

Sur ordonnance

Je viens de passer un pull. L'air devient plus vrai maintenant que la nuit est tombée. Il a fait aujourd'hui une journée d'été. Je n'ai pu résister à l'attrait du soleil. Alors les serviettes de bain ont retrouvé la voiture, j'ai ressorti le vieux sac à dos américain, celui que la lumière déteint un peu plus chaque année et dont le noir s'éclaircit à chaque saison. J'y ai mis la protection solaire, une petite bouteille d'eau, mon appareil photo, mes papiers, mon portable et un livre.

Je me suis garé sur le parking surplombant la plage naturiste. Visiblement le beau temps avait attiré les lézards. Mais j'ai, comme d'habitude, poursuivi un peu plus loin le long du lac, jusqu'au bout de la partie boisée, là où la plage s'élargit un peu et offre des ombres d'ombre et de soleil.

J'avais presque oublié comme cela peut être bon d'être nu. Il faisait si doux cet après-midi sans vent que j'ai senti tout de suite la chaleur me masser tout le corps. J'avais une place idéale, proche des autres mais me permettant de m'isoler, que m'avait laissée un cycliste qui partait à mon arrivée. J'entendais quelques conversations un peu plus loin, je ne voyais personne. En face de moi, les reflets d'argent du soleil sur les eaux et quelques cygnes prétentieux. Au loin, très loin, dans une brume de chaleur, la tour de la Part-Dieu.

Je ne me suis pas baigné, juste un peu trempé les pieds jusqu'aux mollets. J'étais bien sur mon drap de bain. Enduit de crème, je ne risquais rien, malgré la blancheur de ma peau qui appréciait d'être mordillée et de transpirer ses premières gouttes. J'étais si bien que j'arrivais à peine à me concentrer sur ce que je lisais. Quelques mots ensuite échangés avec des messieurs tout aussi nus (sauf celui de la photo) et tout aussi calmes que moi, mots anodins sur la joie des beaux jours retrouvés, sur la surveillance policière qui ennuie les naturistes, sur tout et sur rien. Un bonjour et quelques phrases avec un employé de l'agence bancaire où j'ai mon compte.

Deux heures au soleil et puis je suis remonté à la voiture avec un sentiment de plénitude. Besoin de rien d'autre, pas de détour dans les fourrés, pas de regards d'envie, pas de velléité à m'égarer sur les sentiers de traverse. Le bien-être ressenti me suffisait.

Et puis, je venais de prendre mon médicament. Je peux dire maintenant, s'il en est besoin, que je me mets nu pour les nécessités d'un traitement: le soleil apporte de la vitamine D et elle est très bonne pour la prostate. Alors! Comme me l'a conseillé J., je devrais me le faire prescrire sur ordonnance et me servir de cette ordonnance comme cache-sexe: les gendarmes de Miribel n'auraient plus qu'à se pencher pour lire!