samedi 14 février 2015

Silence, on tousse

Du mou dans la tenue de ce blog ces jours-ci. La raison : grosse fatigue et sans doute un petit virus hivernal. Ça a commencé par la tête lourde le matin, puis de éternuements à répétition et enfin une fontaine nasale. Rien de grave mais je déteste être malade.

Alors, paracétamol à longueur de journée et vitamines le matin. Une seule chose à faire : attendre que ça passe !

mercredi 11 février 2015

Harcèlement (2)

Je ne me souviens pas d'avoir pour ma part été victime de harcèlement au cours de mes années d'études, encore moins d'avoir harcelé qui que ce soit. J'étais grand et distant (parce que timide) et mes bons résultats scolaires n'ont jamais réveillé la sauvagerie de mes condisciples.

Seulement deux anecdotes qui ne m'ont pas vraiment marqué, bien que je m'en souvienne encore.

La première dans le car qui nous emmenait de la campagne à la ville. Je devais être en sixième et deux garçons du village, plus âgés, s'en prenaient parfois à moi au fond du car. Cela se résumait à me tirer fréquemment les cheveux quand ils étaient assis derrière moi et, une fois, à me voler des timbres de collection dans l'album que j'avais eu l'imprudence d'emporter avec moi. Mais très vite, une vieille fille du village, sèche, autoritaire et portant chignon, une sorte d'institutrice de l'ancien temps, me prit sous sa protection et il ne fut plus question de m'installer au fond. Je devais obligatoirement m'asseoir devant, à côté d'elle. Je ne sais pas si j'ai préféré cet ennui mortel aux chamailleries des deux "durs" !

La seconde est plus troublante. Un de mes voisins, un paysan plus âgé et surtout plus fort que moi, m'avait emmené jouer dans le pré de ma grand-mère. Nous devions monter aux arbres et je n'ai jamais été très doué pour ça. Ma mère disait même que j'avais le derrière plus lourd que la tête ! Comme j'étais pendu à une branche, tentant vainement un rétablissement, il m’agrippa par la ceinture et me projeta sur l'herbe. Puis il me plaqua au sol et s'étendit sur moi. Je me mis à paniquer et l'énergie de l'angoisse nerveuse me permit de m'échapper. Je ne comprenais pas ce qui lui avait pris, alors que nous étions amis et que tout allait bien entre nous : pas de dispute, pas de mot plus haut que l'autre, juste un bel après-midi dans les prés. C'est beaucoup plus tard que j'ai compris ce qu'en fait, cela annonçait...

mardi 10 février 2015

Harcèlement

On parle beaucoup en ce moment, à la radio comme à la télévision, du harcèlement à l'école, harcèlement qui, maintenant, déborde largement du cadre scolaire par le biais des réseaux sociaux. Un bon élève, un gros, une trop timide peuvent à tout moment voir leur vie dévastée par des attaques aussi méchantes qu'imbéciles.

J'entendais l'autre soir une mère dont la fille, suite à ces attaques répétées, avait fini par se suicider, en se pendant dans sa chambre après avoir symboliquement pendu près d'elle son téléphone portable. Cette mère a fondé une association pour tenter de lutter contre ce fléau et conscientiser ceux, parents et éducateurs, qui peuvent tenter d'y remédier.

J'approuve entièrement cette femme courageuse qui se bat vaillamment contre quelque chose que l'on a souvent tendance à minimiser et encore plus souvent à passer sous silence. Je voudrais, à la défense des enseignants, dire qu'il est très difficile pour eux de déceler ce genre de pratiques, le lieu privilégié de ce harcèlement n'étant pas la salle de cours mais, dans l'enceinte scolaire, la cour de récréation.

Personnellement, je n'ai eu affaire qu'une seule fois à ce genre de pratiques. J'avais, en cinquième, une jeune fille intelligente mais peu sure d'elle qui faisait tout pour se faire oublier. Ses résultats scolaires étaient excellents mais elle ne semblait pas épanouie. Peu à peu, cependant, elle parut s'ouvrir et être plus à l'aise. Elle venait en cours avec des vêtements sages et, sans doute, pour les autres, un peu démodés, en particulier des corsages qui lui couvraient l'ensemble des bras. Suite à son évolution, elle arriva un jour en classe en manches courtes et je pus constater alors qu'elle avait les avant-bras couverts de "taches de vin", une pigmentation anormale de l'épiderme.

Nous étudiions à ce moment-là, La Cicatrice, le roman le plus connu de l'auteur américain francophone Bruce Lowery. Il y est question du rejet d'un enfant par ses camarades à cause d'un bec de lièvre (la fameuse cicatrice) et des conséquences dramatiques de ce rejet sur l'adolescent. Le roman se termine par la mort du petit frère du héros, tombé dans l'escalier après que son frère l'a rejeté.

Je finissais toujours mon étude par un simulacre de procès où je posais aux élèves la question suivante : le héros est-il responsable de la mort de son frère ? Les élèves jouaient ainsi le rôle des jurés dans un procès d'assises. Cette année-là, comme d'ailleurs chaque année, rares étaient les élèves qui condamnaient l'adolescent. Une très grande majorité pensait au contraire qu'il était scandaleux de traiter Jeff, le héros, de cette façon. Bien entendu, je ne pouvais que me réjouir de voir les réactions scandalisées de tous.

Quelques temps après, la jeune fille timide ne vint plus au collège. Je crus d'abord à une maladie passagère, ce que prétextèrent d'ailleurs les parents pour excuser l'absence de leur fille. Mais, cette absence durant plus que d'ordinaire, nous finîmes par apprendre  que la jeune fille n'était pas malade mais ne voulait plus, ne pouvait plus venir à l'école. Ses camarades de classe la traitaient, entre autres amabilités, de "peau-rouge".

Je crois que je pris ce jour-là la plus belle colère de ma carrière d'enseignant. Quoi, ces petits chérubins aux réactions si vertueuses en classe face aux malheurs d'un personnage de roman, réactions probablement sincères en plus, se comportaient de la même façon que les "bourreaux" de la fiction dans leur vie de tous les jours ? Je n'eus pas de mots trop durs pour eux et, m'en prenant individuellement à chacun d'entre eux, je me permis de faire ressortir en classe tout ce qu'on l'on pouvait reprocher à chacun, une odeur désagréable, une lenteur de compréhension, une allure d'asperge, etc. Si l'on pouvait rire de l'une, on pouvait rire de tous, mais c'était moi qui lançais les plaisanteries.

Je n'eus aucune réaction indignée de parents, non parce qu'ils étaient d'accord avec moi mais plus sûrement parce que leur progéniture s'était bien gardée de leur parler du problème. Ce que je n'avais pu supporter, c'est l'hypocrisie sociale qui avait été à l’œuvre : il était de bon ton de condamner publiquement un comportement scandaleux mais, dans la vie "privée", on pouvait adopter le même. La jeune fille, elle, ne réapparut jamais au collège. On l'avait fait inscrire ailleurs, sans doute pour se débarrasser de la question, ou plutôt de la réponse à donner. J'appris, quelques années plus tard, qu'elle avait épousé un autre élève du collège, qu'elle était mère de famille et passait une vie très heureuse.

dimanche 8 février 2015

C'est à vous

A vous, si cela vous dit, de mettre sous cette photo un titre, une phrase ou un petit texte qu'elle vous aurait inspiré. (Vous pouvez l'agrandir en cliquant dessus.)

samedi 7 février 2015

Un soir à l'opéra



Hier soir, c'était opéra : Idoménée, roi de Crête, de Mozart.

Or, je ne suis plus un fanatique de Mozart. Or Idoménée n'est certes pas son meilleur opéra. Or il faisait froid et je serais bien resté au chaud chez moi. Contre tout cela, il aurait fallu une représentation exceptionnelle pour me dérider.

Et ce ne fut pas le cas. Bien sûr, l'orchestre était parfait, de même que les chœurs. Bien sûr, la cantatrice qui jouait le rôle d'Electre avait une voix sublime. Mais c'était la seule. Les autres n'étaient pas mauvais mais seulement moyens. Idoménée par exemple avait une belle tessiture mais peu de puissance à mon goût.

Et surtout, la mise en scène était calamiteuse. Costumes modernes (disons des années trente, sans certitude) : pourquoi pas mais aussi pourquoi ? Atmosphère très gore, alors que cela ne s'impose pas. Déplacements et mouvements sans intérêt, voire parfois totalement ridicules. Divinités infernales représentées par des enfants de blanc vêtus et affublés d'armes à feu ! Tendance à jouer sur des attitudes malsaines (Ilia accotée à un mur avec une pause de prostituée qui appâte le client, Idoménée prêt à "séduire" Ilia contre son gré, etc.) qui ne sont pas en accord avec l'esprit du livret...

Non, rien d'inoubliable ! J'espère que Carmen, au mois de mai, sera d'un bien meilleur niveau.

jeudi 5 février 2015

Les Visages

Attention : nuits blanches ! Il n'y a pas que la pleine lune qui peut empêcher de dormir, il y a aussi les très bons romans policiers. Et celui-ci en est un.

Un galeriste de New-York découvre dans un appartement à l'abandon des dizaines de cartons remplis de dessins. Mis côte à côte et bout à bout, ces dessins forment une immense et géniale œuvre d'art dont le centre représente des portraits d'enfants. Alors que la première exposition de ces dessins a lieu dans la galerie, un policier en retraite y reconnaît les visages de victimes de crimes jamais élucidés.

Ce roman a été publié en France en 2009. Je ne connais pas son auteur, Jesse Kellerman, dont la quatrième de couverture dit qu'il est le fils de deux autres écrivains : Jonathan et Faye Kellerman. Mais, s'il continue dans cette veine-là, je lui prédis un bel avenir. C'est un des meilleurs polars que j'aie lus depuis longtemps.
(Jesse Kellerman, Les Visages. Sonatine éditions. Trad. de Julie Sibony.)

mercredi 4 février 2015

C'est bête mais ça me fait rire.

Une histoire de blondes entendue récemment.
L'une : - Je me suis mariée deux fois et deux fois j'ai divorcé.
L'autre : - Des enfants ?
L'une : Oh non, des adultes !