Le premier à paraître fut le Firmin, qui aidait mon père à égorger les cochons. Mais, quand on parlait de lui en son absence, on disait le Bègue et, pour son frère le Boiteux. Le premier était une bonne pâte, le second un peu plus teigneux. Ils vivaient dans une ferme très sale où les poules couraient et chiaient dans la cuisine. Tous deux se querellaient ^sans cesse et en arrivaient souvent aux coups. Mais, pour rien au monde, ils ne se seraient séparés.
Et puis d'autres apparurent, en un long cortège que j'ai vu défilé devant mes yeux fermés. A vous de les imaginer, ces personnages de ma petite enfance.
La Titine (sur la place Marquise), la Rèrette (qui recueillait les chiens errants) , La Dya (une vague cousine de ma mère), La Loulousse (celle-ci est encore bien de ce monde), le Meji (qui vivait avec la Périne et était toujours saoul), le Grojo (qui tenait un bar), le Coco-bel-œil (celui qui, du haut d'une cerisier dont il cueillait les fruits pour me les donner, me cracha sa chique sur les mains), le Tètel (qui tenait un autre bar), La Fine (je ne croit pas qu'il y ait de rapport avec l'alcool, mais plutôt avec Joséphine), le Tite et la Gate (dont on me parlait mais que je ne me souviens pas avoir connus), Le Zazieu (le père de mon ami d'enfance Yvon), la Gau (elle était bien enveloppée), le Mimile (un ami de mon père), le Toine (le conducteur du car), Le La Fraise (aussi appelé La Bugne (un cousin d'Yvon dont il ne voulait pas entendre parler), la Nènette (mère de La Fraise), La Mie (prononcer comme gentille, ma mère).
Tous (à l'exception de la Loulousse qui était plus jeune) sont morts aujourd'hui. Ma somnolence les a fait revivre ... un peu.
Mais, as-tu fini par t'assoupir ?
RépondreSupprimerNon, je me suis précipité sur mon ordi pour ne pas en oublier la moitié !
SupprimerChez moi, c'étaient les Doraches, les Jaheux, Les brûlés ou ceux du Breuil !
RépondreSupprimerLà où j'avais tous mes copains !
J'habitai la banlieue parisienne et les parents avaient moins à faire les uns avec les autres.
Une petite ségrégation déjà s'installait ...
La Distinction !
Y aurait-il des points communs entre la banlieue et la campagne ?
SupprimerIntéressant. Pas autant de surnoms ou de de "diminutifs" dans l'entourage de mon enfance, mais c'était il y a moins longtemps et c'était dans une commune plus importante. En revanche, cela se retrouvait dans le village de naissance de ma mère et à l'usine où travaillait mon père où presque tous les ouvriers avaient un surnom.
RépondreSupprimerJe trouve ça touchant et affectueux.
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