vendredi 28 novembre 2025

Tout pour plaire

Quel bonheur ! Par hasard, dans une boîte à livres, j'ai trouvé, en collection Poche Noire, un livre de quelqu'un que j'ai adoré il y a entre quarante et cinquante ans : Chester Himes. Si je me souviens bien, Himes est un noir américain emprisonné pour je ne sais plus quel délit et qui a commencé à écrire en prison. Le premier roman que j'ai lu de lui, c'est La Reine des Pommes, sans doute son chef-d'œuvre. J'avais tout de suite apprécié son humour (noir, forcément .....)et des deux inspecteurs récurrents : Ed Cercueil et Fossoyeur (ça ne s'invente pas !). 

Eh bien, dans ce nouvel opus (pour moi)que je ne connaissais pas, ils sont toujours là , et l'humour plus que jamais. Le thème : l'arnaque financière de "Gentil Prophète" à la tête d'une sorte de secte. Mais un roman de Chester Himes , ça ne se résume pas. 

(Chester Himes, Tout pour plaire. Ed. Gallimard. Trad. de Yves Malartic.)

Chester Himes (1909-1984)

jeudi 27 novembre 2025

Un rien nous rendait joyeux

                                        Bébert, chanteur des Forbans (1962 - 25 novembre 2025)



mercredi 26 novembre 2025

Beurk

Ca y est : j'ai la nausée ! Je n'ai pourtant rien mangé d'extraordinaire mais il faut dire que j'ai l'estomac très sensible depuis ma petite enfance. Qu'est-ce qui me remonte, au point d'avoir envie de vomir ? Noël ! Quatre lettres seulement mais imbuvables pour moi, et surtout quand elles sont précédées par "la magie de". 

Quelle magie ? Celle des sapins illuminés ? Ils étaient condamnés à mort dès la naissance, et la magie aura une de ces gueules après les fêtes, entassée aux coins des rues !

Celles des rues illuminées , Attention ! Uniquement les plus grandes , celles où se regroupent les magasins. Illuminées aussi les vitrines débordant de niaiseries rouge et or et de flocons argentés censées vous faire acheter ce dont vous vous êtes très bien passé jusque là. 

La magie des programmes télé diffusant, pour certaines chaînes depuis des mois des séries américaines sirupeuses où règne en icone la sacro-sainte cellule familiale qui dit le benedicite en début de repas et prie deux minutes pour ceux qui n'ont rien dans leur assiette. 

La magie des chocolats bien emballés dont les premiers sont installés depuis longtemps : papillotes, truffes, escargots, avec une cerise dans de l'alcool, rochers, assortiments, au lait, noirs, pralinés, J'aime le chocolat, j'en mange toute l'année beaucoup, mais là, c'est trop. 

Je voudrais m'enfermer seul, dans le noir, avec de quoi subsister (je ne suis pas une marmotte !) et me réveiller après toutes ces conneries en ayant pour seul souci celui de ne pas rater la vraie magie : l'éveil de la nature !



lundi 24 novembre 2025

La Jamaïque pleure

Jimmy Cliff (1944 - 24 novembre 2025)


dimanche 23 novembre 2025

Merci, Monsieur

Il y a peu, juste avant d'aller me coucher, j'ai zappé un peu et suis tombé sur un hommage à Serge Lama. Il a vieilli, le bougre, mais comme tout un chacun. Plusieurs fois, il a semblé très ému par les interprètes de ses propres chansons. Et moi, j'étais ému tout court en remontant l'horloge de ma vie de 60 ans. 

L'accident près d'Aix-en-Provence, souvenir encore très présent auquel j'associe, allez savoir pourquoi, le cousin d'Yvon. 

Et tout un camion de souvenirs en Corse, chez le frère de Pierre, au début des années soixante-dix. J'aimais toutes les chansons de l'album qu'il possédait, chansons qui passaient en boucle toute la journée : La Chanteuse a vingt ans, les Ballons rouges, Une Ile, .... (peut-être suis-je en train de mélanger plusieurs albums.)

Aujourd'hui, le cousin d'Yvon  est mort, Yvon aussi, Pierre est mort, son frère aussi, je ne vais plus ni en Corse, ni dans la cour de ma grand-mère. Mais Lama est toujours là, encore un peu. Merci, Monsieur. 

(J'ai choisi l'interprétation suivante car elle montre Alice Dona, dont, je crois bien, j'étais amoureux...)



samedi 22 novembre 2025

Cicatrices

Bon, j'avais dit qu'on ne m'y reprendrait pas  et j'ai recommencé : j'ai un un nouveau polar nordique, norvégien celui-ci. Et mêmes constatations à la fin : Il y a les noms de lieux, toujours impossibles à décrypter et à retenir, mais on s'en fout : d'autres éléments permettent de se repérer. Dans celui-ci, dans le même ordre d'idées, les noms des personnages s'y mettent : ils se ressemblent souvent, comme, par exemple Anette et Henriette, Brogeland et Sandland, Henning et Heidi, et je vous épargne le diminutif ou le surnom de chacun ......

De plus, beaucoup trop de personnages (de deux milieux différents ici : policiers et journalistes. ) Donc une intrigue très complexe et, finalement, peu accrocheuse. 

Je vais revenir à mes amours d'avant le grand nord ....

( Thomas Enger, Cicatrices. Ed Bragelonne. Trad. de Stéphane Morvan)

Chanteur et parolier

Jean Guidoni (1951 - 21 novembre 2025)

vendredi 21 novembre 2025

Retrouvé en vidant ma boîte mails ....

  Vladimir Poutine, Angela Merkel, et Emmanuel Macron meurent en même temps et se retrouvent en Enfer.  A leur arrivée, ils repèrent un téléphone et demandent immédiatement quelle en est l'utilité.  Le Diable leur dit qu'il peut être utilisé pour appeler la Terre dans des circonstances exceptionnelles.  Considérant tous les trois que les circonstances sont exceptionnelles car ils n'ont pas eu le temps de régler tous leurs problèmes, ils décident de demander s'ils peuvent s'en servir. 


 POUTINE demande donc d'appeler la Russie, il parle pendant 5 minutes et le Diable lui dit qu'il lui doit 1 million de Roubles.  Poutine fait un chèque.


 ANGELA MERKEL demande donc à son tour d'appeler l'Allemagne.  Elle parle pendant 20 minutes et le Diable lui demande 6 millions d'Euro.  Elle paye cash. 


 MACRON à son tour prend le téléphone, appelle la France et parle, parle, parle pendant 4 heures.  A la fin de l'appel le Diable lui dit qu'il doit 5 euros. 


Quand Poutine entend cela il entre dans une rage épouvantable et demande au Diable pour quelle raison Macron est traité de manière préférentielle. 


 Le Diable sourit et lui dit :

 Depuis que Macron est devenu Président, la France est devenue un enfer, c'est donc considéré comme un appel local. 


mercredi 19 novembre 2025

Bien propre sur soi mais un peu niais, non ?

                                                      20 août 1936 - 17 novembre 2025

Elles auront été inséparables jusqu’à leur dernier souffle. Les chanteuses et danseuses allemandes Alice et Ellen Kessler, célèbres jumelles et vedettes des années 1960, ont rendu leur dernier souffle ensemble lundi 17 novembre à Grünwald (Allemagne), à l’âge de 89 ans.Les jumelles ont choisi de bénéficier d’une aide médicale afin de mourir ensemble à leur domicile situé près de Munich

lundi 17 novembre 2025

Monmentini

- Jusque là, c'était agréable : il pleuvait souvent le matin (ou alors il faisait gris). Mais le matin, en général, je dors. Puis, en fin de matinée, le bleu faisait une percée et s'installait pour plusieurs heures, avec des températures agréables (et pas de saison, comme ils disent à la télé). Mais aujourd'hui, c'était autre chose : obligé d'endosser un vêtement plus épais (je découvre que sa fermeture éclair est cassée !) Et, au bout d'une heure de promenade au bord du Rhône, je renonce : le vent du nord a retrouvé le couloir araro-rhodanien !

- Xavier Emmanuelli est mort le 16 novembre, hier donc. On en parle très peu. Il est pourtant un des co-fondateurs de Médecins Sans Frontières en 1971.

- Y a-t-il pire malédiction que d'avoir des amies très, très, très bavardes ? Ce matin, téléphone de 3/4 d'heure, il y a quinze jours, de 1 heure. Alors, parfois, je ne réponds pas, mais c'est reculer pour mieux sauter. Sinon, je peux invoquer une envie pressante, ou que l'on frappe à ma porte. Mais pas trop souvent, ça deviendrait suspect. Ce matin, ce fut ma voix défaillante qui m'a sauvé mais au bout de 3:4 d'heure tout de même.



jeudi 13 novembre 2025

mercredi 12 novembre 2025

Que vous dire ?

Que vous dire de ces deux jours passés à la campagne ? Bilan mitigé, avec du positif et du négatif. Le positif, ce fut principalement le temps : ciel bleu, ensoleillé avec, tout de même, parfois, un petit fond d'aire frais. Autre positif : le voisin de l'ami chez qui je logeais venait de fêter son anniversaire et avait prévu trop à manger. Nous avons donc de ce chasseur hérité d'une terrine de sanglier, du boudin et autres charcuteries : un délice, en particulier la terrine !  Le reste fut plus mitigé. 

Le lundi après-midi, nous partons du côté de la vallée de l'Azergues, dans un village ignoré jusque là : Légny dans le Beaujolais viticole des Pierres Dorées. Ses habitants sont les "elginois". Situé au milieu des vignes, le village possède un beau lavoir en pierres dorées.et un calvaire de 1516. 

J'allais me faire plaisir à prendre les photos de ces collines de vignes automnales et puis, patatrac : j'avais oublié mon appareil photos, ce qui n'arrive pour ainsi dire jamais. 





Le mardi, nous avons eu l'idée de monter à Pélussin avec le but, entre autres, de visiter les deux églises.

Le XIXe siècle fut marqué, à Pélussin, par la guerre des Clochers. À cette époque, l'église paroissiale étant trop petite, il fut décidé de construire une nouvelle église à mi-chemin entre les quartiers de Notre-Dame et de Virieu. Les habitants de Notre-Dame tentèrent de s'opposer à cette décision, ils allèrent même jusqu'à monter la garde autour de l'ancienne église, cacher la cloche dans un puits, menacer de changer de religion en faisant venir un pasteur protestant. Le calme revint lorsque la décision fut prise de séparer Pélussin en deux paroisses : Notre-Dame et Saint-Jean.



Pique-nique à St-Pierre-de-Bœuf puis, en passant à Chavanay, brocante au stade, mais trop de monde. On ne  fait que passer. Si nous avions su ce qui nous attendait à Pélussin. 

Ce jour là, dans ce village du Pilat avait lieu la traditionnelle fête annuelle de la pomme ! Toujours le 11 novembre. Du coup, impossible de se garer. Et puis, la foule, ce n'est pas ce que nous recherchions. Pélussin-les-deux-églises, ce sera pour une autre fois. Nous rentrons par des petites routes pittoresques. 




dimanche 9 novembre 2025

Liste de mes griefs (4)

Il est temps de lever la voile sur le mystère caché dans la dernière phrase de mon dernier article, car je sais bien que vous ne tenez plus. Eh oui, un jour, tout changea. 

D'abord, nous eûmes un nouveau prof, venu tout droit du sud-ouest et donc pas totalement imprégné de foot. Il nous fit faire du basket, du hand et surtout du rugby ! Basket et hand au lycée, rugby au "plein-air". ainsi que du hockey sur gazon. Et là, j'ai tout adoré, en particulier le hand et par dessus tout le rugby ! 

De plus, ayant redoublé ma classe tout en continuant de grandir, l'intello s'était transformé en mac digne d'affronter les anciennes grandes gueules machistes ! Au point, à la fin d'un trimestre, de finir premier en EPS. Babas, les mectons. Moi aussi d'ailleurs ! Eh oui, j'avais de grandes jambes pour la course, pour les sauts en longueur et en hauteur. Et on y regardait à deux fois avant d'essayer de me plaquer. 

Quelques tentatives furent amorcées de leur part pour que je rejoigne le groupe des "vrais mecs". Ils en furent pour leurs frais : je continuais à préférer la littérature et les livres à cette virilité ridicule (ils ne le surent jamais mais c'est justement à cette période que j'ai débuté ma "vraie" sexualité. La silhouette de ce prof adoré que j'avais aperçu se changeant dans une autre salle m'avait profondément troublé.  )



samedi 8 novembre 2025

Liste de mes griefs (3)

Passons au gros morceau ! Vous imaginez-vous la vie à St-Etienne à cette époque pour quelqu'un qui avait horreur du foot ? Eh bien, ce fut la mienne (et celle de quelques autres autour de moi). Et comme, à  cette époque, les profs de gym ne brillaient pas par leur imagination débordante ... 

Bref : si, dans les locaux du lycée, nous pratiquions le plus souvent des activités comme saut en hauteur, barres parallèles, la corde à nœuds ou le100 mètres, dès que nous allions au stade pour ce qui s'appelait le "plein-air", c'était devinez quoi ? le Foot.

Heureusement, nous étions quelques-uns (parmi les mieux classés dans les matières plus intellectuelles) à résister. Ainsi, à quatre ou cinq, nous nous réunissions au bord du terrain et entamions des quiz que nous avions préparés chez nous dans la semaine : histoire, géographie, littérature mythologies grecque et romaine principalement. Les autres, les footeux, nous regardaient avec mépris (et quelques sous-entendus sur notre (future ?) sexualité) mais nous n'en avions rien à cirer, persuadés que nous leur étions bien supérieurs. 

Une année, une seule fois, l'un des profs voulut nous forcer à jouer. Je me retrouvai gardien de buts. Au moment où le ballon arriva sur moi, je voulus lever la jambe pour l'arrêter. Ne sachant laquelle lever, je levai les deux et me retrouvai à plat-cul sur la terre battue. Mes autres compagnons intellos ne se montrèrent pas plus brillants. Bien vite, on vous pria de regagner la touche ( c'est bien comme ça qu'on dit ?) et on nous ficha définitivement la paix ! 

Mais, pendant un an, tout changea !



Addendum aux griefs (2)

Que ce soit à la mer ou à la piscine (surtout), je doute toujours de la propreté physique qui m'entourent. J'ai toujours impression de patauger dans un bouillon de culture. Et j'ai des preuves : une verrue plantaire attrapée lors de mon unique passage à la piscine du Rhône, à Lyon. L'autre preuve, je ne sais pas si je vous en parle tant ça m'avait dégoûté. Du côté de la Grande Motte. Une tasse avalée. Le lendemain, une drôle de ficelle dans mes celles. Il s'agissait d'un reste de tampon féminin (le este s'était décomposé ...). 

Alors, la baignade : à d'autres ! (Et puis, j'ai du mal à supporter les slips de bains (et je ne peux pas me baigner n'importe où à poil, sauf dans ma baignoire ...)



vendredi 7 novembre 2025

Liste de mes griefs (2)

Deuxième raison pour laquelle je n'aimais pas l'EPS : la piscine ! Nous en avions quelques séances dans l'année. La piscine n'était pas très loin du lycée, et nous nous y rendions à pied. Aux beaux jours, tout allait bien, mais en plein hiver ! Nous avions des cabines pour nous changer, donc pas de problème de pudeur. De plus, à l'époque, ma petite sœur n'était pas morte d'hydrocution et je ne regardais donc pas encore l'eau comme une ennemie sournoise. 

Non, le moment difficile,  c'était le retour, dans le froid avec les cheveux mouillés. Pas question d'attendre qu'il sèchent un peu : le prof suivant nous attendait déjà au lycée et aucun retard n'était accepté ! 

Le seul point positif de ce passage à la piscine fut pour l'épreuve du bac : en sortant de l'eau, je m'aperçus que j'avais la peau étrangement marbrée (et ce n'était pas le froid). Un médecin consulté décela une maladie qui, si elle n'avait pas été décelée et soignée, m'empêcherait de dialoguer avec vous aujourd'hui ....



jeudi 6 novembre 2025

Liste de mes griefs (1)

Quand je suis entré au lycée (qui, à l'époque, incluait le collège), je redoutais les cours de sport, et cela pour plusieurs raisons. 

La première, c'était qu'il fallait se déshabiller, enlever ses vêtements civils et enfiler la tenue de sport (il était interdit de venir déjà préparé, et aussi d'ailleurs de conserver sur soi cette tenue après le cours. J'ai compris pourquoi quand je suis moi-même devenu prof : une trentaine d'ados ayant sué pendant une heure, ça a tendance à vous chatouiller les narines ...). Pour moi, me déshabiller posait un double problème : d'abord, j'étais pudique et avait honte de mon corps, de mes jambes, en particulier, trop maigres. Ensuite, ma mère, en hiver, nous obligeait à porter un caleçon long sous notre pantalon. Ces caleçons, très épais, n'étaient pas beaux. Lorsqu'on enlevait son pantalon, on pouvait en même temps faire glisser le caleçon, mais le tour de passe-passe n'était pas possible en remettant le pantalon car le caleçon s'était tire-bouchonné !

Tiens, à l'instant même, j'entends que France-Inter parle de la même chose. Je vais écouter et reprendrai plus tard la liste de mes griefs contre les cours d'EPS.





mercredi 5 novembre 2025

Patata fria !

Ce matin, on a enterré Maria. Je ne suis pas allé au cimetière (j'irai tranquillement seul, un jour) mais à la cérémonie civile : cadre froid et insignifiant, "animateur" peu concerné (mais aurait-il pu l'être ?), musique attendue. Pourtant, l'émotion était là. Il y avait beaucoup de monde. Tout le monde l'aimait, Maria. A la fin, j'ai fait un signe de croix sur son cercueil, je me suis penché et, comme si je lui parlais à l'oreille, je lui ai dit ce que nous nous disions chaque fois au début de nos coups de téléphone : Maria ? Patata fria !".Et l'échange avait toujours lieu. Il me plaît de croire qu'aujourd'hui aussi.

lundi 3 novembre 2025

Prendre le large

C'est ce que j'ai fait cet après-midi, longtemps, tantôt marchant, tantôt lisant, sur un banc, tantôt rêvant devant le Rhône abondant, tantôt rendant le bonjour à un chien sympathique, tantôt rendant à des passants leur sourire et leur bonjour. J'ai vu la lumière changer, la fraîcheur descendre, et je suis rentré

Début d'après-midi
 
Fin d'après-midi

Manque sa rumeur

Mais qu'est-ce donc, là haut ?

Les feuilles tombées, il apparaît, l'énorme nid de frelons. 

dimanche 2 novembre 2025

Lointain souvenir de la peau

Russel Banks, c'est  De Beaux Lendemains, lu autrefois, apprécié mais oublié. Celui-ci, j'aurai du mal à l'oublier. Histoire d'un gamin (21 ans), le Kid, bracelet électronique à la cheville, qui vit avec d'autres rejetés, tous déviants sexuels, sous un viaduc de Floride avec son iguane  domestique prénommé Iggy (il aura ensuite une vieille  chienne, Annie, et un perroquet bizarre, Einstein). Le Kid suscite l'intérêt d'un professeur d'université, spécialisé dans la sociologie atypique des sans-abri, aussi intelligent que menteur. aux identités multiples. 

Voue êtes largués ? J'ai failli moi aussi l'être  au détour de l'une de ces 530 pages mais je suis chaque fois retombé sur mes pattes tant est bien analysé cet enfer de la "déviance et de l'exclusion. 

(La peau, c'est la surface après les ténèbres, la reconstruction progressive de l'être.)

(Russell Banks, Lointain souvenir de la peau. Ed Babel. Trad. de Pierre Furlan)

samedi 1 novembre 2025

Maria est morte

Elle ne savait ni lire ni écrire. Je lui avais proposé de lui apprendre mais elle se disait trop bête pour ça. En Espagne, aînée de la famille, elle n'était que peu allée à l'école : elle fallait bien s'occuper des autres ! ce qu'elle a fait toute sa vie : son mari, ses enfants, ceux chez qui elle faisait le ménage, puis ses petits enfants, voire ses voisins. 

Nos rapports avaient d'abord été froids : mon sale carafon et son ibère fierté ! Et puis grande amitié, tout un système pour se faire passer les messages quand nous ne nous voyions pas (je rappelle que pas question de petits mots sur la table de la cuisine ...)

Et puis mort de son mari, mort de Pierre. Elle venait toujours mais pour moins d'heures. Alors nous faisions le ménage à deux, tous les deux. Et, pour moi, c'était un plaisir immense, une grande joie. je crois que pour elle aussi. 

Et puis la mort de son plus jeune fils (celui que j'avais fait entrer à mon LEP). Avant, elle avait du diabète mais gardait le moral. Ensuite, elle s'est peu à peu laissé couler. Je passais parfois chez elle mais pas souvent. Nous nous téléphonions et riions beaucoup, puis je le lui téléphonais et nous riions un peu. 

Hier, je me promenais dans la campagne, sous le soleil, heureux.

Aujourd'hui, il pleut. 

Nous nous connaissions depuis plus de cinquante ans.

jeudi 30 octobre 2025

Une journée en deux parties

Aujourd'hui, c'était la tournée des tombes, dans la Loire (Pierre, à Lyon, ce sera demain). Cette année, je l'avoue, je vivais çà un peu comme un pensum. Trimballer des pots (avec mon mal au dos), les installer sur les tombes, revoir au fil des allées des noms d'autrefois, des parents, des amis, des voisins : ça ne m'enchantait guère d'autant que, allez savoir pourquoi, j'imaginais la journée pluvieuse, au mieux grisonnante. 

Première bonne surprise : le soleil brillait aujourd'hui. Pour la première fois, nous retrouvons le cousin germain et faisons la tournée ensemble. Ayant vécu plus de vingt -cinq ans à Toulon, il ne connait pas trop les tombes familiales et pose des questions : qui était cet Antonin ? Et cette Clémence, on et parent comment ? Du coup, nous restons plus longtemps que d'habitude et, ensuite, allons boire un café dans le seul bar restant dans le village. 

La deuxième partie de la journée, c'était la visite à la cousine (la sœur de cousin) qui, il y a peu, a fait un AVC et est encore hospitalisée. A l'entendre au téléphone, je ne m'en serais jamais douté. La surprise fut totale quand elle m'a dit pourquoi elle m'appelait : elle avait toujours sa voix joyeuse.

Sa maison de soins ne permettant les visites qu'à partir de 16 heures, nous sommes allés déjeuner puis avons tenté le coup en prétendant venir de très loin ! Et ça a marché ! Une bonne heure donc, à se remémorer des souvenirs de notre enfance, chacun y allant de son anecdote, déjà connue et découverte à ce moment-là. 

Et pour rentrer à Lyon, nous avons le plus possible emprunté les petites routes. 

Récapitulatif : une journée pleine de soleil, un bon repas partagé avec le cousin (ce qui est rare), une ,cousine qui n'a perdu ni son sourire ni son optimisme et, finalement, la joie de retrouver la famille.



mercredi 29 octobre 2025

Aujourd'hui, c'est la saint Narcisse ....

Echo et Narcisse, Waterhouse (1903)

Narcisse, disciple de De Vinci

Le beau Narcisse, Honoré Daumier (1842)
Pompéi.

 

Métamorphose de Narcisse, Dali

Narcisse, Caravage (1598)


Narcisse , Benjamin Britten

Echo et Narcisse, Gluck

Si vous ne saviez pas ....



Réfléchissez !


On n'est pas obligé de tout faire le même jour !


Sont sympas, nos cousins d'Amérique ....

 

Là, entièrement d'accord !

vendredi 24 octobre 2025

Mon Erasmus à moi

Près de deux mois à Perugia  (Ombrie) à l'été 1981, à l'Université pour Etrangers.  Des souvenirs merveilleux. Je continue à dire que j'ai connu là les plus beaux jours de ma vie. 


Mamma Erasmus

 
Sofia Corradi (1934 - 18 octobre 2025)

lundi 20 octobre 2025

Un vieux bouchon

C'est là que furent tournées certaines scènes de Une Semaine de vacances de Bertrand Tavernier. 


Sortir manger le samedi soir ! Tu rêves !

Samedi soir, une fois n'est pas coutume, envie de se faire un resto. Dans le quartier, ça évitera de se fatiguer. Et, avant de partir, nous téléphonons pour réserver. Le premier, que nous aimons beaucoup, est fermé. Le second, tout près du premier, aussi ! Je n'en reviens pas : deux restaurants connus et appréciés fermés un samedi soirs ?!!!!! 

Alors, nous chaussons nos bottes de sept lieues et arpentons mon quartier. Pas envie d'exotisme, donc exit les japonais, coréens, chinois, afghans. Exit aussi ceux, tout petits, où l'on fait déjà la queue devant la porte. C'est pourtant simple ce que l'on veut : du traditionnel, style côte de bœuf et gratin dauphinois après apéritif et pendant Côte du Rhône. Et si possible, suffisamment de place pour déplier les jambes et de calme pour s'entendre apprécier ce que l'on mange. 

Certains font restaurants à midi mais seulement bar le soir, et ils sont combles : décidément, la jeunesse ne mange pas vraiment, mais elle boit ! 

Cà y est : un resto traditionnel avec de la place (il vient d'ouvrir et n'est pas encore connu), une carte appétissante. On s'assoit et, en priorité, on demande l'apéro : on l'a bien mérité. Et là, tout s'effondre : il n'a pas encore sa licence pour servir de l'alcool. Ni apéro donc, ni vin avec le bœuf. Ca existe, ça ? 

Nous qui ne voulions pas aller loin, nous nous éloignons peu à peu. On pense même de plus en plus à rentrer et à se contenter de ce qu'on trouvera dans mon frigo. Et puis, une lumière dans ma tête : juste un peu plus loin (mais au point où nous en sommes ...) il y a ce vieux Chacha !  Ou si pas lui, son fils, son petit-fils, que sais-je ?

De loin, je vois de la lumière : c'est ouvert. Rien n'a changé : la terrasse où certains boivent, le bar et la salle intérieure en  longueur et, au programme, du bœuf et des frites et un bon Côte ! Sauvés ! J'y ai même rajouté, en dessert, une copieuse mousse au chocolat noir. Tout était délicieux et d'un coût très abordable. Et, cerise sur le gâteau , nous étions quasiment seuls ! 

Mais je n'ai toujours pas digéré cette difficulté à trouver une table (traditionnelle) un samedi soir dans une ville qui se veut la capitale de la gastronomie française ! 

Pour nous remettre de nos soucis (mais y a-t-il besoin d'un prétexte ?), une bonne gniole dégustée dans ma cuisine en rentrant !

Matin d'Octobre

Matin d’Octobre, François Coppée

C’est l’heure exquise et matinale

Que rougit un soleil soudain.

A travers la brume automnale

Tombent les feuilles du jardin.


Leur chute est lente. On peut les suivre

Du regard en reconnaissant

Le chêne à sa feuille de cuivre,

L’érable à sa feuille de sang.


Les dernières, les plus rouillées,

Tombent des branches dépouillées :

Mais ce n’est pas l’hiver encor.


Une blonde lumière arrose

La nature, et, dans l’air tout rose,

On croirait qu’il neige de l’or.


François Coppée, Promenades et Intérieurs